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Le Secret de Ji, tome 1 de
Pierre Grimbert
Reyan allait conserver chaque détail de cet instant à jamais dans sa mémoire. Un homme en tunique écarlate, et qui tenait une dague, l'observait silencieusement. Il était chauve et son visage était peint : des orbites noires, un nez noir, des oreilles noires jurant sur un maquillage blanc donnaient à l'ensemble l'allure morbide d'un crâne humain.
Un crâne monstrueux, sans expression, où rien ne vivait, que deux foyers ardents : les yeux d'un dément.
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Le Secret de Ji, tome 2 de
Pierre Grimbert
- Laisse-le passer, Léti, ordonna Grigán.
La jeune femme sortit de sa rêverie et fit trois pas de côté, sans quitter des yeux le tueur rouge. Elle lui rendait son regard meurtrier avec la même intensité. Elle n'avait plus peur.
Le Zü non plus. Il avait échoué. La seule façon de se racheter auprès de la déesse était une action d'éclat.
Il était entouré de quatre ennemis. Il devait tous les tuer.
Il s'avança lentement vers l'issue de l'impasse, comme les impies s'y attendaient. Puis se jeta sur la jeune femme en brandissant sa dague empoisonnée.
Quelque chose tinta contre le mur près de lui, et il tourna la tête par réflexe. L'instant d'après, le froid envahit sa gorge. Il y porta les mains pour découvrir un flot bouillonnant, tenta vainement de l'endiguer, et s'écroula en s'étouffant dans son propre sang.
Léti contemplait avec dégoût l'agonie du Zü. Dès son premier pas, elle avait su ce qu'il projetait. Et s'y était préparée.
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Le Secret de Ji 3 - L'Ombre des anciens de
Pierre Grimbert
Elle se remit soudain en mouvement et Nol cessa de parler. J'espérai que c'était là un signe de victoire, et non d'insuccès. Je voulus observer l'Étrange, mais mes yeux ne pouvaient se détacher du monstre achevant son ascension.
Le reste de son corps n'avait plus rien d'humain. À partir des hanches, la créature avait tout d'un gigantesque crustacé. Huit pattes aux multiples articulations et protégées d'une épaisse carapace, dont quatre munies de pinces impressionnantes, supportaient son corps long et terminé par une queue qu'il repliait sous lui. Le monstre semblait issu d'un cauchemar et nous dominait de trois fois notre hauteur.
Il s'avança lentement et nous dépassa avec un regard indéchiffrable. Le cliquetis aigu de ses pattes et le souffle de ses branchies se répercutaient sur les parois, entretenant l'angoisse qui nous tordait les entrailles.
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Le Secret de Ji 3 - L'Ombre des anciens de
Pierre Grimbert
Ce que nous voyions de son corps pouvait ressembler à un être humain... sauf en ce qui concernait la tête, aussi grosse qu'un tonneau et aussi difforme qu'un fruit d'ozün.
Il n'avait pas de paupières, pas de nez.
Son cou était horriblement gonflé par d'étranges branchies qui se soulevaient régulièrement.
Sa bouche était démesurée, et comportait plusieurs rangées de dents pointues, comme autant de pièges à loup que l'on aurait associés.
Et cette créature des abîmes de la mer Médiane nous contemplait avec malveillance...
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Par Dude76, le 13/05/2010
Les Enfants de Ji, Tome 2 : La veuve barbare de
Pierre Grimbert
Cael les contemplait avec la volonté d'y croire, mais sans y parvenir. Malgré l'estime qu'il avait pour les talents et la bravoure des héritiers, malgré la force que représentait la réunion de toutes leurs générations, il pressentait que la lutte finale serait bien plus difficile que Yan et Léti ne l'envisageaient. Et cela pour une simple chose : il connaissait, lui, l'immensité de la puissance du démon. Pour l'avoir sentie en lui à chacune de ses crises.
- C'est grave, répéta-t-il, regrettant d'attrister ses parents. S'il ne se passe pas quelque chose très vite, je ... J'ai peur de ce qui pourrait arriver. [i]J'ai déjà tué Usul[i], révéla-t-il dans un souffle
Cette fois, il semblèrent prendre les choses au sérieux. Yan, surtout, qui avait rendu visite au dieu des Guoris, et avait été témoin de l'étendue de ses pouvoirs... [i]Ils ne me croyaient pas capable d'ôter la vie à un éternel[/i], comprit l'adolescent. [i]Ils n'imaginaient pas que mon démon puisse posséder une telle force[/i]...
La conversation se serait certainement poursuivie sur ce sujet, si un plainte déchirante n'avait pas soudain résonné sous le ciel du crépuscule. Un cri fait de pure détresse, long à n'en plus finir, et qui montait de la gorge de Nolan.
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Par Dude76, le 13/05/2010
Les Enfants de Ji, Tome 1 : Le testament oublié de
Pierre Grimbert
Par moments, une bourrasque filait à travers le labyrinthe, porteuse de sable piquant et de longs sifflements. Cael frissonnait à chaque fois, tant le bruit lui paraissait lugubre... Impossible d'oublier que la porte de Ji était hantée par Reexyyl, le Léviathan, monstre cité dans les cahiers de Corenn ! Comment ne pas imaginer que cette plainte aigüe montait de la gorge de l'Éternel Gardien ? Même si la créature avait jusqu'ici ignoré les sages et leurs héritiers, rien ne garantissait qu'elle en ferait autant avec cette génération !
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Par Pamw, le 27/09/2007
Le Secret de Ji, tome 1 de
Pierre Grimbert
Un jour vint Nol, le prophète, et il demanda à tousles royaumes de dépêcher leur plus sages représentants pour un mystérieux voyage vers l’île de Ji. Peu en revinrent, et ceux qui le firent ne parlèrent jamais de ce qu’ils virent. Et ainsi la tragique histoire sombra peu à peu dans l’oubli, seulement commémorée par les descendants des Elus… Jusqu’à aujourd’hui, où les fanatiques de la secte Züu ont entamé une traque impitoyable pour les éliminerl’un après l’autre. Qui commandite ces assassinats ? Et pourquoi ? Les héritiers devront répondre à ces questions au plus vite ; ils ne sont déjà plus que six. Mais il leur faudra avant tout revenir à la véritable source de ces mystères : que s’est-il passé sur l’île de Ji, cent-dix-huit ans auparavant ?
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Par Pamw, le 27/09/2007
Le Secret de Ji, tome 2 de
Pierre Grimbert
4ème de couverture:
Depuis qu’ils ont découvert l’identité de leur ennemi, les héritiers n’ont qu’un but : en apprendre davantage sur l’île de Ji, et sur les étranges événements s’y étant déroulés plus d’un siècle auparavant. Mais combien de temps Corenn, Grigan, Rey, Bowbaq, Lana et les enfants sauront-ils échapper aux exécuteurs ? De la tour profonde de Romine au grand temple Ithare, des Monts Brumeux au Val Guerrier, la piste de Nol et des sages émissaires va les mener derrière le Rideau, au plus profond des royaumesestiens. Là seulement, s’ils survivent au plus redouté des Gardiens, ils trouveront ce qui se cache réellement dans l’ombre des Anciens…
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Par Dude76, le 07/01/2011
La Malerune, Tome 1 : Les Armes de Garamont de
Pierre Grimbert
[i]" Pourquoi [/i]deux cercles[i], me demande-t-on souvent ? Pourquoi les magiciens se sont-ils choisi comme signe de reconnaissance un symbole aussi dénué de sens, sans saveur ni éclat ? Pourquoi ne pas avoir choisi un dragon d'or, une étoile, un joyau, attestant davantage de leur puissance ?
Même le roi de Creste, que l'on considère à raison comme l'homme le plus sage de nos contrées, me posa un jour cette question. Il n'avait pas achevé de la formuler qu'un groupe de courtisans curieux s'assembla autour de ma personne, dans l'attente d'une démonstration brillante ou du spectacle de mon embarras. Je ne devais pas leur donner ce plaisir...
- Sire, demandais-je, voudriez-vous me dessiner un cercle ?
Après avoir fait mander le nécessaire, le monarque s'exécuta en traçant une forme imparfaitement arrondie que chacun, pourtant s'évertua à complimenter. Je sollicitai le même service auprès de tous les membres de l'assistance et, une fois satisfait, tendis de nouveau la plume au roi.
- Maintenant, sire, donnez-vous la peine de dessiner de nouveaux cercles, un pour chacun de ceux que nous avons déjà.
Le monarque posa diligemment la pointe sur la feuille mais, après quelques instants, la retira sans avoir rien tracé. Il avait compris.
- Comment pourrait-il vous satisfaire ? intervint un des courtisans, soucieux d'excuser son roi. Il existe une infinité de façons de dessiner ces nouveaux cercles, par rapport aux premiers. Comment pourrait-il savoir ce que vous désirez au juste ?
- C'est tout à fait cela, répondis-je sur le ton de la victoire. Deux simples cercles, et une [/i]infinité[i] de possibilités. C'est l'essence même des runes... et le meilleur symbole qui puisse être pour les magiciens. "[/i]
[i]Introduction au [/i]Traité de philologie runique[i], vers 2860[/i]
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Par Dude76, le 07/01/2011
La Malerune, Tome 1 : Les Armes de Garamont de
Pierre Grimbert
[i]" Mon jeune apprenti suivait les évolutions de ma main avec une curiosité évidente. J'exagérais volontairement le geste et déployais toutes les ressources de mon talent en traçant courbes, lignes et déliés sur le parchemin encore empreint d'odeurs forestières. Lifer devait constater à quels sommets études et patience pouvaient le porter... La magie est comme tout art, et la passion seule n'y suffit pas; elle ne fait que justifier la peine.
Ayant achevé mon œuvre, je lui tendis avec orgueil afin qu'il la commente. Il en caressa le tracé pendant quelques minutes, silencieusement, s'imprégnant de la puissance du symbole tout en prenant garde de ne déclencher accidentellement son pouvoir.
- Maître... demanda-t-il soudain. Comment.... Comment les runes peuvent-elles accomplir de tels prodiges ? D'où vient donc leur [/i]magie[i] ?
Je succombais à un rire sincère, mais fort déplacé dans cette situation. Lifer guettait gravement ma réponse sans oser mot dire. Aussi n'attendis-je pas d'avoir repris contenance pour le satisfaire...
- Tu commences à peine à apprendre que tu voudrais déjà savoir le plus difficile, lançai-je entre deux hoquets, en me penchant vers son petit visage. Retiens seulement ceci : la [/i]magie[i], c'est l'[/i]écriture[i]."[/i]
[i]Extrait de[/i]L'Alphabet des Parangons[i], 2716-2717[/i]
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