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Lettres à Milena de
Franz Kafka
L'amour, c'est que tu sois pour moi le couteau avec lequel je fouille en moi.
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Journal de
Franz Kafka
Dimanche. Le malheur d'un perpétuel commencement, le manque d'illusions sur le fait que tout n'est jamais que commencement et pas même commencement, la folie des autres qui ne savent pas cela et jouent au football, par exemple, pour enfin aller de "l'avant", votre propre folie enfouie en vous comme dans un cercueil, la folie des autres qui voient là un cercueil réel, c'est-à-dire un cercueil qu'on peut transporter, ouvrir, échanger contre un autre.
p. 517
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Lettres à Milena de
Franz Kafka
Voici à peu près ce qu'il en est : j'étais un animal des bois qui, en ce temps là, ne vivait presque jamais dans la forêt, mais terré n'importe où dans un sale fossé (sale en raison de ma seule présence, naturellement), lorsque je vis au grand soleil la chose la plus merveilleuse que j'eusse jamais aperçue ; je ne songeais plus à rien, je m'oubliais totalement ; je me suis levé, je me suis approché, craintif, au sein de cette liberté nouvelle qui me rappelait pourtant l'air natal, je me suis approché malgré ma peur, et je suis arrivé jusqu'à toi. Que tu étais bonne ! je me suis couché à tes pieds, comme si j'en avais le droit, et j'ai posé mon visage dans tes mains, je me suis senti heureux, fier, libre, puissant, chez moi ; tellement chez moi ! (toujours, toujours tellement chez moi!).
Mais au fon j'étais resté la bête, je n'appartenais qu'à la forêt, je ne vivais ici, au grand jour, que par ta grâce. Sans le savoir (j'avais tout oublié) je lisais mon destin dans tes yeux. Cela ne pouvait durer. Tu ne pouvais éviter, même en me caressant de la main la plus bienveillante, de découvrir en moi des singularités qui relevaient de la forêt, de cette origine, de cette véritable patrie ; il a fallu te donner, fallu te répéter ces explications sur la "peur" qui me toturaient (toi aussi, mais injustement) comme si j'avais déjà les nerfs à nu ; j'ai senti quelle plaie répugnante je représentais dans ta vie, et quel obstacle universel !
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Par x-Kah-mi, le 23/12/2010
La Métamorphose de
Franz Kafka
Rejeter la couverture, rien de plus simple ; il n'avait qu'à se gonfler un peu, elle tomba toute seule. Mais la suite des opérations était plus délicate, surtout parce qu'il était excessivement large. Il aurait eu besoin de bras et de mains pour se redresser; or, au lieu de cela, il n'avait que ces nombreuses petites pattes sans cesse animées des mouvements les plus divers et de surcroît impossibles à maîtriser. Voulait-il en plier une, elle n'avait rien de plus pressé que de s'étendre; et s'il parvenait enfin à exécuter avec cette patte ce qu'il voulait, les autres pendant ce temps avaient quartier libre et travaillaient toutes dans une extrême et douloureuse excitation. « Surtout, ne pas rester inutilement au lit », se dit Grégor.
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Le Procès de
Franz Kafka
On avait sûrement calomnié Joseph K..., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin. La cuisinière de sa logeuse, Mme Grubach, qui lui apportait tous les jours son déjeuner à huit heures, ne se présenta pas ce matin-là. Ce n'était jamais arrivé. K... attendit encore un instant, regarda du fond de son oreiller la vieille femme qui habitait en face de chez lui et qui l'observait avec une curiosité surprenante, puis, affamé et étonné tout à la fois, il sonna la bonne. À ce moment on frappa à la porte et un homme entra qu'il n'avait encore jamais vu dans la maison. Ce personnage était svelte, mais solidement bâti, il portait un habit noir et collant, pourvu d'une ceinture et de toutes sortes de plis, de poches, de boucles et de boutons qui donnaient à ce vêtement une apparence particulièrement pratique sans qu'on pût cependant bien comprendre à quoi tout cela pouvait servir.
- Qui êtes-vous ? demanda K... en se dressant sur son séant.
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Par zazimuth, le 08/02/2011
Franz Kafka
Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous.
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Lettre au père de
Franz Kafka
Tu as aussi une façon particulièrement belle de sourire, silencieuse, paisible, bienveillante, - un sourire qui se manifestait rarement mais qui pouvait rendre très heureux s'il vous était destiné. Je ne me rappelle pas que tu me l'aies expressément accordé dans mon enfance, mais cela a bien dû se produire, pourquoi me l'aurais-tu refusé en ce temps-là, puisque tu me jugeais encore innocent et que j'étais ton grand espoir ? A la longue, d'ailleurs, ces impressions agréables n'ont pas eu d'autre résultat que d'accroître mon sentiment de culpabilité et de me rendre le monde encore plus incompréhensible.
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Par BMR, le 03/12/2007
Le terrier de
Franz Kafka
[...] Il me semble parfois dangereux de baser toute la défense dans la forteresse, car la diversité du terrier m'offre un très large éventail de possibilités, et il me paraît plus conforme à la prudence de disperser un peu les provisions et d'en pourvoir un certain nombre de petits ronds-points; je décide alors par exemple qu'un rond-point sur trois deviendra une réserve ou qu'un rond-point sur quatre sera une réserve principale et un sur deux une annexe, et autres calculs du même genre. Ou bien, en guise de manoeuvre de diversion, j'exclus totalement que certaines galeries puissent être garnies de provisions, ou bien je choisis au hasard un petit nombre de ronds-points, en fonction de leur position par rapport à la sortie principale. [...] Il me semble parfois - habituellement lors d'un réveil en sursaut - que la répartition actuelle est tout fait mauvaise, qu'elle peut être source de graves dangers et doit être sur l'heure rectifiée au plus vite.
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Par nadejda, le 30/12/2010
Franz Kafka
«En lésant la langue, on lèse toujours le sentiment et le cerveau ; on obscurcit le monde, on l’anesthésie par le froid»
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Par gaillard1, le 19/09/2010
Lettres à Milena de
Franz Kafka
Je suis de ces être chez qui prime la vue. Or le cinéma perturbe la vision. La rapidité des mouvements et la succession précipitée des images vous condamnent à une vision superficielle de façon continue. Ce n'est pas le regard qui saisit les images, ce sont elles qui vous saisissent le regard. Elle submergent la conscience.