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Par Malaura, le 10/04/2012
Les souvenirs m'observent de
Tomas Tranströmer
On a toujours l’impression d’être plus jeune qu’on est.
Je porte en moi tous mes visages passés, comme un arbre ses cernes.
C’est leur somme qui fait de moi ce que je suis.
Le miroir ne reflète que mon dernier visage, pourtant je reconnais tous ceux qui l’ont précédé.
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Par Malaura, le 11/04/2012
Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004 de
Tomas Tranströmer
Je suis sur la montagne et contemple la baie.
Les bateaux reposent à la surface de l'été.
« Nous sommes des somnambules. Des lunes à la dérive. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.
« Nous errons dans une maison assoupie.
Nous poussons doucement les portes.
Nous nous appuyons à la liberté. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.
J'ai vu un jour les volontés du monde s'en aller.
Elles suivaient le même cours - une seule flotte.
« Nous sommes dispersées maintenant. Compagnes de personne. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.
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Par jsgandalf, le 12/05/2012
Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004 de
Tomas Tranströmer
LE NOM
Je commence à m’assoupir au cours du voyage et je range ma voiture sous les arbres du bord de la route. M’enroule sur le siège arrière et dors. Combien de temps ? Des heures. La nuit a eu le temps de tomber.
Soudain, je suis réveillé et je ne reconnais plus. Tout à fait réveillé, mais cela ne sert à rien. Où suis-je ? Qui suis-je ? Je suis cette chose qui s’éveille sur un siège arrière, en proie à la panique, et qui se débat comme un chat dans un sac. Qui ?
Enfin ma vie revient comme un ange. Au-delà des murailles, on entend sonner le clairon (comme dans l’ouverture d’Eléonore), et des pas salvateurs descendent vite vite du haut d’un escalier beaucoup trop long. C’est moi ! C’est moi !
Impossible pourtant d’oublier ces quinze secondes de combat dans l’enfer de l’oubli, à quelques mètres de la grand-route où le trafic glisse, toutes lumières allumées.
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Par kathy, le 09/10/2011
Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004 de
Tomas Tranströmer
A deux heures du matin : clair de lune. Le train s’est arrêté
au milieu de la plaine. Au loin, les points de lumière d’une ville
qui scintillent froidement aux confins du regard.
C’est comme quand un homme va si loin dans le rêve
qu’il n’arrive à se souvenir qu’il y a demeuré
lorsqu’il retourne dans sa chambre.
Et comme quand quelqu’un va si loin dans la maladie
que l’essence des jours se mue en étincelles, essaim
insignifiant et froid aux confins du regard.
Le train est parfaitement immobile.
Deux heures : un clair de lune intense. Et de rares étoiles.
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Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004 de
Tomas Tranströmer
Courte pause pendant le concert d’orgue
L’orgue s’arrête de jouer et un silence de mort s’installe dans l’église
Mais pour quelques secondes seulement
où pénètre le doux bourdonnement du trafic
extérieur, le grand orgue.
Nous voilà encerclés par les murmures de la circulation qui se promènent
Le long des murs de la cathédrale
Où le monde extérieur glisse, tel un film translucide
Dans un combat d’ombres en pianissimo.
Comme s’il appartenait aux bruits de la rue, j’entends un de mes pouls battre dans le silence.
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Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004 de
Tomas Tranströmer
Las de tous ceux qui viennent avec des mots, des mots mais pas de langage,
je partis pour l'île recouverte de neige.
L’indomptable n'a pas de mots.
Ses pages blanches s'étalent dans tous les sens!
Je tombe sur les traces de pattes d'un cerf dans la neige.
Pas des mots mais un langage.
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Par petitours, le 06/10/2011
Tomas Tranströmer
Le café noir du service en terrasse
aux tables et aux chaises aussi gracieuses que des insectes.
Ces gouttes précieuses et captées
ont le même pouvoir qu’un Oui ou un Non.
On les sort du fond de bistrots obscurs
et elles fixent le soleil sans ciller
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Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004 de
Tomas Tranströmer
"Voyez cet arbre gris. Le ciel a pénétré
par ses fibres jusque dans le sol -
il ne reste qu'un nuage ridé quand
la terre a fini de boire. L'espace dérobé
se tord dans les tresses des racines, s'entortille
en verdure. - Des courts instants
de liberté viennent éclore dans nos corps, tourbillonnnent
dans le sang des Parques et plus loin encore."
(Cohésion)
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Par kathy, le 09/10/2011
Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004 de
Tomas Tranströmer
Voyez cet arbre gris. Le ciel a pénétré
par ses fibres jusque dans le sol -
il ne reste qu'un nuage ridé quand
la terre a fini de boire. L'espace dérobé
se tord dans les tresses des racines, s'entortille
en verdure. - De courts instants
de liberté viennent éclore dans nos corps, tourbillonnent
dans le sang des Parques et plus loin encore.
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Par jsgandalf, le 11/05/2012
Baltiques : Oeuvres complètes 1954-2004 de
Tomas Tranströmer
MUSIQUE LENTE
L’édifice est fermé. Le soleil pénètre par les vitres
et réchauffe le haut de bureaux
assez solide pour porter le poids de la destinée.
C’est notre jours de sortie, sur la longue étendue du talus.
Beaucoup ont mis des habits sombres. On peut rester au soleil
et fermer les yeux et sentir le vent qui lentement vous porte.
Je vais trop rarement au bord de l’eau. Mais me voici ici,
entre de grands rochers aux dos paisibles.
Des rochers qui lentement sont remontés des vagues.
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