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Par Myrtle, le 22/07/2011
Fauna de
Alissa York
Frérot vivant aurait attendu que Guy à moitié endormi tapote le matelas - bruit doux, élastique et accueillant - mais le chat fantôme n'a pas besoin d'une telle invitation. Il sait que l'espace entre le corps de Guy et le bord du lit lui appartient.
Il grimpe avec un petit coup de queue, sans sauter, comme s'il planait. Les extrémités blanches de ses quatre pattes atterrissent là où les draps forment un hamac que le poids de son corps argenté tend contre le ventre de Guy. Guy bouge, non pas en se réveillant, mais dans la réalité de son rêve. Frérot est venu dormir à côté de lui. Son chat adoré est de retour.
Leurs corps à tous deux se souviennent. Frérot s'enroule un court instant puis se déplie et s'allonge de tout son long. Sa nuque repose contre la clavicule de Guy, les coussinets de ses pattes arrière touchent le genou de Guy. Ses pattes avant son croisées comme les mains pâles d'un prisonnier, tendues dans le vide au-delà du matelas.
Le bras droit de Guy est caché sous son oreiller. Son bras gauche s'enroule quand Frérot s'installe et sa main se pose là où la fourrure du ventre est la plus épaisse, là où il peut rassembler doucement la peau et la tenir. Le ronronnement est silencieux, mais Guy le sent bourdonner dans ses doigts. La chaleur d'un corps mort depuis longtemps. Pendant un temps, ils dorment d'un profond sommeil.
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Amours défendues de
Alissa York
Par pitié, Mathilda, souris. Tu t’attendais à un jardin de roses ? A avoir le cœur qui palpite rien qu’en le regardant ?
[…] Tu es la nièce bâtarde de la bonne à tout faire de l’église, tu n’as pas un sou à toi et tu n’es pas non plus d’une grande beauté, mais celui-là, celui-là est venu supplier d’avoir ta main. Elle poursuit, les dents serrées. « Tu devrais rire. Tu devrais te tenir les côtes devant tant de chance, alors fais au moins un sourire !
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Par Myrtle, le 22/07/2011
Fauna de
Alissa York
Le rire éclate quand elle se redresse et s'assoit. Il commence de façon innocente, mais rapidement elle émet des bruits de singe, elle hoquette convulsivement, se couvre la bouche. Guy lui adresse un sourire radieux mais ne craque pas. Il passe doucement une main sous les fesses d'Edal pour tenir le préservatif et ses doigts en l'effleurant la font se tordre de rire. Elle rit si fort maintenant qu'elle risque de se froisser un muscle, peut-être même de se faire une hernie. Et soudain elle se met à pleurer (un observateur cruel dirait qu'elle braille) et pourtant, elle ne peut s'empêcher de le remarquer dans les interstices entre ses doigts, il ne cille même pas.
"Hé, dit-il doucement. Hé.
- Désolée." Elle s'essuie les yeux. De la morve liquide menace de s'échapper de sa narine gauche, de décorer la poitrine de Guy comme une traînée d'escargot. Il n'y a pas de mouchoirs, du moins elle n'en voit pas, alors elle renifle bruyamment. "Désolée. Seigneur.
- Pas de problème."
Elle respire en frémissant. "Mon Dieu." Elle passe le dos de la main sous son nez. "Tu as un mouchoir?"
Il cherche sous le drap et lui tend son T-shirt.
"Tu es sûr?
- Ça se lave."
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Fauna de
Alissa York
Grand-mère ayant disparu,Darius subissait toutes les raclées que Grand-père avait encore en lui.Les cicatrices de l'attaque semblaient même l'avoir rendu plus fort. Un homme capable de tuer le roi de la forêt alors qu'il était étendu face contre terre était un adversaire hors de portée pour un gringalet de quatorze,seize ou dix-huit ans.
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Fauna de
Alissa York
Tu as la trouille. Peu importe si ça n'a pas de sens,tu as une trouille bleue des coyotes et tu crois que si tu les tues,la peur va s'envoler.Bon,tu sais quoi?La peur ne vit pas dans le coyote.Elle vit là où tu la sens,tout au fond de ces tripes dont tu n'arrêtes pas de parler.
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Fauna de
Alissa York
Il tend la main.Il faut un moment à Edal pour tendre aussi la sienne. Il la lui serre d'une main calleuse,ferme.Pas de trace de la fausse faiblesse que la plupart des hommes imaginent devoir réserver aux femmes.
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Fauna de
Alissa York
Entre elles,les ténèbres s'ouvrent comme une crevasse,domaine des marécages,de l'herbe,des bois.Si l'occasion lui était donnée,la terre reprendrait ses droits,remonterait le temps à coups de griffes,déchirerait le manteau de la ville.
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Fauna de
Alissa York
Il y a un interrupteur en chacun de nous qui,je suppose,a poussé là en tant qu'élément nécessaire à notre survie.Comment pourrait-on sortir un poisson de la rivière pour le dîner si on sentait la morsure de l'hameçon sur sa joue?
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Fauna de
Alissa York
"Avez-vous jamais galopé sur un cheval?"
Cela ne lui était jamais arrivé,bien sûr,mais ça n'avait pas beaucoup d'importance;les mots lui donnaient la place de grimper.
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Fauna de
Alissa York
La vie se déroule dans le présent.