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Par verobleue, le 16/11/2011
La brèche de
Christophe Lambert
- Qu’est ce qui vous intéresse, tant que ça, dans la guerre?
- La destruction est l’un des spectacles les plus jouissifs qui soit. Passez une annonce n’importe où dans le monde en proclamant la démolition prochaine d’un immeuble, d’un quartier, et vous verrez rappliquer la foule à tous les coups. C’est une pulsion universelle. Vous le savez mieux que personne : vous photographiez des guerres, non ?
- Je m’intéresse surtout aux gens. Aux visages, aux regards…
- Allez, ne me sortez pas les violons. Ce ne sont pas les visages et les regards qui font vendre le papier.
- Oui, mais au bout du compte, ce sont ces photos-là qui restent. Pas le sensationnel facile.
- Oh, je vois, vous êtes un pur, un idéaliste.
- Je suis juste quelqu’un qui ne comprend pas quelle sorte d’intérêt malsain on peut éprouver à jouer à la guéguerre.
Mitch sourit, boit une gorgée de coca, puis récite :
- « La guerre éduque les gens, mobilise la volonté, perfectionne la constitution physique et provoque des collisions si étroites et si fulgurantes dans les moments critiques que l’homme peut alors prendre toute la mesure de l’homme. » C’est une phrase d’Emerson.
- Allez dire ça aux mômes pakistanais qui croulent sous les bombes en ce moment, je suis sûr que ça les amusera beaucoup.
- Je sais qu’il est politiquement incorrect d’affirmer que la guerre n’est pas une chose aussi mauvaise qu’on l’imagine, mais je m’en fous. C’est comme ça, j’assume. Dans le bouquin que je compte écrire, j’ai l’intention de démontrer que les conflits font avancer l’homme et aussi la société.
- Comment ça ?
- Tout d’abord, il y a le développement technologique. C’est un aspect tellement évident que je ne vous ferai pas l’insulte de disserter là-dessus. Ce que l’on reconnaît plus difficilement, c’est que le progrès dans l’art de zigouiller son prochain s’accompagne d’une conscience morale grandissante. Les religions, la philosophie se développent. Plus les armes sont dévastatrices, moins on a envie de les utiliser. Voyez la bombe atomique. Hiroshima a servi de vaccin. Nous n’avons pas eu de rechute depuis ! La réflexion a besoin de chaos pour se forger. Vie et mort. Le Ying n’existe que grâce au Yang. Les conflits forment, en quelque sorte, la base solide, le socle des humanités.
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Par verobleue, le 27/11/2011
La brèche de
Christophe Lambert
- Maintenant que les militaires ont récupéré l’exclusivité des sauts quantiques, il nous faut un nouveau concept d’émission pour le prime du jeudi soir, messieurs ! Et fissa !
[...]
- Je … j’ai peut-être quelque chose…, commence-t-il.
[...]
- Nous plaçons douze candidats pendant trois mois dans un environnement hostile, avec des gardiens sans pitié. Les plus affaiblis sont éliminés, semaine après semaine. Un seul gagnant à la fin. Des caméras partout, même dans les douches !
- Intéressant… Vous avez un titre ?
- J’ai pensé à … « Auschwitz : le jeu » !
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Par verobleue, le 27/11/2011
La brèche de
Christophe Lambert
Gary considéra les autres blessés du commando. Beaucoup avaient écopé, tout comme Mitch, de ce qu’il avait envie d’appeler des « blessures à la con ». C’était fou, le nombre de « blessures à la con » qu’on rencontrait sur un grand champ de bataille comme celui-ci ! Au cinéma, les héros étaient toujours touchés à l’épaule (de préférence à l’épaule gauche, pour les droitiers) ou à la cuisse (les scénaristes n’étaient sans doute pas au courant qu’une artère fémorale sectionnée vous condamne presqu’aussi sûrement qu’une balle dans la tête) et, dans tous les cas de figure, ils continuaient à tirailler l’ennemi sans donner signe de faiblesse. La réalité était beaucoup plus bizarre : les soldats perdaient des doigts, des orteils, des couilles, un nez par-ci, une oreille par-là ! Les balles vous entraient dans une fesse et ressortaient par l’autre. Des « blessures à la con », quoi. Quand à ceux qui se retrouvaient atteints à la cuisse ou à l’épaule, pour de vrai, ils étaient souvent trop choqués, trop commotionnés, pour se lancer ensuite dans de grandes actions héroïques.
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Par pitivier, le 03/02/2011
La brèche de
Christophe Lambert
Fielding cherche des yeux un ou une stagiaire. Sourire en coin, il se prépare à engueuler le premier larbin qui passera dans son champ de vision.
Rien de mieux pour évacuer le stress avant l'antenne !
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La fille de mes rêves de
Christophe Lambert
L’unité Watchmen est un service ultra secret. Ses membres, les « veilleurs », ont pour mission de contrôler les rêves des abonnés. Ils travaillent dans une salle bardée d’écran. Chaque songe s’apparente à un programme télé, une chaîne différente. Les techniciens zappent sans relâche. Au moment de la mise en place de Watchmen, il s’agissait de répertorier et d’analyser les habitudes des consommateurs, leurs fantasmes, leurs déviances, pour mieux anticiper la demande et proposer un éventail de décors oniriques toujours plus attractifs. Puis, au fil des semaines, des incidents se sont multipliés. On peut les ranger en deux grandes catégories. Les incidents de type comportemental, tout d’abord. De temps en temps des gens – surtout des hommes – vont un peu trop loin. Un viol virtuel n’est pas un viol, mais quand même… Des clientes traumatisées, voilà une publicité dont la société tient à se dispenser. Quand une telle alerte se déclenche, les veilleurs doivent analyser la situation en quelques secondes et interrompre le rêve avant que l’irréparable ne soit commis. Un simple bouton et « clic », c’est fini.
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Par pitivier, le 03/02/2011
La brèche de
Christophe Lambert
- Tout de même, grimace Loraine Kauffman. Le débarquement c'est très sanglant...
Benton est chaud. Il les tient. Il va les bouffer.
- Avec tout le respect que je vous dois, mademoiselle, réplique-t-il, je vous rappelle que notre meilleur score d'audience, c'est la cervelle de JFK qui voltige au ralenti sous onze axes différents.
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Par Slay, le 23/01/2012
La fille de mes rêves de
Christophe Lambert
Le monde des rêves ne me suffit plus. Je voudrais passer le reste de ma vie avec Lara et, ce voeu-là, ni Real Dream ni personne ne pourront l’exaucer! Je me retrouve pris à mon propre piège.
Dans quatre jours, l’imposture s’arrêtera. Il faudra que je rende sa clé à Marc Herpoux – d’ailleurs, comment il s’en sort, celui-là? Je n’ai pas de nouvelles depuis l’échange des avatars.
Ouais, bientôt, ce sera “terminus, tout le monde descend”. Cette perspective me serre les tripes.
Je soupire:
- Je suis dans la merde…
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La fille de mes rêves de
Christophe Lambert
le réel, c’est la porte ouverte aux déceptions, aux visages cernés par une mauvaise nuit, sans compter les soucis et les contingences bassement matérielles