> Frédéric Roger-Cornaz (Traducteur)
> André Malraux (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
> André Topia (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070387437
Éditeur : Gallimard (1993)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 133 notes) Ajouter à mes livres
"Ce n'était pas très gai, mais c'était le destin.(...) C'était la vie." Tel est l'amer constat que Constance Reid, alors âgée de 23 ans, porte sur son mariage avec Clifford Chatterley. Ils se sont mariés en 1917 lors d'une permiss... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 11 mai 2012

    vincentf
    Roman de la nature, de la force vitale et du sexe sans honte, L'amant de lady chatterley est une lecture de printemps, du temps béni de la sève qui remonte. C'est la lutte de l'animal contre la machine, et du spontané contre le convenable. Roman scandaleux? Pour les Sir Clifford, impuissants cloués sur leurs petites vies intellectuelles, sans doute. Mais on ne peut s'empêcher d'être du côté de Mellors, le garde-chasse sensuel, l'homme véritablement viril, et de Conny, la femme qui découvre, dans les passages les plus beaux du livre, le profond plaisir du sexe quand il est tendre. Roman de la liberté et du retour à l'essentiel oublié, ce corps trop souvent corseté par le triste monde des idées noires et de la spiritualité castratrice, L'amant de lady chatterley procure un frisson plus fort que les longues méditations de la philosophie, parce qu'enfin, l'âme et le corps ne sont plus séparés, comme on a si artificiellement essayé si longtemps de nous le faire gober. Les hommes et les femmes sont d'abord (et ne sont que) des corps qui se cherchent, et le seul miracle, c'est quand ils se trouvent.
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 25 janvier 2012

    brigittelascombe
    Trois étoiles pour un bon moment hilarant passé en compagnie de D.H.Lawrence (auteur anglais du XX° siècle de récits de voyage, Poèmes,drames,nouvelles et essais) glamour à souhait avec la passion irrésistible qu'il fait naître entre la belle, sulfureuse et sensuelle (mais frustrée par son mari "Sir Clifford Chatterley" aristocrate, impuissant et hémiplégique suite à la première guerre mondiale) Lady chatterley ("Connie" pour les intimes) du coeur de laquelle " jaillissait le flux d'un immense désir" et son amant Olivier Mellors, forestier marié, au phallus "arrogant, culminant comme un étrange donjon".
    L'amant de lady chatterley, est un roman d'amour romantique, dans lequel l'auteur traite de sujets tabous pour l'époque: l'impuissance (on pense à Jake dans Le soleil se lève aussi d'Hémingway mais c'est un autre registre d'écriture); le plaisir sexuel recherché, l'acte sexuel qui doit relier corps et esprit pour ne pas être obscène (un langage souvent cru ou un con est un con et une couille une couille: ce qui fit scandale à l'époque de l'après guerre de 14 et fit interdire le livre en Angleterre et aux Etats Unis par les âmes bien pensantes); la différence de classes sociales (dont Lawrence prônait l'égalité, il met ici en parallèle l'aristocratie et les ouvriers des mines de charbon en général et la lady avec son garde-forestier en particulier) et la société industrielle détruisant la nature.
    Adapté au cinéma par Just Jaekin, L'amant de lady chatterley est joué par Nicholas Clay et la jolie Connie par Sylvia Kristel (cf Histoire d'O) ce qui en dit long sur l'érotisme dégagé dans la cabane ....au fond du jardin!
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lectureshumaines, le 08 septembre 2011

    Lectureshumaines
    Voici un roman profondément ancré dans son époque : l'après guerre, une sorte de blues général côtoyé par un bouleversement profond des styles de vie. L'Amant de Lady Chatterley n'est pas uniquement le récit de la relation entre Mellors et Constance, D.H Lawrence (1885-1930) dépeint parfaitement l'atmosphère d'une petite ville d'Angleterre rongée par les cancans et dont la principale activité économique, les mines de charbon, décline de plus en plus face à l'avènement du règne des usines.
    Cet ennui est le fil conducteur d'une grosse partie du roman. Constance s'ennuie, Constance se balade, Constance aspire à une autre vie. Quand Constance se retrouve, sans trop comprendre comment, dans les bras du garde chasse, il lui est difficile de baisser sa garde et d'accepter la passion. Elle analyse froidement ce qu'elle vit, d'une telle façon qu'on en vient à penser qu'elle est beaucoup plus affectée par l'ennui qu'on ne pouvait le croire.
    Au vu du titre du roman et connaissant le scandale qu'a provoqué sa sortie (publié en 1928, autorisé au Royaume Uni en 1960 après un long procès pour le respect des bonnes moeurs), je m'attendais à quelque chose de vraiment oulala. Que nenni ! Certes des scènes de sexe sont présentes dans le livre, et l'auteur n'utilise pas d'euphèmisme, ici un chat est un chat, provoquant l'ire des anglais dans les années 60. Mais pour notre époque, rien de bien choquant. Ici on parle de sexualité. de sexualité sans sensualité. Les rapports entre Constance et le garde sont assez froids au début. Constance peine à se laisser aller, et quand bien même elle y parvient, elle ne donne que son corps. C'est ce ré-apprentissage de l'amour physique que l'auteur met en scène. Au fil du roman, une complicité s'installe entre les amants et la sensualité apparaît enfin. Si les premières scènes de sexe sont décrites de manière très anatomique, les scènes d'amour de fin sont beaucoup plus axées sur le ressenti des personnages, et le lecteur accède à une véritable sensualité : celle où le corps accepte l'esprit et vice versa. On passe de Kraftwerk à Air en quelque sorte.
    Là n'est pas le seul intérêt du livre. D.H Lawrence parle également de cette époque de transition que vit l'Angleterre rurale des années 20. Cette Angleterre traditionnelle, des mines de charbons, cette aristocratie et son architecture noble, tout cela disparaît progressivement au profit d'une Angleterre urbanisée:
    "La nouvelle génération était tout à fait ignorante de la vieille Angleterre. Il y avait un arrêt dans la continuité de la conscience ; un arrêt presque américain : en réalité industriel. Que viendrait-il après ?"
    Les villes s'agrandissent, perdent leur charme et se remplissent d'hommes n'ayant comme seul intérêt l'argent. Peu importe la classe sociale, l'argent est l'unique raison d'être : avoir plus, mieux paraître.
    On retrouve de nombreuses fois dans le roman des allusions à l'abrutisation de la masse, à l'oubli des valeurs simples :
    " Voilà le seul moyen de résoudre le problème industriel : enseigner au peuple à vivre, et à vivre en beauté, sans avoir besoin de dépenser de l'argent. Ils devraient apprendre à être nus et beaux, et à chanter en masse et à danser les anciennes danses de caractères"
    C'est également la fin des intellectuels, tournés en ridicule à travers le personnage de Clifford, écrivain n'aspirant qu'à la célébrité. Cette célébrité se transformera en besoin de popularité lorsque Clifford prendra conscience qu'il est maître du destin des mines de charbon de son domaine. Même la figure de l'intelligence meurt pour l'argent.
    Pour conclure : Je recommande ce livre. Il n'est pas passionnant, il n'est pas bouleversant. Mais il s'agit d'un ouvrage vraiment très intéressant, que ce soit sur la sexualité commune et féminine ou sur le changement d'époque. Bien que la trame principale soit l'histoire entre Constance et Mellors, je ne considère pas ce livre comme un roman d'amour.

    Lien : http://deslectureshumaines.wordpress.com
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 mai 2012

    LiliGalipette
    Constance est l'épouse de Lord Clifford Chatterley. Clifford est revenu invalide de la guerre. Constance dépérit aux côtés de cet époux immobile, prisonnière d'une vie de convention sans passion. C'est dans les bras du garde-chasse du domaine, Mellors, qu'elle découvre l'amour et la vie. Elle retrouve sa force et sa sensualité. D'abord tiraillée par la morale et les principes dans lesquels son existence a été élevée, Constance lâche prise et laisse libre cours à son désir et au bonheur.
    Je comprends le scandale qui a entouré ce livre lors de sa parution. Si aujourd'hui les mots et les scènes peuvent paraître fades au vu de tout ce dont les médias nous abreuvent quotidiennement, à l'époque de la sortie de ce texte, certains avaient des raisons de frissonner! La langue est belle et riche, rugueuse au contact du garde-chasse, prude puis libérée avec Constance. C'est un régal à chaque page!
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    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    N'ayons pas peur des mots, en signant ce roman, David Herbert Lawrence a écrit l'un des plus grands romans mondiaux du XXème siècle. Et dire que j'ai hésité longtemps avant de le lire m'attendant bêtement à être déçue. C'est bigrement bien écrit, une sorte de verve anglo-saxonne douce-amère pas très distante de celle d'Oscar Wilde, et nombre d'épiphores (dédoublements de mots ou de morceaux de phrases éminemment porteurs de sens). Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, l'auteur nous livre avec une sensibilité lucide et une grande intelligence de la féminité, sa vision désabusée de l'humanité (dont Clifford semble être le symbole), mais pourtant pas dénuée d'espoir comme le suggérera la lettre de Mellors qui clôture le roman.
    L'histoire pourrait éventuellement se résumer maladroitement comme suit. Dans la haute bourgeoisie un baronnet anglais épouse une belle écossaise, mais manque de chance se fait raccourcir sitôt après en cette fin de World War I. Notre brave Sir Cliffort Chatterley parvient à rester en vie mais mort dans sa moitié inférieure. Il se retranche dans le château familial de Wragby au cœur des vestiges de ce qui fut la légendaire forêt de Robin des Bois, depuis lors investie par des villages ouvriers et des mines bien plus noirs que l'âme du Prince Jean. La pauvre Constance Chatterley, s'ennuie à mourir dans son donjon campagnard et les prétentions artistiques et scribouillardesques de son glorieux époux n'y changent rien. Alors elle arpente assidument la forêt qui jouxte le parc du château et tombe inévitablement sur un faux rustre, Oliver Mellors, ancien officier dans l'armée des Indes, réfractaire au milieu mondain et au franc-parler assassin. Ce personnage sans concession va fatalement attirer Lady Chatterley bien que notre garde-chasse patoisant et aux trois-quarts ermite se soit bien juré de ne jamais plus retomber dans les filets d'une femme... Je vous laisse découvrir la suite si vous avez le bonheur de ne pas la connaître car j'aimerais souffrir d'amnésie pour pouvoir avoir le bonheur de relire ce livre "pour la première fois".
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Citations et extraits

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  • Par nastasiabuergo, le 28 mai 2012

    Juste au-delà, il y avait le nouveau bâtiment d'école, construit de briques roses coûteuses avec un préau sablé entouré de grilles de fer, le tout très imposant, mêlant la notion d'église à celle de prison. Des jeunes filles prenaient une leçon de chant; elles terminaient leurs exercices et entonnaient une petite chanson enfantine. Rien ne ressemblait moins à un chant, à un chant spontané: c'était un étrange hurlement qui suivait le contour d'une mélodie. Les sauvages, du moins, ont des rythmes subtils; et les animaux quand ils hurlent ont des raisons pour hurler. Mais cela ne ressemblait à rien, et cela s'appelait un chant. Constance, assise dans la voiture pendant que Field faisait provision d'essence, écoutait, le cœur serré. Que pouvait-il bien advenir d'un tel peuple, un peuple qui avait certainement perdu toute vivante faculté d'intuition et de gardait que de curieux hurlements mécaniques et une sinistre énergie?
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  • Par nastasiabuergo, le 24 mai 2012

    Tavershall! C'était là Tavershall! La joyeuse Angleterre! L'Angleterre de Shakespeare! Non certes, mais l'Angleterre d'aujourd'hui; Constance s'en rendait bien compte depuis qu'elle était venue y vivre. Cette Angleterre était en train de produire une nouvelle race d'hommes ultra-sensibles à l'argent et au côté politique et social de la vie; mais pour tout ce qui est spontané ou intuitif, plus morte que des morts. Des demi-cadavres: mais dont la moitié vivante vivait une étrange résistance. Il y avait dans tout cela quelque chose de sinistre. C'était un monde souterrain et imprévisible. Comment pourrions-nous comprendre les réactions d'un demi-cadavre?
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  • Par erellwen, le 01 août 2010

    Si on pouvait seulement leur dire que vivre et dépenser ne sont pas la même chose! Mais cela ne sert à rien. Si seulement on les avait élevés à sentir, au lieu de gagner et de dépenser, ils se tireraient très bien d'affaire avec vingt-cinq shillings. Si les hommes portaient des pantalons écarlates, comme je l'ai dit, ils ne penseraient pas tant à l'argent; s'ils pouvaient danser et chanter et fanfaronner et être beaux, ils s'accomoderaient de très peu de monnaie; et s'ils savaient s'amuser eux-mêmes, et se laisser amuser par les femmes! Ils devraient apprendre à être nus et beaux, et à chanter en masse et à danser les anciennes danses de caractère, et à sculpter les tabourets sur lesquels ils s'assoient, et à broder leurs propres emblêmes. Alors, ils n'auraient plus besoin d'argent. Voilà le seul moyen de résoudre le problème industriel: enseigner au peuple à vivre, et à vivre en beauté, sans avoir besoin de dépenser de l'argent.
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  • Par erellwen, le 27 juillet 2010

    Et, vaguement, elle percevait une des grandes lois de l'âme humaine: quand l'être réçoit un choc violent qui ne tue pas le corps, l'ême semble guérir en même temps que le corps. Mais ce n'est qu'une apparence. Il n'y a plus que le mécanisme de l'habitude reprise. Lentement, lentement, la blessure de l'âme commence à se manifester, comme une meurtrissure d'abord légère, mais qui, à la longue, enfonce toujours plus profondément sa douleur, jusqu'à remplir l'âme entière. Et, quand nous croyons que nous sommes guéris et que nous avons oublié, c'est alors que le terrible contrecoup se fait le plus cruellement sentir.
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  • Par Outis, le 15 octobre 2007

    Etait-ce vraiment sa destinée de se laisser absorber dans la vie de cet homme pendant tout le reste de sa vie à elle ? N’y aurait-il rien d’autre ? N’y aurait-il que cela ? Il fallait qu’elle se contentât de tisser une vie continue avec lui, en seul tissu, broché, peut-être, de temps à autre, par la fleur d’une aventure. Mais comment pouvait-elle savoir ce qu’elle ressentirait l’année prochaine ? Comment pouvait-on jamais savoir ? Comment pouvait-on dire : oui ! pour de longues années ? Ce petit oui, passé dans un souffle ! Pourquoi serait-on obligé, par ce petit mot, léger comme un papillon ? Il fallait bien que ce petit mot s’envolât et disparût, pour être suivi par d’autres oui et d’autre non ! Comme un vol de papillons qui passent.
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"Amants et fils" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








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