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Par Marple, le 19/04/2013
Le Pavillon des cancéreux de
Alexandre Soljenitsyne
De même qu'une bicyclette, de même qu'une roue, une fois lancées, ne peuvent demeurer stables que dans le mouvement et tombent dès qu'elles en sont privées, ainsi en va-t-il du jeu entre un homme et une femme : une fois commencé, il ne peut subsister que s'il se développe.
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Par peloignon, le 25/12/2012
L'Archipel du Goulag, tome 1 : L'Arrestation, 1918-1956 de
Alexandre Soljenitsyne
[P]our réussir à charger de nuit avec autant de précision un millier d’hommes dans des wagons, il faut que dès la veille au matin, à la prison, on ait commencé à les extraire de leurs cellules et à les préparer pour le transfèrement, il faut que l’escorte, la journée durant, les ait longuement, sévèrement réceptionnés dans la prison et, une fois réceptionnés, les ait tenus de longues heures non plus dans des cellules, mais dans la cour, par terre, pour qu’on ne les confonde pas avec les locataires de la prison. Ainsi, pour les prisonniers, le changement nocturne n’est-il que la conclusion, soulageante d’une longue journée d’usure.
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Par Luniver, le 23/12/2012
Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
— Pour sûr, fit Choukhov : le soleil est d'aplomb.
— Si le soleil est d'aplomb, fit le commandant, il n'est pas midi, mais une heure.
Ça épata Choukhov :
— Pourquoi ? Tous les vieux te le diront : c'est à l'heure de midi que le soleil est à son plus haut.
— Oui, fit le commandant, c'était vrai de leur temps. Mais, depuis, il y a eu un décret : le soleil, maintenant, atteint sa hauteur maximum à une heure.
— Pas possible ? De qui qu'il est ce décret ?
— Du pouvoir soviétique.
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Par mariech, le 13/04/2013
La confiture d'abricots et autres récits de
Alexandre Soljenitsyne
Mais comment cracher sur le travail qu'on a accompli pendant vingt ans avec zèle et passion ?
Cracher sur soi- même , sur le fond de son âme ?
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Par Luniver, le 22/12/2012
Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
À cause qu'il ne fait pas chaud dans le réfectoire, la plupart mangent le bonnet sur la tête, mais posément, en cherchant, sous les feuilles de chou noir, la bouillie de petits poissons pourrissants dont on recrache les arêtes sur la table. Lorsque ça fait un gros tas et que la brigade suivante va s'attabler, on les balaie d'un revers de sa main, et elles s'en vont craquer sous les bottes.
Mais on ne crache jamais les arêtes directement sur le plancher : c'est malpoli.
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Par Luniver, le 31/05/2012
Le Pavillon des cancéreux de
Alexandre Soljenitsyne
Il m'était déjà arrivé de me demander, et je me le demande de plus en plus à présent, quel est tout de même le prix maximal de la vie. Que peut-on donner pour la conserver, et où est la limite ? Comme on vous l'enseigne maintenant à l'école : «Ce que l'homme a de plus cher, c'est la vie, elle ne lui est donnée qu'une fois.» Par conséquent : s'accrocher à la vie à n'importe quel prix... Nous sommes beaucoup à qui les camps ont fait comprendre que la trahison, le sacrifice d'être bons et démunis était un prix trop élevé, et que notre vie ne le valait pas. Quand à la servilité, la flatterie, le mensonge, les avis, au camp étaient partagés : certains disaient que ce prix-là était acceptable, et c'est peut-être vrai.
Oui, mais avoir la vie sauve au prix de tout ce qui en fait la couleur, le parfum, l'émotion ? Obtenir la vie avec la digestion, la respiration, l'activité musculaire et cérébrale, et rien de plus. Devenir un schéma ambulant. Ce prix-là, n'est-ce pas un peu trop demander ? N'est-ce pas une dérision ? Faut-il le payer ?
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Par Luniver, le 30/05/2012
Le Pavillon des cancéreux de
Alexandre Soljenitsyne
Une des contraintes les plus assommantes de l'humanité, c'était que les hommes ne pouvaient pas se renouveler vers le milieu de leur vie en changeant radicalement d'occupation.
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Par annie, le 10/12/2012
Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
« Quand on travaille pour des hommes, on en met un coup ; quand c'est pour des cons, on fait semblant. »
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Par Luniver, le 29/05/2012
Le Pavillon des cancéreux de
Alexandre Soljenitsyne
«Et pourquoi lire ? Pourquoi, si on doit tous crever bientôt ?»
La balafre de «Grandegueule» frémit.
«C'est justement parce qu'on doit tous crever qu'il faut se dépêcher. Tiens, prends.»
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Par Satori, le 10/05/2013
Le Pavillon des cancéreux de
Alexandre Soljenitsyne
Alors, à travers ce carré de peau de ventre que rien ne protégeait, puis à travers des tissus intermédiaires, à travers des organes, dont leur possesseur le premier ignorait le nom, à travers le corps de la tumeur, tapie comme un crapaud, à travers l'estomac ou l'intestin, à travers le sang qui parcourait veinés et artères, à travers la lymphe, à travers les cellules, à travers la colonne vertébrale et les vertèbres, à travers de nouvelles couches de tissus, des vaisseaux et la peau du dos, puis à travers la couchette, les lattes de quatre centimètres du plancher, à travers doubleaux et hourdis, et plus loin, plus loin encore, s'enfonçant dans les fondements de la pierre et dans la terre, se déversèrent les rayons X durs, vecteurs vibrants des champs électrique et magnétique, difficilement concevables pour l'esprit humain, ou encore plus intelligibles àl'homme, projectiles-quanta, qui déchiquetaient et criblaient tout sur leur passage.
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