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L'Amant de Lady Chatterley de
D.H. Lawrence
Elle avait épousé Clifford Chatterley en 1917, pendant une permission d'un mois qu'il avait passée en Angleterre. Ils avaient eu un mois de lune de miel, après quoi il était reparti pour le front des Flandres. Et six mois plus tard, il était ramené en Angleterre plus ou moins en morceaux. (...) Il avait une merveilleuse emprise sur la vie.Il ne mourut pas; ses débris semblèrent se rejoindre. Il resta deux ans entre les mains des médecins. Puis on le déclara guéri, et on le renvoya à la vie avec la moitié inférieure de son corps, à partir des hanches, paralysées pour toujours.
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Par Nyko_bzh, le 14/05/2013
Kangourou de
D.H. Lawrence
Quand un homme suit l’inspiration véritable d’une idée neuve et vivante, il est l’homme de bonne volonté que les destins conduisent. […] Mais quand l’idée est réellement morte et que l’homme persiste néanmoins à la suivre, il est alors l’homme de mauvais vouloir que les destins détruisent. […] Car l’idée, ou idéal de l’amour, le sacrifice de soi, l’humanité unie dans l’amour, la fraternité, la paix, tout cela est mort. Il n’y a pas de discussion possible. Cela est mort. Le grand idéal est mort.
[…]
Tous les hommes, au même titre, et toutes les femmes, ont admis et admettent encore la valeur extérieure de l’idéal d’Amour, d’Abnégation et d’Humanité mis dans l’amour, la fraternité et la paix. Ainsi, ils persistent dans l’idéal mort. Voyez alors comme les destins les trahissent. Dans leur service de l’idéal défunt, ils se trouvent complètement humiliés, vendus. […] Dès qu’un homme sent qu’il a été vendu, vendu dans les choses les plus profondes, quelque chose se détraque dans son mécanisme tout entier. Quelque chose se brise, dans son tissu, et le poison noir se répand dans son sang. Alors il sent un cours naturel, et devient une créature de lente, ou de prompte vengeance. Vengeance sur tout ce que représente l’ancien idéal. Vengeance sur le système tout entier. Vengeance tout uniment. Vengeance sur lui-même, par surcroît.
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Par Nyko_bzh, le 14/05/2013
Kangourou de
D.H. Lawrence
Mais si. Conservateurs, bolchevistes, travaillistes, tout cela se ressemble. Ce qu’ils veulent tous, c’est s’emparer des choses et les garder dans leurs griffes, et ils sont fous de jalousie tant qu’ils ne les ont pas. Cela, c’est la politique. Tu as dit mille fois que la politique est un jeu pour les gens vulgaires qui n’ont pas en eux d’âme humaine. Mille fois tu l’as dit. Et pourtant, maintenant…
Il demeura un moment silencieux.
- Maintenant, dit-il lentement, je vois qu’il ne suffit pas de donner aux pauvres tout ce qu’on possède. Il faut qu’il n’y ait plus de pauvres qui puissent être sauvés simplement par ce qu’ils possèdent. Il faut mettre le contrôle de toutes nos ressources entre les mains d’hommes sincères, sensés, qui soient, cependant, suffisamment des hommes pour savoir que l’homme n’est pas une marchandise.
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Par erellwen, le 27/07/2010
L'Amant de Lady Chatterley de
D.H. Lawrence
Et, vaguement, elle percevait une des grandes lois de l'âme humaine: quand l'être réçoit un choc violent qui ne tue pas le corps, l'ême semble guérir en même temps que le corps. Mais ce n'est qu'une apparence. Il n'y a plus que le mécanisme de l'habitude reprise. Lentement, lentement, la blessure de l'âme commence à se manifester, comme une meurtrissure d'abord légère, mais qui, à la longue, enfonce toujours plus profondément sa douleur, jusqu'à remplir l'âme entière. Et, quand nous croyons que nous sommes guéris et que nous avons oublié, c'est alors que le terrible contrecoup se fait le plus cruellement sentir.
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L'Amant de Lady Chatterley de
D.H. Lawrence
Et de là l'immense importance du roman, s'il est bien employé. Il peut canaliser le flot de notre sympathie vers de nouveaux endroits et le retirer des choses devenues caduques. Ainsi le roman, bien employé, peut révéler les endroits les plus secrets de la vie. Car c'est dans les endroits les plus secrets de la passion surtout que le flot des connaissances sensitives doit couler et pénétrer pour nettoyer et rafraîchir.
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Par erellwen, le 01/08/2010
L'Amant de Lady Chatterley de
D.H. Lawrence
Si on pouvait seulement leur dire que vivre et dépenser ne sont pas la même chose! Mais cela ne sert à rien. Si seulement on les avait élevés à sentir, au lieu de gagner et de dépenser, ils se tireraient très bien d'affaire avec vingt-cinq shillings. Si les hommes portaient des pantalons écarlates, comme je l'ai dit, ils ne penseraient pas tant à l'argent; s'ils pouvaient danser et chanter et fanfaronner et être beaux, ils s'accomoderaient de très peu de monnaie; et s'ils savaient s'amuser eux-mêmes, et se laisser amuser par les femmes! Ils devraient apprendre à être nus et beaux, et à chanter en masse et à danser les anciennes danses de caractère, et à sculpter les tabourets sur lesquels ils s'assoient, et à broder leurs propres emblêmes. Alors, ils n'auraient plus besoin d'argent. Voilà le seul moyen de résoudre le problème industriel: enseigner au peuple à vivre, et à vivre en beauté, sans avoir besoin de dépenser de l'argent.
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L'Amant de Lady Chatterley de
D.H. Lawrence
C’était un jour vraiment adorable ; les pissenlits faisaient des soleils dans l’herbe parmi les pâquerettes blanches. Le fourré de noisetiers était une dentelle de feuilles entrouvertes et de chatons poussiéreux. Des anémones jaunes fleurissaient de toutes parts, grandes ouvertes, dans le nouvel éclat de leur lustre jaune ; c’était le jaune, le jaune puissant de l’été qui commence. Et les primevères s’épanouissaient largement, en un pâle abandon, d’épaisses touffes de primevères qui avaient perdu leur timidité. Le vert luxuriant et sombre des jacinthes était comme une mer d’où s’élevait le bleu pâle des boutons ; tandis que, dans l’allée cavalière, les myosotis ébouriffaient leurs plantes et que les ancolies dépliaient leurs ruches d’un violet d’encre.
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L'Amant de Lady Chatterley de
D.H. Lawrence
Mes camarades étaient d'assez pauvres sires. Le colonel disait parfois :
"Mon garçon, les Anglais de la bourgeoisie sont obligés de mâcher chaque bouchée trente fois, parce que leurs boyaux sont si étroits qu'un petit pois les boucherait. Un tas d'oiseaux efféminés, pleins de vanité et d'admiration pour eux-mêmes, effrayés si leurs cordons de chaussures ne sont pas en ordre, pourris comme du gibier faisandé; et toujours sûrs d'avoir raison. C'est ce qui m'achève ! Ces lèche-culs, dont la langue a durci à force de lécher, sont toujours sûrs d'avoir raison. Et des pédants par-dessus le marché. Des pédants ! Une génération de pédants efféminés avec une demi-couille chacun... "
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L'Amant de Lady Chatterley de
D.H. Lawrence
Comment élever une famille avec un salaire de vingt-cinq à trente shillings ? Les femmes sont les plus enragées ; mais ce sont aussi les plus enragées à la dépense, de nos jours. Si on pouvait seulement leur dire que vivre et dépenser ne sont pas la même chose ! Mais cela ne sert à rien. Si seulement on les avait élevés à sentir, au lieu de gagner et dépenser, ils se tireraient très bien d'affaire avec vingt-cinq shillings. Si les hommes portaient des pantalons écarlates, comme je l'ai dit, ils ne penseraient pas tant à l'argent; s'ils pouvaient danser et sauter et chanter et fanfaronner et être beaux, ils s'accommoderaient de très peu de monnaie; et s'ils savaient s'amuser eux-mêmes, et se laisser amuser par les femmes ! Ils devraient apprendre à être nus et beaux, et à chanter en masse et à danser les anciennes danses de caractère, et à sculpter les tabourets sur lesquels ils s'assoient, et à broder leurs propres emblèmes. Alors, ils n'auraient plus besoin d'argent. Voilà le seul moyen de résoudre le problème industriel: enseigner au peuple à vivre, et à vivre en beauté, sans avoir besoin de dépenser de l'argent. Mais c'est impossible. Il n'y a plus aujourd'hui que des intelligences bornées. Tandis que la masse du peuple ne devrait même pas essayer de penser, parce qu'elle en est incapable. Elle devrait être vivante et fringante et n'adorer que le Grand Pan. Lui seul sera toujours le dieu de la masse. L'élite peut s'adonner, s'il lui plait à des cultes plus élevés. Mais que la masse reste à jamais païenne.
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L'Amant de Lady Chatterley de
D.H. Lawrence
Juste au-delà, il y avait le nouveau bâtiment d'école, construit de briques roses coûteuses avec un préau sablé entouré de grilles de fer, le tout très imposant, mêlant la notion d'église à celle de prison. Des jeunes filles prenaient une leçon de chant; elles terminaient leurs exercices et entonnaient une petite chanson enfantine. Rien ne ressemblait moins à un chant, à un chant spontané: c'était un étrange hurlement qui suivait le contour d'une mélodie. Les sauvages, du moins, ont des rythmes subtils; et les animaux quand ils hurlent ont des raisons pour hurler. Mais cela ne ressemblait à rien, et cela s'appelait un chant. Constance, assise dans la voiture pendant que Field faisait provision d'essence, écoutait, le cœur serré. Que pouvait-il bien advenir d'un tel peuple, un peuple qui avait certainement perdu toute vivante faculté d'intuition et de gardait que de curieux hurlements mécaniques et une sinistre énergie?
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