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Par elegrid1, le 21/05/2012
Le Bouc émissaire de
August Strindberg
L'éxilé ressentait quelque chose de similaire, il se croyait chargé de la haine des hommes, de leur méchanceté et de leur bassesse, comme s'ils les lui avaient inoculées . Il était peut être cet animal porteur du poison, qui dans son organisme, se transforme en sérum salutaire . Tant qu'il ne répondait pas à la haine par la haine, il était invulnérable, mais dés qu'il sentait monter la colère, il sentait aussi monter le poison . Pour se garder de toute amertume, il répétait en marchant les versets de la Bible qui l'avaient particulièrement marqué, et ils agissaient sur son esprit enfantin avec une force accumulée au cours des millénaires .
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Par Nibelheim, le 09/01/2009
Mademoiselle Julie de
August Strindberg
"JEAN. - Vous savez, vous êtes très étrange !
JULIE. - Peut-être, mais ça, vous l'êtes aussi. Et puis tout est étrange. La vie, l'humanité, tout ... Cette neige noire qui tourne, tourne sur l'eau et s'enfonce, s'enfonce. J'ai fait un rêve qui me revient de temps en temps, et je me le rappelle en ce moment. Grimpée tout en haut d'un pilier, j'y suis assise sans aucune possibilité d'en descendre ; j'ai le vertige en baissant les yeux, et je dois regagner la terre, mais je n'ai pas le courage de m'élancer ; je ne puis m'y maintenir et il me tarde te tomber, mais je ne tombe pas. Pourtant je ne connais la paix, je ne connais le repos que lorsque je suis en bas, tout en bas, sur le sol. Et si j'ai réussi à l'atteindre, je voudrais disparaître sous la terre. Avez-vous jamais connu cette sensation ?
JEAN. - Non. Je rêve d'ordinaire que je suis couché sous un grand arbre dans une forêt obscure. Je veux monter, monter au sommet, pour voir le clair paysage tout brillant de soleil, et dénicher le nid où dorment les brillants oeufs d'or. Et je grimpe, je grimpe, mais le tronc est si énorme, si lisse, et elle est si loin, la première branche ! Mais je sais que si je l'atteins, la première branche, j'arriverai au sommet aussi aisément que par une échelle. Jamais encore je ne l'ai atteinte ; mais j'y arriverai, même si c'est en rêve ! "
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Par gaillard1, le 24/09/2010
La Danse de mort de
August Strindberg
Il est parfois bien de ne pas tout dire, de ne pas tout voir. Cela s'appelle l'indulgence, et nous en avons tous besoin.
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Mademoiselle Julie de
August Strindberg
D'un côté, j'étais content de voir qu'on nous avait éblouis avec du toc, que le dos de l'épervier était aussi gris que le reste, que seule la poudre rendait la joue délicate, que les ongles manucurés étaient cernés de noir et que le mouchoir parfumé était sale...! mais d'un autre côté je souffre d'avoir désiré quelque chose de si peu élevé, de si peu solide ; je souffre de vous voir tomber si bas, bien plus bas qu'une cuisinière ; je souffre comme lorsque je vois la pluie lacérer les fleurs d'automne et les transformer en boue.
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Mademoiselle julie - le pelican de
August Strindberg
Longtemps, le théâtre m'a paru être, tout comme l'art en général, une Biblia Pauperum (Bible des pauvres), une bible en images pour ceux qui ne savent lire ni l'écrit ni l'imprimé, et l'auteur dramatique, un prédicateur laïque qui colporte les pensées de son époque sous forme populaire, si populaire que la classe moyenne, qui peuple en majeure partie le théâtre, puisse saisir de quoi il est question sans se torturer les méninges. C'est pourquoi le théâtre a toujours été une école populaire pour la jeunesse, les gens semi-cultivés et les femmes qui conservent encore la faculté médiocre de se leurrer eux-mêmes et de se laisser leurrer, c'est-à-dire de se faire illusionner, suggestionner par l'auteur. Voilà pourquoi, en notre temps où la pensée rudimentaire, imparfaite qu'engendre l'imagination semble vouloir devenir réflexion, recherche, expérience, il m'a paru que le théâtre, de même que la religion, était en voie d'extinction comme forme d'art mourante pour la jouissance de laquelle nous n'avons pas les conditions requises ; va dans le sens de cette hypothèse la crise généralisée du théâtre qui sévit à présent dans toute l'Europe, et encore plus le fait que, dans les pays culturels où les plus grands penseurs du siècle ont vu le jour, soit l'Angleterre et l'Allemagne, l'art dramatique est mort tout comme la plus grande partie des autres beaux-arts.
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Mademoiselle Julie de
August Strindberg
Je serais Mme la Concierge, Mme Poubelle - espèce de chien qui portes mon collier, espèce de laquais qui portes mes armes sur tes boutons - moi te partager avec ma cuisinière, avoir ma bonne pour rivale !
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Par ursus, le 30/12/2011
Mon jardin et autres histoires naturelles de
August Strindberg
Je ne connais rien de plus agréable et en même temps de plus typiquement suédois que le hage ; c’est peut-être la seule chose qui soit typiquement suédoise. Le mot ne peut pas être traduit correctement dans aucune autre langue, car il manque le concept. Le champ, la prairie et la forêt sont marqués par l’affligeante présence de l’homme, tandis que le hage est un morceau de nature laissé à l’abandon, un bâtard, fruit du croisement d’une forêt et d’une prairie. (…)
Il y a là des rochers plats couverts de sphaignes, de bruyères et d’airelles ; là, un petit repli de terrain marécageux où croissent des bouleaux nains, des saules et des aulnes et qui offre un terrain de jeu favorable aux grenouilles et aux serpents, parfois à une bécasse ou à une sarcelle d’été (…).
Tel est mon hage, dont la beauté mal dégrossie me plaît plus que toute autre nature, et c’est là que le balbuzard a fait son nid.
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Mademoiselle julie - le pelican de
August Strindberg
Gerda
Laisse-moi dormir ! Je sais que je me réveillerai, mais que ce soit dans longtemps ! Ouh ! Tout ce que je ne sais pas mais que je soupçonne ! Te rappelles-tu lorsque nous étions enfants... les gens vous disent méchant si l'on dit ce qui est vrai... Tu es tellement méchante, me disait-on toujours lorsque je déclarais qu'une chose mauvaise était mauvaise... Et puis, j'ai appris à me taire... Alors, j'ai été appréciée pour mes bonnes manières ; puis j'ai appris à dire ce que je ne pensais pas, et alors, je me suis trouvée prête à entrer dans la vie.
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Mademoiselle julie - le pelican de
August Strindberg
On a récemment reproché à ma tragédie Le Père d'être tellement affligeante, comme si on exigeait d'une tragédie qu'elle soit joyeuse ; et l'on réclame de la joie de vivre, et les directeurs de théâtres commandent des farces comme si la joie de vivre consistait à être imbécile et à faire le portrait d'humains qui seraient tous atteints de la danse de Saint-Guy ou de crétinisme ! Je trouve la joie de vivre dans les fortes et cruelles luttes de la vie, et ma jouissance est de savoir quelque chose, d'enseigner quelque chose.
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Père de
August Strindberg
Pour moi qui ne crois pas à l'au-delà, mon enfant était un gage d'immortalité ; elle était pour moi la seule chose éternelle.
Qu'on me la prenne, et ma vie s'arrête.