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Ma famille et autres animaux de
Gerald Durrell
Ce livre est le récit d’un séjour de cinq années que j’ai fait avec ma famille dans l’île de Corfou. Je le voyais, à l’origine, comme un exposé légèrement nostalgique sur l’histoire naturelle de l’île, mais je commis la grave erreur d’y introduire les membres de ma famille dès les premières pages. Une fois sur le papier, ils s’y installèrent et invitèrent divers amis à partager avec eux les chapitres suivants. C’est avec la plus grande difficulté et grâce à beaucoup d’astuce que j’ai réussi à leur arracher quelques pages et à les consacrer aux animaux.
Je me suis efforcé de faire des membres de ma famille un portrait fidèle et sans exagération. Ils apparaissent tels que je les ai vus. Pourtant, pour expliquer certains aspects curieux de leur comportement, il me faut dire qu’à l’époque où nous étions à Corfou, nous étions tous jeunes : Larry, l’aîné avait vingt-trois ans, Leslie dix-neuf et Margo dix-huit. J’étais le plus jeune : j’avais dix ans, âge impressionnable et tendre.
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Par Nymphette, le 16/12/2010
Le Aye-aye et moi de
Gerald Durrell
Ici, sous les innombrables parasols blancs qui, de loin, font ressembler le marché à une immense forêt de champignons, s’étale le ventre le la ville. Au pied des pyramides de gousses, rouges, vertes, rousses, des torsades d’herbes de toutes les nuances de vert laissent échapper des feuilles découpées de si étrange façon qu’on les dirait destinées au râtelier d’un étalon de sorcier. Des montagnes de laitues et de cresson ruisselantes d’eau luisent comme de la porcelaine fraîchement vernie au milieu de la profusion des épices, ces poudres sorties tout droit de la palette d’un Titien ou d’un Rembrandt malgache, où voisinent l’ocre, la garance, les verts, les bleus, les rouges les plus intenses, des jaunes aussi délicats qu’un bouton de crocus, le tout n’attendant qu’un filet d’huile pour se mélanger et exploser en une symphonie de saveurs dans votre bouche.
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Par Bibounde, le 12/04/2010
Le Aye-aye et moi de
Gerald Durrell
J'ai un jour comparé Madagascar à une omelette mal pliée couchée sur l'Océan Indien, à l'est des côtes de l'Afrique dont elle a été arrachée il y a des millions d'années. Comme toute bonne omelette qui se respecte, bien ou mal pliée, elle est farcie de choses délicieuses.
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Ma famille et autres animaux de
Gerald Durrell
Quelques jours plus tard, de petits nuages blancs ouvraient leur parade d’hiver. Ils s’attroupaient dans le ciel, moelleux, joufflus, échevelés et, les poussant devant lui comme un troupeau de moutons, le vent se levait. D’abord, il était tiède et s’élevait en bouffées légères, effleurant les feuilles des oliviers qui prenaient des tons argentés, berçant les cyprès qui ondulaient doucement et soulevant les feuilles mortes qui tourbillonnaient en de petites danses joyeuses. Avec enjouement, il ébouriffait les plumes des moineaux, qui frissonnaient et gonflaient leur jabot. Il se jetait avec avertissement sur les mouettes, qui arrêtées en plein vol, devaient courber leurs ailes pour lui résister. Les volets se mettaient à claquer et les portes à cogner. Mais le soleil brillait encore, la mer restait paisible et les montagnes gardaient un air serein sous leur chapeau de neige. Pendant une semaine environ, le vent jouait ainsi avec l’île. Puis survenait une accalmie, quelques jours de paix étrange.Et soudain, au moment où l’on s’y attendait le moins, le vent revenait. Mais c’était un tout autre vent, furieux,mugissant, hurlant, qui se jetait sur l’île et essayait de la pousser à la mer. Le ciel bleu se couvrait de nuages gris, la mer se colorait d’un bleu profond, presque noir, et s’incrustait d’écume. Comme de sombres balanciers, les cyprès oscillaient et se découpaient dans le ciel et les oliviers, qui, tout l’été, avaient un air paisible de vieux sorciers, étaient gagnés par la folie du vent, mais c’était une pluie chaude et agréable sous laquelle on pouvait marcher, dont es grosses gouttes crépitaient
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Par zarline, le 10/03/2011
Le Aye-aye et moi de
Gerald Durrell
Le pire, c'est que ces sales bêtes sont fascinantes. Regardez sous la lentille d'un microscope une mouche ou un moustique démembré, et vous serez aussitôt captivé par leur beauté architecturale. L'oeil à facettes de la mouche, par exemple, est un véritable chef-d'oeuvre de "design". La délicatesse de ses ailes fait, en comparaison, paraître grossiers les vitraux de la cathédrale de Chartres. A vrai dire, une fois que vous avez admiré leur incroyable complexité, vous vous sentez vaguement coupable chaque fois que vous en tuez une, et avec elle un des miracles de la nature.
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Par zarline, le 10/03/2011
Le Aye-aye et moi de
Gerald Durrell
Je venais de faire la connaissance de mon premier aye-aye. J'étais sous le choc: de toutes les créatures que j'avais eu le privilège de rencontrer, c'était la plus incroyable. Le aye-aye était en danger? Eh bien, il pouvait compter sur notre aide. Qu'un être aussi stupéfiant, aussi complexe, puisse disparaître, être rayé de la surface de la planète, voilà qui était impensable, au même titre que de brûler un Rembrandt ou de transformer la chapelle Sixtine en discothèque, ou encore de détruire l'Acropole pour édifier à sa place un Hilton. Pourtant, cet étrange animal est bel et bien en voie d'extinction. lui qui sur l'île de Madagascar a conquis un statut quasi mythique, lui qui accomplit des prodiges, et pas seulement d'ordre biologique. Un animal magique: tel il apparaît au peuple malgache au milieu duquel il vit, et, malheureusement, meurt.
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Par kathel, le 28/06/2011
Le Aye-aye et moi de
Gerald Durrell
Me laissant assis sur notre lit de fakir, à m’empiffrer d’antibiotiques en faisant descendre le tout grâce à des quantités tout aussi honorables de whisky, Lee courut au marché voir si elle trouvait d’autres genres de fruits et légumes susceptibles d’allonger la liste de mets à la carte de notre nouvelle recrue. Sitôt la chambre silencieuse, on se mit à gratter dans la cage, puis à croquer avec appétit - un bruit qui me mit du baume dans le cœur. Il faut dire que, parfois, un animal fraîchement capturé peut s’infliger, sous le seul effet du stress, un jeûne de vingt-quatre heures, sinon davantage. S’il cesse trop longtemps de s’alimenter, il risque d’y perdre sa vie : on se trouve alors dans l’obligation de le relâcher. A l’inverse, quand un animal se nourrit tout de suite, c’est déjà la moitié de la bataille de gagnée.
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Ma famille et autres animaux de
Gerald Durrell
Nous finîmes par le retrouver. Il était tombé dans un vieux puits caché par les fougères. Il était mort, hélas... Ni les tentatives de respiration artificielle pratiquées par Leslie, ni la suggestion de Margo de lui mettre de force des fraises dans la gorge (pour lui rendre, expliqua-t'elle, le goût de vivre) ne provoquèrent de réaction, de sorte que, tristement, nous l'enterrâmes dans le jardin, sous un fraisier (une idée de mère). Un petit discours, écrit et lu par Larry d'une voix tremblante, rendit la cirsonstance mémorable. La cérémonie ne fût gâtée que par Roger, qui, en dépit de toutes mes protestations, remua la queue pendant tout le service funèbre.
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Ma famille et autres animaux de
Gerald Durrell
- Je vous demande un peu ! N'est-il pas insensé que les générations futures soient privées de mon oeuvre simplement parce qu'un idiot aux mains calleuses a attaché cette bête puante près de ma fenêtre ? dit Larry.