Critiques de D.H. Lawrence
-
Par NastasiaBuergo, le 18/07/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Voici l'un de mes plus grands coups de cœur toutes catégories confondues.
N'ayons pas peur des mots, en signant ce roman, David Herbert Lawrence a écrit l'un des plus grands romans mondiaux du XXème siècle. Et dire que j'ai hésité longtemps avant de le lire m'attendant bêtement à être déçue. Quelle andouille !
C'est bigrement bien écrit, une sorte de verve anglo-saxonne douce-amère pas très distante de celle d'Oscar Wilde, et nombre d'épiphores (dédoublements de mots ou de morceaux de phrases éminemment porteurs de sens). Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, l'auteur nous livre avec une sensibilité lucide et une grande intelligence de la féminité, sa vision désabusée de l'humanité (dont Clifford semble être le symbole), mais pourtant pas totalement dénuée d'espoir comme le suggère la lettre de Mellors qui clôture le roman.
L'histoire pourrait éventuellement se résumer maladroitement comme suit. Dans la haute bourgeoisie un baronnet anglais épouse une belle écossaise, mais manque de chance se fait raccourcir sitôt après en cette fin de World War I. Notre brave Sir Cliffort Chatterley parvient à rester en vie mais mort dans sa moitié inférieure. Il se retranche dans le château familial de Wragby au cœur des vestiges de ce qui fut la légendaire forêt de Robin des Bois, depuis lors investie par des villages ouvriers et des mines bien plus noirs que l'âme du Prince Jean.
La pauvre Constance Chatterley, s'ennuie à mourir dans son donjon campagnard et les prétentions artistiques et scribouillardesques de son glorieux époux n'y changent rien. Alors elle arpente assidument la forêt qui jouxte le parc du château et tombe inévitablement sur un faux rustre, Oliver Mellors, ancien officier dans l'armée des Indes, réfractaire au milieu mondain et au franc-parler assassin. Ce personnage sans concession va fatalement attirer Lady Chatterley bien que notre garde-chasse patoisant et aux trois-quarts ermite se soit bien juré de ne jamais plus retomber dans les filets d'une femme...
Je vous laisse découvrir la suite si vous avez le bonheur de ne pas la connaître car j'aimerais tant avoir le bonheur de relire ce livre "pour la première fois". Il y a, de surcroît, une épaisseur insoupçonnée dans ce livre qui confine à quelques unes des trois grandes questions métaphysiques : D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Prenez plaisir, savourez fort et à pleins poumons cette œuvre magnifique, du moins c'est mon appréciation, c'est-à-dire, pas grand-chose.
-
Par InstinctPolaire, le 30/10/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Tout ce serait-il joué en un instant ?
Lord Clifford Chatterley avait jugé froidement la situation. Il avait épousé Constance, une jeune et belle écossaise à l'esprit indépendant. Un mariage arrangé entre gens de la bonne société. Mais il était revenu des champs de bataille de la Grande Guerre invalide. Alors il s'en était ouvert à son épouse, ici dans les bois de son domaine : si elle voulait se choisir un amant afin de porter un enfant, il y consentait. C'est à cet instant que le troisième protagoniste de cette histoire fait son apparition : Oliver Mellors, le garde-chasse. Vivant symbole de 'homme des bois frustre, libre.
Ou est-ce le fruit de lente déliquescence ?
Constance refuse de se laisse glisser. Sa vie peut s'envisager vide de toute perspective. En bonne épouse, elle soutient son mari s'épanouit cyniquement dans une vie de romancier plus populaire que vraiment talentueux.
Wargby, leur résidence, appartient à cette morne campagne anglaise marquée du sceau noir de l'industrie minière. La pluie tâchant les sols comme les cœurs. En quittant sa carrière littéraire pour prendre en main ses affaires, Lord Chatterley parachève le rejet de Connie...
Reste l'espace préservé des bois – terres frondeuses car siège des exploits de Robin Hood – et l'homme qui s'y est volontairement retiré. L'amant, l'homme sauvage, si éloigné des conventions de la société anglo-saxonne que leurs premiers échanges amoureux sont simplement, mécaniquement sexuels. Et l'épanouissement de cet amour aura toujours pour ressort principal l'acte, décrit dans des termes les plus explicites. Tout comme leurs échanges : Oliver appréhende les femmes de sa vie sur le plan du sexe et Connie essaye à mots couverts d'évoquer l'amour, tout en ne retenant que les propos les plus licencieux...
" L'Amant... " est une réflexion sur une transformation. On retient principalement le parcours d'une femme qui s'affranchie des conventions sociales pour vivre son amour – son plaisir ? - Mais c'est aussi une britannique analyse du passage de la société traditionnellement rurale à l'ère industrielle et ses conséquences sur les hommes. Sur ce fossé qui se creuse entre gens de peine – de peu – et la Bonne Société où les gentlemen-farmer se font capitaines d'industrie.
Ce fossé, qui rends l'histoire d'amour entre la Lady et le domestique plus inconcevable. A fortiori car le ressort est non une forme de romantisme romanesque mais le sexe. Qui continue à donner à l’œuvre sont petit " parfum de scandale "...
Pour ma part je retiendrai l'évolution de Lord Chatterley : capable de toute les concessions pour conserver la présence – la considération ? l'amour ? - de son épouse. Il devient un monument de cynisme et de dégoût : préoccupé de la réussite de ses entreprises minières et tyrannisant avec veulerie sa garde-malade par dépit.
" L'Amant... " est une œuvre dérangeant. Son style est incomparable. Il offre des perspectives de réflexion. Il use les mots les plus crus. Il évoque des bouleversements sur le plan humain pour chaque personnage en particulier et pour l'ensemble de la société britannique. Ces changements semblant paradoxalement inextricablement liés.
L'amour triomphe-t-il de l'adversité ? La question reste posée...
-
Par vincentf, le 11/05/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Roman de la nature, de la force vitale et du sexe sans honte, L'Amant de Lady Chatterley est une lecture de printemps, du temps béni de la sève qui remonte. C'est la lutte de l'animal contre la machine, et du spontané contre le convenable. Roman scandaleux? Pour les Sir Clifford, impuissants cloués sur leurs petites vies intellectuelles, sans doute. Mais on ne peut s'empêcher d'être du côté de Mellors, le garde-chasse sensuel, l'homme véritablement viril, et de Conny, la femme qui découvre, dans les passages les plus beaux du livre, le profond plaisir du sexe quand il est tendre. Roman de la liberté et du retour à l'essentiel oublié, ce corps trop souvent corseté par le triste monde des idées noires et de la spiritualité castratrice, L'Amant de Lady Chatterley procure un frisson plus fort que les longues méditations de la philosophie, parce qu'enfin, l'âme et le corps ne sont plus séparés, comme on a si artificiellement essayé si longtemps de nous le faire gober. Les hommes et les femmes sont d'abord (et ne sont que) des corps qui se cherchent, et le seul miracle, c'est quand ils se trouvent.
-
Par lutinielle, le 22/09/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Un roman magnifique malheureusement trop souvent dévoyé par les non-lecteurs de cette œuvre très moderne parlant des normes de la société du 19iem siècle dans la bourgeoisie industrielle, normes pas si éloignées des nôtres, et surtout du choix d'une femme à être heureuse. L'allégorie de l'homme sauvage en opposition avec l'homme machine (jusque dans son fauteuil roulant) est forte en symbolique, et la scène du fleurissement des amants reste un des passages dignes des romantiques allemands les plus beaux dans ma mémoire de lectrice. Il est d’ailleurs amusant que, bien souvent, ce livre soit condamné en raison des choix de son héroïne, quand, d'un autre coté, on ne voit que de la misère humaine et du fatalisme dans boule de suif.... Un rare roman féministe écrit par un homme avant l'heure !
-
Par zabeth55, le 31/01/2013
L'Etalon
de
D.H. Lawrence
Satire de la société bourgeoise anglaise avec, en toile de fond, un magnifique portrait de cheval.
Louise, jeune femme indépendante et oisive, offre à son mari un étalon nommé ST Mawr.
La puissance et la sauvagerie de ce dernier amènent Louise à s’interroger sur sa propre existence et à tout remettre en question.
Des personnages superficiels, plus ou moins névrosée peuplent ce roman où l’on trouve l’esquisse des relations que noueront ceux de « L’amant de Lady Chatterley ».
On trouve des discussions intéressantes sur la vie en société entre Louise et sa mère, Louise et son mari, Louise et les palefreniers, posant la question du pathétique de la condition humaine.
Le style est fluide et agréable, mais le ton est résolument pessimiste.
-
Par Ellen-R, le 20/08/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
J’avais toujours hésité à lire le chef d’œuvre de DH Lawrence, l’érotisme made in 1920 ne m’inspirait pas tellement. Mais avec patience, je me suis lancée l’an dernier dans cette grande aventure, et bien m’en pris.
L’histoire de Constance Chatterley est d’une grande banalité et tout le monde la connaît. Monsieur ne peut plus satisfaire Madame, mais Madame a une très bonne éducation, alors elle sait contraindre son corps et rester auprès de Monsieur, là où son devoir de bonne chrétienne la requiert. Jusqu’au jour où le garde chasse met ses sens en émoi et progressivement la conquiert et l’enlève à son vaniteux mari.
En fait, L’Amant de Lady Chatterley c’est le livre de la transgression : transgression sociale parce que la belle lady appartenant à l’aristocratie, se compromet avec un vulgaire garde-chasse.Transgression religieuse puisque Constance, élevée dans la foi chrétienne et la puritaine vertu anglaise, ose quitter son époux légitime pour connaître les plaisirs de la chair dans l’adultère. Et puis transgression sexuelle parce que l’épouse légitime de lord Chatterley ne se contente pas de calmer les ardeurs de son jeune corps, elle recherche aussi le plaisir de la chair, alors qu’à cette époque le plaisir sexuel était réservé aux hommes, les femmes devant se contenter de leur apporter ce service et d’assurer leur descendance.
Cependant, c’est aussi le livre de la rupture avec un ordre établi qui règne dans la bonne société anglaise où les choses de l’esprit priment sur les choses du cœur et plus encore sur les choses de la chair. Alors que Constance et son amant sont profondément humains, ils ont un cœur qui vibre et qui aime et un corps qui palpite, qui demande et qui se donne. C’est le livre de l’être, de l’homme et de la femme de chair et de sang avec ses vices et ses vertus, qui remet en cause la société de la naissance, des apparences et de l’esprit … supposé souvent.
C’est le roman de l’amour dans toute sa vérité.
-
Par Chiwi, le 26/12/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Constance Chatterley, marié à un lord handicapé depuis son retour de la guerre, s'ennuie. En effet elle sait qu'elle ne pourra jamais avoir d'enfant avec son mari et celui-ci ne pense qu'à améliorer le rendement de sa mine. Un jour elle rencontre le garde-chasse de son mari, celui-ci lui apparaît comme un rustre. Mais ils vont finir par se rapprocher et auront une liaison.
Au delà d'une femme qui pratique l'adultère, on doit voir une femme qui lassée voire dégoûtée de la société dans laquelle elle vit retourne vers la nature. Lord Clifford considère vraiment les mineurs, qui sont ses employés, comme un sous-prolétariat. Mellors incarne cet homme sauvage vivant presque en ermite et c'est avec plaisir et soulagement qu'elle se réfugiera auprès de lui .
Publié en 1928, il sera immédiatement expurgé de ses passages les plus osés. L'édition complète ne paraîtra qu'en 1960.
-
Par brigittelascombe, le 25/01/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Trois étoiles pour un bon moment hilarant passé en compagnie de D.H.Lawrence (auteur anglais du XX° siècle de récits de voyage, poèmes,drames,nouvelles et essais) glamour à souhait avec la passion irrésistible qu'il fait naître entre la belle, sulfureuse et sensuelle (mais frustrée par son mari "Sir Clifford Chatterley" aristocrate, impuissant et hémiplégique suite à la première guerre mondiale) Lady Chatterley ("Connie" pour les intimes) du coeur de laquelle " jaillissait le flux d'un immense désir" et son amant Olivier Mellors, forestier marié, au phallus "arrogant, culminant comme un étrange donjon".
L'amant de Lady Chatterley, est un roman d'amour romantique, dans lequel l'auteur traite de sujets tabous pour l'époque: l'impuissance (on pense à Jake dans Le soleil se lève aussi d'Hémingway mais c'est un autre registre d'écriture); le plaisir sexuel recherché, l'acte sexuel qui doit relier corps et esprit pour ne pas être obscène (un langage souvent cru ou un con est un con et une couille une couille: ce qui fit scandale à l'époque de l'après guerre de 14 et fit interdire le livre en Angleterre et aux Etats Unis par les âmes bien pensantes); la différence de classes sociales (dont Lawrence prônait l'égalité, il met ici en parallèle l'aristocratie et les ouvriers des mines de charbon en général et la lady avec son garde-forestier en particulier) et la société industrielle détruisant la nature.
Adapté au cinéma par Just Jaekin, L'amant de Lady Chatterley est joué par Nicholas Clay et la jolie Connie par Sylvia Kristel (cf Histoire d'O) ce qui en dit long sur l'érotisme dégagé dans la cabane ....au fond du jardin!
-
Par EMELOU, le 19/03/2013
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre.
J'ai parcouru ces pages aux côtés de l’héroïne, attirée par son garde chasse, j'ai vécu avec elle ses ébats, ses passions, ses doutes, sa solitude, sa tristesse, ses désillusions.
L'écriture est superbe et les descriptions magnifique.
Je n'ai pas lu ce livre, je l'ai vécu.
Lien : http://emysbooks.blogspot.fr/
-
Par Altervorace, le 15/03/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Sans aucun doute L'Amant de lady Chaterlley n'est pas le roman d'un triangle entre une femme, le mari et l'amant, et bien heureusement. C'est un récit empli de symboles et de la vision de l'auteur. Nous sommes au sortir de la première guerre, Constance se retrouve avec un époux handicapé et sexuellement impuissant. Au départ la jeune femme semble croire que le sexe est secondaire, que ce sont les échanges de l'esprit qui comptent. Cette idée est partagée par le milieu dans lequel elle évolue. Ainsi, dans leur demeure, Lady Chatterlley et son époux reçoivent des amis avec lesquels ce dernier tient d'interminables conversations. Tout est intellectualisé. On sent à quel point pour eux, le corps arrive après l'esprit, que les deux ne doivent surtout pas se mêler. Leur vision de la sexualité correspond en tout point à leur époque. Ils semblent vouloir justifier une certaine liberté sexuelle, non pas en lui ajoutant une liberté de moralité mais en niant l'importance de celle-ci.
Sous couvert d'une lucidité de façade, ces intellectuels justifient l'intellectualisation à l'extrême. On sent à quel point l'auteur condamne ce travers. Lord Chatterley est d'ailleurs l'incarnation de cette caractéristique. Il écrit et cherche la gloire avec ses contes et dans le même temps son état dramatique, son handicap fait qu'au sein de son propre corps la sexualité ne peut exister. Il est la négation du corps, le triomphe de la pensée.
Plus qu'un éveil de la sensualité, l'initiation de Constance mène à une guérison par l'amour physique, par le corps donc, de cette intellectualisation maladive. Au départ la jeune femme, pourtant consentante, reste comme une chose molle pendant l'acte sexuel avec Mellors. Au fil du récit, au fil de sa « guérison » leurs rapports prennent une réelle dimension passionnée.
Avec cet aspect, de même que le langage cru utilisé, je peux comprendre que l'ouvrage ait causé tant de scandale. Lawrence défend le corps et la sexualité ; il nous montre aussi à voir cette société anglaise des années 20 dans toutes ces contradictions... Le petit bémol que je pourrais faire réside peut-être dans le personnage de l'amant, Mellors. Je trouve que l'auteur aurait pu aller plus loin, nous donner vraiment un homme rustre alors que l'on découvre que cet homme a de l'instruction et a eu une position sociale bien plus haute que celle qu'il possède chez les Chatterley.
Pour conclure, j'ai trouvé ce roman intéressant même si sa lecture m'a parfois parue quelque peu laborieuse. Un ouvrage que je suis ravie d'avoir lu mais qui risque de dormir longtemps dans ma bibliothèque...
Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2012/03/15/23250783.html
-
Par Lectureshumaines, le 08/09/2011
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Voici un roman profondément ancré dans son époque : l'après guerre, une sorte de blues général côtoyé par un bouleversement profond des styles de vie. L'amant de Lady Chatterley n'est pas uniquement le récit de la relation entre Mellors et Constance, D.H Lawrence (1885-1930) dépeint parfaitement l'atmosphère d'une petite ville d'Angleterre rongée par les cancans et dont la principale activité économique, les mines de charbon, décline de plus en plus face à l'avènement du règne des usines.
Cet ennui est le fil conducteur d'une grosse partie du roman. Constance s'ennuie, Constance se balade, Constance aspire à une autre vie. Quand Constance se retrouve, sans trop comprendre comment, dans les bras du garde chasse, il lui est difficile de baisser sa garde et d'accepter la passion. Elle analyse froidement ce qu'elle vit, d'une telle façon qu'on en vient à penser qu'elle est beaucoup plus affectée par l'ennui qu'on ne pouvait le croire.
Au vu du titre du roman et connaissant le scandale qu'a provoqué sa sortie (publié en 1928, autorisé au Royaume Uni en 1960 après un long procès pour le respect des bonnes moeurs), je m'attendais à quelque chose de vraiment oulala. Que nenni ! Certes des scènes de sexe sont présentes dans le livre, et l'auteur n'utilise pas d'euphèmisme, ici un chat est un chat, provoquant l'ire des anglais dans les années 60. Mais pour notre époque, rien de bien choquant. Ici on parle de sexualité. De sexualité sans sensualité. Les rapports entre Constance et le garde sont assez froids au début. Constance peine à se laisser aller, et quand bien même elle y parvient, elle ne donne que son corps. C'est ce ré-apprentissage de l'amour physique que l'auteur met en scène. Au fil du roman, une complicité s'installe entre les amants et la sensualité apparaît enfin. Si les premières scènes de sexe sont décrites de manière très anatomique, les scènes d'amour de fin sont beaucoup plus axées sur le ressenti des personnages, et le lecteur accède à une véritable sensualité : celle où le corps accepte l'esprit et vice versa. On passe de Kraftwerk à Air en quelque sorte.
Là n'est pas le seul intérêt du livre. D.H Lawrence parle également de cette époque de transition que vit l'Angleterre rurale des années 20. Cette Angleterre traditionnelle, des mines de charbons, cette aristocratie et son architecture noble, tout cela disparaît progressivement au profit d'une Angleterre urbanisée:
"La nouvelle génération était tout à fait ignorante de la vieille Angleterre. Il y avait un arrêt dans la continuité de la conscience ; un arrêt presque américain : en réalité industriel. Que viendrait-il après ?"
Les villes s'agrandissent, perdent leur charme et se remplissent d'hommes n'ayant comme seul intérêt l'argent. Peu importe la classe sociale, l'argent est l'unique raison d'être : avoir plus, mieux paraître.
On retrouve de nombreuses fois dans le roman des allusions à l'abrutisation de la masse, à l'oubli des valeurs simples :
" Voilà le seul moyen de résoudre le problème industriel : enseigner au peuple à vivre, et à vivre en beauté, sans avoir besoin de dépenser de l'argent. Ils devraient apprendre à être nus et beaux, et à chanter en masse et à danser les anciennes danses de caractères"
C'est également la fin des intellectuels, tournés en ridicule à travers le personnage de Clifford, écrivain n'aspirant qu'à la célébrité. Cette célébrité se transformera en besoin de popularité lorsque Clifford prendra conscience qu'il est maître du destin des mines de charbon de son domaine. Même la figure de l'intelligence meurt pour l'argent.
Pour conclure : Je recommande ce livre. Il n'est pas passionnant, il n'est pas bouleversant. Mais il s'agit d'un ouvrage vraiment très intéressant, que ce soit sur la sexualité commune et féminine ou sur le changement d'époque. Bien que la trame principale soit l'histoire entre Constance et Mellors, je ne considère pas ce livre comme un roman d'amour.
Lien : http://deslectureshumaines.wordpress.com
-
Par LiliGalipette, le 17/05/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Constance est l'épouse de Lord Clifford Chatterley. Clifford est revenu invalide de la guerre. Constance dépérit aux côtés de cet époux immobile, prisonnière d'une vie de convention sans passion. C'est dans les bras du garde-chasse du domaine, Mellors, qu'elle découvre l'amour et la vie. Elle retrouve sa force et sa sensualité. D'abord tiraillée par la morale et les principes dans lesquels son existence a été élevée, Constance lâche prise et laisse libre cours à son désir et au bonheur.
Je comprends le scandale qui a entouré ce livre lors de sa parution. Si aujourd'hui les mots et les scènes peuvent paraître fades au vu de tout ce dont les médias nous abreuvent quotidiennement, à l'époque de la sortie de ce texte, certains avaient des raisons de frissonner! La langue est belle et riche, rugueuse au contact du garde-chasse, prude puis libérée avec Constance. C'est un régal à chaque page!
-
Par meyeleb, le 07/08/2011
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Comme beaucoup parmi vous, j'avais un a priori sur ce roman. Lady Chatterley, ce n 'était pour moi qu'une référence érotique un peu désuète, croisée au détour d'adaptations médiocres. Du coup il ne m'était jamais venu à l'idée de lire l'oeuvre source. Merci à Charlotte de me l'avoir prêté!
Comme vous, aussi, j'ai été agréablement surprise.
Reflet d'une époque d'industrialisation où l'homme n'est qu'un outil de travail dans la lutte des classes, l'histoire nous entraîne surtout dans les profondeurs de nos désirs. Les descriptions de la nature ont des accents romantiques (quelqu'un a évoqué Rousseau dans sa critique). C'est comme si on assistait à l'éclosion d'une chrysalide : Lady Chatterley, trop longtemps enserrée dans les bienséances, enlisée dans l'ennui, oppressée par ses pulsions de femme, va trouver dans la sensualité la possibilité de se libérer, enfin.
Le film de Pascale Ferran rend assez bien tous ces aspects du roman.
A lire et à voir donc ...
-
Par Sly, le 16/04/2011
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
L'histoire se déroule au début des années 1920. A cette époque l'Angleterre s'est tourné vers l'industrialisations. La société britannique s'éloigne de tout ce qui l'a rattachait à la nature. Lawrence dénonce la lutte des classes et condamne cette quête incessante de l'argent et de reconnaissance. Il milite à travers ce livre, pour un retour au source, une écoute de la nature et des ses émotions, de ses pulsions.
J'ai trouvé que tout ce qui est dénoncé dans ce livre est toujours d’actualité. l'ensemble du livre est très bien écrit. La place des scènes érotiques plus importantes dans la secondes parties sont présentes pour tenter de dénoncer cette société guindée des années 20. La sexualité fait partie de nous. Tenter de la contrôler, ne fait que nous éloigner de ce que nous somme réellement.
De nombreux passages sont magnifiquement écrit, mais au début une espèce de voile sombre pèse sur l'histoire. En effet, les personnages décrit s'enfoncent dans la morosité, incapable de se battre pour vivre. et puis tout à coup c'est le déclic, le soleil apparaît et c'est petit à petit que les personnages reprennent vie.
C'est encore un livre qui photographie une époque, et qui met en exergue ces défauts. Malheureusement personne ne semble y prêter attention.
Ce fut une lecture très plaisante.J'aime beaucoup la fin qui laisse une ouverture et donne au lecteur le choix d’imaginer la fin qu'il désire.
-
Par Oloutam, le 31/12/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Un livre qui se lit assez bien... mais vraiment étrange et qui m'a laissée perplexe.
Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages qui ont des façons de penser et de parler entre eux très particulières, tous autant qu'ils sont. En fait toutes ces réflexions sur la révolution industrielle, les hommes, le sexe, la relation homme-femme... sonnent un peu faux.
Pour ce qui est de la relation entre Constance et le garde-chasse, le début était prometteur, une tension s'installe entre les deux personnages. Puis ça devient presque niais, creux et encore une fois étrange. On ne comprend pas vraiment cette histoire d'amour, on a du mal à y croire.
Quant à l'écriture, elle m'a gênée par moments, par sa crudité : cul, couilles... j'ai trouvé ça désagréable.
Mais bon, je suis allée au bout sans vraiment me forcer et la fin du roman m'a tout de même plu !
-
Par lecassin, le 23/10/2012
L'homme qui était mort
de
D.H. Lawrence
« L’homme qui était mort » pourrait être considéré comme une nouvelle du fait de sa brièveté. Mais c’est bien plus que ça : un conte philosophique, une fable…
Le texte composé de deux parties. La première nous présente un Christ renaissant mais quelque peu désabusé ; un Christ qu’on retrouvera dans la deuxième partie, parfaire sa résurrection dans l’expérience du sexe et de la paternité. Un texte qui mêle thèmes bibliques et païens sous l’action régénérante du soleil et de la Méditerranée…Mieux… dans un style qui confine à la poésie.
Une préface de Drieu la Rochelle qui peut surprendre mais qu’on comprend mieux en se remémorant (merci Wikipédia) les engagements coupables de D.H. Lawrence en fin de vie. Une préface néanmoins remarquable, notamment dans son analyse du succès d’un auteur comme le fruit d’un malentendu.
-
Par Philippe67, le 25/03/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
C'est le reflet d'une époque et d'une certaine population qui avait le temps de s'ennuyer.
C'est très bien écrit et on se laisse emporter par cette histoire.
Les auteurs anglais savent nous parler de sentiments et de passion amoureuse.
-
Par Nono19, le 09/07/2011
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Roman super intéressant à plusieurs niveaux. Premièrement, c'est une critique assez dure (souvent vraie) de l'ère industrielle et des conséquences sur le tempérament des gens. Deuxièmement, une exhortation à être vrai, libre, à ne pas avoir peur de soi et de ses envies.
Il prône également une libération du corps, il est ici considéré comme un moyen de communication et n'est plus considéré comme tabou et devant être caché.
Les scènes érotiques ne m'ont pas vraiment semblé l'être. Mais ca devait être très choquant pour l'époque.
Pas le roman du siècle car je l'ai trouvé trop long. Par moments ,l'auteur partait sur des divagations sur la nature mais il pose pas mal de questions qu'il faudrait de temps en temps se poser.
-
Par myriampele, le 11/02/2012
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
Un merveilleux roman d'amour et d'érotisme dont je ne me suis jamais lassée. C'est tout simplement sensuel, et formidablement poétique.
-
Par charlottelit, le 07/08/2011
L'Amant de Lady Chatterley
de
D.H. Lawrence
une merveille, un style, de la poésie sous les charmilles, dans les clairières, dans la chaumière et dans les bras d'un vigoureux garde chasse introverti : les ingrédiens d'un chef d'oeuvre, le film ne lui fait aucune ombre, au contraire,