-
Par Orphea, le 01/08/2011
Le Pays du Dauphin Vert de
Elizabeth Goudge
Lorsqu'elle s’était trouvée au seuil de la porte et qu'elle avait vu cette réunion tumultueuse, elle avait décidé aussitôt, pour le bien de ses filles, qu'il n'y aurait aucune relation entre cette maison et la sienne, mais le chagrin qu'elle avait éprouvé en constatant le changement tragique qui s’était opéré en la personne d'Edmond, la pitié qu'elle avait ressentie en présence de William, sans une maman pour veiller sur lui, avaient complètement modifié ses premières intentions. Sans même se rendre compte de ce qu'elle faisait, elle rajusta la cravate de William.
-- Il faudra que vous veniez au Paradis pour jouer avec mes filles, s'entendit-elle dire à son profond regret.
Ainsi, en cette soirée tempétueuse d'automne, Sophie Le Patourel prit entre ses mains les vies de William, de Marianne et de Marguerite et les réunit pour toujours. Après qu'elle eut parlé, il y eut un court silence. Levant les yeux, elle vit que les rayons mouillés du soleil couchant illuminaient d'un flot d'or la rue du Dauphin Vert.
> lire la suite
-
Par nina2loin, le 27/01/2012
Le Pays du Dauphin Vert de
Elizabeth Goudge
" Le Dauphin Vert ? cria le cocher .
- Par là ! Par là ! " répondit un vieux loup de mer en montrant la direction.
La voiture dansait sur les pavés; quand elle s'arrêta enfin dans un dernier cahot. Marianne sauta prestement, comme une petite fille arrivant à sa première réunion mondaine et rejeta sa voilette de côté. Oui, il était bien là, le magnifique Dauphin Vert, plus élancé que jamais. Il devait être vieux maintenant, mais il n'en était pas moins splendide. A la vérité, comme tous les grands personnages, il semblait avoir acquis plus de dignité et de grâce avec les années. Ayant rapidement payé le cocher et laissant là ses bagages, serrant seulement son réticule, son parapluie et tenant son perroquet, elle franchit la passerelle dans le frou-frou de sa robe et le balancement de sa crinoline et, comme William dans le port chinois, elle se dirigea droit sur la cabine du capitaine O'Hara.
> lire la suite
-
Par zanoni, le 14/01/2011
Le Pays du Dauphin Vert de
Elizabeth Goudge
"La figure de Marguerite portait l'empreinte indéfinissable de la force spirituelle.Elle était jeune comme seuls les êtres qui renaissent peuvent l'être, toute rayonnante de foi sereine."
-
Par zanoni, le 14/01/2011
Le Pays du Dauphin Vert de
Elizabeth Goudge
"Marguerite ne comprendrait jamais la terrible complexité de l'existence humaine.Elle n'apercevrait jamais autre chose que la surface lisse de l'eau au-dessus des terribles courants sous-marins...à moins que son regard ne pénétrât directement jusqu'aux profondeurs sereines que ces courants ne troublaient pas...
Marianne reconnaissait qu'avec un caractère comme celui de Marguerite, on ne pouvait savoir laquelle de ces deux hypothèses était exacte."
-
Par Jondelles, le 28/11/2011
La vallée qui chante de
Elizabeth Goudge
il est des joies indicibles, une prescience du paradis que la musique même ne saurait exprimer. Julie ne put jamais décrire par la suite le bonheur de jouer avec les enfants du ciel dans les prairies où cent ans sont comme un jour et un jour comme cent ans ; mais quand elle retournera sur la terre, elle emportait cette joie dans le creux de son coeur.
-
Par kathy, le 05/07/2011
La colline aux gentianes de
Elizabeth Goudge
Elle marcha droit au bout de l'écurie, où gîtaient les chats qui attendaient impatiemment leur lait. Elle voyait leurs yeux luire dans la pénombre comme des émeraudes et, dès qu'elle s'approcha, ils s'élancèrent à sa rencontre, en se frottant contre elle et en ronronnant joyeusement, moustaches en bataille, queue retroussée, marche rythmée par la vibration mélodieuse de leur gorge. L'orchestre de l'église dans tout son éclat, tambour, clarinette, serpent, haubois, violon et violoncelle, attaquant avec éclat le Psaume Centième, rappelait toujours à Stella les chats, qui se précipitent au-devant de leur lait. Dans les deux cas, le corps, l'instrument et l'esprit étaient si étroitement liés que le corps était lui-même devenu musique; on ne pouvait dire où commençait l'homme et où finissait l'instrument, ce n'était plus qu'une seule et même chose.
> lire la suite
-
Par kathy, le 01/07/2011
La colline aux gentianes de
Elizabeth Goudge
Stella détestait les différences de classe et trouvait injuste qu'il y eût des chats et des chiens admis dans la maison, et d'autres relégués au-dehors. Pourquoi Hodge (le chien) et Séraphine (le chat) avaient-ils le droit de dormir au logis, choyés par toute la famille, tandis que Daniel (le chien) et les autres chats n'avaient pas le droit d'y pénétrer? Daniel n'était pas responsable de son air lamentable, ni de sa débilité mentale, et les chats de gouttière auraient été aussi coquets que Séraphine, s'ils avaient joui des mêmes avantages. C'était une injustice criante, voilà tout. Dès que Daniel eut fait disparaître la dernière bouchée de son repas, Stella s'agenouilla par terre à côté de lui, tira doucement ses oreilles pendantes et caressa son front soucieux.
-Console-toi, Daniel, murmura-t-elle, demain je t'emmènerai promener.
> lire la suite
-
Par kathy, le 01/07/2011
La colline aux gentianes de
Elizabeth Goudge
Depuis que Zachary avait vu Stella, il n'éprouvait plus cette nostalgie qu'il avait au fond du coeur; elle ne lui semblait plus inexplicable : en ce bas monde, chacun a besoin de quelqu'un qui soit pour lui comme une autre main. L'on ne peut pas faire grand-chose avec une seule main; c'est avec les deux mains que l'on étreint l'or des épis et le bol de lait écumeux; avec les deux mains que l'on bâtit une maison; avec les deux mains jointes que l'on prie. Cette intuition subite l'avait illuminé au moment où, prenant la main de Stella posée sur son genou, il l'avait retournée pour appuyer sa paume sur la sienne. On ne peut à soi seul engranger les moissons de la vie ou bâtir son foyer, pas plus qu'on ne peut toujours prier seul; il en avait eu la certitude lorsqu'il avait tenu dans la sienne cette petite main.
> lire la suite
-
Par kathy, le 05/07/2011
La colline aux gentianes de
Elizabeth Goudge
Tout d'abord, au lieu de chercher à vaincre ta peur, il faut l'accepter sans honte, exactement comme on accepte une infirmité congénitale, strabisme ou pied bot. Un acquiescement sincère est déjà la moitié de la victoire. Regarde ta peur en face, sans t'en laisser épouvanter. En tant que docteur, je peux t'affirmer que chaque être humain possède des réserves inconscientes de forces physiques et mentales qui se révèlent uniquement dans les moments de crise. Tu ne les découvriras qu'à la dernière minute, mais tu peux être certain qu'alors elles ne te feront pas défaut. C'est difficile à croire, mais indispensable à savoir. De plus tu dois apprendre à vivre dans un monde d'horreurs sans te laisser écraser par leur poids.
> lire la suite
-
Par kathy, le 05/07/2011
La colline aux gentianes de
Elizabeth Goudge
Madame Sprigg n'avait d'autre beauté que la douceur de son sourire et la bonté de ses yeux bruns, mais autour d'elle rayonnait une divine aura de maternité, car bien souvent la femme qui a perdu son unique enfant devient pour toutes les créatures beaucoup plus mère que celle qui a porté une douzaine d'enfants. Sa vertu foncière était faite d'un exquis bon sens, d'oubli de soi et d'efficience; elle était entièrement dépourvue d'angles, au physique comme au moral. Cette vertu, comme sa maternité, était devenue avec les ans si épurée, qu'elle semblait à peine appartenir à ce monde.