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Par Eska, le 14/05/2011
Le cortège des vivants de
Naguib Mahfouz
C'est ainsi qu'il tomba amoureux. Il l'aima pour ses deux grands yeux clairs, son regard doux et candide, et la légèreté de son être. Il l'aima parce que ses rêves - et le rêve était son seul refuge, la seule chose qu'il possédait vraiment - la lui représentaient à tout instant, parce qu'atteignant la quarantaine, il se retrouvait assoiffé, haletant d'amour, et que la soif qui n'est pas étanchée est la source même du rêve.
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Par Eska, le 14/05/2011
Le cortège des vivants de
Naguib Mahfouz
Il n'est pas de régime plus exécrable que celui qui réduit les hommes à l'état de bêtes. Je ne sais comment la vie peut paraître enviable à des êtres doués de raison lorsqu'ils savent que la majorité de leur peuple est affamée, ou ne mange pas à sa faim, qu'elle est ignorante au point de ne pas surpasser l'intelligence des bêtes, et malade, car les microbes assaillent les corps affaiblis des pauvres gens. Ne songent-ils pas, par exemple, à appeler au principe de l'égalité entre paysans et les bêtes? Aux yeux des notables de campagne, l'animal a un droit inaliénable à être nourri, abrité et soigné, droit que le paysan ne possède même pas.
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Par kathel, le 01/09/2010
Les fils de la médina de
Naguib Mahfouz
Ils poursuivirent leur route vers l’entrée du quartier. Oncle Chafi’i marchait en tête, chargé d’un sac, suivi d’Abda et de Rifaa, qui portaient chacun un énomre ballot. Le jeune homme, avec sa taille haute et mince et son visage ouvert, à l’expression pleine de douceur et de délicatesse, apparaissait particulièrement sympathique. il observait avec attention tout ce qui l’entourait, et qu’il voyait pour la première fois. Son regard fut attiré par la Grande Maison qui se dressait solitaire, au haut bout du quartier, parmi les cimes des arbres qui se balançaient derrière le mur extérieur. Il la contempla longuement, puis demanda : - C’est la maison du Patriarche ?
- Oui, répondit Abda. Tu te souviens de ce que je t’en ai dit ? C’est là que vit l’Ancêtre, le maître de tout le quartier et de ce qui s’y trouve. Tout ce qu’il y a de bon vient de lui et de sa générosité. Et s’il ne s’était pas retiré de sa demeure, le quartier serait rempli de lumière."
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Par Outis, le 27/06/2008
Impasse des deux palais de
Naguib Mahfouz
Mais, bien qu’elle fût affligée, furieuse et indignée, son affliction, sa fureur et son indignation avait trouvé leur coup d’arrêt dans la personne de son père et elle reculait devant lui avec sa déception comme une bête fauve en furie recule devant son dompteur aimé et redouté. Elle ne pouvait s’insurger conter lui, ne fût-ce que dans le secret de son âme, et son cœur lui gardait fidélité et amour, ne lui vouant que sincérité et loyauté comme à un dieu dont on ne peut accueillir le jugement qu’avec résignation, amour et fidélité.
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Par Cath36, le 16/04/2011
Karnak Café de
Naguib Mahfouz
Du coin où se réunissaient les jeunes, montait une clameur exaltée. Pour la majorité d'entre eux, l'histoire commençait à la révolution, celle-ci ayant mis fin à une longue période d'obscurantisme. Ils s'en sentaient les véritables héritiers, et, sans elle, la plupart auraient fini dans la rue, sans vision ni avenir... Ils chantaient, malgré l'âpre vie qu'ils enduraient, comme si la victoire, l'espoir, et l'honneur retrouvé soulageaient leur misère. En réalité, chacun voulait participer à ce bel élan de ferveur, même ceux qui ruminaient leur rancœur et leur jalousie. Tous portaient en eux la lie de la disgrâce, de la défaite ou de l'échec ; la soif qui les dévorait les jetait vers la dive bouteille, les verres pleins ranimant la haine de l'ennemi d'hier. Ils y buvaient jusqu'à l'ivresse, dansaient au rythme fou de leur jubilation. Or à quoi bon argumenter avec des ivrognes ?
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Impasse des deux palais de
Naguib Mahfouz
Ainsi nous nous évertuons à éduquer, à orienter, à conseiller... pendant que nos enfants vont s'enfermer dans les bibliothèques ! Un monde qui nous échappe, où des étrangers, sur qui nous ne savons rien, nous disputent le terrain ! Qu'y pouvons-nous faire ? (Le jardin du passé)
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Par Outis, le 27/06/2008
Impasse des deux palais de
Naguib Mahfouz
Quant à ce que l’éducation exigeait parfois de poigne, cela lui était tout à fait étranger. Sans doute en avait-elle conçu l’espoir sans en avoir la force, peut-être même s’y était-elle essayée, bientôt vaincue par l’émotion et la faiblesse, comme si elle ne supportait entre elle et ses enfants que les liens de l’amitié et de l’amour, laissant au père – ou plutôt à son ombre tirant de loin les ficelles de l’autorité – le soin de redresser les mauvais plis et de remettre chacun à sa place.
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Par Outis, le 27/06/2008
Impasse des deux palais de
Naguib Mahfouz
Et ne me demande pas quelle calamité il y a dans l’ennui de la beauté, étant donné que ça me semble être un ennui inexcusable et par conséquent une fatalité !... Or il est impossible d’échapper à un désespoir sans objet. Ne t’étonne pas de mes paroles. Je t’excuse parce que tu vois de loin..., et la beauté c’est comme les mirages, on ne peut la voir que de loin...
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Par Outis, le 27/06/2008
Impasse des deux palais de
Naguib Mahfouz
De toute façon, jouons son jeu ! Pour s’assurer la victoire sur l’adversaire, il faut lui supposer le maximum de vaillance et d’invulnérabilité. Et puis je ne m’écarterai pas de ma vieille devise qui est de faire de mon plaisir un but secondaire et de son plaisir à elle la fin suprême. C’est comme cela que le mien se réalisera dans sa plénitude.
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Par Outis, le 27/06/2008
Impasse des deux palais de
Naguib Mahfouz
La religion conforte mon point de vue, à telle enseigne qu’elle a permis le mariage avec quatre femmes, sans compter les concubines qui pullulaient dans les palais des califes et des riches. Elle a donc compris que la beauté elle-même, si l’habitude et l’accoutumance la rendent banale, rebute, rend malade et tue...