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Par alicejo, le 20/05/2010
Le passé simple de
Driss Chraibi
La première personne qu'aime un homme, c'est soi-même. Mais s'il a des enfants son plus cher désir est qu'ils soient meilleurs que lui en tout point.
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Par alicejo, le 18/05/2010
Le passé simple de
Driss Chraibi
Qu'était-elle, sinon une femme dont le Seigneur [son mari] pouvait cadenasser les cuisses et sur laquelle il avait droit de vie et de mort? Elle avait toujours habité des maisons à portes barricadées et fenêtres grillagée. Des terrasses, il n'y avait que le ciel à voir - et les minarets, symboles. Une parmi les créatures de Dieu que le Coran a parquées : "Baisez-les et les rebaisez ; par le vagin, c'est plus utile ; ensuite, ignorez-les jusqu'à la jouissance prochaine." Oui, ma mère était ainsi, faible, soumise, passive.
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Par latrace, le 26/02/2011
Le Mondeà côté de
Driss Chraibi
Une appartenance ethnique —voire un patronyme— n’est qu’une étiquette du langage, il me semble. Ce n’est pas une identité. L’identité est ce qui demeure primordial le long d’une existence, jusqu’au dernier souffle : la moelle des os, l’appétit flamboyant des organes, la source qui bat dans la poitrine et irrigue la personne humaine en une multitude de ruisseaux rouges, le désir qui naît en premier et meurt le dernier.
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Par Nanne, le 17/07/2011
La Civilisation, ma Mère !... de
Driss Chraibi
Et ce faisant, elle soliloquait, fredonnait, riait comme une enfant heureuse qui n’était jamais sortie de l’adolescence frustre et pure et ne deviendrait jamais adulte, en dépit de n’importe quel événement – alors que, la porte franchie, l’Histoire des hommes et leurs civilisations muaient, faisaient craquer leurs carapaces, dans une jungle d’acier, de feu et de souffrances. Mais c’était le monde extérieur. Extérieur non à elle, mais à ce qu’elle était, mais à son rêve de pureté et de joie qu’elle poursuivait tenacement depuis l’enfance. C’est cela que j’ai puisé en elle, comme l’eau enchantée d’un puits très, très profond : l’absence totale d’angoisse ; la valeur de la patience ; l’amour de la vie chevillé dans l’âme.
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Par latrace, le 19/07/2011
Le passé simple de
Driss Chraibi
Il y a l'émotion et la qualité de l'émotion. Des émotions, bien que sincères, ne nous touchent guère; d'autres, et nous savons qu'elles ne sont qu'expressions théâtrales, nous empoignent.
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Par Nanne, le 17/07/2011
La Civilisation, ma Mère !... de
Driss Chraibi
C’est ainsi que le « magicien » s’installa dans la maison et l’anima du matin au soir. Déclamant, chantant, criant, riant. Ma mère était persuadée qu’il s’agissait d’un être vivant, en chair et en os, une sorte d’érudit doublé d’un devin qui avait beaucoup voyagé, beaucoup appris et, tel Diogène, se cachait dans une caisse à l’abri des horreurs de ce monde.
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Par latrace, le 19/07/2011
Le passé simple de
Driss Chraibi
Je marchais dans la ville. J’allais vadrouillant, réceptif aux déclics. Comme une chienne de vie, je poussais devant moi le poids d’une civilisation. Que je n’avais pas demandée. Dont j’étais fier. Et qui me faisait étranger dans cette ville d’où j’étais issu.
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Par latrace, le 09/03/2011
Le Mondeà côté de
Driss Chraibi
J'appelais de mes voeux la parition du chef-d'oeuvre de l'écrivain véritable: un livre blanc, constitué de pages blanches, sans un seul mot. Au lecteur d'y lire ce qu'il voudrait , au gré de sa plus grande liberté.
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Par brigetoun, le 10/09/2011
Naissance à l'aube de
Driss Chraibi
Dominant le port et la ville de Tingis telle une vigie, une petite maison solitaire bâtie sur la corniche. Assis dans le patio à ciel ouvert, les jambes allongées sous une table basse et ronde, le général Tariq Bnou Ziyyad prenait son petit déjeuner dans un concert d’oiseux saluant le lever du soleil.
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Par alzaia, le 08/12/2011
Vu, lu, entendu de
Driss Chraibi
On rebâtissait la vie avec n'importe quoi, à chaux et à mots réchappés. Un nouveau langage naissait à trois langues différentes qui la plupart du temps demeuraient étrangères les unes aux autres (...)
- Labès ?
- Labès, old fellow, et toi?
- Ca va, Allah akbar! Et ta famille, OK?
- Couci-couça, et les oranges, how much?
- How quoi? Les lemons tu veux dire?
- Oui, oukha. Combien price d'ami?
- goûte d'abord, c'est fabor, wallah for toi.
- Bananes too? Hmmm!
- Pas two, même pas one, mange pas all two.
- Quoi (il a la bouche pleine). Qu'est-ce que tu dis?
- Sir, va t'en de là, son of putana!
- Je comprends nothing à ce que tu baragouines, nib oualou.
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