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Par nadejda, le 08/06/2013
Les poissons ne ferment pas les yeux de
Erri De Luca
Le papier buvard faisait partie de nos fournitures : les élèves pauvres ne pouvaient s’en acheter et alors ils séchaient en soufflant, mais doucement, une légère brise, pour ne pas étaler l’encre. Sous leur souffle mesuré, les lettres tremblaient en scintillant, comme les larmes et les braises.
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Par Hahasiah, le 18/01/2013
Trois chevaux de
Erri De Luca
La vie est un long trait continu et mourir, c’est aller à la ligne sans le corps. Je vois les piqués des oiseaux dans le creux des vagues, et même le poisson qui a toute la mer pour se cacher ne peut se sauver.
Et les oiseaux qui volent au-dessus : chacun est seul et sans alliance avec l’autre. L’air est leur famille, pas les ailes des autres. Chaque nouvel œuf déposé est une solitude. Et moi, dans l’obscurité des braises, je fais une omelette de solitudes pour me rassasier.
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Par Mijouet, le 18/06/2013
Trois chevaux de
Erri De Luca
L'amour dans les mains de Làila est la chose la plus vierge de chair, elle le cherche en m'appelant par mon nom de sa respiration, en m'appelant dehors dans son plein air.
Enfin sa crue d'étreintes concentre mon sang et elle s'accommode du fond qui me reste.
Elle me dit que c'est plus beau pour elle quand je suis fatigué.
Et moi je sais encore une fois que j'aime cette femme et que cet amour a le droit d'être le dernier pour moi.
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Par nadejda, le 29/05/2012
Essais de réponse de
Erri De Luca
Je suis un lecteur très exigeant car le principe qui guide ma lecture est que c'est l'histoire qui doit me faire oublier mon poids, jusqu'à mon souffle et ma respiration, jusqu'aux bruits tout autour. Si je m'aperçois que c'est moi qui porte, ce livre tombe sur mes pieds.
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Par Nanouxy, le 16/01/2013
Trois chevaux de
Erri De Luca
Les jeunes ont l'air absorbé et réfléchi en amour, les vieux le prennent moins au sérieux et se laissent chauffer le sang par les rires. Les rires stimulent.
L'eau bout mais nous n'y plongeons pas les pâtes.
Quand nous revenons à la cuisine, il reste un fond d'eau très salée sur le feu allumé.
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Par nadejda, le 28/05/2012
Et il dit de
Erri De Luca
Les souvenirs appartiennent au règne des oiseaux, ils laissent une plume quand ils s'en vont. Grâce à elle, on sait à quelle espèce ils appartiennent.
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Par Hahasiah, le 14/01/2013
Trois chevaux de
Erri De Luca
Nous nous empoignons de nouveau. Je suis à peine tendu, elle, elle est limpide, pas même une ombre trouble dans ses tendresse de sirocco qui fait claquer toute une lessive dans l’air.
Les femmes du métier ont un répertoire et quand elles aiment elles l’évitent et tournent autour de gestes bien connus sans tomber dedans, les esquivant lestement. Elles inventent l’amour au milieu des renoncements, des défenses de faire comme.
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Par Nanouxy, le 12/01/2013
Trois chevaux de
Erri De Luca
Et elle arrive. Voilà Dvora, je sens des abeilles dans mon sang, un ours dans mon coeur, chaque battement est une patte qui démolit la ruche.
Elle me donne sa main et moi je sais que je ne la lui rendrai plus.
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Par Malaura, le 21/10/2011
Trois chevaux de
Erri De Luca
Il y a des créatures destinées les unes aux autres qui n’arrivent jamais à se rencontrer et qui se résignent à aimer une autre personne pour raccommoder l’absence. Elle sont sages.
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Le poids du papillon de
Erri De Luca
Il attendit là, sans bouger, bombant le torse, la balle de onze grammes qui traversa son coeur de haut en bas.Il mourut avant d'entendre le fracas de la détonation, un coup de marteau contre la tôle du ciel.Il tomba du haut de la pierre et roula vers les chamois. L'homme vit alors une chose jamais vue jusque-là. Le troupeau ne se dispersa pas en s'enfuyant, il fit lentement le mouvement inverse. D'abord, les femelles, puis les mâles, puis les petits nés au printemps montèrent vers lui, à la rencontre du roi abattu. Un par un, ils penchèrent leur museau sur lui, sans une pensée pour l'homme aux aguets. Ils touchèrent de leurs cornes, d'un léger coup, le dos roux et épais de leur père à tous. Les femelles donnèrent deux coups, les petits frottèrent timidement leurs premiers centimètres sur le manteau hivernal, déjà combre, de leur patriarche.
Rien n'était plus important pour eux que cet adieu, l'hommage rendu au plus magnifique des chamois qui eût jamais existé. L'homme regardait, l'arme encore sur l'épaule, le corps sur ses coudes. Il baissa son fusil. La bête l'avait épargné, lui non. Il n'avait rien compris de ce présent qui était déjà perdu. C'est à ce moment-là que la chasse prit fin pour lui aussi, il ne tirerait plus jamais sur d'autres animaux.
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