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> Michel Brix (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253146234
Éditeur : Le Livre de Poche (1999)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 125 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Une dame que j'avais aimée longtemps et que j'appellerai du nom d'Aurélia, était perdue pour moi.
Peu importent les circonstances de cet événement qui devait avoir une si grande influence sur ma vie. Chacun peut chercher dans ses souvenirs l'émotion la plus nav... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par zaphod, le 12 mai 2014

    zaphod
    Voici un petit texte sur lequel je suis tombé par hasard, attiré par le titre. Je n'avais pas spécialement l'intention de lire du Gérard de Nerval, et je n'ai pas le projet d'en relire prochainement.
    Mais je m'imaginais stupidement y retrouver l'écho de certaines anciennes mésaventures personnelles qui me poursuivent encore.

    Et effectivement, le début du texte me semblait très prometteur.

    "Une dame que j'avais aimée longtemps et que j'appellerai du nom d'Aurélia, était perdue pour moi. Peu importent les circonstances de cet événement qui devait avoir une si grande influence sur ma vie. Chacun peut chercher dans ses souvenirs l'émotion la plus navrante, le coup le plus terrible frappé sur l'âme par le destin ; il faut alors se résoudre à mourir ou à vivre : - je dirai plus tard pourquoi je n'ai pas choisi la mort."

    Malheureusement, la suite n'est qu'un récit méthodique et souvent ennuyeux d'un délire mystique induit par la maladie mentale.
    C'est triste de se dire que Nerval à finalement basculé du côté de la mort, et à mis fin à ses jours, laissant ce livre inachevé.
    Le texte est émouvant par moments, mais je n'ai pas trouvé que c'était une réussite d'un point de vue littéraire.
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    • Livres 5.00/5
    Par VACHARDTUAPIED, le 08 avril 2013

    VACHARDTUAPIED
    « le rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoires ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l'image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l'instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l'œuvre de l'existence. »
    Ainsi s'ouvre le livre. Sous titré « le rêve et la vie », « Aurélia » est le récit halluciné et pourtant parfaitement maîtrisé et conscient de l'implication « réelle » du rêve dans la vie ou, plutôt et plus exactement, le récit de ce que Nerval appelle « l'épanchement du songe dans la vie réelle ». Cet « épanchement » extraordinaire du fantasmatique onirique dans la banalité concrète du quotidien a trouvé l'occasion de sa manifestation dans la conjugaison du désamour d'« Aurélia » pour Nerval et de l'accès de folie dont ce dernier, à la même époque, fit les frais et qui, avant qu'il put achever cette œuvre, eut raison de lui en poussant l'auteur à se suicider en se pendant aux barreaux d'une grille de la rue de la Vieille-lanterne à Paris. La perte, d'abord sentimentale (puisqu'elle se maria à un autre) et ensuite définitive (puisqu'elle mourut), de celle qu'il appela littérairement « Aurélia » (de son vrai nom Jenny Colon), fut convertie, par le biais de l'alchimie poétique de la psyché nervalienne, en un trésor de présence là où la déréliction de cet amour se métamorphosa en une élévation stellaire au sens où la femme aimée devint étoile scintillante éclairant et guidant le poète dans les pérégrinations nocturnes de sa folie.
    A travers la figure aimée, celle qui fut la muse et l'orient De Nerval dans l'assombrissement de sa raison, et à travers le texte qui porte son nom, à savoir « Aurélia », l'auteur tenta, avant Nietzsche et bien avant Freud, de saisir la relation finalement étroite et singulièrement rationnelle qui lie le rêve à la vie dans l'espoir, sans doute, de compléter « l'alphabet magique », que les sciences humaines ne nous livrent que partiellement, et qui, par la compréhension de cette seconde vie qu'est le rêve, permettrait une interprétation plus lucide de notre existence ainsi restituée dans son intégralité et dans la plénitude de son acception : « Toutefois, me disais-je, il est sûr que ces sciences sont mélangées d'erreurs humaines. L'alphabet magique, l'hiéroglyphe mystérieux ne nous arrivent qu'incomplets et faussées soit par le temps, soit par ceux-là même qui ont intérêt à nôtre ignorance ; retrouvons la lettre perdue ou le signe effacé, recomposons la gamme dissonante, et nous prendrons force dans le monde des esprits. ».
    Le projet nervalien est à la fois inédit en ce qu'il s'attache à pénétrer les arcanes de nos songes pour en révéler le chiffre et profondément novateur en ce qu'il s'évertue à rendre compte de l'existence spectrale qui en découle et qui occupe, puisque nous dormons nécessairement, un tiers de notre vie. Inédit et novateur, en effet, car si Nerval écrit que nous avons à « prendre » et non à « re-prendre » force dans le monde des esprits, c'est que nous sommes à l'aube, et pour longtemps encore peut être, d'une conquête sur nous-mêmes qui nous permettra enfin d'accéder au monde des esprits auquel seuls les poètes et les penseurs qui ont su sonder les tréfonds de l'âme humaine savent bien que nous appartenons. Il ne s'agit donc pas ici d'un exercice littéraire qui viserait, par l'artifice de l'écriture, à révéler l'ombilic de la réalité, ce point originaire témoignant de l'entrelacement mystérieux du rêve et de la vie, mais il s'agit de répondre fondamentalement à l'exigence profonde de la littérature et à ce que Nerval appelle la « mission » de l'écrivain : « Si je ne pensais que la mission d'un écrivain est d'analyser sincèrement ce qu'il éprouve dans les graves circonstances de la vie, et si je ne me proposais un but que je crois utile, je m'arrêterais ici, et je n'essaierais pas de décrire ce que j'éprouvai ensuite dans une série de visions insensées peut-être, ou vulgairement maladives… ».
    Pour répondre à cette exigence de la littérature et se conformer à la vocation de l'écrivain qui intime une sincérité absolue lorsqu'il est question de l'explicitation de ce qui se trame ombreusement dans l'âme humaine lorsque la raison songeuse confine à la folie, Nerval donne un tour magistral à sa parole, entendez son écriture, en convoquant toutes les ressources et puissances dont la langue dispose afin de dire ce que, pourtant, seul le silence de la nuit semble être en mesure de montrer. C'est ainsi que la magnifique prose nervalienne rappelle, par bien des traits, la somptueuse parole apocalyptique de Saint Jean ou encore la splendeur de l'expérience mystique d'Er le pamphylien relatée par Platon à la toute fin de sa « République ». Hauteur du verbe, beauté des images, inspiration poétique, intelligence des choses et des symboles, sublime élégance du style, Nerval semble être de ces auteurs sur le berceau desquels les fées se sont penchées et dont on ne peut même pas regretter qu'il fut, par les Parques, condamné, dès l'abord sans doute, à la folie, étant donné que la folie est le tribut que doit payer le poète à la raison s'il veut pouvoir traverser en vérité le fleuve de la réalité et de la vie. Je dois confesser que je n'avais jamais lu Nerval mais je sais aujourd'hui et dorénavant que je le lirai.
    Hervé Bonnet


    Lien : http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2012/02/24/gerard-de-nerval-%C..
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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 18 mai 2011

    zohar
    Les livres de G.Nerval, qui apparaissent comme des essais, revêtent surtout un aspect expérimental. Il est continuellement en quête d'un savoir qui se dérobe.
    C'est ce qui explique, peut-être, la démarche qu'il utilise dans Aurélia : il s'agit pour lui de recueillir avec soin les différents éléments oniriques, de les analyser, et de les interpréter ensuite.
    Quelle est donc la substantifique moelle de ce roman ?
    Ici, le narrateur est en quête d'identité : Nerval tente de reconstruire l'unité de son moi fragmenté entre le passé et le présent, mais aussi, entre la réalité et le rêve dont il est (surtout) question dans ce livre.
    Justement, dans cette œuvre, Nerval véhicule une conception de la femme reposant sur l'absolu. de même qu'il tente de trouver son unité, il tente de réduire à l'unité les multiples visages de l'idéal (de son idéal) féminin.
    Et ces deux unités sont, par voie de conséquence, complémentaires ! Elles constituent le couple « narrateur-destin ».
    Dans Aurélia cette fusion est visible. L'étoile Aurélia est le « destin-narrateur ». Elle est la figure de l'image insaisissable d'un amour absolu. Tel Orphée, le poète tente d'arracher Aurélia à la mort en descendant aux Enfers.
    C'est là la dernière étape et démarche de reconstruction de l'unité qui établit cette fois des liens entre la vie et l'au-delà.
    Par extension, n'est-ce pas là une preuve de l'union intime entre l'œuvre et la vie de Gérard de Nerval, entre la fiction et la réalité, ou encore entre le rêve et la vie ?
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    • Livres 4.00/5
    Par Philippe67, le 31 octobre 2012

    Philippe67
    Ce n'est pas facile de parler de ce livre (surtout après avoir lu la critique de Zohar), Nerval nous entraine dans son monde entre rêve et réalité, mais où est la limite.
    Lre style a certe un peu vieilli mais c'est très beau et ça participe à nous entrainer dans cet autre époque.
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    • Livres 5.00/5
    Par Acerola13, le 11 mai 2013

    Acerola13
    Courte histoire d'amour narrée à la première personne, Aurélia conte la passion d'un homme pour une jeune femme. Ecrite sur les conseils d'un médecin, cette nouvelle doit aider l'auteur, Gérard de Nerval, à expulser ses pulsions oniriques et ses visions étranges ; que l'on retrouve sans cesse au cours du récit, qui alterne tant et si bien réalité et imaginaire, moments présents et reves, que l'on perd totalement tout repère, comme le narrateur qui ne sait plus s'il vit réellement ses reves ou si ceux-ci ne sont que souvenirs.
    Un essai typique du fantastique, qui plonge le lecteur dans un profond désarroi, mais sans pour autant le répugner : le style et la plume De Nerval sont tout simplement extraordinaires, riches et complexes. Un vrai plaisir de lecture.
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Citations et extraits

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  • Par LydiaB, le 31 mai 2010

    Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres : – le monde des Esprits s’ouvre pour nous.

    Swedenborg appelait ces visions Memorabilia ; il les devait à la rêverie plus souvent qu’au sommeil ; l’Ane d’or d’Apulée, la Divine Comédie de Dante, sont les modèles poétiques de ces études de l’âme humaine. Je vais essayer, à leur exemple, de transcrire les impressions d’une longue maladie qui s’est passée tout entière dans mon esprit ; – et je ne sais pourquoi je me sers de ce terme maladie, car jamais, quant à ce qui est de moi-même, je ne me suis senti mieux portant. Parfois, je croyais ma force et mon activité doublées ; il me semblait tout savoir, tout comprendre ; l’imagination m’apportait des délices infinies. En recouvrant ce que les hommes appellent la raison, faudra-t-il regretter de les avoir perdues... ?
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  • Par Bibalice, le 08 octobre 2010

    Mon ami m'avait quitté, voyant ses efforts inutiles, et me croyant sans doute en proie à quelque idée fixe que la marche calmerait. Me trouvant seul, je me levai avec effort et me remis en route dans la direction de l'étoile sur laquelle je ne cessais de fixer les yeux. Je chantais en marchant un hymne mystérieux dont je croyais me souvenir comme l'ayant entendu dans quelque autre existence, et qui me remplissait d'une joie ineffable. En même temps, je quittais mes habits terrestres et je les dispersais autour de moi. La route semblait s'élever toujours et l'étoile s'agrandir. Puis je restai les bras étendus, attendant le moment où l'âme allait se séparer du corps, attirée magnétiquement dans le rayon de l'étoile. Alors, je sentis un frisson ; le regret de la terre et de ceux que j'y aimais me saisit au coeur, et je suppliai si ardemment en moi-même l'Esprit qui m'attirait à lui, qu'il me sembla que je redescendais parmi les hommes.
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  • Par solasub, le 21 janvier 2012

    Tout vit, tout agit, tout se correspond ; les rayons magnétiques émanés de moi-même et des autres traversent sans obstacle la chaîne infinie des choses créées ; c'est un réseau transparent qui couvre le monde, et dont les fils déliés se communiquent de proche en proche aux planètes et aux étoiles.

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  • Par marina53, le 23 mai 2012

    Dans les rêves, on ne voit jamais le soleil, bien qu'on ait la perception d'une clarté beaucoup plus vive. Les objets et les corps sont lumineux par eux-mêmes.

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  • Par Acerola13, le 12 mai 2013

    Non ! Disais-je, je n'appartiens à ton ciel. Dans cette étoile sont ceux qui m'attendent. Ils sont antérieurs à la révélation que tu as annoncée. Laise moi les rejoindre, car celle que j'aime leur appartient, et c'est là que nous devons nous retrouver.

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La main enchantée
Fidèles à l'esprit de la nouvelle de Gérard de NERVAL, l'adaptation et la réalisation de Michel SUBIELA reconstituent l'ambiance colorée de la Renaissance, dans les ruelles du vieux Lyon. La main enchantée, propriété de maître Gonin, le magicien, n'obéit qu'à lui seul. Elle lui permet d'ouvrir sans clefs toutes les portes, elle vole, et même, elle tue... - Un jour, Eustache, le...








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