-
Par Carosand, le 24/05/2013
Voyage d'une parisienne à Lhassa : A pied et en mendiant de la Chine à l'Inde à travers le Tibet de
Alexandra David-Néel
Là encore, je ne pus que donner un peu d'argent et passer mon chemin... "Passer son chemin", n'est-ce pas ce que l'on est contraint de faire chaque jour, le cœur serré, impuissant que l'on et à soulager les innombrables malheureux gisant le long de tous les chemins du monde.
-
Par KATE92, le 04/06/2012
L'Inde où j'ai vécu de
Alexandra David-Néel
"En ce temps-là, le musée Guimet était un temple.
C’est ainsi qu’il se dresse, maintenant, au fond de ma mémoire.
Je vois un large escalier de pierre s’élevant entre des murs couverts de fresques. Tout en gravissant les degrés, l’on rencontre successivement un brahmine altier versant une offrande dans le feu sacré ; des moines bouddhistes vêtus de toges jaunes s’en allant quêter, bol en main, leur nourriture quotidienne ; un temple japonais posé sur un promontoire auquel conduit, par-delà un torii rouge, une allée bordée de cerisiers en fleur. D’autres figures, d’autres paysages de l’Asie sollicitent encore l’attention du pèlerin montant vers le mystère de l’Orient [...].
A droite, est une toute petite salle de lecture où les fervents de l’orientalisme s’absorbent en de studieuses recherches, oublieux de Paris dont les bruits heurtent en vain les murs du musée-temple, sans parvenir à troubler l’atmosphère de quiétude et de rêve qu’ils enclosent.
Dans cette petite chambre, des appels muets s’échappent des pages que l’on feuillette. L’Inde, la Chine, le Japon, tous les points de ce monde qui commence au-delà de Suez sollicitent les lecteurs... Des vocations naissent... la mienne y est née.
Tel était le musée Guimet quand j’avais vingt ans".
> lire la suite
-
Par joedi, le 18/06/2012
Voyage d'une parisienne à Lhassa : A pied et en mendiant de la Chine à l'Inde à travers le Tibet de
Alexandra David-Néel
Pendant des jours, nous marchions dans la demi-obscurité d'épaisses forêts vierges, puis, soudain, une éclairicie nous dévoilait des paysages tels qu'on n'en voit qu'en rêve. Pics aigus pointant haut dans le ciel, torrents glacés, cascades géantes dont les eaux congelées accrochaient des draperies scintillantes aux arêtes des rochers, tout un monde fantastique, d'une blacheur aveuglante, surgissait au-dessus de la ligne sombre tracée par les sapins géants.
Nous regardions cet extraordinaire spectacle, muets, extasiés, prêts à croire que nous avions atteints les limites du monde des humains et nous trouvions au seuil de celui des génies.
> lire la suite
-
Par Florel, le 10/03/2011
Journal de voyage (tome 1) : Lettres à son mari (11-8-1904 / 26-12-1917) de
Alexandra David-Néel
Il fait froid et triste quand on demande aux êtres de vous être un soutient, de vous réchauffer, d'alléger le fardeau de misère inhérente à toute existence. Nul d'eux n'a réellement le souci de le faire, nul d'eux ne le peut vraiment. C'est en soi qu'il faut cultiver la flamme qui réchauffe, c'est qur soi qu'il faut s'appuyer.
-
Mystiques et magiciens du Tibet de
Alexandra David-Néel
Parce que , d'après les lamaistes , la bénédiction ne consiste pas à appeller la bienveillance de dieu sur des personnes ou sur des choses , mais à leur infuser une force salutaire émanant du lama .
-
Par Carosand, le 10/05/2013
Voyage d'une parisienne à Lhassa : A pied et en mendiant de la Chine à l'Inde à travers le Tibet de
Alexandra David-Néel
La soupe ?... Sous quel nom pourrait-elle paraître sur une carte ? - Potage Vatel serait-il bien choisi ? - A tout hasard, je divulgue la recette. D'un sac à la mode locale la plus orthodoxe, c'est-à-dire noir à force d'être crasseux, j'extrais un tout petit morceau de lard séché, cadeau d'un fermier généreux. Mon jeune compagnon, le débite en une dizaine de menues pièces qu'il jette dans la marmite pleine d'eau bouillante, une pincée de sel ensuite, et un soupir : "Ah ! si nous avions un radis ou un navet !..." Mais ces friandises nous font défaut et les minuscules lamelles de lard à demi fondues dansent seules une gigue vivace dans le bouillon en ébullition - un liquide trouble dont l'odeur fade rappelle celle de l'eau de vaisselle. Maintenant, quelques poignées de farine délayée dans une tasse d'eau froide versées dans la marmite, et quelques minutes après, celle-ci est enlevée et posée à côté du feu. C'est le moment de se servir.
- La soupe est vraiment excellente, aujourd'hui...
- Délicieuse...
Mais en dépit de mon long séjour au Thibet, je garde encore un vague souvenir du goût de la cuisine française et j'ajoute :
- Les chiens de mon père n'auraient jamais voulu avaler un pareil brouet !
> lire la suite
-
Par Florel, le 10/03/2011
Journal de voyage (tome 1) : Lettres à son mari (11-8-1904 / 26-12-1917) de
Alexandra David-Néel
Souffrir est absurde et laid. Toute souffrance est un désordre... Mieux vaut s'accommoder des choses, ou les briser que de pleurer à la lune.
-
Par Carosand, le 07/05/2013
Voyage d'une parisienne à Lhassa : A pied et en mendiant de la Chine à l'Inde à travers le Tibet de
Alexandra David-Néel
Peu de paysages possèdent à un égal degré la majesté sereine et charmante que respire la vallée du Nou tchou. De grands sapins solitaires déssinaient leur silhouette imposante sur un arrière-plan de feuillage automnal dont l'or imitait un fond de mosaïque byzantine. Des cyprès s'alignaient en avenue mystique, close, au loin, par la ligne turquoise de la rivière. Un air de gracieux mystère enveloppait toutes choses. Il me semblait marcher à travers les images d'un vieux livre de légendes et je n'aurais été que modérément étonnée, eussé-je surpris un conciliabule d'elfes siégeant sur les rayons du soleil, ou atteint le palais de la Belle au bois dormant.
> lire la suite
-
Sous des nuées d'orage de
Alexandra David-Néel
Les manifestations de la dévotion populaire se ressemblent dans tous les pays du monde. Les figures des statues vénérées sont différentes, comme différents, aussi, sont les rites du culte, mais l'esprit qui anime les fidèles est identique : il s'agit toujours , pour eux, d'obtenir quelque chose. L'un désire la guérison des maux dont il souffre, un autre souhaite la prospérité de ses affaires, il aspire à la richesse ; d'autres encore sont travaillés par l'ambition : ils veulent des situations sociales éminentes, la célébrité, ou de hauts postes officiels comportant, à la fois, considération et profits. Et presque tous, effrayés à l'idée de quitter ce monde, sollicitent le don d'une longue vie.
Pour se faire accorder ce qu'ils convoitent, ces êtres vénaux ne conçoivent rien de mieux que de trafiquer avec leurs dieux qu'ils imaginent vénaux à leur image. Ils les cajolent insidieusement, multipliant les marques de respect, les prosternations et les offrandes, brûlant des parfums en leur honneur et illuminant leurs autels. Ils les harcèlent avec des prières qui, chez certains, deviennent presque comminatoires, ou cherchent à les tenter par des promesses. Dans leurs supplications, ils incorporent tous les arguments que leur suggèrent leurs pauvres cervelles, pour établir la justesse de leurs revendications, leurs droits même d'être exaucés. Il est imprimé, en des livres de prières, d'effarantes formules de demande, et que serait-ce si l'on pouvait entendre les requêtes que présentent, en silence, les dévots de toutes les confessions ?
> lire la suite
-
Par Florel, le 10/03/2011
Journal de voyage (tome 1) : Lettres à son mari (11-8-1904 / 26-12-1917) de
Alexandra David-Néel
" Le jour où l'on renonce à manger du poulet c'est qu'on y tient plus beaucoup ou que l'on préfère à la saveur du poulet, celle des principes au nom desquels on y renonce." Vérité absolue. Et tout l'enseignement du Bouddha est là. Il n'a jamais demandé aux gens [...], de se mutiler moralement ou physiquement par la renonciation. Il leur a simplement dit de regarder, d'analyser, de se rendre compte de la valeur des choses et de se décider ensuite. Le bouddhiste ne renonce qu'à ce à quoi il ne tient plus parce qu'il en a mesuré le vide, le néant.
> lire la suite