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Le Collectionneur de
Chrystine Brouillet
Elle ouvrit la fenêtre pour appeler son chat, qui daigna enfin revenir. Son poil était frais, il sentait la nuit, son mystère. Graham enfouit son visage dans le ventre de Léo comme pour s'approprier son odeur fauve. Elle pensa à "La féline" et envia Nastassja Kinski de pouvoir se transformer en panthère. Les panthères ne doivent pas avoir peur très souvent.
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Le Collectionneur de
Chrystine Brouillet
Tétanisés d'horreur, ils savaient maintenant que l'enfer était un endroit de villégiature en comparaison de cet hangar. Dante n'aurait pas imaginé pire. Les hommes s'attendaient à voir surgir d'immondes gargouilles, des rats pestiférés, des nuages d'insectes, des créatures d'outre-tombe aux plaies grouillantes de vers, des spectres mutilés venus récupérer leurs membres coupés ; toute une cohorte de femmes et d'hommes à demi pourris, lépreux d'un long séjour en terre réclamant leur bien.
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Le Collectionneur de
Chrystine Brouillet
Les policiers cherchaient la faille infime dans le système érigé par un meurtrier, ils cherchaient avec l'acharnement d'un pitbull et la patience des centaines de femmes qui avaient réalisé les tapisseries "La dame à la licorne" du musée de Cluny. Ils travaillaient comme elles en groupe et chaque nouvel élément permettait de cerner lentement le motif. Les contours se précisaient, des visages apparaissaient, la vérité se dessinait.
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Chère voisine de
Chrystine Brouillet
Tout ce qu'il y avait d'intéressant dans l'immeuble, c'était sans hésitation les chats. Il fallait reconnaitre que Balthazar était splendide. Voilà l'unique raison qui poussait Louise a être aimable avec Victor.. Le chat la fascinait. Elle ne comprenait pas comment on pouvait aimer les êtres humains, hommes ou femmes, quand on avait vu un chat. L'humain était si lourd, si maladroit, si peu subtil, si corrompu, si peu intéressant.
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Le Collectionneur de
Chrystine Brouillet
Maud Graham serra le combiné ; il ne fallait pas que l'enfant lui échappe.
- On se rencontre quand tu veux.
- Non. Si Grégoire donne signe de vie, je vous rappelle.
Graham raccrocha en grimaçant ; elle détestait l'expression "signe de vie". De pareilles formules, si définitives, appelaient moins la vie que la mort.
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Par iarsenea, le 26/04/2010
Le Collectionneur de
Chrystine Brouillet
On cherche un transsexuel taxidermiste fréquentant les clubs de sports ! Ce n'est pourtant pas courant...
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Le Collectionneur de
Chrystine Brouillet
Elle était lasse de sa solitude, lasse de regretter le temps où elle était amoureuse d'Yves. Elle avait entendu un séropositif déclarer que l'idée de ne plus pouvoir tomber amoureux, de ne plus aimer ou s'en reconnaître le droit l'irritait plus que la mort elle-même. "C'est comme mourir avant de mourir."
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Le Collectionneur de
Chrystine Brouillet
La pluie avait cessé. Plusieurs enfants sortiraient leurs bicyclettes du garage même s'il restait des îlots de neige, du sable et des graviers dans les rues. Il faudrait redoubler de prudence, car les petits, ivres de liberté, ne voyaient rien, n'entendaient rien. Ni lumières, ni klaxons, ni cris, ni panneaux. Le printemps leur appartenait, comme la ville. Des ailes leur avaient poussé durant l'hiver, ils l'auraient juré, des ailes qui s'étiraient comme celles des papillons à peine éclos, des ailes qu'ils rêvaient d'étrenner, qui les transformaient en kamikazes. Ils s’élançaient, un conducteur freinait brusquement, blêmissait, son cœur s'arrêtait de battre quand il comprenait qu'il avait heurté une fillette qui ressemblait au Petit Chaperon rouge, mais qui ne dégusterait plus jamais de galettes. Et le sang sur la chaussée dégoûterait à jamais le chauffeur des confitures.
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Chère voisine de
Chrystine Brouillet
L'animal fixait Louise. Il se sentait tout à fait compris. Elle avait le même regard que lui sur les choses. Elle les filtrait. Ils allaient bien s'entendre.
Louise partit une heure plus tard. Elle n'avait pratiquement rien dit. Elle apprenait à ronronner.
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Sans pardon de
Chrystine Brouillet
Victor Duchesne venait de se réveiller et il regardait ses mains ; elles auraient dû être douloureuses mais il ne souffrait pas. Il ne savait pas si c’était l’effet de l’adrénaline ou parce qu’il avait fumé du bon stock après avoir donné une petite leçon à Fabien Marchand. Ou s’il avait rêvé. Non, il ne rêvait pas, il ne se souvenait pas de chaque seconde, tout s’était passé trop vite, mais il se rappelait parfaitement le son sourd de ses poings quand il frappait Marchand, ses cris, puis ses gémissements. Il avait savouré chaque instant, répétant à Marchand qu’il n’était qu’un trou du cul, que personne n’avait le droit de jouer dans ses plates-bandes. Si Frank Potvin n’était pas intervenu quand Marchand avait perdu conscience, il serait encore à le battre, tellement il avait aimé la sensation de puissance qu’il avait ressentie. À cause du bruit des os fracturés. Duchesne avait eu l’impression qu’il n’avait jamais entendu aussi distinctement ce son particulier.
Frank Potvin l’avait arraché à Marchand, l’avait entraîné, poussé vers sa moto avant de faire démarrer la sienne. Il ne servait plus à rien de traîner dans le coin. Ils devaient rouler, rentrer chez eux.
Victor Duchesne agita ses mains, les pliant, les dépliant ; est-ce qu’elles enflaient ? Il regarda autour de lui. Où était-il ? Sûrement pas dans sa chambre à Stoneham. Il y avait une fenêtre dans sa chambre, une belle grande fenêtre qui donnait sur une cour immense. Il n’y avait pas de fenêtre là où il se trouvait. Il n’était pas couché non plus sur son lit. Où était-il ? Il sentit la bile remonter dans sa gorge alors qu’il prenait conscience de l’odeur d’urine de la cellule. Il était en cellule. Que faisait-il là ? Il n’y avait personne sur les berges de la Saint-Charles quand il avait battu Marchand. Ça, il s’en souvenait. Frank le couvrait. Où était Frank ? Que s’était-il passé ? Il tituba jusqu’à la porte, tambourina pour qu’on lui ouvre. Il voulait rentrer chez lui. Tout de suite.
Il y retourna dix heures plus tard. Entre-temps, il avait appris qu’on l’avait arrêté pour excès de vitesse sur le boulevard des Chutes, que son comportement avait paru suspect, erratique aux patrouilleurs qui l’avaient appréhendé et qui avaient trouvé deux joints dans les poches de son blouson de cuir. C’était René Lalonde, l’avocat de son père, qui le lui avait dit en venant le chercher. Il lui avait aussi dit que Louis Fournier était vraiment furieux d’avoir dû solliciter ses services. Et maintenant, après avoir tant souhaité rentrer à la maison, Victor redoutait la colère de Louis Fournier. Il ne pourrait pas lui expliquer pourquoi il roulait si vite sur le boulevard des Chutes, il n’en savait rien. Tout ce qu’il savait, c’est que son père l’engueulerait, hurlerait que s’il se plantait avec sa moto, il ne lui en achèterait certainement pas une autre. Ça ne lui avait pas suffi de bousiller une Harley, l’année précédente ? Sa mère s’en mêlerait, gémirait qu’il finirait par se tuer. Tout le monde crierait, alors que Victor n’aspirait qu’à une chose, fumer un joint pour se détendre et oublier cette nuit en cellule. Il regrettait de ne pas pouvoir révéler à son père qu’il avait corrigé Fabien Marchand. Il aurait dû être fier de lui, fier qu’ils se ressemblent, et le féliciter de ne pas s’être laissé marcher sur les pieds, mais Louis Fournier le frapperait s’il apprenait qu’il dealait. Il le frapperait en hurlant qu’il lui donnait assez d’argent pour qu’il n’ait pas besoin de se livrer à ce trafic imbécile. Pourquoi ne s’apercevait-il pas qu’il avait vieilli, qu’il n’était plus un gamin à qui on peut tout interdire ? Il ne saisissait pas encore que Victor pouvait être un fameux bras droit.
Repenser aux cris, aux supplications de Fabien Marchand, à l’image de son ennemi recroquevillé pour échapper à ses coups rasséréna Victor. Quand on saurait ce qui lui était arrivé, plus personne n’oserait empiéter sur le territoire de Vic Duchesne. Seul son père s’entêterait à ne pas comprendre qu’il veuille gagner de l’argent. Au lieu de ça, Fournier le forçait à étudier, il voulait qu’il se rende aux HEC. Alors que lui-même n’avait pas fini son cinquième secondaire.Vic alluma une cigarette, nota que le bout de ses doigts était encore sombre, même s’il s’était lavé les mains pour faire disparaître l’encre qui avait servi à prendre ses empreintes. Heureusement qu’il avait dix-sept ans, son dossier serait effacé à sa majorité. C’était presque certain, d’après maître Lalonde. Et puisque ce dernier le représentait, il n’avait rien à craindre ; son père n’engageait jamais des « deux de pique ». C’était juste un mauvais quart d’heure à passer. Le pire qu’il pouvait arriver, c’est que son père le prive de sa moto pendant un bout de temps. Jusqu’à ce que sa mère se lasse de le conduire en ville. La sanction serait vite levée.
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