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Citations de Gérard de Nerval (223)

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  • Par LydiaB, le 01/06/2010

    Les filles du feu - Les chimères de Gérard de Nerval

    Les Filles du feu ; Octavie.

    Ce fut au printemps de l’année 1835 qu’un vif désir me prit de voir l’Italie. Tous les jours en m’éveillant j’aspirais d’avance l’âpre senteur des marronniers alpins ; le soir, la cascade de Terni, la source écumante du Teverone jaillissaient pour moi seul entre les portants éraillés des coulisses d’un petit théâtre… Une voix délicieuse, comme celle des syrènes, bruissait à mes oreilles, comme si les roseaux de Trasimène eussent tout à coup pris une voix… il fallut partir, laissant à Paris un amour contrarié, auquel je voulais échapper par la distraction.

    C’est à Marseille que je m’arrêtai d’abord. Tous les matins, j’allais prendre les bains de mer au Château-Vert, et j’apercevais de loin en nageant les îles riantes du golfe. Tous les jours aussi, je me rencontrais dans la baie azurée avec une jeune fille anglaise, dont le corps délié fendait l’eau verte auprès de moi. Cette fille des eaux, qui se nommait Octavie, vint un jour à moi toute glorieuse d’une pêche étrange qu’elle avait faite. Elle tenait dans ses blanches mains un poisson qu’elle me donna.

    Je ne pus m’empêcher de sourire d’un tel présent. Cependant le choléra régnait alors dans la ville, et pour éviter les quarantaines, je me résolus à prendre la route de terre. Je vis Nice, Gênes et Florence ; j’admirai le Dôme et le Baptistère, les chefs-d’œuvre de Michel-Ange, la tour penchée et le Campo-Santo de Pise. Puis, prenant la route de Spolette, je m’arrêtai dix jours à Rome. Le dôme de Saint-Pierre, le Vatican, le Colisée m’apparurent ainsi qu’un rêve. Je me hâtai de prendre la poste pour Civita-Vecchia, où je devais m’embarquer. — Pendant trois jours, la mer furieuse retarda l’arrivée du bateau à vapeur. Sur cette plage désolée où je me promenais pensif, je faillis un jour être dévoré par les chiens. — La veille du jour où je partis, on donnait au théâtre un vaudeville français. Une tête blonde et sémillante attira mes regards. C’était la jeune Anglaise qui avait pris place dans une loge d’avant-scène. Elle accompagnait son père, qui paraissait infirme, et à qui les médecins avaient recommandé le climat de Naples.

    Le lendemain matin je prenais tout joyeux mon billet de passage. La jeune Anglaise était sur le pont, qu’elle parcourait à grands pas, et impatiente de la lenteur du navire, elle imprimait ses dents d’ivoire dans l’écorce d’un citron : — Pauvre fille, lui dis-je, vous souffrez de la poitrine, j’en suis sûr, et ce n’est pas ce qu’il faudrait. Elle me regarda fixement et me dit : — Qui l’a appris à vous ? — La sibylle de Tibur, lui dis-je sans me déconcerter. — Allez ! me dit-elle, je ne crois pas un mot de vous.

    Ce disant, elle me regardait tendrement et je ne pus m’empêcher de lui baiser la main. — Si j’étais plus forte, dit-elle, je vous apprendrais à mentir !… Et elle me menaçait, en riant, d’une badine à tête d’or qu’elle tenait à la main.

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  • Par lauravanelcoytte, le 18/12/2008

    Nerval : Oeuvres complètes, tome 1 de Gérard de Nerval

    Les papillons
    I

    De toutes les belles choses
    Qui nous manquent en hiver,
    Qu'aimez-vous mieux ? - Moi, les roses ;
    - Moi, l'aspect d'un beau pré vert ;
    - Moi, la moisson blondissante,
    Chevelure des sillons ;
    - Moi, le rossignol qui chante ;
    - Et moi, les beaux papillons !

    Le papillon, fleur sans tige,
    Qui voltige,
    Que l'on cueille en un réseau ;
    Dans la nature infinie,
    Harmonie
    Entre la plante et l'oiseau !...

    Quand revient l'été superbe,
    Je m'en vais au bois tout seul :
    Je m'étends dans la grande herbe,
    Perdu dans ce vert linceul.
    Sur ma tête renversée,
    Là, chacun d'eux à son tour,
    Passe comme une pensée
    De poésie ou d'amour !

    Voici le papillon "faune",
    Noir et jaune ;
    Voici le "mars" azuré,
    Agitant des étincelles
    Sur ses ailes
    D'un velours riche et moiré.

    Voici le "vulcain" rapide,
    Qui vole comme un oiseau :
    Son aile noire et splendide
    Porte un grand ruban ponceau.
    Dieux ! le "soufré", dans l'espace,
    Comme un éclair a relui...
    Mais le joyeux "nacré" passe,
    Et je ne vois plus que lui !

    II

    Comme un éventail de soie,
    Il déploie
    Son manteau semé d'argent ;
    Et sa robe bigarrée
    Est dorée
    D'un or verdâtre et changeant.

    Voici le "machaon-zèbre",
    De fauve et de noir rayé ;
    Le "deuil", en habit funèbre,
    Et le "miroir" bleu strié ;
    Voici l'"argus", feuille-morte,
    Le "morio", le "grand-bleu",
    Et le "paon-de-jour" qui porte
    Sur chaque aile un oeil de feu !

    Mais le soir brunit nos plaines ;
    Les "phalènes"
    Prennent leur essor bruyant,
    Et les "sphinx" aux couleurs sombres,
    Dans les ombres
    Voltigent en tournoyant.

    C'est le "grand-paon" à l'oeil rose
    Dessiné sur un fond gris,
    Qui ne vole qu'à nuit close,
    Comme les chauves-souris ;
    Le "bombice" du troëne,
    Rayé de jaune et de vent,
    Et le "papillon du chêne"
    Qui ne meurt pas en hiver !...

    Voici le "sphinx" à la tête
    De squelette,
    Peinte en blanc sur un fond noir,
    Que le villageois redoute,
    Sur sa route,
    De voir voltiger le s

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  • Par colimasson, le 27/08/2015

    Aurélia de Gérard de Nerval

    Qu’avais-je fait ? J’avais troublé l’harmonie de l’univers magique où mon âme puisait la certitude d’une existence immortelle. J’étais maudit peut-être pour avoir voulu percer un mystère redoutable en offensant la loi divine ; je ne devais plus attendre que la colère et le mépris ! Les ombres irritées fuyaient en jetant des cris et traçant dans l’air des cercles fatals, comme les oiseaux à l’approche d’un orage.

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  • Par michfred, le 31/07/2015

    Les Chimères de Gérard de Nerval

    Le christ aux Oliviers

    En cherchant l'oeil de Dieu, je n'ai vu qu'une orbite
    Vaste, noire et sans fond, d'où la nuit qui l'habite
    Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours ;

    Un arc-en-ciel étrange entoure ce puits sombre,
    Seuil de l'ancien chaos dont le néant est l'ombre,
    Spirale engloutissant les Mondes et les Jours. "

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  • Par michfred, le 31/07/2015

    Les Chimères de Gérard de Nerval

    Delfica
    Ils reviendront, ces dieux que tu pleures toujours !
    Le temps va ramener l'ordre des anciens jours ;
    La terre a tressailli d'un souffle prophétique...

    Cependant la sibylle au visage latin
    Est endormie encor sous l'arc de Constantin
    - Et rien n'a dérangé le sévère portique.

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  • Par michfred, le 31/07/2015

    Les Chimères de Gérard de Nerval

    Je sais pourquoi là-bas le volcan s'est rouvert...
    C'est qu'hier tu l'avais touché d'un pied agile,
    Et de cendres soudain l'horizon s'est couvert.

    Depuis qu'un duc normand brisa tes dieux d'argile,
    Toujours, sous les rameaux du laurier de Virgile,
    Le pâle hortensia s'unit au myrte vert !

    Myrthô

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  • Par Virgule-Magazine, le 17/06/2015

    Les Filles du feu / Petits Châteaux de Bohême / Odelettes de Gérard de Nerval

    Dans les bois

    Au printemps l'oiseau naît et chante :

    N'avez-vous pas ouï sa voix ?... 

    Elle est pure, simple et touchante,

    La voix de l'oiseau - dans les bois !



    L'été, l'oiseau cherche l'oiselle ;

    Il aime - et n'aime qu'une fois ! 

    Qu'il est doux, paisible et fidèle,

    Le nid de l'oiseau - dans les bois !



    Puis quand vient l'automne brumeuse,

    Il se tait... avant les temps froids. 

    Hélas ! qu'elle doit être heureuse

    La mort de l'oiseau - dans les bois !

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  • Par errowen21, le 20/12/2014

    Aurélia Les Chimères La Pandora : Aurélia suivi de Lettres à Jenny Colon, de La Pandora et de Les Chimères de Gérard de Nerval

    Quoi qu'il en soit, je crois que l'imagination humaine n'a rien inventé qui ne soit vrai, dans ce monde ou dans les autres, et je ne pouvais douter de ce que j'avais vu si distinctement. Une idée terrible me vint : l'homme est double, me dis-je.

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  • Par coco4649, le 19/04/2014

    Poésies - Petits châteaux de Bohême - Les nuits d'octobre - de Gérard de Nerval

    AVRIL

    Déjà les beaux jours, ― la poussière,
    Un ciel d'azur et de lumière,
    Les murs enflammés, les longs soirs ; ―
    Et rien de vert : ― à peine encore
    Un reflet rougeâtre décore
    Les grands arbres aux rameaux noirs !

    Ce beau temps me pèse et m'ennuie.
    ― Ce n'est qu'après des jours de pluie
    Que doit surgir, en un tableau,
    Le printemps verdissant et rose,
    Comme une nymphe fraîche éclose
    Qui, souriante, sort de l'eau.

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  • Par steka, le 27/02/2014

    Voyage en Orient de Gérard de Nerval

    En pénétrant dans les rues sombres que forment les hautes maisons de Beyrouth, bâties toutes comme de forteresses, et que relient çà et là des passages voûtés, je retrouvai le mouvement, suspendu pendant les heures de la sieste.

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  • Par Ninochka, le 25/10/2013

    Les filles du feu - Les chimères de Gérard de Nerval

    Ceux qui ne sont pas chasseurs ne comprennent point assez la beauté des paysages d'automne. - En ce moment, malgré la brume du matin, nous apercevons des tableaux dignes des grands maîtres flamands. Dans les châteaux et dans les musées, on retrouve encore l'esprit des peintres du Nord. Toujours des points de vue aux teintes roses ou bleuâtres dans le ciel, aux arbres à demi effeuillés, - avec des champs dans le lointain ou sur le premier plan des scènes champêtres.
    Le voyage à Cythère de Watteau a été conçu dans les brumes transparentes et colorées de ce pays. C'est une Cythère calquée sur un îlot de ces étangs créés par les débordements de l'Oise et de l'Aisne, - ces rivières si calmes et si paisibles en été.

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  • Par Ninochka, le 25/10/2013

    Les filles du feu - Les chimères de Gérard de Nerval

    La langue des paysans eux-mêmes est du plus pur français, à peine modifié par une prononciation où les désinences des mots montent au ciel à la manière du chant de l'alouette... Chez les enfants cela forme comme un ramage. Il y a aussi dans les tournures de phrases quelque chose d'italien, - ce qui tient sans doute au long séjour qu'ont fait les Médicis et leur suite florentine dans ces contrées, divisées autrefois en apanages royaux et princiers.

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  • Par Jcequejelis, le 23/06/2013

    Poésies - Petits châteaux de Bohême - Les nuits d'octobre - de Gérard de Nerval

    Epitaphe

    Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
    Tour à tour amoureux insoucieux et tendre,
    Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
    Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.

    C'était la Mort! Alors il la pria d'attendre
    Qu'il eut posé le point à son dernier sonnet;
    Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre
    Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.

    Il était paresseux, à ce que dit l'histoire,
    Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire.
    Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.

    Et quand vint le moment où, las de cette vie,
    Un soir d'hiver, enfin l'âme lui fut ravie,
    Il s'en alla disant : " Pourquoi suis-je venu? "

    869 - [Le Livre de poche n° 1226, p. 66]

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  • Par Acerola13, le 02/05/2013

    Les Chimères de Gérard de Nerval

    Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché ;
    Et comme un œil naissant couvert par ses paupières,
    Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres !

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  • Par 11livresalire, le 10/06/2012

    Poésies - Petits châteaux de Bohême - Les nuits d'octobre - de Gérard de Nerval

    Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
    Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
    Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé
    Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

    Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
    Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

    Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
    Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
    J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

    Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
    Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
    Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée

    .....

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  • Par marina53, le 22/05/2012

    Aurélia de Gérard de Nerval

    Le rêve est une seconde vie.

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  • Par marina53, le 22/05/2012

    Aurélia de Gérard de Nerval

    Le sommeil occupe un tiers de notre vie. Il est la consolation des peines de nos journées ou la peine de leurs plaisirs.

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  • Par marina53, le 22/05/2012

    Aurélia de Gérard de Nerval

    Je crois que l'imagination humaine n'a rien inventé qui ne soit vrai, dans ce monde ou dans les autres.

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  • Par Meduzantic, le 06/04/2012

    Les filles du feu - Les chimères de Gérard de Nerval

    Quoi qu'on puisse dire philosophiquement, nous tenons au sol par bien des liens. On n'emporte pas les cendres de ses pères à la semelle de ses souliers, - et le plus pauvre garde quelque part un souvenir sacré qui lui rappelle ceux qui l'ont aimé.

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  • Par editionsdelabatjour, le 01/11/2010

    Aurélia de Gérard de Nerval

    Avec le temps, la passion des grands voyages s’éteint, à moins qu’on n’ait voyagé assez longtemps pour devenir étranger à sa patrie.

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