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Par Lefso, le 29/01/2012
La Belgariade, tome 4 : La Tour des maléfices de
David Eddings
Elle avait aussi eu tout le temps de méditer le problème de Garion. Ses longues semaines d’absence lui avaient paru d’une rigueur particulière, inexplicable. C’était comme si elle avait perdu quelque chose de très précieux, et cette perte lui laissait un douloureux sentiment de vide. D’ordinaire, ses sentiments étaient si confus et changeaient à une telle rapidité qu’elle n’avait pas le temps de se pencher dessus pour les étudier. Mais cette impression de manque persistait depuis si longtemps qu’elle était bien obligée de voir les choses en face.
Ça ne pouvait pas être de l’amour. Il était hors de question qu’elle tombe amoureuse d’un marmiton de campagne, aussi mignon soit-il. Elle était princesse impériale et son devoir était d’une clarté limpide : si elle avait la moindre raison de soupçonner que ses sentiments avaient franchi la barrière de la simple amitié, elle avait l’obligation absolue d’y mettre aussitôt fin. Or Ce’Nedra n’avait vraiment pas envie d’envoyer promener Garion et de ne plus jamais le revoir. Cette seule idée faisait trembler son petit menton. Ainsi, de toute évidence, ce qu’elle éprouvait n’était pas – ne pouvait pas être – de l’amour. Elle se sentit bien mieux après avoir tiré cela au clair. Cette éventualité l’avait troublée, mais la logique prouvait sans doute possible qu’elle n’avait rien à craindre de ce côté-là. C’était tout de même bien réconfortant d’avoir la logique pour soi.
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La trilogie des joyaux, N° 1 : Le trône de diamant de
David Eddings
C'était une fillette d'environ six ans. Ses cheveux longs étaient noirs et luisants, ses grands yeux aussi profonds que la nuit. Un bandeau d'herbes tressées lui enserrait le front et rejetait ses cheveux en arrière. Elle était assise sur une branche et soufflait dans une flûte de berger. Malgré le froid, elle ne portait qu'une courte robe de lin serrée à la taille qui laissait nus ses bras et ses jambes. Ses pieds nus et tachés d'herbe étaient croisés et elle était perchée sur la branche avec une assurance posée.
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La trilogie des joyaux, N° 1 : Le trône de diamant de
David Eddings
Faran, sa robe rouanne luisant au soleil, galopait tranquillement en rond. Il ne portait ni selle ni bride, et son allure avait quelque chose de joyeux. Flûte était allongée sur lui, sur le dos, et jouait de son instrument. Elle avait la tête nichée confortablement entre ses épaules saillantes, les jambes croisées, et battait la mesure de son petit pied sur la croupe de Faran.
Emouchet en resta bouche bée, puis il sortit du bois pour se placer sur la trajectoire du gros rouan. Il écarta largement les bras et Faran passa au pas avant de s'arrêter devant son maître.
- Qu'est-ce que tu fabriques ? aboya Emouchet.
L'expression de Faran se fit hautaine et il détourna le regard.
- Tu as complètement perdu la tête ?
Faran renâcla et agita la queue tandis que Flûte continuait sa mélodie. A plusieurs reprises, la petite fille tapa autoritairement sur la croupe de son pied taché d'herbe, et il évita soigneusement Emouchet fulminant pour reprendre son petit galop tandis que reprenait la chanson de Flûte.
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Par Lefso, le 02/05/2011
La Belgariade, tome 2 : La Reine des sortilèges de
David Eddings
Le lendemain matin, Silk sortit de la tour revêtu d’un magnifique pourpoint marron, un bonnet pareil à un sac de velours noir incliné d’un air insolent sur une oreille.
— Qu’est-ce que c’est que cet accoutrement ? remarqua tante Pol.
— Je suis tombé sur un vieil ami en fouillant dans mes balluchons, raconta Silk, d’un petit air dégagé. Un dénommé Radek de Boktor.
— Serait-il arrivé quelque chose à Ambar de Kotu ?
— Ambar est un brave garçon, expliqua Silk d’un ton quelque peu dépréciatif, mais un Murgo du nom d’Asharak a déjà entendu parler de lui et a pu prononcer son nom dans certains milieux. A quoi bon chercher les ennuis quand on n’y est pas obligé ?
— Ce n’est pas une mauvaise idée, approuva sire Loup. Un marchand drasnien de plus ou de moins n’attirera pas l’attention sur la Grand-Route de l’Ouest,quel que soit son nom.
— Je vous en prie, objecta Silk, en prenant des airs de grand blessé. Le nom joue un rôle capital. C’est sur lui que repose toute l’identité d’emprunt.
— Je ne vois pas la différence, laissa tomber Barak, avec sa délicatesse coutumière.
— Ça fait toute la différence du monde. Enfin, tu vois tout de même bien qu’Ambar est un nomade qui n’attache guère de considération à l’éthique, alors que Radek est un homme intègre, dont la parole est respectée dans tous les comptoirs du Ponant. D’autant que Radek ne se déplacerait jamais sans sa suite.
— Sa suite ? L’un des sourcils de tante Pol fit un bond vers le haut.
— N’y voyez pas autre chose surtout que le légitime souci de parfaire le déguisement, ajouta Silk, avec empressement. Je stipule qu’en ce qui vous concerne, Dame Polgara, il ne me viendrait même pas à l’idée d’essayer de vous faire passer pour une servante.
— Grand merci.
— Oui, oh ! c’est plutôt que personne ne voudrait jamais y croire. Vous serez ma sœur, venue avec moi pour voir les splendeurs de Tol Honeth.
— Votre sœur ?
— A moins que vous ne préfériez être ma mère, suggéra Silk, toujours conciliant. Vous auriez pu entreprendre un pèlerinage à Mar Terrin dans l’espoir d’obtenir le rachat d’un passé tempétueux.
Tante Pol braqua un moment son regard inflexible sur le petit homme qui lui souriait sans vergogne.
— Un jour, votre sens de l’humour pourrait vous valoir de gros, gros ennuis, prince Kheldar.
— Je passe mon temps à avoir de gros, gros ennuis, Dame Polgara. Je ne saurais pas quoi faire si je n’en avais pas.
— Vous en avez encore pour longtemps, tous les deux ? coupa sire Loup.
— Encore un petit détail, ajouta Silk. Au cas où nous serions amenés à fournir des explications à quelqu’un, vous, Lelldorin et Garion, vous êtes les serviteurs de Polgara. Hettar, Barak et Durnik, vous êtes les miens.
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Par Lefso, le 30/04/2011
La Belgariade, tome 1 : Le pion blanc des présages de
David Eddings
Garion se blottit près du feu, dans la chambre qu’il partageait avec tante Pol, dans l’espoir de réchauffer ses pieds gelés. Tante Pol était restée elle aussi près de la cheminée, à repriser l’une des tuniques de Garion, son aiguille étincelante voltigeant au-dessus du tissu.
— Qui était le roi de Riva, tante Pol ? lui demanda-t-il.
Elle s’interrompit, l’aiguille en l’air.
— Pourquoi me demandes-tu ça ? dit-elle.
— Silk m’a parlé des Nyissiens, expliqua-t-il. Il m’a raconté que leur reine avait fait tuer le roi de Riva. Pourquoi a-t-elle fait ça ?
— Tu poses beaucoup de questions, aujourd’hui, on dirait ? remarqua-t-elle, en recommençant à manier l’aiguille.
— On parle de tout un tas de choses, en route, Silk et moi, fit Garion en rapprochant encore un peu ses pieds du feu.
— Fais attention, tu vas mettre le feu à tes chaussures, l’avertit-elle.
— Silk dit que je ne suis pas sendarien, continua Garion. Il dit qu’il n’a pas encore réussi à voir d’où je venais, mais que je n’étais pas sendarien.
— Silk parle beaucoup trop, observa tante Pol.
— Tu ne me dis jamais rien, tante Pol, reprit-il, avec agacement.
— Je te dis tout ce qu’il faut que tu saches, répliqua-t-elle imperturbablement. Tu n’as pas besoin d’en savoir davantage pour l’instant sur les rois de Riva ou les reines de Nyissie.
— Tout ce que tu veux, c’est que je reste ignare, éclata Garion. Je suis presque un homme, et je ne sais même pas ce que je suis — ni qui je suis.
— Je le sais, moi, qui tu es, dit-elle sans lever les yeux.
— Alors, qui suis-je ?
— Tu es un jeune homme qui va mettre le feu à ses chaussures.
Il recula précipitamment les pieds.
— Tu n’as pas répondu à ma question, accusa-t-il.
— Non, fit-elle de la même voix calme et impassible qui l’exaspérait tant.
— Et pourquoi ne veux-tu pas me répondre ?
— Parce que tu n’as pas encore besoin de connaître la réponse pour l’instant. Je te le dirai le moment venu, pas avant.
— Ce n’est pas juste, protesta-t-il.
— Il n’y a pas de justice. Cela dit, puisque tu es un homme, maintenant, pourquoi n’irais-tu pas chercher un peu de bois ? Ça te fournirait un bon sujet d’occupation.
Il lui jeta un regard noir et sortit de la pièce en tapant des pieds.
— Garion, reprit-elle.
— Oui ?
— N’essaie même pas de claquer la porte.
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Par Lefso, le 19/01/2012
La Belgariade, tome 3 : Le Gambit du magicien de
David Eddings
Son pouvoir était associé à une sensation précise, il s’en souvenait maintenant : une lourdeur derrière la tête, une sorte de pression sur le front. Il ferma les yeux et il lui sembla que ça allait un peu mieux. Ça venait. Pas fort, mais ça venait ; c’était comme si une vague montait en lui. Il se rappela quelque chose et glissa une main sous sa tunique pour poser la marque de sa paume sur son amulette. Amplifiée par ce contact, son énergie mentale devint un puissant rugissement qui allait crescendo. Il se releva sans ouvrir les yeux, puis les ouvrit et braqua un regard implacable sur la roche récalcitrante.
- Tu vas bouger ! marmonna-t-il.
Sans lâcher son amulette, il tendit la main gauche, la paume vers le haut.
- Maintenant ! déclara-t-il d’un ton farouche, en levant lentement la main.
La force qui était en lui se mit à monter en puissance, et le rugissement qui lui emplissait la tête devint assourdissant.
Tout doucement, le bord de la roche sortit de l’herbe. Des vers, des larves qui vivaient tranquillement terrés dans le noir prirent la fuite, paniqués par la lumière du soleil. La roche s’éleva de toute sa masse, obéissant à la main inexorablement levée de Garion. Elle hésita une seconde à l’angle de sa partie aplatie et bascula lentement sur le côté.
Il s’était senti vidé après avoir tenté de soulever la roche avec ses muscles, mais ce n’était rien par rapport à la lassitude mortelle qui l’emplit jusqu’au tréfonds des moelles au moment où il relâcha sa volonté. Il replia ses bras sur l’herbe et posa sa tête dessus.
Au bout d’un instant, ce fait commença à lui paraître étrange. Il était toujours debout, et pourtant, ses bras étaient confortablement croisés devant lui, sur l’herbe. Il releva précipitamment la tête et regarda autour de lui avec confusion. Il avait bel et bien déplacé la roche. Cela au moins était évident : la pierre était maintenant posée sur son sommet arrondi, le dessous humide tourné vers le haut. Seulement il s’était passé autre chose. Il ne l’avait pas touchée, mais elle reposait malgré tout sur lui de tout son poids lorsqu’elle s’était élevée au-dessus du sol, et la force qu’il avait dirigée vers elle ne s’y était pas engagée en entier.
Garion se rendit compte avec désespoir qu’il était enfoui jusqu’aux aisselles dans la terre de la prairie.
- Comment je vais me tirer de là, moi ? s’interrogea-il t-il, atterré.
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Par Solarine, le 22/06/2011
La Belgariade, tome 4 : La Tour des maléfices de
David Eddings
"- Quelqu'un aurait-il eu l'idée d'emporter à boire ? s'informa-t-il (Silk)
- Vous n'en avez pas eu assez hier ? rétorqua Belgarath.
- C'était pour oublier. Là, c'est pour des raisons thérapeutiques.
- De l'eau ? suggéra Garion
- Garion, j'ai la gorge sèche, pas les pieds sales."
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Par Plumeline, le 12/05/2011
La Belgariade, tome 1 : Le pion blanc des présages de
David Eddings
« - Écoute ma voix, Torak à l’Oeil Mort, hurla-t-il. L’Orbe où palpite la vie est en sûreté, hors de portée de tes atteintes, et ton combat contre elle est perdu d’avance. Le jour où tu te dresseras contre nous, c’est moi qui te déclarerai la guerre. Dans les ténèbres de la nuit comme dans la lumière du midi, toujours je monterais la garde, veillant sur tes agissements, et jusqu’à la fin des temps je ferais obstacle à ton avènement. »
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La Belgariade, tome 4 : La Tour des maléfices de
David Eddings
Tout le reste de la journée, la Forteresse d'Algarie sembla grandir sur l'horizon occidental. C'était une immense citadelle fortifiée, dressée sur les collines dorées
— Un monument à la démesure de l'idée qui l'a érigé, murmura Silk d'un ton rêveur.
— Comment cela ? fit Durnik.
— Les Algarois sont des nomades, expliqua le petit homme, vautré sur le toit de la voiture. Ils passent leur vie à suivre leurs troupeaux dans des voitures pareilles à celle-ci. La Forteresse n'a qu'une seule utilité : fournir aux vandales murgos un abcès de fixation. Comme ça, ils viennent toujours l'attaquer, et le coin se prête assez bien à leur élimination. C'est nettement plus pratique que de leur courir après dans toute la prairie.
— Les Murgos ne s'en sont jamais rendu compte ? s'étonna Durnik.
— C'est possible, mais ils ne peuvent pas s'empêcher de revenir. Ils n'arrivent pas à admettre que personne n'habite vraiment là. Vous savez à quel point les Murgos peuvent être cabochards, fit Silk avec un de ses petits sourires carnassiers. Enfin, avec les années, les clans algarois en ont fait une sorte de compétition. D'année en année, ils essaient de se surpasser par la masse de roches transportées, et la Forteresse ne cesse de grimper, encore aujourd'hui.
— Kal-Torak l'a vraiment assiégée pendant huit ans ?
— On dit que son armée faisait comme une mer sans cesse recommencée, dont les vagues se seraient brisées sur les murailles de la Forteresse, répondit Silk. Les Angaraks seraient encore là s'ils n'avaient par fini par manquer de nourriture. C'est toujours le même problème avec ces gigantesques armées. N'importe quel imbécile peut lever une armée — jusqu'à l'heure du dîner, et puis les ennuis commencent.
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Par frankgth, le 04/09/2011
La Belgariade, tome 1 : Le pion blanc des présages de
David Eddings
Garion regarda le vieil homme dont les cheveux et la barbe blanche semblaient briller d'une lumière intérieure sous le soleil du matin.
- Comment ça fait de vivre éternellement, grand-père ? demanda-t-il.
- Je ne sais pas, répondit sire Loup. Je n'ai encore jamais vécu éternellement.