Lecteur inscrit le 06/02/2009

Dominique 69009 France

http://asautsetagambades.hautetfort.com/
Tombée dans la marmite il y a plus de 50 ans
Les livres se perdent, se détériorent mais le plaisir de la lecture jamais

ivredelivres a reçu des «insignes du Phalanstère» :
15ème Babeliothécaire
(7890 points)

53ème auteur de critiques
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39ème sélection de citations
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    Voyage en Orient
    Voyage en Orient de Alphonse de Lamartine
     
    En juillet 1832 un homme politique français, un poète honoré dans l’Europe entière, le père d’une enfant adorée et en mauvaise santé, s’embarque à Marseille pour un voyage en Orient de plusieurs mois.
    Une femme, trois amis, dix neuf hommes d’équipage, une bibliothèque de 500 livres et « un arsenal particulier de fusils, de pistolets et de sabres » sont aussi du voyage.
    Il vient d’être battu aux élections législatives, il espère le climat de l’orient profitable à son enfant, le chrétien en lui aspire à voir les lieux saints, le poète romantique est en quête de nouveaux paysages, il résume ainsi les motifs de son entreprise « Amour, poésie et religion »

    Dès le début du voyage il sait faire preuve de sincérité, inutile de voir en lui le romantique béat prêt à s’extasier sur tout. Athènes et le Parthénon seront la première déception
    Le regard critique ne l’empêche pas d’admirer la Grèce et « la grandeur colossale d’un peuple ».
    La goélette « Alceste » dépasse Rhodes et Chypre, sur le bateau Monsieur de Lamartine lit, l’histoire du Liban, celle d’Hérode.
    L’arrivée au Liban est un enchantement, il part à la recherche d’une maison, on devrait plutôt dire d’un palais, pour que amis et famille puissent se reposer, c’est de ce palais que Lamartine partira pour un périple à l’intérieur de la Syrie et de la Palestine.
    Il va longuement sillonné la Palestine, la Syrie, la Galilée ...Tyr, le Mont Carmel, Acre qu’ Ibrahim Pacha a « récemment réduit à un monceau de ruines » Jéricho, Jérusalem enfin où il ne peut pénétrer à son aise en raison d’une épidémie de peste.
    Le voyage est ici interrompu car sa fille chérie meurt au liban dans la maison où la famille s’était établie.
    Le voyage se prolongera plusieurs mois vers Damas et Baalbek mais le coeur n’y est plus.

    Le journal de voyage d’Alphonse de Lamartine est un document passionnant. Curieux de tout, il sait apprécier l’hospitalité des chefs arabes, faire revivre l'Empire Ottoman d'alors, son esprit ouvert fait en permanence le parallèle entre Orient et Occident.
    Il fait des rencontres importantes : l’Emir Béchir l’homme fort du Liban de l’époque qui le reçoit, la connaissance qu’il tirera de ces observations le rendront de retour en France, l’homme politique ayant la meilleur connaissance de cette partie du monde qui déjà en 1830 était une vrai poudrière.
    Au moment du voyage de Lamartine, un personnage défraie la chronique européenne, Lady Esther Stanhope, nièce de M Pitt le Premier ministre britannique. Fixée dans les montagnes du Liban, sa fortune perdue, après avoir été proclamée « Reine de Palmyre » elle vit en ermite et ne reçoit personne. Obstiné Lamartine obtient d’être reçu et le courant passe. En de longues pages il décrit sa rencontre avec cette femme vieillissante qu’il admire et dont il comprend le besoin de solitude.

    Tolérant aux coutumes, désireux de comprendre les habitudes des peuples de l’endroit : Maronites, Druzes, Turcs, il fait preuve d’une étonnante ouverture d’esprit et d’une absence totale de jugement condescendant. Il s’inquiète du jeu des grandes puissances qui ont toutes un oeil vers l’Orient.
    lus étonnant encore de la part de ce chrétien convaincu, son admiration et son amour pour l’Islam et pour le Coran
    C’est un livre riche que ce « Voyage en Orient » pour le lecteur c’est un récit de 700 pages, la plume très alerte de Lamartine fait oublier les propos parfois un peu trop lyriques ou trop emphatiques.
    L’acuité du regard, la curiosité, la témérité parfois, le rendent très sympathique, on oublie le noble riche et oisif pour s’attacher à l’homme couchant à même le sol et ignorant la peste pour pénétrer dans Jérusalem, au père dévasté par la mort de son enfant.
    J’ai savouré mon plaisir à suivre le poète tout au long de son voyage. Je vous engage à le suivre à votre tour car il est « de la famille des grands voyageurs et, sans doute, l’un des plus intelligents, des plus sympathiques et des plus intéressants aussi, parce que l’un des plus délicieusement bavard ». *
    * Robert Mattlé - Lamartine voyageur (1936)


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  • chartel a apprécié une de ses critiques

    Toute la poussière du chemin
    Toute la poussière du chemin de Jaime Martin
     
    1929 dans le sud des Etats-Unis, la misère pousse sur les routes des familles entières. Un homme va croisé le chemin d’un jeune garçon. Sous un dehors bourru l’homme est immédiatement touché par le destin de cet enfant qui rêve de devenir marin et qui raconte à qui veux l’écouter les histoires d’un certain Jack London.

    L’homme est ce qu’on appelle un hobo, un vagabond, un SDF, proie facile pour la police, il a tout perdu dans la tourmente économique : sa terre, sa femme...
    Il travaille, il va d’un emploi saisonnier à un autre, toujours spolié, parfois frappé. La misère au quotidien. La mort rôde partout. La vie pour Tom est difficile mais ce n’est rien à côté de celle des noirs dans ces états du sud où la violence raciste est omniprésente et les lynchages jamais punis.
    Le héros de cette très belle BD reste fier et digne dans l’adversité, il refuse l’injustice et sait fait preuve de compassion.

    Cette Amérique là est celle de Faulkner, de Steinbeck, celle des marathons de danse de la grande dépression.
    J’ai apprécié le graphisme qui sert très bien la dureté du récit en livrant des visages marqués, où se lit la douleur. Le scénario est simple mais fort dans sa simplicité.

    J’ai lu il y a quelques mois Hard Times un livre passionnant sur cette période, écrit à partir de centaines de témoignages, cette BD est un très heureux complément à ce livre.
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  • chartel a apprécié une de ses critiques

    Le journal d'un homme de trop
    Le journal d'un homme de trop de Ivan Tourgueniev
     
    Une nouvelle des débuts de Tourguéniev en littérature. Une nouvelle qui lui va comme un gant lui qui toute sa vie a été « obsédé par le contraste entre un jeune homme nerveux, faible, et une jeune fille passionnée, volontaire ; entre un homme qui s’analyse trop et une femme qui, au contraire, s’abandonne courageusement à la vie. » Ce sont les mots d’André Maurois et ils illustrent parfaitement la nouvelle de Tourguéniev.
    Un homme jeune va mourir, le médecin vient de lui annoncer, Tchoulkatourine se retourne sur sa courte vie et comme il s’ennuie et est incapable de profiter de ses derniers jours, il décide d’écrire son journal et de faire le récit de sa vie.
    C’est un homme qui a eu une enfance bien terne « pénible et morne », une famille sans ambition et une vie provinciale bien falote. Alors rien n’est survenu dans sa vie ? rien qui soit digne d’être distingué ?
    Si, son amour pour Elisabeth Kirillovna, mais son tempérament indécis l’a empêché d’exprimer son amour, il a craint les rebuffades
    l n’a pas su accordé ses actes à ses sentiments et la demoiselle s’est tournée vers un autre. Une seconde chance lui sera offerte mais il ne saura pas la saisir.
    C’est dans la tenue du journal que pour la première fois le jeune homme prend sa vie en main, il s’est aveuglé toute son existence et l’approche de la mort lui donne quelque lucidité. Il a accepté de petites humiliations, il fait preuve envers lui même d’une cruelle ironie, d’amertume et de désenchantement

    Ce n’est pas un véritable héros que Tchoulkatourine, on éprouve de la pitié pour lui, son incapacité à vivre réellement, à faire preuve de passion le tient en marge de la vie, son impuissance devant le destin qu’il subit nous empêchent d’éprouver de la sympathie.
    Tourgueniev a un grand sens du récit et il sait à merveille raconter : un duel, une simple promenade sous le tilleuls, un bal.
    Ce qui rend cette nouvelle marquante c’est que Tourgueniev fait en partie son portrait dans celui de cet « homme de trop » , ses amours avec Tatiana Bakounine ou Pauline Viardot ont la couleur de l’échec et ce portrait d’un homme peu doué pour le bonheur c’est un peu le sien,
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    Hier

  • ivredelivres a ajouté une video de Maurice Carême

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  • annie a apprécié une de ses citations

    Les pages immortelles de Montaigne
    Les pages immortelles de Montaigne de André Gide
     
    Montaigne est l'auteur d'un seul livre : Les Essais. Mais dans ce livre unique, écrit sans composition préétablie, sans méthode, au hasard des évènements et des lectures, il prétend se donner à nous tout entier

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  • ivredelivres a ajouté 6 livres à ses livres

     
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    Le 01/09/2010

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    Le 27/08/2010

  • ivredelivres a ajouté une video de Miguel de Unamuno

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    Le 26/08/2010

  • litolff a apprécié une de ses critiques

    L'entreprise des Indes
    L'entreprise des Indes de Erik Orsenna
     
    J’ai entamé ce livre avec plaisir mais celui-ci s’est émoussé au fil des pages. Dommage.
    Ni biographie, ni roman historique, ce récit à la première personne est conduit par Bartolomé Colomb, le frère, celui qui n’a pas été du premier voyage et qui finit ses jours sur l’île d’Hispañola.
    Il va raconter les quelques huit années où les frères vivent à Lisbonne et tentent d’asseoir leurs connaissances en cartographie et mathématiques pour convaincre le roi du Portugal de financer leur voyage vers les Indes. Bartolomé a participé à l’Entreprise, le nom que Christophe Colomb donne à son projet, mais lui n’est pas un aventurier, c’est un homme d’études " Quelqu’un qui s’arrange pour vivre à l’écart de la vie et de ses horreurs.”
    Son récit dresse une fresque de l’Europe de l’époque, de ce Portugal qui veut se hisser au rang des grandes nations et cette Espagne aux prises avec : les arabes, l’expulsion des juifs et l’Inquisition.
    J’ai aimé les descriptions du travail de cartographe, les fausses cartes dessinées pour tromper l’adversaire, la fièvre qui s’empare des savants qui doivent nommer les plantes et animaux rapporter par les caravelles de retour d’Afrique, les aventures de Bartolomé ( réelles ?) pour rapporter à Lisbonne Le fameux Devisement du monde devenu un livre imprimé
    Pourtant je me suis lassée assez vite, ni livre d'historien, ni vrai roman, on voudrait s’attacher aux personnages mais hélas cela manque de souffle, l’accumulation d’anecdotes ne fait par un roman même lorsqu'elles sont bien racontées.
    Commencé par cette interrogation " Pourquoi cette curiosité, pourquoi cette fièvre des découvertes se sont-elles soudain muées en la plus terrible des cruautés ?" Orsenna ne revient sur le sujet qu'en quelques lignes en toute fin du livre.
    Un mérite pourtant, celui de faire connaître le sermon prononcé par le frère Antonio de Montesinos qui du haut de sa chaire prend fait et cause pour les indiens et fustige les conquérants bien avant les écrits de Las Casas.
    Sa voix hélas n’a pas été entendue.
    Je ne suis pas au diapason des critiques qui trouvent le livre érudit, poétique, flamboyant... pour ma part je dirai que certains passages sont excellents mais que l’ensemble est confus et que pour moi le compte n’y est pas.
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    Le 25/08/2010

  • Mia a apprécié une de ses critiques

    Le jardin d'Epicure. Regarder le soleil en..
    Le jardin d'Epicure. Regarder le soleil en face de Yalom Irvin
     
    Un livre sur le défi le plus exigeant, le plus prégnant que nous rencontrons : surmonter notre peur de la mort, une préoccupation majeure, omniprésente et universelle. C’est un peu comme « regarder le soleil en face » titre anglais de ce livre.
    J’avais par le passé fait un bout de chemin avec Irvin Yalom à travers deux romans que j’avais beaucoup aimé, il revient ici avec un livre de professionnel en psychiatrie et en psychothérapie.
    Ce livre veut être une aide " affronter la mort ne conduit pas nécessairement à un désespoir qui nous dépouille de toute raison d’être" la peur de la mort pour chacun du nous est pourtant au coeur d’une grande partie de notre anxiété, comment lutter contre cette peur et est-ce possible ?
    Le plus souvent une expérience personnelle nous éveille à la reconnaissance de notre peur : un rêve, une perte douloureuse comme le décès d’un être proche, mais aussi la perte d’un emploi, la vente d’une maison, la survenue de la maladie, un accident ou simplement le vieillissement ou un anniversaire comme les 50 ans ou 60 ans (ah bon ..)
    Toutes choses qui nous confrontent à notre statut de mortel.
    A l’aide des récits sur ses patients Yalom nous apprend à reconnaître derrière des comportements variés la peur de la mort, nous propose des méthodes pour faire face à cette peur pour transformer celle ci en force vitale nous permettant de nous accomplir

    Il s’agit là d’une opportunité pour nous permettre de réfléchir à nos priorités, pour améliorer nos relations avec autrui, pour mieux communiquer avec ceux que nous aimons.
    Il nous invite ainsi à mieux goûter la vie, à en reconnaître la beauté, il nous invite à nous engager pour les autres.
    La peur de la mort s’appuie souvent sur notre besoin de laisser une trace immortelle de notre passage, Yalom utilise une belle métaphore : celle des ondulations sur l’eau, des rides sur un étang, c’est l’effet de rayonnement , chacun de nous crée des cercles concentriques d’influence qui toucheront les amis, les proches, et ces "rides" resteront le signe de notre passage. Qui laissera un trait de caractère, qui une expérience, un avis, une preuve de vertu, une parole de réconfort
    L’auteur nous encourage à " consumer " nos vies, à aimer notre destin, et éviter le regrets d’une vie non vécue.
    On retrouve ici Nietzsche que Yalom cite abondemment, mais aussi Epicure et Montaigne, les penseurs et les philosophes qui peuvent nous aider à apaiser nos peurs, des écrivains aussi et l’on retrouve Tostoï et "La mort d’Ivan Illitch "
    La philosophie pour Yalom, comme pour ses maîtres en pensée, doit nous aider à vivre et soulager notre anxiété, les comparaisons auxquelles il nous invite à réfléchir entre la mort et ce temps de non-être d’avant notre naissance sont éclairants.
    Yalom n’est pas croyant, il reconnaît l’aide qu’apporte parfois la religion pour combattre notre peur et respecte la foi des croyants, mais il affirme la possibilité de s’en passer

    L’oeuvre d’Irvin Yalom est importante, elle mêle son expérience de thérapeute à sa vision personnelle de l’existence, d’une clarté constante son livre exprime la chaleur et la compassion qu’il réserve à ses patients.
    Classiquement un thérapeute reste discret sur son vécu personnel, pour nous convaincre Yalom fait appel à sa mémoire et raconte ses expériences intimes au moment de la mort de son père, il ajoute là une touche personnelle bienvenue. Un dernier chapitre s’adresse aux professionnels de la psychanalyse ou de la psychothérapie mais reste lisible pour le lecteur non professionnel.
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    Le 24/08/2010

  • Couperine a apprécié une de ses critiques

    La Curée
    La Curée de Emile Zola
     
    Lors d’une chasse à courre lorsque qu’une bête est abattue on jette les restes au chien après le dépeçage, moment violent et sanglant, c’est la curée. La bête dans le roman de Zola c’est le bien public, le peuple, les pauvres, les honnêtes gens, les imbéciles qui vont se faire gruger, vous, moi.
    Dans ce second volume des Rougon-Macquart le héros c’est Paris, le Paris du Second Empire, celui que le Baron Haussmann va métamorphoser. C’est le temps de la création des grands boulevards, des Buttes-Chaumont, l’aménagement du bois de Boulogne et de l’hippodrome de Longchamp.
    On casse, on rase, on reconstruit " Paris s'abîmait alors dans un nuage de plâtre. " on détruit pour faire la place à des avenues rectilignes moins dangereuses en cas de mouvement populaire.
    Les rapaces, les spéculateurs, les crapules vont profiter de la manne
    Ce qui importe aux hommes d’état, aux financiers qui peuplent le roman, c’est de s’enrichir, gagner de l’argent. Leurs appétits sont féroces et la morale est le cadet de leurs soucis
    Les spéculateurs achètent à bas prix et revendent à prix d’or. L’or dans lequel baigne le roman
    On retrouve le troisième fils des Rougon de Plassans, Aristide, il est monté à Paris pour faire fortune avec l’aide de son frère Eugène Rougon, mais il végète et trépigne d’impatience.
    Il va s’employer à trouver l’argent là où il est, sa femme Angèle n’est pas tout à fait morte qu’il songe à la remplacer par une femme qui lui apporte une dote qui lui permettra de se lancer dans les affaires.

    Il l’a trouvé : Renée Béraud du Châtel, enceinte après un viol et donc impossible à marier, Aristide lui est prêt à prendre la fille et la dot, Grâce à la dot de Renée il va faire des placements audacieux et malhonnêtes. Il a désormais l’argent, une belle femme qui attire tous les regards, l’appui de son frère devenu ministre, il est temps pour Aristide de changer de nom, désormais il s’appelle Saccard.

    Il fait sortir du collège son fils Maxime beau jeune homme, veule et un peu pervers, qui promène son ennui dans les salons. Son père l’associe parfois à ses affaires d’argent ou de débauche. Le jeune homme a le goût du plaisir, sa jeune belle-mère a goût du " fruit défendu " , le mari ferme les yeux..........

    La lecture du premier volume des Rougons était intéressante mais ici c’est passionnant. Zola nous fait entrer dans ce monde de magouilles, de spéculations, de prévarications, on touche du doigt cette richesse. Les descriptions sont magistrales, on voit se faire les transformations urbaines , se construire les demeures des nouveaux riches dont l’or sera la couleur dominante.
    " La curée " est également un roman de moeurs qui se veut un tableau de la dépravation d’une classe sociale, le portrait est au vitriol.
    Les personnages très sulfureux pour l’époque portent en eux la dégénérescence que Zola va traquer tout au long de son oeuvre.
    Les toilettes, les équipages, les bals, les essayages chez les couturiers, les salons féminins : Zola nous montre tout de ce monde de luxure et de turpitude.
    Cela lui valu d’être empêché de publier ce roman dans les journaux en feuilleton, Barbey d’Aurevilly stigmatisait les écrits de Zola " l’indécence voluptueuse, l’indécence polissonne ".
    Il fallu attendre Maupassant pour qu’une critique élogieuse soit faite du roman.
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  • Couperine a apprécié une de ses critiques

    La Fortune des Rougon
    La Fortune des Rougon de E. Zola
     
    Il y a quelques semaines j’ai fait un billet sur un livre audio qui m’avait beaucoup plu La Bête humaine, vous avez été plusieurs à manifester votre envie de lire Zola je ne sais pas si vous avez démarré mais moi oui.
    Je me suis lancée, je ne sais pas si j’irai au bout de la saga des Rougon Macquart mais qu’importe ce n’est pas un concours.
    J’ai peu pratiqué Zola donc tout ou presque me reste à lire. Voilà le premier billet et le début de la généalogie des Rougon-Macquart et par la même occasion ma première lecture de longue durée avec mon ebook.

    L’oeuvre de Zola se déroule sous le Second Empire, ce premier roman lui se situe à la veille du coup d’état en 1851 du futur Napoléon III dans une petite ville du Var : Plassans.
    L’époque est très importante car les remous politiques partagent les citoyens, mettent à jour les appétits de pouvoir, de richesses, les besoins de revanche ou de vengeance. Il faut choisir son camp et ne pas se tromper pour être du côté des vainqueurs le moment venu. Tient on se croirait aujourd’hui, l’époque a changé mais pas ce qui mène le monde : trahir, mentir, comploter, s’en prendre aux innocents, aux plus faible....on est en pays connu hélas.
    Pourtant ce n’est pas cette partie du roman qui m’a plu, non c’est la mise en place de l’arbre généalogique, l’origine de la famille.
    Adèle Fouque, ni Rougon ni Macquart c’est pourtant elle qui va engendrer les trois branches de la famille.
    son premier mari Rougon, jardinier de son état, lui donne un fils Pierre, à sa mort elle vit « à la colle » avec Macquart, un personnage peu reluisant, ivrogne, voleur et qui lui fait deux enfants : Ursule et Antoine Macquart, notez bien, rien à voir avec Pierre Rougon, même s’ils sont demi-frére et soeur.
    Les trois enfants issus de la même mère, représenteront chacun une catégorie sociale, ils sont marqués à jamais par leur naissance, leur hérédité.
    Pierre Rougon va prendre ce que de nos jours on appelle « l’ascenseur social », mais il joue des coudes pour monter dedans à la faveur des remous politiques. Sa femme Félicité le pousse en avant. Quelques tours de passe passe pour s’assurer les biens de sa mère au détriment d’Ursule et Antoine, et le voilà sur le chemin de la richesse, il va pouvoir changer de classe sociale.
    Chez les Mouret et les Macquarts le poids de l’hérédité va faire pencher les destins, la violence liée à l’alcoolisme, la folie, Zola esquisse déjà les romans qui viendront.

    J’ai lu ce roman avec grand intérêt même si ce n’est ni le plus connu, ni le plus passionnant de Zola, tout est en place, le décor est dressé et tout invite à suivre le chemin tracé par l’auteur.
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    La Conquete de Plassans
    La Conquete de Plassans de Emile Zola
     
    Changement de décor et de style, après s’être vautré dans Le Ventre de Paris, avoir fait la part belle aux couleurs, aux odeurs, aux bruits des Halles, Zola fait un retour à la province.
    Plassans, en proie aux turbulences du changement de régime politique dans est une ville assagie mais qui a mal voté aux dernières élections. L’opposition monarchiste relève la tête, elle tient ses quartiers à la villa Rastoil, des ambitions politiques renaissent, le pouvoir impérial se doit d’y mettre un terme.
    L’homme qui va mener à bien cette mise au pas est un homme d’église, un prêtre récemment nommé. Il ne prend pas le problème de front, il va utiliser toutes les ressources de l’art de la manipulation des âmes.

    C’est par les femmes qu’il commence, par Marthe Mouret née Rougon, nous voilà au coeur de sa famille, son mari François Mouret est son cousin germain, ils ont une grand-mère en commun : Adélaïde Fouque, la folle, enfermée dans un asile d’aliénés, et on voit repointer ici le nez de l’hérédité si chère à Zola.
    François Mouret jouit à Plassans d’une retraite bien méritée, négociant qui a fait fortune dans le vin il coule des jours paisibles entouré de sa femme, d’Octave et de Serge ses fils et de Désirée " une enfant de quatorze ans, forte pour son âge, et qui avait un rire de petite fille de cinq ans. "
    C’est lui qui fait entrer le loup dans la bergerie, il décide de louer quelques pièces inoccupées de sa maison " un prêtre ce n’est pas bien gênant. Il vivra chez lui, et nous chez nous" et l’abbé Faujas " un homme grand et fort" entre chez les Mouret accompagné de sa mère, puis bientôt de sa soeur.
    La vie tranquille et bien réglée de François Mouret va bientôt voler en éclats. Son jardin dont il était si fier est peu à peu investit par l’abbé qui y lit son bréviaire. Son fils Serge se plonge dans des livres prêtés par ..l’abbé Faujas, même Rose leur bonne ne jure bientôt que par la mère et le fils Faujas.
    Quant à Marthe, la plus vulnérable, elle est littéralement captive, sous prétexte de bonnes oeuvres l’abbé a obtenu sa dévotion totale au point d’oublier enfants et mari. Elle passe désormais sa vie à la Cathédrale, Faujas va ainsi assurer une emprise sur la famille avec la bénédiction de Félicité Rougon la propre mère de Marthe.
    François Mouret devient peu à peu victime. A table Marthe sert d'abord l'abbé elle " commençait toujours par lui, fouillait le plat, tandis que Rose, penchée au dessus d’elle, lui indiquait du doigt ce qu’elle croyait le meilleur." Des oublis, des brimades on " lui passait les assiettes fêlées, lui mettait un pied de table entre les jambes (...) posait le pain, le vin, le sel, à l’autre bout de la table. "
    François Mouret dépérit pendant que Faujas assure son influence sur la ville. La conquête de Plassans est en marche.
    Ce n’est pas le meilleur de Zola, c’est une oeuvre de transition entre ses grands romans mais il rend à merveille toute la malignité de l’abbé Faujas, ses tours, ses mesquineries, son art de la persuasion, ses manigances pour capter les fortunes.
    Il n’a pas son pareil quand il s’agit de mettre à nu les ambitions, les haines familiales, la fausse dévotion pour montrer toutes les vilenies de la vie familiale.
    Dans la préface à l’édition en Pléiade Armand Lanoux dit " Evidemment, ce thème ne raccommode pas l’auteur avec les catholiques ! Zola a le génie de se faire des ennemis."
    Deux portraits sont esquissés ici : Serge Mouret qui sera le personnage principal du prochain tome et Octave qui va partir faire fortune à Paris dans le négoce et avec qui j’ai rendez vous " Au bonheur des dames ".
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    Le Ventre de Paris
    Le Ventre de Paris de Emile Zola
     
    ’ordre adopté par Zola pour sa généalogie des Rougon Macquart nous fait passer des salons du Second Empire au ventre de Paris, des toilettes chiques aux poissonnières, des parfums envoûtants de Renée à ceux moins raffinés de la cuisson du boudin ou des étalages de fromages odorants.

    Le héros ici n’est pas vraiment un Rougon, il est un petit rameau ajouté, c’est sa belle soeur, la belle Lisa, qui est une fille d’ Antoine Macquart de Plassans. Il se nomme Florent, il est jeune et beau garçon, sa vie est pourtant déjà bien pleine car il a passé quelques années au bagne. Il n’a pas tué père et mère pour ça, non, il s’est juste trouvé où il ne fallait pas lors d’une émeute, arrêté et jugé de façon expéditive pour un crime dont il est innocent.
    Echappé de Cayenne le voilà revenu à Paris où il trouve refuge aux Halles auprès de son frère Quenu, l’époux de Lisa la belle charcutière.
    Accueilli comme le frère prodigue, on lui trouve du travail, on l’héberge, on l’habille, c’est que Quenu lui est redevable, Florent l’a élevé, s’est sacrifié pour lui durant des années, devenu un commerçant riche et gras c’est le moment de payer ses dettes.
    L’arrivée de Florent va déclencher des réactions en chaîne, objet de toutes les convoitises féminines notre Florent est bien naïf et en plus il a des convictions républicaines, de là à devenir activiste contre le gouvernement il n’y a qu’un pas ....
    Après quelques temps ce frère devient gênant, voire dangereux pour la prospérité d’une charcuterie, et puis bien sûr il y a l’héritage de l’oncle de Quenu, héritage qui revient pour moitié à Florent ....dommage qu’il soit rentré......Les langues se délient, la médisance, les commérages, les mensonges, les trahisons, le petit peuple des Halles n’est pas plus beau que celui des salons.
    Les vilenies ne sont plus perpétrées pour de l’argent mais par envie, par mesquinerie, par jalousie.
    Ce troisième volume de Zola est cru, plein d’odeurs, de couleurs, et de bruit. C’est la version XIXème siècle de la Grande Bouffe.
    L’écrivain nous sature de scènes où la nourriture est reine, les devantures, les arrières boutiques, tout regorge de sang, de graillon, d’effluves fortes, les fromages le disputent aux légumes entassés, les poissons aux viandes, les beurres et les fromages dégoulinent, les déchets eux mêmes sont partie du décor. On vit de la bouffe et parfois on en meurt.
    Zola décrit à merveille ce marché, les étals, les pavillons, la misère et les vices. Arrivé à la fin du roman on sait que ce n’est pas Florent le héros de cette histoire, ce sont les Halles corps vivant, chaud, violent, qui après avoir tenté de le digéré, aura recraché Florent comme un noyau indigeste.

    J'ai aimé ce troisième roman et je suis déjà plongée dans la suite, lire Zola en continuité est une expérience enrichissante et je n'ai qu'une enivie : la poursuivre

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  • Luna05 a apprécié une de ses critiques

    Cristallisation secrète
    Cristallisation secrète de Yôko Ogawa
     
    Dans ce récit l’auteur touche au fantastique et à l’absurde avec un grand talent.
    Dans une île jamais nommée, les habitants ont pris l’habitude de voir disparaître les objets, petits ou gros, utiles ou décoratifs, objets de la vie de tous les jours.
    Un jour les rubans ne sont plus là, puis les bonbons, un matin les oiseaux sont absents et ne chantent plus, les fleurs perdent leurs pétales.
    Tout le monde ignore le pourquoi de ces disparitions et quand se produira la prochaine.
    Curieusement toute la population semble renoncer sans efforts à ces objets, les gens ne gardent aucun souvenir des choses disparues, ils n’en souffrent pas, simplement elles ne sont plus là et ils acceptent cette situation.
    On ne sait pas non plus qui décide et pourquoi. Un monde étrange est né sans mémoire, sans souvenir, sans émotion.

    La narratrice a une mère artiste, enfant elle ne comprenait pas que sa mère conserve pieusement au fond d’un tiroir un ticket du ferry disparu qui permettait de quitter l’île, un flacon de parfum, un bonbon à la limonade.
    L’enfant est devenue adulte et romancière. Elle soumet régulièrement ses manuscrits à son éditeur et écrit un roman mettant en scène une dactylo qui tape sur une machine dont les touches disparaissent progressivement, puis c’est la voix de la dactylo qui lui fait défaut, l’éditeur est très satisfait de son travail.
    La jeune femme n’est pas choquée de ce qui se passe autour d’elle, pourtant on murmure que parmi les habitants de l’île certains ont la malchance de conserver la mémoire ou ne se résignent pas à l’oubli. Ils sont alors poursuivis par les traqueurs, une milice toute puissante capable de détecter la persistance des souvenirs. Les arrestations se multiplient, les personnes montent dans des camions pour une destination inconnue, d’un jour à l’autre ils ne sont plus là, comme les objets ils sont portés disparus.
    Les disparitions s’accélèrent, la nourriture devient rare, on ne peut plus mesurer le temps car les calendriers disparaissent à leur tour, les livres et les bibliothèques sont anéantis, les mots vont-ils eux aussi disparaître ?
    Son éditeur est en danger car réfractaire à l’oubli programmé il garde en lui des souvenirs. Malgré les risques et avec l’aide d’un vieil homme, elle va le cacher dans un réduit de la maison "une caverne en plein ciel" protectrice certes mais qui isole cet homme du reste du monde. Elle a franchi le pas, elle est entrée en résistance.
    Ces trois personnages vont s’apporter assistance, amitié et affection malgré les risques, malgré la peur, ils ont décidés de ne plus obéir.

    Un roman d’une grande originalité, d’une grande justesse de ton. Yoko Ogawa avec des mots simples réussit à nous faire ressentir l’oppression, l’étouffement d’une société sous surveillance où règne l’arbitraire ; elle nous emporte dans un monde fantastique où l’oubli est la règle. Un roman profondément métaphorique et inquiétant tout en faisant la part belle à la poésie. Un vrai plaisir de lecture
    Je n’ai pu m’empêcher de penser à Anne Franck enfermée dans l'arrière maison mais aussi au film " Soleil vert " et à la scène superbe où un vieil homme interprété par Edward G Robinson revoit sur un écran un monde disparu, on lui projette une prairie heureuse pleine de fleurs où s’ébattent des chevaux, une rivière court sur l’écran, le bruit de la cascade est la dernière image pour l’homme qui va mourir.
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    Le 22/08/2010

  • Fantine a apprécié une de ses critiques

    Le crépuscule d'une idole
    Le crépuscule d'une idole de Michel Onfray
     
    Je fais partie des gens que le freudisme agace, cela depuis de lointaines études et l’interdiction qu’il y avait alors à mettre en doute les affirmations de l’enseignant. Elles devaient être admises sans discussions possibles. J’ai toujours considéré la psychanalyse comme une thérapie peu fiable aux résultats très incertains et d’une durée risible. Ceci posé je n’ai jamais, au grand jamais mis totalement en doute les thèses de Sigmund Freud ou comme les appelle Michel Onfray ses " cartes postales

    «Freud a découvert l’inconscient tout seul à l’aide d’une auto-analyse extrêmement audacieuse et courageuse»
    «Freud a découvert une technique qui, via la cure et le divan, permet de soigner et de guérir les psychopathologies»
    «la psychanalyse procède d’observations cliniques, elle relève de la science»
    «le complexe d’Œdipe est universel»,
    «la conscientisation d’un refoulement obtenue lors de l’analyse entraîne la disparition du symptôme»

    et bien sûr : l’interprétation des rêves, les actes manqués, le déni, toutes ces notions développées dans une oeuvre qui occupe plusieurs rayons de bibliothèque, oeuvre qui semblait intouchable.
    C’était sans compter sur Michel Onfray, éternel empêcheur de penser en rond qui s’attaque à la statue du commandeur.
    C’est toute l’oeuvre de Freud qu’Onfray a lu pour écrire son livre, mais aussi sa correspondance, même si une partie de celle-ci est encore interdite d'accès.
    Que nous dit Michel Onfray en multipliant les citations de Freud lui-même ?

    Que les thèses développées par l’inventeur de la psychanalyse répondaient surtout aux obsessions de leur inventeur
    Que Freud était fasciné par des techniques qui frôlaient le charlatanisme
    Que lors des entretiens thérapeutiques avec ses patients il lui arrivait de s’endormir sans gêne aucune
    Qu’il a inventé des patients et masqué ses échecs thérapeutiques en falsifiant les rapports de ses expériences
    Qu’assoiffé de gloire et de richesse il n’hésitait pas à dénigrer, calomnier ses amis si cela pouvait servir ses intérêts
    Que son épouse, sa fille, sa belle-soeur ont toutes fait les frais de ses tourments personnels sans compter plusieurs patients qui ne se sont jamais remis des traitements infligés.

    Mais Onfray ne s’arrête pas là, après avoir affirmé que Freud n’a jamais guéri personne, il insiste aussi sur les positions très conservatrices de Freud et lui reproche son silence sur la montée du Nazisme, car Freud n’a jamais écrit " contre Hitler, contre le national- socialisme, contre la barbarie antisémite, alors qu'il n'hésite pas, régulièrement, à publier de longues analyses contre le communisme, le marxisme, le bolchevisme"
    La charge est violente et le réquisitoire très sévère, on sort de cette lecture un peu ahuri, se demandant pourquoi ces faits n’ont jamais été étudiés, comparés, pourquoi alors que la science réclame en permanence des preuves, on a accepté comme vérité la parole seule de Freud sans aucune preuve à l’appui. " Freud ne s'est pas contenté de créer un monde magique, il y a conduit nombre de personnes et a souhaité y faire entrer l'humanité tout entière"
    En voilà assez pour abattre n’importe quel statue, et l’homme Freud apparaît bien petit, on comprend mieux désormais sa haine des biographes et la destruction par lui ou ses proches d’une partie de sa correspondance.
    Alors tout est à jeter ? Non, même si le bilan est assez terrible, Michel Onfray reconnaît Freud comme philosophie et reconnaît l’apport important qui a " fait entrer le sexe dans la pensée occidentale "
    Il ne dénigre pas la psychanalyse mais refuse de la considérer comme une science comme Wittgenstein, Popper ou Deleuze avant lui.

    Onfray aime la polémique et ses passages sur les plateaux télé sont devenus trop fréquents, son livre d’une écriture directe et simple est plein d'approximations disent ses détracteurs, mais beaucoup d'arguments avancés reposent sur les écrits de Freud lui-même ce qui affaiblit considérablement la critique. A cette lecture on s’offusque, on rit, on s’étonne, on est d’accord ou non, mais on ne s’ennuie pas un seul instant. Lisez ce livre dérangeant et tonique.
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  • EmiLIT a apprécié une de ses critiques

    Le crépuscule d'une idole
    Le crépuscule d'une idole de Michel Onfray
     
    Je fais partie des gens que le freudisme agace, cela depuis de lointaines études et l’interdiction qu’il y avait alors à mettre en doute les affirmations de l’enseignant. Elles devaient être admises sans discussions possibles. J’ai toujours considéré la psychanalyse comme une thérapie peu fiable aux résultats très incertains et d’une durée risible. Ceci posé je n’ai jamais, au grand jamais mis totalement en doute les thèses de Sigmund Freud ou comme les appelle Michel Onfray ses " cartes postales

    «Freud a découvert l’inconscient tout seul à l’aide d’une auto-analyse extrêmement audacieuse et courageuse»
    «Freud a découvert une technique qui, via la cure et le divan, permet de soigner et de guérir les psychopathologies»
    «la psychanalyse procède d’observations cliniques, elle relève de la science»
    «le complexe d’Œdipe est universel»,
    «la conscientisation d’un refoulement obtenue lors de l’analyse entraîne la disparition du symptôme»

    et bien sûr : l’interprétation des rêves, les actes manqués, le déni, toutes ces notions développées dans une oeuvre qui occupe plusieurs rayons de bibliothèque, oeuvre qui semblait intouchable.
    C’était sans compter sur Michel Onfray, éternel empêcheur de penser en rond qui s’attaque à la statue du commandeur.
    C’est toute l’oeuvre de Freud qu’Onfray a lu pour écrire son livre, mais aussi sa correspondance, même si une partie de celle-ci est encore interdite d'accès.
    Que nous dit Michel Onfray en multipliant les citations de Freud lui-même ?

    Que les thèses développées par l’inventeur de la psychanalyse répondaient surtout aux obsessions de leur inventeur
    Que Freud était fasciné par des techniques qui frôlaient le charlatanisme
    Que lors des entretiens thérapeutiques avec ses patients il lui arrivait de s’endormir sans gêne aucune
    Qu’il a inventé des patients et masqué ses échecs thérapeutiques en falsifiant les rapports de ses expériences
    Qu’assoiffé de gloire et de richesse il n’hésitait pas à dénigrer, calomnier ses amis si cela pouvait servir ses intérêts
    Que son épouse, sa fille, sa belle-soeur ont toutes fait les frais de ses tourments personnels sans compter plusieurs patients qui ne se sont jamais remis des traitements infligés.

    Mais Onfray ne s’arrête pas là, après avoir affirmé que Freud n’a jamais guéri personne, il insiste aussi sur les positions très conservatrices de Freud et lui reproche son silence sur la montée du Nazisme, car Freud n’a jamais écrit " contre Hitler, contre le national- socialisme, contre la barbarie antisémite, alors qu'il n'hésite pas, régulièrement, à publier de longues analyses contre le communisme, le marxisme, le bolchevisme"
    La charge est violente et le réquisitoire très sévère, on sort de cette lecture un peu ahuri, se demandant pourquoi ces faits n’ont jamais été étudiés, comparés, pourquoi alors que la science réclame en permanence des preuves, on a accepté comme vérité la parole seule de Freud sans aucune preuve à l’appui. " Freud ne s'est pas contenté de créer un monde magique, il y a conduit nombre de personnes et a souhaité y faire entrer l'humanité tout entière"
    En voilà assez pour abattre n’importe quel statue, et l’homme Freud apparaît bien petit, on comprend mieux désormais sa haine des biographes et la destruction par lui ou ses proches d’une partie de sa correspondance.
    Alors tout est à jeter ? Non, même si le bilan est assez terrible, Michel Onfray reconnaît Freud comme philosophie et reconnaît l’apport important qui a " fait entrer le sexe dans la pensée occidentale "
    Il ne dénigre pas la psychanalyse mais refuse de la considérer comme une science comme Wittgenstein, Popper ou Deleuze avant lui.

    Onfray aime la polémique et ses passages sur les plateaux télé sont devenus trop fréquents, son livre d’une écriture directe et simple est plein d'approximations disent ses détracteurs, mais beaucoup d'arguments avancés reposent sur les écrits de Freud lui-même ce qui affaiblit considérablement la critique. A cette lecture on s’offusque, on rit, on s’étonne, on est d’accord ou non, mais on ne s’ennuie pas un seul instant. Lisez ce livre dérangeant et tonique.
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  • ivredelivres a modifié une biographie

    Martial Caroff
    Martial Caroff
     
    Martial Caroff est né le 22 octobre 1964 à Landerneau (29)
    Géologue et maître de Conférence en géochimie à l'Université de Bretagne Occidentale (Brest).
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  • ivredelivres a ajouté une citation

    Le crépuscule d'une idole
    Le crépuscule d'une idole de Michel Onfray
     
    Freud ne s'est pas contenté de créer un monde magique, il y a conduit nombre de personnes et a souhaité y faire entrer l'humanité tout entièr

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  • ivredelivres a ajouté une citation

    Mes prix littéraires
    Mes prix littéraires de Thomas Bernhard
     
    e Danube ne cessait de s’étrécir, le paysage ne cessait de s’embellir, avant de redevenir d’un seul coup morne et fade, et me voilà arrivé à Ratisbonne

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  • ivredelivres a ajouté une citation

    Mes prix littéraires
    Mes prix littéraires de Thomas Bernhard
     
    comme si je venais de tomber sans rémission dans un épouvantable puits sans fond. J’étais persuadé que l’erreur d’avoir placé tout mes espoirs dans la littérature allait m’étouffer

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    Le 20/08/2010

  • ivredelivres a ajouté une video de Jean-Pierre Liégeois

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  • pilpilip a apprécié une de ses citations

    La Vie
    La Vie de Fabrice Caravaca
     
    C’est de lumière tout le long du jour dont nous avons besoin. Et de petites choses. Une main sur une tasse. Un bouton de chemise qui se défait. Une mèche de cheveux. A l’infini. Petites choses à l’infini qui forment une éternité. Qui sont notre salut.

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    Le 19/08/2010

  • ivredelivres a ajouté une video de Pierre-Marc de Biasi



    Participation "Aux écrivains du sud"
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  • ivredelivres a ajouté une video de Michel Déon



    Michel Déon en Irlande
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  • ivredelivres a ajouté une video de Claudio Magris



    Vos trois livres pour une île déserte
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  • ivredelivres a ajouté une video de Claude Pujade-Renaud



    Présentation de la Femme du Braconnier
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  • ivredelivres a ajouté une video de Jérôme Prieur

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  • ivredelivres a ajouté une video de Alix de Saint André



    Chez Franz Olivier Giesbert
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  • ivredelivres a ajouté une video de Julie Andrieu



    Une interview
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  • ivredelivres a ajouté une video de Roger Grenier



    Roger Grenier s'exprimant sur Camus
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  • ivredelivres a ajouté une video de Pierre Loti



    La maison de Pierre Loti
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  • ivredelivres a ajouté une video de Joseph Kessel



    Pour ne pas oublier que c'est à kessel que l'on doit les paroles de chant
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  • ivredelivres a ajouté une video de Thierry Maugenest



    A propos de son livre " les rillettes de Proust" et de son passage à la Grande Librairie
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  • ivredelivres a ajouté une video de Jean-Didier Vincent



    Débat sur le bonheur par un neurobiologiste
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  • ivredelivres a ajouté une video de Michel Chaillou



    Hommage rendu à Julien Gracq par Michel Chaillou
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    Le 17/08/2010

  • ivredelivres a modifié une biographie

    Friedrich-Albert Lange
    Friedrich-Albert Lange
     
    Friedrich-Albert Lange (1828 à Wald près de Solingen - 1875 à Marburg) historien et philosophe allemand, fils du théologien Johann Peter Lange.
    Il professa à Cologne, puis à l'université de Bonn, enfin (1858) au gymnase de Duisbourg. En 1861, il se consacra à la politique et se rangea du côté d'August Bebel (fondateur du Parti socialiste démocrate).
    Impliqué dans de continuels procès de presse, il se réfugia à Winterthur (près de Zurich) en 1866, retourna en Prusse en 1873 occuper la chaire de philosophie à l'université de Marburg.
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    Tiziano Scarpa
    Tiziano Scarpa
     
    Tiziano Scarpa (né à Venise en 1963) est un écrivain italien, auteur d'essais sur la littérature italienne contemporaine et de pièces de théâtre.

    Il est également auteur de nouvelles et de romans. Il a obtenu en 2009 le prestigieux prix littéraire italien Strega pour son roman Stabat Mater.
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    Laurent Greilsamer
    Laurent Greilsamer
     
    Laurent Greilsamer (né en 1953) est un journaliste et écrivain français. Il est actuellement directeur adjoint du Monde.

    Il a été rédacteur en chef du quotidien du soir de 1994 à 2005, puis directeur adjoint de la rédaction jusqu'en juin 2007.
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     Lucien d' Azay
    Lucien d' Azay
     
    Romancier et essayiste, Lucien d'Azay est né en 1966 et vit depuis 1994 à Venise où il enseigne le français au lycée Marco-Polo. Il a déjà publié deux biographies romanesques aux Belles Lettres, Ovide ou l'Amour puni (2001) et Tibulle à Corfou (2003).
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  • ivredelivres a ajouté une video de Frédéric Pajak

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    Frédéric Pajak
    Frédéric Pajak
     
    Dessinateur et écrivain, Frédéric Pajak est né en 1955 dans les Hauts-de-Seine. Marié à la dessinatrice romande Lea Lund, il passe son temps entre Lausanne et Paris, où il dirige la collection Les Cahiers dessinés des Editions Buchet-Chastel. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres parmi lesquels plusieurs «récits écrits et dessinés» et un roman, La Guerre sexuelle .
    Son œuvre confronte images et textes, juxtapose souvenirs, anecdotes et lectures – Friedrich Nietzsche, Primo Levi, James Joyce… «Pajak utilise d'abord les mots des autres pour traiter son drame intime, l'universaliser. C'est entre les lignes des œuvres et des vies de figures littéraires mythiques qu'il apprend à lire sa propre douleur» (Julien Burri, Le Passe-Muraille , mai 2005).
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    Daniel Halévy
    Daniel Halévy
     
    Fils de Ludovic Halévy, il étudie au lycée Condorcet, où il se lie d'amitié avec Marcel Proust; puis à l'École des langues orientales. Il collabore aux Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy entre 1898 et 1914. Il est directeur de la collection des Cahiers verts aux Éditions Grasset de 1921 à 1937. Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1949. Daniel Halévy était beau-père et grand-père des hommes politiques Louis Joxe et Pierre Joxe.

    Il est l'auteur entre autres de La Fin des notables (1930), de Décadence de la liberté (1931), de La République des ducs (1937) , d'un Essai sur l'accélération de l'histoire (1948) et d'études sur Nietzsche, Péguy, Michelet, Proudhon, Vauban. Il a été proche de Georges Sorel et c'est grâce à son insistance que ce dernier se décida à éditer sous forme de livre ses célebres Réflexions sur la violence (1908).
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  • ivredelivres a ajouté une video de Bruno Paulet

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    Ernest Shackleton
    Ernest Shackleton
     
    né le 15 février 1874 à Kilkea et mort le 5 janvier 1922 en Géorgie du Sud, est un explorateur anglo-irlandais, considéré comme l'une des principales figures de l'âge héroïque de l'exploration en Antarctique. Il prend contact pour la première fois avec les régions polaires en tant que troisième officier lors de l'expédition Discovery de Robert Falcon Scott, qu'il doit quitter avant son terme pour raisons de santé. Déterminé à faire oublier cet échec personnel, il retourne en Antarctique en 1907 comme chef de l'expédition Nimrod. En janvier 1909, il établit, avec trois compagnons, un record avec une marque à 88°23'S, soit à près de 100 milles du pôle Sud. Cet exploit lui vaut d'être anobli par le roi Édouard VII à son retour.

    Après la conquête du pôle sud en 1912 par Roald Amundsen, Shackleton porte son attention sur ce qu'il estime être le dernier grand objectif de l'Antarctique : la traversée du continent de la mer de Weddell à la mer de Ross via le pôle. Il monte, à cette fin, ce qui est devenu l'expédition Endurance. La malchance le frappe lors de cette expédition et le navire, l'Endurance, se retrouve emprisonné plusieurs mois dans les glaces et est lentement écrasé, obligeant les hommes à débarquer. S'ensuit une série d'exploits - dont une ultime évasion sans aucune perte humaine – qui va asseoir le mythe de Shackleton, bien que ce ne fut pas immédiatement évident[1]. En 1921, il retourne en Antarctique avec l'expédition Shackleton-Rowett, dans l'intention de mener à bien un programme scientifique et des explorations. Avant que le travail ne commence, Shackleton meurt d'une crise cardiaque alors que son navire, le Quest, est amarré au port de Grytviken en Géorgie du Sud. À la demande de son épouse, il est enterré sur place.
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  • DanielGauthier a apprécié une de ses critiques

    Le jardin d'Epicure. Regarder le soleil en..
    Le jardin d'Epicure. Regarder le soleil en face de Yalom Irvin
     
    Un livre sur le défi le plus exigeant, le plus prégnant que nous rencontrons : surmonter notre peur de la mort, une préoccupation majeure, omniprésente et universelle. C’est un peu comme « regarder le soleil en face » titre anglais de ce livre.
    J’avais par le passé fait un bout de chemin avec Irvin Yalom à travers deux romans que j’avais beaucoup aimé, il revient ici avec un livre de professionnel en psychiatrie et en psychothérapie.
    Ce livre veut être une aide " affronter la mort ne conduit pas nécessairement à un désespoir qui nous dépouille de toute raison d’être" la peur de la mort pour chacun du nous est pourtant au coeur d’une grande partie de notre anxiété, comment lutter contre cette peur et est-ce possible ?
    Le plus souvent une expérience personnelle nous éveille à la reconnaissance de notre peur : un rêve, une perte douloureuse comme le décès d’un être proche, mais aussi la perte d’un emploi, la vente d’une maison, la survenue de la maladie, un accident ou simplement le vieillissement ou un anniversaire comme les 50 ans ou 60 ans (ah bon ..)
    Toutes choses qui nous confrontent à notre statut de mortel.
    A l’aide des récits sur ses patients Yalom nous apprend à reconnaître derrière des comportements variés la peur de la mort, nous propose des méthodes pour faire face à cette peur pour transformer celle ci en force vitale nous permettant de nous accomplir

    Il s’agit là d’une opportunité pour nous permettre de réfléchir à nos priorités, pour améliorer nos relations avec autrui, pour mieux communiquer avec ceux que nous aimons.
    Il nous invite ainsi à mieux goûter la vie, à en reconnaître la beauté, il nous invite à nous engager pour les autres.
    La peur de la mort s’appuie souvent sur notre besoin de laisser une trace immortelle de notre passage, Yalom utilise une belle métaphore : celle des ondulations sur l’eau, des rides sur un étang, c’est l’effet de rayonnement , chacun de nous crée des cercles concentriques d’influence qui toucheront les amis, les proches, et ces "rides" resteront le signe de notre passage. Qui laissera un trait de caractère, qui une expérience, un avis, une preuve de vertu, une parole de réconfort
    L’auteur nous encourage à " consumer " nos vies, à aimer notre destin, et éviter le regrets d’une vie non vécue.
    On retrouve ici Nietzsche que Yalom cite abondemment, mais aussi Epicure et Montaigne, les penseurs et les philosophes qui peuvent nous aider à apaiser nos peurs, des écrivains aussi et l’on retrouve Tostoï et "La mort d’Ivan Illitch "
    La philosophie pour Yalom, comme pour ses maîtres en pensée, doit nous aider à vivre et soulager notre anxiété, les comparaisons auxquelles il nous invite à réfléchir entre la mort et ce temps de non-être d’avant notre naissance sont éclairants.
    Yalom n’est pas croyant, il reconnaît l’aide qu’apporte parfois la religion pour combattre notre peur et respecte la foi des croyants, mais il affirme la possibilité de s’en passer

    L’oeuvre d’Irvin Yalom est importante, elle mêle son expérience de thérapeute à sa vision personnelle de l’existence, d’une clarté constante son livre exprime la chaleur et la compassion qu’il réserve à ses patients.
    Classiquement un thérapeute reste discret sur son vécu personnel, pour nous convaincre Yalom fait appel à sa mémoire et raconte ses expériences intimes au moment de la mort de son père, il ajoute là une touche personnelle bienvenue. Un dernier chapitre s’adresse aux professionnels de la psychanalyse ou de la psychothérapie mais reste lisible pour le lecteur non professionnel.
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  • StephaneA a apprécié une de ses critiques

    La Religion
    La Religion de Tim Willocks
     
    Je vous embarque au temps de Soliman le Magnifique, des Chevaliers de Malte, des batailles entre la croix et le croissant, au temps des cimeterres, des épidémies de peste, des dames aux atours magnifiques, un temps où le fanatisme et la cruauté étaient monnaie courante. Apprêtez vous car les aventures seront sanglantes, horribles, magnifiques, périlleuses et vous n’aurez aucune seconde de répit. Vous êtes prêt ?
    Saluez Matthias Tanhauser le héros de cette épopée, un peu allemand, un peu hongrois, à cette époque là les frontières sont floues, c’est le gentil de l’histoire, gentil mais n’hésitant pas à couper quelques têtes si nécessaires. Enlevé très jeune à sa famille, il a été élevé à la cour Turque et il a fait partie des redoutables Janissaires. Devenu un homme de tolérance il a des amis dans les deux camps.
    Un héros ne va jamais seul, Don Quichotte et Sancho, Sherlock et Watson ...Matthias est donc flanqué de Bors, anglais de souche, soiffard, trousseur de jupons, voleur à ses heures, trafiquant d’opium, mais ami fidèle et combattant féroce.
    Malte en 1565 est tenue par les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem dits « La Religion » mais que font nos héros ici, sur cette île, convoitée par Soliman qui va en faire le siège pendant 4 longs mois ?
    Ils sont là pour les beaux yeux de Carla une belle comtesse qui cherche désespérément Orlandu, le fils qu’on lui a enlevé tout bébé et qui maintenant âgé de 15 ans est peut être à Malte. Elle est accompagnée d’Amparo, jeune et belle jeune femme aux pouvoirs inquiétants.
    Et comme dans tous les romans épiques il y a un méchant, il est rattaché à l’Inquisition, il est ignoble et fourbe et va tout faire pour empêcher le fils et la mère d’être à nouveau réunis.
    Willocks se sert très habilement de l’histoire de ce siège, qui vit s’affronter 40 000 turcs et 9000 chevaliers venus de toute l’Europe pour faire barrage aux infidèles, pour nous faire courir du Fort Saint Elme au Fort Saint Ange, nous introduire la nuit sous les tentes de Soliman, visiter les cachots de l’inquisition, voir les têtes des chevaliers rouler dans la poussière, chercher un bateau pour fuir, soigner les blessés ....et de temps en temps s’accorder une pause romantique !

    Le récit est enlevé et coloré, cette vitalité et ce souffle font la force du roman dans lequel, malgré la furie guerrière, la poésie la tendresse ne sont pas absentes.
    Très efficace, de la très bonne littérature populaire au meilleur sens du terme avec des héros à la Dumas, des personnages attachants et vivants, des péripéties palpitantes, une construction sans faille
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    Le 16/08/2010

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    Avec Tolstoï
    Avec Tolstoï de Dominique Fernandez
     
    Je ne crois pas que, dans toute l'histoire de la littérature, on puisse trouver un autre écrivain qui ait placé ainsi sa confiance dans la force de ce qui est dit plutôt que dans la façon de le dire

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  • ivredelivres a ajouté une citation

    Avec Tolstoï
    Avec Tolstoï de Dominique Fernandez
     
    Tolstoï lui seul s’assied tranquillement au gouvernail et raconte ce qui arrive, sans grossir les événements, sans dire plus que ce qui est, sans se mettre en valeur par des recherches d’écriture, sans chercher d’aucune façon à paraître original. Il reste de plain-pied avec la vie, avec les choses, avec nous
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    Avec Tolstoï
    Avec Tolstoï de Dominique Fernandez
     
    Il ne dépose jamais sa plume fine pour souligner au fusain. Il ne cherche pas à frapper, à retenir. Il nous éloigne peu à peu du rivage et, captivé par l’immensité de la haute mer dont le spectacle change sans cesse tout en demeurant le même, nous ne pensons plus au but du voyage
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    Avec Tolstoï
    Avec Tolstoï de Dominique Fernandez
     
    un Zola, aussi puissant mais mille fois plus artiste, qui aurait trempé sa plume dans l'encre de Flaubert.

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  • ivredelivres a modifié une biographie

     Helvétius
    Helvétius
     
    Claude-Adrien Helvétius, philosophe français.
    Claude-Adrien Helvétius devient fermier général dès l'âge de vingt-trois ans puis, en 1751, il obtient la charge de maître d'hôtel de la reine. Au sein des matérialistes de son siècle, Helvétius (latinisation de Schweitzer) développe un sensualisme matérialiste, où l’intérêt seul dirige les jugements et considère l’éducation comme l’élément constitutif principal de l’esprit des humains, qui sont, selon lui, tous susceptibles de s’instruire également.

    Il est fortement inspiré par Locke, dont il lit très tôt l’Essai sur l’entendement humain. Ses idées sur la constitution de l’esprit humain en seront nettement influencées. Il veut dépasser cependant toute idée de Dieu en défendant un athéisme relatif. Il considère la croyance en Dieu et en l’âme comme le résultat de notre incapacité à comprendre le fonctionnement de la nature, et voit dans les religions, notamment la religion catholique, un despotisme n’ayant comme but que le maintien de l’ignorance pour une meilleure exploitation des hommes.
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  • ivredelivres est maintenant ami avec LN

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  • ivredelivres a modifié une biographie

    Eugen Weber
    Eugen Weber
     
    Eugen Weber était un historien américain.
    Il était professeur émérite à l'université de Los Angeles, en Californie. Il s'est rendu célèbre par ses travaux sur la France aux XIXe et XXe siècles, notamment par son analyse de l'évolution du monde rural dans la Fin des terroirs. Il est également l'auteur d'un ouvrage qui fait autorité au sujet de l'Action française.
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  • ivredelivres a modifié une biographie

     duchesse d' Orléans Charlotte-Elisabeth
    duchesse d' Orléans Charlotte-Elisabeth
     
    Élisabeth Charlotte d’Orléans, surnommée Mademoiselle, née le 13 septembre 1676 et morte le 23 décembre 1744 à Commercy, est la fille de « Monsieur », duc d'Orléans, frère de Louis XIV de France et de Charlotte-Élisabeth de Bavière, princesse Palatine ; elle épousa le duc de Lorraine et de Bar Léopold Ier. Si elle ne put marier sa fille à Louis XV, par son fils François, époux de Marie-Thérèse d'Autriche, elle est la grand-mère de Marie-Antoinette et l’ancêtre de tous les Habsbourg-Lorraine actuels.
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  • ivredelivres a modifié une biographie

    Meir Shalev
    Meir Shalev
     
    Meir Shalev (hébreu : מאיר שלו) est un journaliste et écrivain israélien, né en 1948 dans le village de Nahalal en Galilée (Israël). Il a publié des romans, des essais et des livres pour enfants, dont certains sont traduits en français. Il contribue régulièrement au journal Yediot Aharonot. Il habite à Jérusalem.
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  • ivredelivres a modifié une biographie

     Vauvenargues
    Vauvenargues
     
    Luc de Clapiers, marquis de (1715-1747), moraliste français qui passe pour avoir réhabilité le sentiment au siècle des Lumières. Il naquit à Aix-en-Provence dans une famille de petite noblesse peu fortunée, mais sa jeunesse reste mal connue. Ses lectures des philosophes anciens l'orientèrent vers le stoïcisme. Pris de gloire militaire, il choisit la carrière des armes en 1735, mais dut quitter l'armée en 1744, à cause de problèmes de santé. Dès 1737, il avait commencé parallèlement une carrière littéraire avec un Traité sur le libre arbitre, et, en 1743, avait envoyé à Voltaire un texte comparant Corneille et Racine. De retour à Paris, il écrivit des Caractères imités de La Bruyère, publia une Introduction à la connaissance de l'esprit humain suivie de Réflexions et maximes (1746) et s'éteignit à trente-deux ans, peu connu de ses contemporains. S'il admire Voltaire, c'est plutôt Rousseau qu'il annonce. Contestant les thèses de La Rochefoucauld et de Pascal, à qui il emprunte la forme de leurs écrits, il affirme en effet la bonté de la nature et du cœur. Il prône le culte des grandes passions, l'amour et l'amitié, persuadé que l'instinct de l'homme, quand la raison et le cœur le guident tour à tour, est orienté vers le bien. Cette œuvre philosophique inaugure en même temps une critique littéraire fondée sur le sentiment. La personne de Vauvenargues a marqué ses proches tout autant que son œuvre, en raison de sa noblesse de cœur et de son courage, qui se sont heurtés à l'adversité et à la souffrance.
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    Le 15/08/2010

  • Guylaine a apprécié une de ses critiques

    Les chaussures italiennes
    Les chaussures italiennes de Henning Mankell
     
    Mankell bien entendu ça vous dit quelque chose, la Suède et les enquêtes du commissaire Wallander, mais aujourd’hui ce n’est pas au royaume du polar que Mankell nous emmène.
    Non aujourd’hui c’est sur une île de la Baltique propriété de Frederik Welin que l’auteur nous transporte. Etre propriétaire d’une île ce n’est pas donné à tout le monde, et ce Frederik là est un curieux personnage.
    Il vit seul depuis dix ans, prisonnier volontaire sur cet îlot, avec pour seule compagnie un chien et un chat, les mouettes, la glace, le froid et de temps à autre le facteur qui fait sa tournée hivernale en hydrocoptère.
    Chirurgien dans une autre vie cet homme est venu se terrer ici après une bavure médicale. Il expie jour après jour, pour se sentir encore vivant il casse chaque matin la glace et saute dans l’eau glacée.
    Un matin rompant la monotonie des jours une femme fait son apparition sur l’île, Harriet abandonnée par Frederik plus de trente ans auparavant vient demander des comptes. Armée de son seul déambulateur car son état de santé est bien précaire, elle va changer la vie de Frederik de façon définitive en le lançant dans une traversée de la Suède en hiver digne des meilleurs road movies américains.

    On est pas auteur de romans policiers sans que cela influence très fort l’écriture, Henning Mankell détient le secret du suspense et met ici son talent au service d’une histoire sensible, belle, sombre et mélancolique, mais pleine d’optimisme.
    C’est un très belle leçon de vie que nous donne l’auteur qui manifestement croit à la rédemption, à la force des rencontres, aux liens entre les êtres humains. L’évocation d’un pays plongé dans l’hiver, les brouillards, les froidures, est superbe.
    A lire accompagné d’une boisson chaude pour se réchauffer après le bain sous la glace
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  • LN a apprécié une de ses critiques

    Les chaussures italiennes
    Les chaussures italiennes de Henning Mankell
     
    Mankell bien entendu ça vous dit quelque chose, la Suède et les enquêtes du commissaire Wallander, mais aujourd’hui ce n’est pas au royaume du polar que Mankell nous emmène.
    Non aujourd’hui c’est sur une île de la Baltique propriété de Frederik Welin que l’auteur nous transporte. Etre propriétaire d’une île ce n’est pas donné à tout le monde, et ce Frederik là est un curieux personnage.
    Il vit seul depuis dix ans, prisonnier volontaire sur cet îlot, avec pour seule compagnie un chien et un chat, les mouettes, la glace, le froid et de temps à autre le facteur qui fait sa tournée hivernale en hydrocoptère.
    Chirurgien dans une autre vie cet homme est venu se terrer ici après une bavure médicale. Il expie jour après jour, pour se sentir encore vivant il casse chaque matin la glace et saute dans l’eau glacée.
    Un matin rompant la monotonie des jours une femme fait son apparition sur l’île, Harriet abandonnée par Frederik plus de trente ans auparavant vient demander des comptes. Armée de son seul déambulateur car son état de santé est bien précaire, elle va changer la vie de Frederik de façon définitive en le lançant dans une traversée de la Suède en hiver digne des meilleurs road movies américains.

    On est pas auteur de romans policiers sans que cela influence très fort l’écriture, Henning Mankell détient le secret du suspense et met ici son talent au service d’une histoire sensible, belle, sombre et mélancolique, mais pleine d’optimisme.
    C’est un très belle leçon de vie que nous donne l’auteur qui manifestement croit à la rédemption, à la force des rencontres, aux liens entre les êtres humains. L’évocation d’un pays plongé dans l’hiver, les brouillards, les froidures, est superbe.
    A lire accompagné d’une boisson chaude pour se réchauffer après le bain sous la glace
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     Francisco de Quevedo Y Villegas
    Francisco de Quevedo Y Villegas
     
    né probablement le 14 septembre 1580 à Madrid, baptisé le 26 septembre - mort le 8 septembre 1645 à Villanueva de los Infantes, province de Ciudad Real) est un écrivain espagnol du XVIIe siècle, l'une des figures les plus complexes et importantes de la littérature du Siècle d'or espagnol.
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    Dionys Mascolo
    Dionys Mascolo
     
    Ecrivain, essayiste, éditeur et acteur, Dionys Mascolo est originaire d’Italie. Il est né le 11 février 1916. Il est mort le mercredi 20 août 1997 à l’hôpital Rothschild de Paris. Compagnon de Marguerite Durasdurant quelques années, ils eurent, en 1947, un fils prénommé Jean.
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    L'entreprise des Indes
    L'entreprise des Indes de Erik Orsenna
     
    Vous êtes tous en état de péché mortel à cause de la cruauté et de la tyrannie dont vous usez à l’égard de ce peuple innocent. Dites-moi en vertu de quel droit et de quelle justice maintenez-vous ces Indiens dans une servitude si cruelle et si horrible? Qui vous a autorisés à faire des guerres aussi détestables à ces peuples qui vivaient si paisiblement dans leur pays, où ils ont péri en quantité infinie
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    Vraie lumière née de vraie nuit
    Vraie lumière née de vraie nuit de François Cheng
     
    Nous aurons toujours souvenance des rizières sans âge
    Où se mirent, tutélaires, les bleues montagnes :
    Des plants de riz levant leurs mains d’accueil
    Vers les nuées de passage

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    Vraie lumière née de vraie nuit
    Vraie lumière née de vraie nuit de François Cheng
     
    Depuis ses premiers poèmes édités chez Encre Marine je suis attentive aux parutions de François Cheng.
    Ce recueil est comme les précédents, magnifique.
    Les poèmes sont accompagnés par 8 lithographies de Kim En Joong
    J’ai retrouvé dans ce volume François Cheng se tenant toujours en tension entre deux mondes et poursuivant sa quête « du vrai et du beau »
    Une invitation au dialogue, au lien entre les hommes auquel il nous invite à nous soumettre
    Un très beau poème offert à Jacqueline de Romilly qui commence ainsi :
    Parfois la vie daigne te faire un signe,
    Un bruit, une senteur,
    Une voix, un éclair






    La Chine est toujours présente
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    Ciels de foudre
    Ciels de foudre de C.J. Box
     
    Depuis quelques semaines j’étais en manque de polar, par forcément convaincue par quelques sorties récentes je cherchais une série qui m’attire, et bingo je suis tombé sur C.J Box.
    En fait j’avais lu il y a déjà pas mal de temps les deux premiers de la série mais allez savoir pourquoi j’en étais restée là.
    Heureuses retrouvailles car je n’ai pas lâché celui-ci et autre bonne nouvelle j’ai désormais trois aventures de Joe Pickett qui m’attendent en poche (voir les titres dans l’ordre à la fin du billet)

    Grimper dans le 4X4 de Joe Pickett le garde chasse, ne vous asseyez pas sur ses jumelles ni sur son arme, direction les plaines du Wyoming et les ranchs grands comme un département, les animaux sauvages présents jusque dans les villes Pour veiller sur tout ça Joe a fort à faire d’autant que la loi qui prévaut est plutôt celle du plus fort.
    Le plus grand ranch des Bighorns Mountains est celui de Opal Scarlett, véritable chef de clan, elle est au-dessus des lois et fait appliquer la sienne partout et toujours. Lorsque Tommy Wayman la flanque à l’eau pour ne plus payer la taxe qu’elle impose à tous ceux emprunte la Twelve Sleep River, on trouve ça mérité, mais Tommy a beau juré qu’il ne l’a pas tuée, Opal a bel et bien disparue.
    Depuis quelques semaines j’étais en manque de polar, par forcément convaincue par quelques sorties récentes je cherchais une série qui m’attire, et bingo je suis tombé sur C.J Box.
    En fait j’avais lu il y a déjà pas mal de temps les deux premiers de la série mais allez savoir pourquoi j’en étais restée là.
    Heureuses retrouvailles car je n’ai pas lâché celui-ci et autre bonne nouvelle j’ai désormais trois aventures de Joe Pickett qui m’attendent en poche (voir les titres dans l’ordre à la fin du billet)

    Grimper dans le 4X4 de Joe Pickett le garde chasse, ne vous asseyez pas sur ses jumelles ni sur son arme, direction les plaines du Wyoming et les ranchs grands comme un département, les animaux sauvages présents jusque dans les villes Pour veiller sur tout ça Joe a fort à faire d’autant que la loi qui prévaut est plutôt celle du plus fort.
    Le plus grand ranch des Bighorns Mountains est celui de Opal Scarlett, véritable chef de clan, elle est au-dessus des lois et fait appliquer la sienne partout et toujours. Lorsque Tommy Wayman la flanque à l’eau pour ne plus payer la taxe qu’elle impose à tous ceux emprunte la Twelve Sleep River, on trouve ça mérité, mais Tommy a beau juré qu’il ne l’a pas tuée, Opal a bel et bien disparue.
    Joe Pickett va donc enquêter et immédiatement affronter les trois fils d’Opal qui s’affrontent déjà pour l’héritage.
    Hank et Arlen Scarlett, violents, retords, affairistes, bref des hommes sympathiques, quant à Wyatt c’est un géant un peu attardé, le seul sincèrement peiné de la disparition de sa mère.
    Pendant ce temps un homme qui a un vieux compte à régler avec notre héros, John Wayne Keeley, rend visite à un prisonnier du pénitencier d’Etat, vole un véhicule et laisse des cadavres derrière lui.
    Vous allez adorer Joe, il est sympa comme tout, il a une femme Marybeth plus intelligente que lui, belle et cultivée, deux filles adorables, un chien comme on en voudrait et une belle mère comme dans les histoires de sorcières.
    Il ne picole pas, c’est un tendre au fond, mais il ne faut pas trop lui chercher des noises ! laissez vous séduire par ce garde chasse, les vastes étendues du Wyoming et l'écriture terriblement efficace de C.J Box.



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    Jours de cendres à Istanbul
    Jours de cendres à Istanbul de Berdjouhi
     
    a langue des hommes est impuissante à exprimer l’horreur que l’homme inflige à l’homme

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    Jours de cendres à Istanbul
    Jours de cendres à Istanbul de Berdjouhi
     
    Tous les soirs j’avais le sentiment que nous nous réveillerions le lendemain en quelque désert sauvage, que plus rien des belles résidences, des jardins, des paysages merveilleux que nous avions tant admirés ne subsiterait, qu’un formidable typhon aurait tout emporté durant la nuit
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    Jours de cendres à Istanbul
    Jours de cendres à Istanbul de Berdjouhi
     
    e n’avais jamais rien lu sur le génocide arménien, ce livre m’a immédiatement attiré car il s’agit du récit autobiographique d’une femme qui a fuit la Turquie et fait sa vie en France, son fils devenu avocat, a assuré la traduction de ce livre.

    1915 la guerre est commencée depuis un an, la Turquie est alliée de l’Allemagne et les arméniens vivant à Istanbul font l’objet d’une surveillance très insistante.
    Berdjouhi vient d’avoir un fils, son mari Sarkis Barseghian est un militant arménien brillant au visage "de prophète antique"
    Il est,comme elle, animé par une foi totale dans la cause arménienne et prêt à sacrifier sa vie. Pour lui elle a quitté une famille riche et respectée.
    Elle est inquiète
    Le 24 avril 1915 lorsque la police secrète turque arrête six cent intellectuels arméniens (écrivains, journalistes, juristes) c’est le début du génocide.
    Commencent pour Berdjouhi et les femmes arméniennes d’Istanbul ce qu’elle appelle " les jours de cendres" pendant cinq ans elle vivra seule, sans ressources, attendant en vain le retour de son mari. La ville est devenue dangereuse, elle est sans arrêt suivi lorsqu’elle se hasarde dans la rue.
    A lire ce livre on est impressionné par le courage, la volonté qui anime Berdjouhi. Elle va devoir lutter contre la peur, le désespoir, la faim parfois. Son courage elle le puise auprès d’autres femmes dans cette communauté arménienne d’Istanbul privée des chefs de famille.
    Cela nous vaut des pages émouvantes et passionnantes sur la vie de cette communauté, ses traditions, ses coutumes.

    L’auteur rend très vivant le rôle du hammam haut lieu d’échanges entre les femmes, les repas pris ensemble, les croyances et les superstitions, la vie du quartier de pêcheurs qui après les arrestations est " un cimetière peuplé de vieillards "
    Quatre femmes vont reprendre le combat des hommes. Les échos des massacres, des exactions, des tueries viennent jusqu’à elles " Comment appartenir à un peuple dont on éventre par jeu les femmes enceintes ? "
    Leurs moyens sont limités, elles vont se consacrer à sauver des enfants arméniens enlevés à leur famille et adoptés par des dignitaires ou des policiers turcs.La situation rappelle les enlèvements d’enfants par les nazis, par la dictature en Argentine magnifiquement évoqué dans " Luz ou le temps sauvage" d'Elsa Osorio. On retrouve ici la même douleur, la même lutte.
    Ce génocide fut un moment de honte pour l’humanité
    Après bien des péripéties, Berdjouhi fera l’expérience de l’exil et consacrera sa vie à la protection des enfants immigrés.
    J’ai beaucoup aimé ce témoignage, sobre, sincère, qui est un document fort sur cette période.
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  • ivredelivres a ajouté une photo de John Burroughs

    John Burroughs
     
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    Les chaussures italiennes
    Les chaussures italiennes de Henning Mankell
     
    Mankell bien entendu ça vous dit quelque chose, la Suède et les enquêtes du commissaire Wallander, mais aujourd’hui ce n’est pas au royaume du polar que Mankell nous emmène.
    Non aujourd’hui c’est sur une île de la Baltique propriété de Frederik Welin que l’auteur nous transporte. Etre propriétaire d’une île ce n’est pas donné à tout le monde, et ce Frederik là est un curieux personnage.
    Il vit seul depuis dix ans, prisonnier volontaire sur cet îlot, avec pour seule compagnie un chien et un chat, les mouettes, la glace, le froid et de temps à autre le facteur qui fait sa tournée hivernale en hydrocoptère.
    Chirurgien dans une autre vie cet homme est venu se terrer ici après une bavure médicale. Il expie jour après jour, pour se sentir encore vivant il casse chaque matin la glace et saute dans l’eau glacée.
    Un matin rompant la monotonie des jours une femme fait son apparition sur l’île, Harriet abandonnée par Frederik plus de trente ans auparavant vient demander des comptes. Armée de son seul déambulateur car son état de santé est bien précaire, elle va changer la vie de Frederik de façon définitive en le lançant dans une traversée de la Suède en hiver digne des meilleurs road movies américains.

    On est pas auteur de romans policiers sans que cela influence très fort l’écriture, Henning Mankell détient le secret du suspense et met ici son talent au service d’une histoire sensible, belle, sombre et mélancolique, mais pleine d’optimisme.
    C’est un très belle leçon de vie que nous donne l’auteur qui manifestement croit à la rédemption, à la force des rencontres, aux liens entre les êtres humains. L’évocation d’un pays plongé dans l’hiver, les brouillards, les froidures, est superbe.
    A lire accompagné d’une boisson chaude pour se réchauffer après le bain sous la glace
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    Contes pour les enfants et la maison :..
    Contes pour les enfants et la maison : Coffret en 2 volumes de Grimm/Grimm
     
    Vous voilà en terre connue, que vous soyez ou non lecteur de contes vous connaissez une bonne partie des contes de Grimm. On vous les a racontés, lus, ils font partie de notre imaginaire.
    Rappellez vous : Blanche Neige, Hänsel et Gretel, le malin petit tailleur, Raiponce, La Belle au bois dormant et Cendrillon (non ce n’est pas de Walt Disney !) mais aussi une multitude de contes oubliés ou moins connus.
    Il n’existait pas à ce jour d’édition complète, avec notes et commentaires. Aujourd’hui les éditions José Corti sortent ce magnifique coffret en deux tomes. Tout est là, sans exception. Les illustrations sont celles des éditions d’origine et la traduction est irréprochable.
    La présentation nous donne la clé de ce travail de fourmis, car les frères Grimm ne sont pas à proprement parler les auteurs des contes, ils sont les collecteurs, les traducteurs en langue allemande courante, ils ont parfois réécrit les textes mais toujours dans un souci de clarté et d’exactitude.
    Voilà une belle idée de cadeau pour amateur éclairé et pour le plaisir de se replonger dans ces récits d’enfance.
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  • ivredelivres a ajouté une photo de Prjevalski Nicolaï

    Prjevalski Nicolaï
     
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  • ivredelivres a ajouté une photo de Anne Cheng

    Anne Cheng
     
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    Anne Cheng
    Anne Cheng
     
    Anne Cheng-Wang est une sinologue et enseignante française née à Paris le 11 juillet 1955[1]. Elle est, depuis 2008, titulaire au Collège de France de la chaire intitulée « Histoire intellectuelle de la Chine »
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    Jérémie Bentham
     
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    Jérémie Bentham
    Jérémie Bentham
     
    Jeremy Bentham naquit à Londres le 15 février 1748, d’un père avocat réputé. Le jeune Bentham montra rapidement des aptitudes importantes pour l’étude : il étudiait le latin à trois ans et maîtrisait le français à sept. Il mena ses études au Collège de Westminster, puis, à partir de 1760, au Queen’s College d’Oxford où il reçut un Bachelor (1763) et un Master of Arts (1766) à respectivement quinze et dix-huit ans. Bentham y suivit les cours du célèbre professeur de droit naturel de l’époque, le jurisconsulte Blackstone. Sa vie active débuta en 1769 ; il devint avocat. Cependant, Bentham se détourne rapidement du droit, reposant par trop selon lui sur les failles de la législation, les lourdeurs de la procédure et la mauvaise foi des avocats (le « Démon de la Chicane »). Il est révolté des vices des lois britanniques et par les abus de toute espèce qui règnent dans les tribunaux. Il aime mieux consacrer sa vie à les réformer, et s'efforce de constituer sur de nouvelles bases la législation et la politique. Imbu des doctrines d'Helvétius, il pose comme principe fondamental qu'en législation et en morale on ne doit admettre d'autre règle que l'utilité : ce qui lui fit donner à son école le nom d'Utilitarisme.
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  • ivredelivres a ajouté une photo de Jean Mambrino

    Jean Mambrino
     
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    Jean Mambrino
    Jean Mambrino
     
    Jean Mambrino est un écrivain et poète français né le 15 mai 1923 [1]. Il est l'auteur d'une très importante œuvre poétique et de plusieurs ouvrages en prose, sur la littérature et sur le théâtre. Il a également donné des traductions de Gerard Manley Hopkins et de Kathleen Raine.

    Il a reçu en 2005 le Prix de littérature francophone Jean Arp et le prix Prix du Cardinal Grente pour l’ensemble de son œuvre[
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    L'Île de Sakhaline
    L'Île de Sakhaline de Anton Pavlovitch Tchekhov
     
    Sakhaline : Tout autour la mer, au milieu l'enfer

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    L'Île de Sakhaline
    L'Île de Sakhaline de Anton Pavlovitch Tchekhov
     
    Sakhaline est le lieu des souffrances les plus insupportables que puisse endurer un homme, aussi bien libre que condamné, nous avons laissé croupir dans des prisons des millions d'hommes, et cela pour rien, de manière irraisonnée, barbare
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    L'Île de Sakhaline
    L'Île de Sakhaline de Anton Pavlovitch Tchekhov
     
    Je suis heureux que dans ma garde-robe littéraire se trouve une rude blouse de forçat

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  • ivredelivres a ajouté une critique

    L'Île de Sakhaline
    L'Île de Sakhaline de Anton Pavlovitch Tchekhov
     
    En se rendant à Sakhaline Tchekhov voulait, nous dit Roger Grenier dans la préface, "payer sa dette à la médecine"
    De son séjour il tirera un livre qu’il écrira avec difficulté et qui sera édité pour la première fois en 1895
    Contre toute attente alors qu’il n’a aucun document d’introduction ou autorisation, Tchekhov réussi à se faire admettre par le gouverneur le Général Korff, celui-ci l’autorise à circuler librement et à interroger qui bon lui semble sauf les détenus politiques.
    Tchekhov va user et même abuser de cette autorisation, il rédige un questionnaire et en trois mois ce n’est pas moins de 10.000 fiches qu’il va renseigner, véritable recensement de la population de Sakhaline, il entre dans tous les villages, toutes les prisons, les maisons de fer.
    Il note tout ce qu’il voit, tout ce qu’on lui dit
    L’île est divisée en territoires et secteurs, les hommes qui séjournent ici appartiennent à des catégories distinctes, mais tous sont reclus à vie sur cette île, même leur peine purgée les condamnés ne retrouveront pas leur ville ou village d’origine.
    Tout un personnel administratif vit sur l’île, le gouverneur nommé par le Tsar, un médecin, des commis aux écritures car il faut bien faire des rapports pour le pouvoir central, des artisans : boulanger, menuiser, cuisinier, mais aussi tout le corps de surveillants et autres gardes-chiourmes.
    Les condamnés qui sont ici ont fait le même voyage que Tchekhov, fers aux pieds, la Sibérie est une longue route vers le bagne, la route de Vladimirka " Nous les avons fait marcher dans le froid avec des fers aux pieds durant des dizaines de milliers de verstes "
    Dans les villages travaillent des prisonniers mais aussi des paysans dit libres qui sont en fait des colons contraints de rester sur l’île, leur travail leur permet tout juste de survivre : l’abattage de bois, travail très dangereux, l’agriculture sur une terre peu fertile au climat peu favorable, le travail de la mine le plus dur et le plus dangereux.
    Les mineurs descendent dans la mine par une galerie très longue, ici pas d’ascenseur, l’homme tire un traîneau déjà lourd à vide ; quand il remonte la pente il le fait à quatre pattes tirant son traîneau chargé et les 300 mètres de galerie deviennent un parcours inhumain, le mineur le refait 13 fois par jour !
    Les femmes qui ont suivi leur mari, celles condamnées et libérées, n’ont souvent d’autre choix pour survivre que de se livrer à la prostitution, seule façon de nourrir leurs enfants car ceux-ci sont nombreux à Sakhaline malgré une mortalité infantile importante. Tchekhov y voit une consolation pour ces hommes et femmes mais les enfants, hélas, aggravent les conditions de vie, plus de bouches à nourrir alors que les possibilités de travail et de ressources sont extrêmement limitées.
    La nourriture est simple, voire frustre, la viande ne fait que très rarement partie des menus, quelques années avant la visite de Tchekhov le scorbut a dévasté la population carcérale.
    Ses observations sur l’état de santé de cette population font mention de la tuberculose bien évidemment, de diphtérie, de la variole, et du typhus dont la mortalité est énorme, enfin bien sûr en raison de la prostitution la syphilis fait des ravages.
    Les conditions de détentions sont inhumaines, barbares, le mot justice n’a plus aucun sens en ces lieux.
    Les punitions et sanctions sont fréquentes et appliquées sans discernement avec parfois beaucoup de cruauté et de sadisme.
    Les verges et le fouet sont courants, les sentences prononcées le sont selon les « droits » de celui qui sanctionne, le Gouverneur à « droit » à faire appliquer 100 coups de fouet, le surveillant lui n’a « droit qu’à 50 coups ....
    A sa demande Tchekhov assiste à une punition
    Les récidivistes, ceux qui ont tenté de s’évader sont enfermés dans la maisons de fer : enchaînés des pieds et des mains à une brouette suffisamment lourde pour empêcher les mouvements et suffisamment petite pour être la nuit glissée sous la paillasse. Un modèle de torture ! Les mouvements sont de trop faible amplitude et la dégénérescence musculaire est définitive, ainsi la punition se poursuit bien après sa fin officielle.
    La répression féroce et l’absence d’espoir de quitter l’île poussent les hommes à tenter de s’évader et malgré le peu de réussite et les coups de fouet qui suivront, les tentatives sont nombreuses.
    A son retour Tchekhov fait envoyer des milliers de livres à Sakhaline, ce voyage et ce séjour l’ont marqué " Je ne saurais dire si ce voyage m’a aguerri ou s’il m’a rendu fou. Du diable si je le sais " Ce livre-enquête s’apparente au reportage d’Albert Londres sur le bagne de Cayenne, deux hommes qui ont par leurs écrits rendue vaine la question de l’implication de l’intellectuel dans la vie politique.
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    Caroline Riegel
     
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    Guido Ceronetti
     
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    Barry Lopez
     
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    Le 14/08/2010

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    Thierry Guidet
     
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    Emeric Fisset
     
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    Peter Fleming
    Peter Fleming
     
    Le lieutenant-colonel Robert Peter Fleming, écossais, aventurier, chasseur et écrivain, est le petit-fils du banquier Robert Fleming et le frère du romancier Ian Fleming qui s'inspira de sa vie pour créer son personnage de James Bond.
    En février 1935, il entame avec Ella Maillart (1903-1997) une traversée de sept mois de la Chine du nord depuis Pékin jusqu'au Cachemire à travers les déserts d’Asie centrale
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    Peter Fleming
     
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    Francis Parkman
     
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    Le 12/08/2010

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  • pilpilip a apprécié une de ses citations

    La Vie
    La Vie de Fabrice Caravaca
     
    C’est de lumière tout le long du jour dont nous avons besoin. Et de petites choses. Une main sur une tasse. Un bouton de chemise qui se défait. Une mèche de cheveux. A l’infini. Petites choses à l’infini qui forment une éternité. Qui sont notre salut.

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    Le 11/08/2010

  • Fantine a apprécié une de ses critiques

    Le Ventre de Paris
    Le Ventre de Paris de Emile Zola
     
    ’ordre adopté par Zola pour sa généalogie des Rougon Macquart nous fait passer des salons du Second Empire au ventre de Paris, des toilettes chiques aux poissonnières, des parfums envoûtants de Renée à ceux moins raffinés de la cuisson du boudin ou des étalages de fromages odorants.

    Le héros ici n’est pas vraiment un Rougon, il est un petit rameau ajouté, c’est sa belle soeur, la belle Lisa, qui est une fille d’ Antoine Macquart de Plassans. Il se nomme Florent, il est jeune et beau garçon, sa vie est pourtant déjà bien pleine car il a passé quelques années au bagne. Il n’a pas tué père et mère pour ça, non, il s’est juste trouvé où il ne fallait pas lors d’une émeute, arrêté et jugé de façon expéditive pour un crime dont il est innocent.
    Echappé de Cayenne le voilà revenu à Paris où il trouve refuge aux Halles auprès de son frère Quenu, l’époux de Lisa la belle charcutière.
    Accueilli comme le frère prodigue, on lui trouve du travail, on l’héberge, on l’habille, c’est que Quenu lui est redevable, Florent l’a élevé, s’est sacrifié pour lui durant des années, devenu un commerçant riche et gras c’est le moment de payer ses dettes.
    L’arrivée de Florent va déclencher des réactions en chaîne, objet de toutes les convoitises féminines notre Florent est bien naïf et en plus il a des convictions républicaines, de là à devenir activiste contre le gouvernement il n’y a qu’un pas ....
    Après quelques temps ce frère devient gênant, voire dangereux pour la prospérité d’une charcuterie, et puis bien sûr il y a l’héritage de l’oncle de Quenu, héritage qui revient pour moitié à Florent ....dommage qu’il soit rentré......Les langues se délient, la médisance, les commérages, les mensonges, les trahisons, le petit peuple des Halles n’est pas plus beau que celui des salons.
    Les vilenies ne sont plus perpétrées pour de l’argent mais par envie, par mesquinerie, par jalousie.
    Ce troisième volume de Zola est cru, plein d’odeurs, de couleurs, et de bruit. C’est la version XIXème siècle de la Grande Bouffe.
    L’écrivain nous sature de scènes où la nourriture est reine, les devantures, les arrières boutiques, tout regorge de sang, de graillon, d’effluves fortes, les fromages le disputent aux légumes entassés, les poissons aux viandes, les beurres et les fromages dégoulinent, les déchets eux mêmes sont partie du décor. On vit de la bouffe et parfois on en meurt.
    Zola décrit à merveille ce marché, les étals, les pavillons, la misère et les vices. Arrivé à la fin du roman on sait que ce n’est pas Florent le héros de cette histoire, ce sont les Halles corps vivant, chaud, violent, qui après avoir tenté de le digéré, aura recraché Florent comme un noyau indigeste.

    J'ai aimé ce troisième roman et je suis déjà plongée dans la suite, lire Zola en continuité est une expérience enrichissante et je n'ai qu'une enivie : la poursuivre

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  • Fantine a apprécié une de ses critiques

    Le cantique des innocents
    Le cantique des innocents de Donna Leon
     
    Pour changer un peu des polars du nord qui envahissent nos étagères ( pour notre plaisir quand même!) je vous propose une balade italienne.
    Rien de bien original mais des valeurs sûres, sympathiques et gastronomiques, ce n’est pas un programme à dédaigner
    le commissaire Brunetti, la figure créée par Donna Leon , dans sa dernière aventure je l’avais trouvé un peu poussif et bien là il s’est réveillé.
    Le décor ; Venise, je n’en dis pas plus, une nuit des carabiniers armés et cagoulés font irruption chez un pédiatre et son épouse, tabasse le mari, terrorise la dame et pour faire bonne mesure enlèvent leur enfant de quelques mois.
    Alertée par les voisins la police cherche à comprendre, Brunetti n’obtient aucun renseignement des carabiniers, vive la coopération policière, et rien non plus auprès du pédiatre agressé qui refuse de donner la moindre explication.
    Pour son enquête il va avoir besoin une nouvelle fois de son beau-père l’aristocrate et de se trouver une épouse de substitution, eh oui quand on veut se faire passer pour un candidat à l’adoption.... Vianello, son adjoint, enquête de son côté sur une escroquerie à la sécurité sociale impliquant des médecins et des pharmaciens.
    Le talent de Donna Leon c’est de nous mener tranquillement, Brunetti est un homme lettré, fin, intelligent et l’accompagner dans son enquête est fort agréable. Un petit coup de morale , un petit coup d’érudition et hop c’est enlevé.
    Ah j’oubliais, ici aussi vous pouvez prendre quelques leçons de cuisine, je ne sais pas comment se débrouille Mme Brunetti mais elle assure question recettes, donc prévoyez à côté de vous un petit verre de quelque chose et deux ou trois antipasti, c’est de rigueur.
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  • ivredelivres est maintenant ami avec vale

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  • Orphea a apprécié une de ses citations

    La Vie
    La Vie de Fabrice Caravaca
     
    C’est de lumière tout le long du jour dont nous avons besoin. Et de petites choses. Une main sur une tasse. Un bouton de chemise qui se défait. Une mèche de cheveux. A l’infini. Petites choses à l’infini qui forment une éternité. Qui sont notre salut.

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  • ivredelivres est maintenant ami avec said1964

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  • vale a écrit à ivredelivres

    bibliothèque

    Bonjour,
    Je viens de lire tes critiques très interessantes autour de l'oeuvre de Zola. Moi aussin j'ai beaucoup de plaisir à relire les Rougon-Macquart, ça me reprend de temps en temps...
    Mes préférés : La Faute de l'abbé Mouret, Pot-Bouille (truculent), L'Assomoir, Nana, Germinal, La Bête humaine.
    A noter, en dehors des Rougon-Macquart, "Thérèse Raquin" : portrait de caractères, histoire sombre, très belle écriture (que tu as certainement lu)

    Bonne journée


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  • ivredelivres a ajouté une critique

    La Fortune des Rougon
    La Fortune des Rougon de E. Zola
     
    Il y a quelques semaines j’ai fait un billet sur un livre audio qui m’avait beaucoup plu La Bête humaine, vous avez été plusieurs à manifester votre envie de lire Zola je ne sais pas si vous avez démarré mais moi oui.
    Je me suis lancée, je ne sais pas si j’irai au bout de la saga des Rougon Macquart mais qu’importe ce n’est pas un concours.
    J’ai peu pratiqué Zola donc tout ou presque me reste à lire. Voilà le premier billet et le début de la généalogie des Rougon-Macquart et par la même occasion ma première lecture de longue durée avec mon ebook.

    L’oeuvre de Zola se déroule sous le Second Empire, ce premier roman lui se situe à la veille du coup d’état en 1851 du futur Napoléon III dans une petite ville du Var : Plassans.
    L’époque est très importante car les remous politiques partagent les citoyens, mettent à jour les appétits de pouvoir, de richesses, les besoins de revanche ou de vengeance. Il faut choisir son camp et ne pas se tromper pour être du côté des vainqueurs le moment venu. Tient on se croirait aujourd’hui, l’époque a changé mais pas ce qui mène le monde : trahir, mentir, comploter, s’en prendre aux innocents, aux plus faible....on est en pays connu hélas.
    Pourtant ce n’est pas cette partie du roman qui m’a plu, non c’est la mise en place de l’arbre généalogique, l’origine de la famille.
    Adèle Fouque, ni Rougon ni Macquart c’est pourtant elle qui va engendrer les trois branches de la famille.
    son premier mari Rougon, jardinier de son état, lui donne un fils Pierre, à sa mort elle vit « à la colle » avec Macquart, un personnage peu reluisant, ivrogne, voleur et qui lui fait deux enfants : Ursule et Antoine Macquart, notez bien, rien à voir avec Pierre Rougon, même s’ils sont demi-frére et soeur.
    Les trois enfants issus de la même mère, représenteront chacun une catégorie sociale, ils sont marqués à jamais par leur naissance, leur hérédité.
    Pierre Rougon va prendre ce que de nos jours on appelle « l’ascenseur social », mais il joue des coudes pour monter dedans à la faveur des remous politiques. Sa femme Félicité le pousse en avant. Quelques tours de passe passe pour s’assurer les biens de sa mère au détriment d’Ursule et Antoine, et le voilà sur le chemin de la richesse, il va pouvoir changer de classe sociale.
    Chez les Mouret et les Macquarts le poids de l’hérédité va faire pencher les destins, la violence liée à l’alcoolisme, la folie, Zola esquisse déjà les romans qui viendront.

    J’ai lu ce roman avec grand intérêt même si ce n’est ni le plus connu, ni le plus passionnant de Zola, tout est en place, le décor est dressé et tout invite à suivre le chemin tracé par l’auteur.
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  • ivredelivres a ajouté une critique

    La Conquete de Plassans
    La Conquete de Plassans de Emile Zola
     
    Changement de décor et de style, après s’être vautré dans Le Ventre de Paris, avoir fait la part belle aux couleurs, aux odeurs, aux bruits des Halles, Zola fait un retour à la province.
    Plassans, en proie aux turbulences du changement de régime politique dans est une ville assagie mais qui a mal voté aux dernières élections. L’opposition monarchiste relève la tête, elle tient ses quartiers à la villa Rastoil, des ambitions politiques renaissent, le pouvoir impérial se doit d’y mettre un terme.
    L’homme qui va mener à bien cette mise au pas est un homme d’église, un prêtre récemment nommé. Il ne prend pas le problème de front, il va utiliser toutes les ressources de l’art de la manipulation des âmes.

    C’est par les femmes qu’il commence, par Marthe Mouret née Rougon, nous voilà au coeur de sa famille, son mari François Mouret est son cousin germain, ils ont une grand-mère en commun : Adélaïde Fouque, la folle, enfermée dans un asile d’aliénés, et on voit repointer ici le nez de l’hérédité si chère à Zola.
    François Mouret jouit à Plassans d’une retraite bien méritée, négociant qui a fait fortune dans le vin il coule des jours paisibles entouré de sa femme, d’Octave et de Serge ses fils et de Désirée " une enfant de quatorze ans, forte pour son âge, et qui avait un rire de petite fille de cinq ans. "
    C’est lui qui fait entrer le loup dans la bergerie, il décide de louer quelques pièces inoccupées de sa maison " un prêtre ce n’est pas bien gênant. Il vivra chez lui, et nous chez nous" et l’abbé Faujas " un homme grand et fort" entre chez les Mouret accompagné de sa mère, puis bientôt de sa soeur.
    La vie tranquille et bien réglée de François Mouret va bientôt voler en éclats. Son jardin dont il était si fier est peu à peu investit par l’abbé qui y lit son bréviaire. Son fils Serge se plonge dans des livres prêtés par ..l’abbé Faujas, même Rose leur bonne ne jure bientôt que par la mère et le fils Faujas.
    Quant à Marthe, la plus vulnérable, elle est littéralement captive, sous prétexte de bonnes oeuvres l’abbé a obtenu sa dévotion totale au point d’oublier enfants et mari. Elle passe désormais sa vie à la Cathédrale, Faujas va ainsi assurer une emprise sur la famille avec la bénédiction de Félicité Rougon la propre mère de Marthe.
    François Mouret devient peu à peu victime. A table Marthe sert d'abord l'abbé elle " commençait toujours par lui, fouillait le plat, tandis que Rose, penchée au dessus d’elle, lui indiquait du doigt ce qu’elle croyait le meilleur." Des oublis, des brimades on " lui passait les assiettes fêlées, lui mettait un pied de table entre les jambes (...) posait le pain, le vin, le sel, à l’autre bout de la table. "
    François Mouret dépérit pendant que Faujas assure son influence sur la ville. La conquête de Plassans est en marche.
    Ce n’est pas le meilleur de Zola, c’est une oeuvre de transition entre ses grands romans mais il rend à merveille toute la malignité de l’abbé Faujas, ses tours, ses mesquineries, son art de la persuasion, ses manigances pour capter les fortunes.
    Il n’a pas son pareil quand il s’agit de mettre à nu les ambitions, les haines familiales, la fausse dévotion pour montrer toutes les vilenies de la vie familiale.
    Dans la préface à l’édition en Pléiade Armand Lanoux dit " Evidemment, ce thème ne raccommode pas l’auteur avec les catholiques ! Zola a le génie de se faire des ennemis."
    Deux portraits sont esquissés ici : Serge Mouret qui sera le personnage principal du prochain tome et Octave qui va partir faire fortune à Paris dans le négoce et avec qui j’ai rendez vous " Au bonheur des dames ".
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    La Curée
    La Curée de Emile Zola
     
    Lors d’une chasse à courre lorsque qu’une bête est abattue on jette les restes au chien après le dépeçage, moment violent et sanglant, c’est la curée. La bête dans le roman de Zola c’est le bien public, le peuple, les pauvres, les honnêtes gens, les imbéciles qui vont se faire gruger, vous, moi.
    Dans ce second volume des Rougon-Macquart le héros c’est Paris, le Paris du Second Empire, celui que le Baron Haussmann va métamorphoser. C’est le temps de la création des grands boulevards, des Buttes-Chaumont, l’aménagement du bois de Boulogne et de l’hippodrome de Longchamp.
    On casse, on rase, on reconstruit " Paris s'abîmait alors dans un nuage de plâtre. " on détruit pour faire la place à des avenues rectilignes moins dangereuses en cas de mouvement populaire.
    Les rapaces, les spéculateurs, les crapules vont profiter de la manne
    Ce qui importe aux hommes d’état, aux financiers qui peuplent le roman, c’est de s’enrichir, gagner de l’argent. Leurs appétits sont féroces et la morale est le cadet de leurs soucis
    Les spéculateurs achètent à bas prix et revendent à prix d’or. L’or dans lequel baigne le roman
    On retrouve le troisième fils des Rougon de Plassans, Aristide, il est monté à Paris pour faire fortune avec l’aide de son frère Eugène Rougon, mais il végète et trépigne d’impatience.
    Il va s’employer à trouver l’argent là où il est, sa femme Angèle n’est pas tout à fait morte qu’il songe à la remplacer par une femme qui lui apporte une dote qui lui permettra de se lancer dans les affaires.

    Il l’a trouvé : Renée Béraud du Châtel, enceinte après un viol et donc impossible à marier, Aristide lui est prêt à prendre la fille et la dot, Grâce à la dot de Renée il va faire des placements audacieux et malhonnêtes. Il a désormais l’argent, une belle femme qui attire tous les regards, l’appui de son frère devenu ministre, il est temps pour Aristide de changer de nom, désormais il s’appelle Saccard.

    Il fait sortir du collège son fils Maxime beau jeune homme, veule et un peu pervers, qui promène son ennui dans les salons. Son père l’associe parfois à ses affaires d’argent ou de débauche. Le jeune homme a le goût du plaisir, sa jeune belle-mère a goût du " fruit défendu " , le mari ferme les yeux..........

    La lecture du premier volume des Rougons était intéressante mais ici c’est passionnant. Zola nous fait entrer dans ce monde de magouilles, de spéculations, de prévarications, on touche du doigt cette richesse. Les descriptions sont magistrales, on voit se faire les transformations urbaines , se construire les demeures des nouveaux riches dont l’or sera la couleur dominante.
    " La curée " est également un roman de moeurs qui se veut un tableau de la dépravation d’une classe sociale, le portrait est au vitriol.
    Les personnages très sulfureux pour l’époque portent en eux la dégénérescence que Zola va traquer tout au long de son oeuvre.
    Les toilettes, les équipages, les bals, les essayages chez les couturiers, les salons féminins : Zola nous montre tout de ce monde de luxure et de turpitude.
    Cela lui valu d’être empêché de publier ce roman dans les journaux en feuilleton, Barbey d’Aurevilly stigmatisait les écrits de Zola " l’indécence voluptueuse, l’indécence polissonne ".
    Il fallu attendre Maupassant pour qu’une critique élogieuse soit faite du roman.
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    Le Ventre de Paris
    Le Ventre de Paris de Emile Zola
     
    ’ordre adopté par Zola pour sa généalogie des Rougon Macquart nous fait passer des salons du Second Empire au ventre de Paris, des toilettes chiques aux poissonnières, des parfums envoûtants de Renée à ceux moins raffinés de la cuisson du boudin ou des étalages de fromages odorants.

    Le héros ici n’est pas vraiment un Rougon, il est un petit rameau ajouté, c’est sa belle soeur, la belle Lisa, qui est une fille d’ Antoine Macquart de Plassans. Il se nomme Florent, il est jeune et beau garçon, sa vie est pourtant déjà bien pleine car il a passé quelques années au bagne. Il n’a pas tué père et mère pour ça, non, il s’est juste trouvé où il ne fallait pas lors d’une émeute, arrêté et jugé de façon expéditive pour un crime dont il est innocent.
    Echappé de Cayenne le voilà revenu à Paris où il trouve refuge aux Halles auprès de son frère Quenu, l’époux de Lisa la belle charcutière.
    Accueilli comme le frère prodigue, on lui trouve du travail, on l’héberge, on l’habille, c’est que Quenu lui est redevable, Florent l’a élevé, s’est sacrifié pour lui durant des années, devenu un commerçant riche et gras c’est le moment de payer ses dettes.
    L’arrivée de Florent va déclencher des réactions en chaîne, objet de toutes les convoitises féminines notre Florent est bien naïf et en plus il a des convictions républicaines, de là à devenir activiste contre le gouvernement il n’y a qu’un pas ....
    Après quelques temps ce frère devient gênant, voire dangereux pour la prospérité d’une charcuterie, et puis bien sûr il y a l’héritage de l’oncle de Quenu, héritage qui revient pour moitié à Florent ....dommage qu’il soit rentré......Les langues se délient, la médisance, les commérages, les mensonges, les trahisons, le petit peuple des Halles n’est pas plus beau que celui des salons.
    Les vilenies ne sont plus perpétrées pour de l’argent mais par envie, par mesquinerie, par jalousie.
    Ce troisième volume de Zola est cru, plein d’odeurs, de couleurs, et de bruit. C’est la version XIXème siècle de la Grande Bouffe.
    L’écrivain nous sature de scènes où la nourriture est reine, les devantures, les arrières boutiques, tout regorge de sang, de graillon, d’effluves fortes, les fromages le disputent aux légumes entassés, les poissons aux viandes, les beurres et les fromages dégoulinent, les déchets eux mêmes sont partie du décor. On vit de la bouffe et parfois on en meurt.
    Zola décrit à merveille ce marché, les étals, les pavillons, la misère et les vices. Arrivé à la fin du roman on sait que ce n’est pas Florent le héros de cette histoire, ce sont les Halles corps vivant, chaud, violent, qui après avoir tenté de le digéré, aura recraché Florent comme un noyau indigeste.

    J'ai aimé ce troisième roman et je suis déjà plongée dans la suite, lire Zola en continuité est une expérience enrichissante et je n'ai qu'une enivie : la poursuivre

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    Maison des autres
    Maison des autres de Silvio D'Arzo
     
    Montelice, un village perdu des apennins, tout juste un village d’ailleurs «sept maisons adossées et rien d'autre» le curé est là depuis trente ans, c’est lui qui raconte.
    Il raconte la vie du village, des gens qui sont là depuis toujours, qui vivent au rythme des saisons, accomplissant des tâches dures avec des gestes vieux de mille ans. Les hommes rentrent des pâturages à la lumière des lanternes le soir, le climat est rude et le curé a déjà vu trente noëls ici, sous la neige. La misère est le lot commun, le prêtre s’inquiète « j'ai vraiment peur de ne plus pouvoir être utile à grand-chose dans un cas de ce genre. Tout cela est pour moi une autre langue...Fêtes, saintes huiles, un mariage sans façon, voilà désormais mon lot.»
    Le curé s’interroge car une femme, nouvelle dans ce village, l’intrigue, elle semble toujours sur le point de lui parler mais au dernier moment renonce. C’est Zelinda, pauvre entre les pauvres, elle lave le linge des villageois, se nourrit d’un croûton de pain et du lait de ses chèvres. Elle vit hors du village « plus loin que le sentier des ormes, juste à la limite de la paroisse, et après ce ne sont que ravins, toubières ou pire encore».
    Jour après jour il la voit laver le linge, un jour elle vient au presbytère l’interroger, mais c’est une ruse, sa question est sans objet, du moins elle n’a pas posé la question qui la tourmente, elle a feinté. Quand va-t-elle se décider ? Enfin un jour elle dépose une lettre à son intention.
    J’arrête là car il y a un suspense dans ce récit, comme le vieux curé, on attend, on essaye de comprendre cette femme. Silvio d’Arzo dont c’est la nouvelle la plus connue, nous arrache à notre petite vie pour nous faire vivre au rythme de sa prose, sèche, dure, les couleurs sont sombres dans ce pays de désolation « Les ravines et les bois, les sentiers et les pâturages deviennent d'une couleur vieille rouille, puis violette, puis bleue »
    Dans une seconde nouvelle "Un moment comme ça" autour de la disparition d'un soldat son récit est sobre et tragique.
    J’ai beaucoup aimé ces deux récits, graves, cruels, qui laissent le lecteur avec des questions qui n’ont peut être pas de réponse. On peut rapprocher ce livre des récits de Ferdinando Camon (jamais vu soleil ni lune) mais plus encore des hommes et femmes décrits par Carlo Levi dans « Le Christ s’est arrêté à Eboli ».

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    Catalene Rocca : Suivi de L'homme au..
    Catalene Rocca : Suivi de L'homme au manteau de pluie de Jean-François Delapré
     
    Un tout petit format, un beau jaune pour la couverture et à l’intérieur deux nouvelles très courtes.
    Cécile qui l’a lu dit que « ce livre lui a réjoui sa journée » et bien à moi il m'a mis le sourire aux lèvres et l’envie de vous en parler.

    Jean François Delapré est libraire de son état et il parait qu’il tient la librairie la plus à l’ouest de l’Europe, la dernière station livresque avant l’Amérique, déjà je vous sens très attentifs. Mais notre libraire de ce bout d’Europe non content de vivre au milieu des livres, a décidé d’en écrire pour notre plaisir.
    Bon je ne fais pas de présentation des personnages, pas de résumé, pas de pour ou de contre, juste que ça se passe dans une librairie qu’une jeune femme cherche un livre et qu’un libraire reçoit une visite.
    Donc il est question de livres ..........irrésistible non ?
    C’est vif, intelligent, subtil, facétieux, savoureux, deux nouvelles et deux très jolies chutes.
    C’est tout léger à fourrer dans la poche, et c’est un joli cadeau pour un ami lecteur.
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    Conscience contre violence ou Castellion..
    Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin de Stéfan Zweig ()
     
    Il se trouvera toujours un Castellion pour s’insurger contre un Calvin et pour défendre l’indépendance souveraine des opinions contre les formes de la violence

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    Conscience contre violence ou Castellion..
    Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin de Stéfan Zweig ()
     
    Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme

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    Conscience contre violence ou Castellion..
    Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin de Stéfan Zweig ()
     
    « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme ».
    Cette phrase est de Sébastien Castellion, un nom qui est absent des livres d’histoire, il fut " l’homme le plus savant de son époque " il fut aussi et c’est lui qui le dit " le moucheron contre l’éléphant " dans sa lutte contre Jean Calvin et sa dictature religieuse, il fut pour la liberté de pensée et la liberté religieuse.

    En 1536 de façon démocratique Genève choisit la religion réformée. Calvin va s’imposer comme chef spirituel " Cet homme sec et dur, enveloppé dans sa robe noire et flottante de prêtre" homme de pouvoir, rigide, fanatique certain du bien fondé de sa doctrine, il va imposer à tous une " tentative d’uniformisation absolue de tout un peuple "
    Les fêtes sont supprimées, la musique est bannie, sourire lors d’un baptême peut vous valoir la prison ! on légifère sur la longueur des robes des femmes, les enfants sont invités à dénoncer les turpitudes de leurs parents. Il est interdit d’écrire à l’étranger, interdit aux époux de se faire des cadeaux " interdit, interdit, interdit: on n’entend plus que cet horrible mot" et quand l’intimidation, l’encouragement à la délation et l’appel au meurtre ne suffisent pas, on utilise l’emprisonnement et le meurtre.
    Pour que triomphe sa doctrine Calvin "intellectuel délicat et pieux" impose un régime de terreur à la ville perdant "toute mesure et tout sentiment humain"
    Les Genevois subissent le joug sans révolte. La couardise des chefs religieux pendant l’épidémie de peste qui fait rage trois années durant sera la première interrogation sérieuse sur l’infaillibilité de Calvin et de son entourage, mais insuffisante pour mettre à mal son pouvoir.
    Lorsque Michel Servet est condamné au bûcher en 1553 pour avoir défendu des thèses considérées comme hérétiques par Calvin, des voix s’élèvent.
    Cette condamnation était une nécessité politique pour Calvin, son autorité était défiée. Le procès fut une caricature inique et ridicule, la mort fut barbare et Calvin se garde d’y assister.
    Sébastien Castellion homme d’une foi profonde s’est déjà heurté au maître de Genève, celui-ci l’a poursuivi de sa hargne, le contraignant à l’exil et à la pauvreté. Il va être le seul intellectuel à s’indigner publiquement.
    Castellion va utiliser la seule arme pacifique à sa disposition, il va prendre la plume contre Calvin, contre " le premier meurtre religieux commis par la Réforme et la première négation éclatante de sa doctrine primitive".
    Castellion est très sévère " Les premières exhortations de Calvin ont été des injures, la seconde a été la prison et Servet n’a comparu devant les fidèles que pour être hissé sur des fagots et brûlé vif."
    Le tempérament de Castellion le porte vers la conciliation, l’indulgence, mais dit Stefan Zweig " Il faut qu’une voix claire et nette s’élève en faveur des persécutés et contre les persécuteurs."
    Castellion malgré le danger publie un Traité des hérétiques Calvin s’appuie en permanence sur la Bible ? Castellion va faire de même, il affirme que la notion même d’hérétique n’apparaît pas dans les textes sacrés et que " Nous estimons hérétiques tous ceux qui ne s’accordent avec nous, en notre opinion" il faut ajoute t-il "Mettre fin une fois pour toutes à cette folie qu’il est nécessaire de torturer et tuer des hommes uniquement parce qu’ils ont d’autres opinions que les puissants du jour " Il s’oppose à Calvin au nom de la tolérance qui " seule peut préserver l’humanité de la barbarie."
    Zweig nous le présente comme un homme courageux "Avec héroïsme il ose élever la voix en faveur de ses compagnons poursuivis, risquant ainsi sa propre vie. Sans le moindre fanatisme, quoique menacé à chaque instant par les fanatiques, sans aucune passion, mais avec une fermeté inébranlable, il brandit telle une bannière sa profession de foi au-dessus de son époque enragée, il proclame que les idées ne s’imposent pas, qu’aucune puissance terrestre n’a le droit d’exercer une contrainte quelconque sur la conscience d’un homme. "
    Sébastien Castellion va payer le prix fort pour son courage, Calvin le harcèle, fait brûler ses écrits, il est injurié, des pamphlets sont écrits contre lui, on le prive de travail et donc de ressources. Seule une mort par épuisement à 48 ans lui épargnera la prison ou le bûcher.
    C’est un grand livre que Stefan Zweig a écrit, un livre qui honore Castellion et Zweig. C’est un plaidoyer, une dénonciation et une mise en garde. Ecrit en 1936 sa dénonciation de la tyrannie, de la suppression d’une pensée libre résonne de façon prémonitoire.
    Zweig fait le rapprochement entre l’action de Castellion et les manifestes pour la liberté que sont ceux de Voltaire en faveur de Calas, de Zola, qu’il admire en faveur de Dreyfus, mais il place Castellion au-dessus de tous car, Voltaire jouissait de l’appui des rois et Zola s’appuyait sur sa notoriété, Castellion lui " eu à souffrir de l’inhumanité furieuse et meurtrière de son siècle"
    En 1936 Zweig espère encore en l’homme et termine ainsi son livre " Il se trouvera toujours un Castellion pour s’insurger contre un Calvin et pour défendre l’indépendance souveraine des opinions contre les formes de la violence"
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  • ivredelivres a apprécié une critique de Mouna

    Cristallisation secrète
    Cristallisation secrète de Yôko Ogawa
     
    C'est dans une atmosphère de décrépitude silencieuse que Yoko Ogawa nous projette : une île coupée du monde et condamnée par l'oubli.

    Les parfums, les bateaux, les fleurs,.. chaque objet s'efface progressivement du coeur de ses habitants pour laisser place au néant. Le chant d'un oiseau, les battements de ses ailes n'éveillent plus la moindre émotion. Et pour s'en assurer, la Police secrète veille.

    La mémoire de la narratrice se disloque également (Cela ne donne pas lieu à une expérience stylistique tordue, pas d'inquiétude!) Cette dernière témoigne au fil des pages avec impuissance de l'infinie poésie des choses avant leur anéantissement.

    Je ne dévoilerai pas tout, mais évoquerai surtout mon ressenti.
    Il me semble que la mémoire est la clef de voute de l'oeuvre de Yoko Ogawa. La mémoire, et ce en quoi elle consolide l'identité des hommes. Le style de Yoko Ogawa est d'une précision, d'une beauté extraordinaire, peaufiné jusqu'au dernier détail. Son texte m'a laissé une très forte impression.

    Si l'on pouvait associer ce livre à plusieurs lectures, j'aurais cité Farenheit 451 de Bradbury, Le Journal d'Anne Frank et La femme des sables d'Abe Kobo.
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    Cristallisation secrète
    Cristallisation secrète de Yôko Ogawa
     
    Mes souvenirs ne sont jamais détruits définitivement comme s’ils avaient été déracinés. Même s’ils ont l’air d’avoir disparu, il en reste des réminiscence quelque part. Comme des petites graines. Si la pluie vient à tomber dessus, elles germent à nouveau. Et en plus, même si les souvenirs ne sont plu là, il arrive que le cœur en garde quelque chose. Un tremblement, une larme
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    Cristallisation secrète
    Cristallisation secrète de Yôko Ogawa
     
    Dans ce récit l’auteur touche au fantastique et à l’absurde avec un grand talent.
    Dans une île jamais nommée, les habitants ont pris l’habitude de voir disparaître les objets, petits ou gros, utiles ou décoratifs, objets de la vie de tous les jours.
    Un jour les rubans ne sont plus là, puis les bonbons, un matin les oiseaux sont absents et ne chantent plus, les fleurs perdent leurs pétales.
    Tout le monde ignore le pourquoi de ces disparitions et quand se produira la prochaine.
    Curieusement toute la population semble renoncer sans efforts à ces objets, les gens ne gardent aucun souvenir des choses disparues, ils n’en souffrent pas, simplement elles ne sont plus là et ils acceptent cette situation.
    On ne sait pas non plus qui décide et pourquoi. Un monde étrange est né sans mémoire, sans souvenir, sans émotion.

    La narratrice a une mère artiste, enfant elle ne comprenait pas que sa mère conserve pieusement au fond d’un tiroir un ticket du ferry disparu qui permettait de quitter l’île, un flacon de parfum, un bonbon à la limonade.
    L’enfant est devenue adulte et romancière. Elle soumet régulièrement ses manuscrits à son éditeur et écrit un roman mettant en scène une dactylo qui tape sur une machine dont les touches disparaissent progressivement, puis c’est la voix de la dactylo qui lui fait défaut, l’éditeur est très satisfait de son travail.
    La jeune femme n’est pas choquée de ce qui se passe autour d’elle, pourtant on murmure que parmi les habitants de l’île certains ont la malchance de conserver la mémoire ou ne se résignent pas à l’oubli. Ils sont alors poursuivis par les traqueurs, une milice toute puissante capable de détecter la persistance des souvenirs. Les arrestations se multiplient, les personnes montent dans des camions pour une destination inconnue, d’un jour à l’autre ils ne sont plus là, comme les objets ils sont portés disparus.
    Les disparitions s’accélèrent, la nourriture devient rare, on ne peut plus mesurer le temps car les calendriers disparaissent à leur tour, les livres et les bibliothèques sont anéantis, les mots vont-ils eux aussi disparaître ?
    Son éditeur est en danger car réfractaire à l’oubli programmé il garde en lui des souvenirs. Malgré les risques et avec l’aide d’un vieil homme, elle va le cacher dans un réduit de la maison "une caverne en plein ciel" protectrice certes mais qui isole cet homme du reste du monde. Elle a franchi le pas, elle est entrée en résistance.
    Ces trois personnages vont s’apporter assistance, amitié et affection malgré les risques, malgré la peur, ils ont décidés de ne plus obéir.

    Un roman d’une grande originalité, d’une grande justesse de ton. Yoko Ogawa avec des mots simples réussit à nous faire ressentir l’oppression, l’étouffement d’une société sous surveillance où règne l’arbitraire ; elle nous emporte dans un monde fantastique où l’oubli est la règle. Un roman profondément métaphorique et inquiétant tout en faisant la part belle à la poésie. Un vrai plaisir de lecture
    Je n’ai pu m’empêcher de penser à Anne Franck enfermée dans l'arrière maison mais aussi au film " Soleil vert " et à la scène superbe où un vieil homme interprété par Edward G Robinson revoit sur un écran un monde disparu, on lui projette une prairie heureuse pleine de fleurs où s’ébattent des chevaux, une rivière court sur l’écran, le bruit de la cascade est la dernière image pour l’homme qui va mourir.
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    L'Album de Menzel
    L'Album de Menzel de Béatrice Wilmos
     
    Il avait si souvent vu, dans les champs qui bordaient ces routes, les moissonneurs et les femmes qui ramassaient les gerbes, les envols de perdrix, comme un éparpillement gris dans l’air tremblant, les enfants pieds nus qui le hélaient et lui offraient, riant et se bousculant, de gobelets de kvas glacés. Puis, la fraîcheur sous le couvert des arbres et le blanc argenté des bouleaux, le tapis de mousse et les fleurs des sous-bois, les marais jaunes et le sifflement des alouettes. Tout cela avait passé.
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    L'Album de Menzel
    L'Album de Menzel de Béatrice Wilmos
     
    Dans la profusion des sorties littéraires il y a chaque année des livres que l’on voudrait voir sur le devant des présentoirs et qui passent un peu inaperçus faute de relais médiatiques. Parfois ces livres contre toute attente trouvent leur public par la grâce du bouche à oreille et c’est ce que je souhaite à Béatrice Wilmos et à son Album de Menzel.
    A la fin de la guerre en 1945 les troupes russes avancèrent à travers la Prusse Orientale, les domaines, les fermes, tout est dévasté. Anna enfant a grandi dans cette région, sur un de ces domaines, elle s’est réfugiée à Berlin et est sans nouvelle de sa famille qui vit encore sur le domaine. Elle exerce une profession rare, elle est restauratrice de dessins anciens. Un métier tout de patience et d’habileté que lui a enseigné Sebastien Uhlworn lorsqu’il passait de longues semaines l’été dans sa famille.
    Avec les troupes russes avance aussi Andreï Mayerov, conservateur du musée de l’Hermitage, il cours après les oeuvres d’art volées, cachées par les Allemands et tout particulièrement des dessins de la Renaissance allemande, des aquarelles de Dürer. Il en a trouvé une et il a l’intention de visiter toutes les demeures de cette région pour mettre la main sur d’autres dessins.
    Anna et Andreï vont se rencontrer, elle cherche sa famille, il a trouvé des dessins.
    l faut préserver la découverte et l’émotion que Béatrice Wilmos dépose sur chaque page, chaque description, je n’en dirai donc pas plus.
    Elle a l’art de la construction, une belle et élégante écriture, mais par dessus tout elle restitue les paysages, les objets avec un très beau talent. Il y a quelques années j’avais lu Une enfance en Prusse Orientale de Marion Dönhoff, celle-ci retraçait l’histoire de cette région et de sa famille avec chaleur et nostalgie, j’imagine parfaitement les personnages de Béatrice Wilmos dans les décors de ce livre tant elle sait les rendre vivants.

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    La Vie
    La Vie de Fabrice Caravaca
     
    C’est de lumière tout le long du jour dont nous avons besoin. Et de petites choses. Une main sur une tasse. Un bouton de chemise qui se défait. Une mèche de cheveux. A l’infini. Petites choses à l’infini qui forment une éternité. Qui sont notre salut.

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    La Vie
    La Vie de Fabrice Caravaca
     
    De temps en temps on lit un texte et on ressent une envie urgente d’en parler. J’aime la poésie qu’elle soit en vers ou en prose.
    Je viens de refermer ce petit livre et je veux vous faire partager mon enthousiasme et mon émotion.
    Il est parfois difficile de dire ce qui plaît dans un livre, une écriture, mais avec la poésie c’est encore plus compliqué car cela touche au plus intime, au plus personnel mais je vais essayer.

    Des textes écrits à la première personne du pluriel, c’est surprenant, d’habitude le poète dit Je, mais là non, c’est Nous et du coup on se sent tout de suite partie prenante " Nous nous sommes avancés dans la nuit "
    Je fais partie d’un groupe, d’une collectivité, celle des hommes et je me suis reconnue dans cette fraternité. Car c’est de fraternité qu’il est question, une fraternité conquérante " Nous allons changé le monde "

    On se sent comme embrassé par le texte, comme porté par une espérance possible " Nous sommes ivres déjà de beauté " et Fabrice Caravaca à la façon des taoïstes et autres maîtres de l’instant, nous invite à profiter de l’ici et du maintenant.
    Une grande joie et une grande sérénité se dégagent de ces textes et une invitation à combattre pacifiquement pour la vie
    C’est magnifique et généreux.
    " Nous avons du souffle et nous sommes fidèles. Nous nous sentons frères et nous sommes du parti des accolades et des baisers. Nous sommes vraiment vivants et dans chaque seconde de nos éternités nous palpitons. "
    Emouvant et reconnaissant.
    " Nous voulons célébrer le monde. Nous avons en nous tous les mots des poèmes lus et entendus. Ils vibrent et sont lumière. Ils déchirent le voile posé sur les choses. Nous sortons d’une longue nuit. "

    Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque, véritable cadeau poétique car dans un livre de poésie " C’est le coeur de l’homme qui rayonne "

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    Fabrice Caravaca
     
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    Le cantique des innocents
    Le cantique des innocents de Donna Leon
     
    Pour changer un peu des polars du nord qui envahissent nos étagères ( pour notre plaisir quand même!) je vous propose une balade italienne.
    Rien de bien original mais des valeurs sûres, sympathiques et gastronomiques, ce n’est pas un programme à dédaigner
    le commissaire Brunetti, la figure créée par Donna Leon , dans sa dernière aventure je l’avais trouvé un peu poussif et bien là il s’est réveillé.
    Le décor ; Venise, je n’en dis pas plus, une nuit des carabiniers armés et cagoulés font irruption chez un pédiatre et son épouse, tabasse le mari, terrorise la dame et pour faire bonne mesure enlèvent leur enfant de quelques mois.
    Alertée par les voisins la police cherche à comprendre, Brunetti n’obtient aucun renseignement des carabiniers, vive la coopération policière, et rien non plus auprès du pédiatre agressé qui refuse de donner la moindre explication.
    Pour son enquête il va avoir besoin une nouvelle fois de son beau-père l’aristocrate et de se trouver une épouse de substitution, eh oui quand on veut se faire passer pour un candidat à l’adoption.... Vianello, son adjoint, enquête de son côté sur une escroquerie à la sécurité sociale impliquant des médecins et des pharmaciens.
    Le talent de Donna Leon c’est de nous mener tranquillement, Brunetti est un homme lettré, fin, intelligent et l’accompagner dans son enquête est fort agréable. Un petit coup de morale , un petit coup d’érudition et hop c’est enlevé.
    Ah j’oubliais, ici aussi vous pouvez prendre quelques leçons de cuisine, je ne sais pas comment se débrouille Mme Brunetti mais elle assure question recettes, donc prévoyez à côté de vous un petit verre de quelque chose et deux ou trois antipasti, c’est de rigueur.
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    Les ailes du sphinx
    Les ailes du sphinx de Andrea Camilleri ()
     
    Pour changer un peu des polars du nord qui envahissent nos étagères ( pour notre plaisir quand même!) je vous propose une balade italienne.
    Rien de bien original mais des valeurs sûres, sympathiques et gastronomiques, ce n’est pas un programme à dédaigner
    Montalbano d’abord, le commissaire né de la plume d’Andrea Camilleri, je lis ses aventures depuis sa création, avec des hauts et des bas et quelques franches réussites. Ce que j’aime chez lui c’est qu’entre une autopsie et un interrogatoire il vous fourgue une recette pour cuire les rougets ou mitonner une caponata, remarquez il a pas grand mérite car il a une cuisinière à sa dévotion.
    Bon alors aujourd’hui il joue les Nabokov en enquêtant sur de jeunes demoiselles qui portent le tatouage d’un sphinx sur le corps et que les demoiselles en question ont la fâcheuse idée de mourir ou de disparaître.
    Comme on est en Italie et je dirais même plus : on est en Sicile, ces demoiselles ont un lien avec une association caritative bien pensante et bien bien catholique.En parallèle Montabalno recherche un mari disparu qui semble avoir joué les filles de l’air avec une jeunesse mais impossible de lui remettre la main dessus, ce qui ne plait pas à l’épouse éplorée qui se refuse à croire à la vilenie du mari.
    C’est parti pour Montalbano et ses habituels acolytes, enfin doucement car il est maintenant dans les plus de 50 ... donc prudence, surtout que ses amours ne vont pas fort, Livia toujours au nord de l’Italie et lui toujours au sud et depuis quelques temps elle ne donne plus de nouvelles.
    Que vous dire de l’enquête ? C’est bien ficelé, parfois très drôle, parfois très grinçant et comme toujours la langue de Camilleri est un bonheur.
    C’est du polar classique pur et sûr.

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    Nietzsche
    Nietzsche de Michel Onfray
     
    Nietzsche était au programme de l’Université Populaire de Michel Onfray cet été, poursuivre la connaissance du philosophe à travers une BD pourquoi pas ? C' est un pari audacieux que celui de populariser la philosophie, la faire sortir dans la rue mais Michel Onfray n’est plus à une provocation près.
    Maximilien Leroy jeune dessinateur (il est né en 1985) lui ayant envoyé quelques planches à partir d’un scénario écrit par Onfray et édité chez Galilée " L’innocence du devenir" ce fut le début de l’aventure.
    Comme dans une bio classique on voit l’enfance et l’adolescence de Nietzsche, sa rencontre philosophique avec Schopenhauer, la rencontre avec Wagner qui se termine mal, son admiration pour Bizet, la célèbre scène avec Paul Rée et Lou Salomé qui joue du fouet. Les personnages qui vont jalonner sa vie sont très bien présentés, la soeur de Nietzsche qui falsifiera sa pensée et ses écrits au service du nazisme est bien portraiturée. Les paysages qui sont en arrière plan de la vie de ce marcheur permanent : Sils Maria et la fulgurance de l’éternel retour, l'Italie, sont fidèlement rendus jusqu'à l'effondrement final.
    Le texte lui est fait à partir des écrits et de la correspondance de Nietzche, plusieurs planches sont vides de texte mais non de sens, elles expriment très bien la quête du philosophe et son extrême solitude et sa souffrance physique. Parfois un peu trop lente ou un peu trop didactique cette BD a le mérite de mettre un peu de la pensée du philosophe à la portée de tous.
    Collaboration qui fonctionne bien je trouve, le dessin de Le Roy se marie à merveille avec le personnage. Sur son blog Maximilien Le Roy dit "J'ai pris beaucoup de plaisir à cohabiter durant des mois avec ce voyageur solitaire, enflammé misanthrope, surhumain hypocondriaque, apatride et teuton."
    J’avais pris un intérêt certain à la BD tiré de « La Recherche » de Proust, je trouve ici le pari plutôt réussit, ce diable de Michel Onfray ne s’ attirera sûrement pas que des éloges mais ça il est habitué.

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    Roman
    Roman de Vladimir Sorokine
     
    Esturgeon et saumon, caviar pressé et jambon fumé, sandre en aspic et brochet farci, tomates au sel, lactaires délicieux, bolets, pommes macérées, chou aigre aux airelles, tout s’entassait sur des assiettes et des plats à touche-touche, formant un fantastique paysage, au milieu duquel pointaient, ici ou là, les tours de cristal multicolore des carafons de vodka, de vins, de liqueures en tous genres
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    Roman
    Roman de Vladimir Sorokine
     
    Est-ce que j’ai aimé ce livre ? Aimé n’est pas le bon mot.
    Est-ce que je le garderai en mémoire ? Absolument il me sera impossible de l’oublier et pourtant j’ai beaucoup de mal à en faire un résumé tellement ce livre m’a laissé ahurie, hébétée, ayant de la peine à croire ce que je lisais, étant encore aujourd’hui, plusieurs jours après avoir terminé ma lecture, terrifiée par ce texte.

    Tout d’abord il faut vous dire que Roman est le nom du héros, Roman Alexeïevitch pour être précis. Le choix du patronyme est le premier gravillon dans la chaussure glissé par Sorokine mais au début on ne se méfie pas.
    Vous voilà à la fin du XIX ème siècle, dans la Sainte Russie, la Russie éternelle, celle de Tchékhov, de Tolstoï, de Tourgueniev.
    Tout le roman russe défile pendant 500 pages, avec maestria Sorokine convoque tous les grands écrivains, toute " l’âme Russe " et il le fait avec une habileté diabolique. On est pris, on s’attache aux personnages, on lit avec bonheur des pages de description d’une nature magnifique.

    Roman, est un jeune aristocrate qui lassé d’être avocat revient dans la propriété où il a passé son enfance. Un retour aux sources, il revient vers la superbe Zoïa dont il est amoureux fou mais qui peut être ne l’a pas attendu.
    Il a décidé de consacré sa vie à la peinture. Toute la famille est heureuse de le voir, les oncles, les tantes, les cousins, le vieil instituteur, le docteur, le père Agathon, les voisins, les domestiques, tout le monde lui fait fête.
    On baigne dans une atmosphère plus Russe que Russe, c’est éblouissant, tout est en place, le samovar fume, le héros retrouve le goût des nourritures de son enfance
    Après les gourmandises c’est le retour à la nature qui va combler Roman " le jardin était obscur et frais. C’était une douce nuit de printemps, au ciel bas, dans les tons de violet foncé, effleuré ça et là par des étincelles d’étoiles que l’on distinguait à peine" La passion de la chasse lui revient " il marchait, scrutant ces lieux si familiers et si chers que son coeur cessait de battre dans sa poitrine et que des larmes lui montaient aux yeux."
    C’est romanesque à souhait non ? Bien sûr Zoïa l’ingrate l’a oubliée, deuxième petit gravier semé par Sorokine, mais elle est vite oubliée au profit de Tatiana, la magnifique Tatiana, qui bien que de condition modeste comble toutes les attentes, foin de la différence de milieu et de fortune.
    Voilà vous avez lu plus de 400 pages, et vous commencez à trouver qu’il y a quelque chose d’étrange dans ce récit, l’auteur serait-il en train de vous piéger ? Mais non, soulagement tout s’accélère soudain, un accident de chasse, la préparation d’un mariage, vite, vite, tout doit se faire rapidement , tellement rapidement que vous ne voyez pas la fêlure, du moins vous ne la comprenez pas vraiment, et c’est fini pour vous, vous êtes livré à Sorokine pieds et poings liés.
    Il vous reste 100 pages à lire, le récit devient apocalyptique, sidérant, l’écriture se fragmente, les mots volent en éclats, vous continuez de lire un peu hypnotisé mais stupéfait, effaré, jusqu’au dénouement.

    A lire les critiques, Sorokine est présenté comme un auteur qui dérange, comme l’enfant terrible des lettres russes, c’est vraiment peu dire ! Il dit de son roman " C’est un livre sur la mort, et le crépuscule d’une civilisation, celle de l’ancienne Russie", je dirais que l’auteur fait exploser cette image à coup de mots avec une puissance extraordinaire.
    La quatrième de couverture évoque une maestria éblouissante, un dénouement stupéfiant laissant le lecteur effaré, et bien pour une fois c’est en dessous de la vérité.
    Un roman fou, halluciné, un roman choquant, inquiétant mais en même temps remarquable et inoubliable. Ames sensibles s’abstenir !
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  • ivredelivres emporterait ce livre sur une île déserte

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    Le 09/08/2010

  • ivredelivres a ajouté une photo de Fernando Marias

    Fernando Marias
     
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  • ivredelivres a ajouté une photo de Fernando Marias

    Fernando Marias
     
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    Colin Thubron
     
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    Arno Surminski
     
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     Leonid Nikolaïevitch Andreiev
    Leonid Nikolaïevitch Andreiev
     
    Léonid Andreïev (1871-1919) publie son premier récit en 1898, après des études de droit. Chroniqueur, journaliste, homme de théâtre, il laisse plus de cinquante nouvelles ou courts romans. Les Sept Pendus, publié en 1908, reste l’un des plus célèbres.
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    Gilles Germain
     
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     Fuster
     
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    Susanna Rowson
     
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