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> Michel Brix (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253146234
Éditeur : Le Livre de Poche (1999)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 160 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Une dame que j'avais aimée longtemps et que j'appellerai du nom d'Aurélia, était perdue pour moi.
Peu importent les circonstances de cet événement qui devait avoir une si grande influence sur ma vie. Chacun peut chercher dans ses souvenirs l'émotion la plus nav... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 15 août 2015

    colimasson
    Aurélia est d'abord un projet clinique. Gérard de Nerval, ravi des séjours qu'il passait à la clinique du Docteur Blanche (il appelait ce lieu le « Paradis ») avait décidé de faire une étude de ses rêves et visions qu'il adresserait au clinicien pour le remercier. le projet prit ensuite la tournure plus littéraire qu'on lui connaît.

    L'écriture de la nouvelle se justifie donc par des fondements très personnels et son objectif clinique initial est de reproduire le processus de « l'épanchement du songe dans la vie réelle ». L'histoire autour d'Aurélia s'inspire de la vie de Gérard de Nerval, de son amour impossible pour Jenny Colon, de sa rencontre avec Marie Pleyel et de la réunion fortuite des deux femmes à Bruxelles. Evoquant la mort d'Aurélia, il en vient à évoquer la mort de sa mère. Ces éléments contaminent le rêve, qui se diffuse à son tour dans la vie. Finalement, ce n'est pas la confusion entre le rêve et la réalité qui trouble le plus, mais la question de savoir si le rêve est une forme de pré-conscience capable d'enrichir la compréhension des événements qui sont perçus par la conscience en éveil. Gérard de Nerval exprime naturellement le potentiel initiatique du rêve lorsqu'il éblouit de l'intérieur. le rêve a une valeur initiatique : il fait vivre ce que la conscience éveillée n'a jamais eu l'honneur de connaître, il donne la certitude absolue de l'existence d'un autre niveau de réalité.

    A ce point-là du récit, Gérard de Nerval délaisse Aurélia –sa justification individuelle- pour faire la rencontre avec l'archétype, qu'il nomme parfois Âme, ou Esprit, et qui surplombe ses visions oniriques, créateur de ces nuits éternelles où les lunes se succèdent à une allure infinie, où le fluide métallique parcoure les terres pour l'inonder de sa symbolique alchimique. Gérard de Nerval devient ce nouveau monde. Les barrières entre son individu et le reste de l'univers deviennent poreuses –les personnes qui contempleraient de l'extérieur cette fusion de l'homme au monde ont toutes les raisons de sentir que quelque chose leur échappe. Gérard de Nerval préfigurerait ainsi le cas clinique de la schizophrénie –mais on sent que ce n'est pas que cela, et que la nosologie clinique pâtit d'une trop grande modestie pour s'appliquer correctement à tous les cas qui dévient de l'ordinaire.

    « Tout vit, tout agit, tout se correspond ; les rayons magnétiques émanés de moi-même et des autres traversent sans obstacle la chaîne infinie des choses créées ; c'est un réseau transparent qui couvre le monde, et dont les fils déliés se communiquent de proche en proche aux planètes et aux étoiles. »

    Gérard de Nerval a-t-il été prophète sans le savoir ? René Daumal lui voue une admiration éperdue dans un essai écrit en son honneur (« Gérard de Nerval le nyctalope »). Il relie cette nouvelle au Livre des morts égyptien, aux livres sacrés de l'Inde, au Zohar ou à l'occultisme pour sa science du rêve. Les visions de l'espace astral le renvoient aux nadis hindous ; le point de la nuque sur lequel il applique son talisman correspondrait au trou de Brahma ; et le totémisme primitif serait honoré par le rappel du royaume souterrain, par le thème du double prophétique et par la réapparition des aïeux défunts dans le corps d'un animal. Qu'on n'aille pas croire cependant que Gérard de Nerval ne serait qu'un ennuyeux professeur de la Science universelle. On préfère croire qu'il n'était même pas conscient des implications symboliques de ses rêves et visions, mais elles lui apparaissaient spontanément et sans effort, sous un aspect purement charismatique. Et si ce n'est pas seulement le cas, alors Gérard de Nerval a su se retirer humblement pour transmettre cette richesse symbolique sans vouloir faire croire qu'il en est le créateur.

    On peut lire Aurélia pour son histoire mais celle-ci est tellement décousue (la deuxième partie est de reconstruction posthume) qu'il ne faut pas lui chercher beaucoup de cohérence factuelle. On peut lire Aurélia pour la beauté de la langue appliquée à la description d'épisodes qui se passent ailleurs –ni sur ce monde, ni sur un autre mais AILLEURS. On sera alors charmés juste ce qu'il faut pour ne pas jeter Gérard de Nerval aux oubliettes. Mais on peut aussi lire Aurélia dans l'espoir de trouver, transfigurée, une expérience de vision ou de rêve qu'on n'avait jusqu'alors pas su expliquer avec autant de simplicité et d'évidence que ne le fait ici Gérard de Nerval.

    Lien : http://colimasson.blogspot.fr/2015/08/aurelia-ou-le-reve-et-la-vie-1..
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    • Livres 5.00/5
    Par dourvach, le 25 mai 2015

    dourvach
    "Aurélia" est un livre dont on ne sort pas indemne... de relecture en relecture, je l'ai toujours "vécu" comme un conte fantastique particulièrement beau et vaporeux. Une étrange et longue nouvelle découverte à quinze ans, je crois, entre nouvelles et romans de H.-P. Lovecraft, les "Bob Morane" d'Henri Vernes, les contes noirs de Thomas Owen, Jean Ray et Claude Seignolle, et la découverte du "Frankenstein ou le Prométhée moderne" de Mary W. Shelley... Oui, cette fabuleuse (désormais légendaire) collection "Fantastique" des éditions marabout, made in Belgia ! Saviez-vous qu'y figurait "Aurélia" d'un certain Gérard de Nerval ? Ou alors l'ai-je rêvé ? Possible, après tout...
    Et puis -- comme après la découverte de certaines nouvelles ("Dagon"), de certains titres ("La couleur tombée du ciel") ou de tels ou tels récits totalement oniriques ("Démons et merveilles") du "marginal" Howard-Philip Lovecraft -- cette impression de malaise tenace qu'il nous laisse...
    Je me souviens d'une impression similaire laissée par la "Nadja" illustrée d'André Breton : à la fois rêve éveillé et nette sensation de modification de l'état de conscience du lecteur rêvassant au fil des pages...
    Je retrouve aujourd'hui la même impression dans la juxtaposition des 35 photographies noir-et-blanc (au temps de pose infini) et des XV chapitres de "Bruges-la-Morte" de Georges Rodenbach...
    Pourtant l'histoire du narrateur (et celle de l'auteur nous apparaissant en filigrane, se perdant peu à peu dans les labyrinthes de ses graves troubles mentaux) est tragique, terrifiante et sans issue...
    Une sorte de "Horla" intime dictée par les complications neuropsychiques de l'alcoolisme de l'écrivain en lieu et place de la syphilis tertiaire qui vint à bout de la silhouette de taureau de Guy de Maupassant... Nous retenons pourtant les impressions lunaires... la silhouette féminine qui fuit lorsqu'on l'approche (annonçant l'apparition/disparition nosfératuesque de la jeune femme de "Bruges-la-morte" de Rodenbach : double de sa "Disparue").
    Poétique du récit : vie et mort en fusion intime... Matière qui simplement s'échappe et n'existe plus... Car : exister pour quoi faire, et à quoi bon ?
    "Le rêve est une seconde vie" : et cela tombe bien... Car le réel est double, lui aussi, tout comme nos existences précaires. le réel est surtout si "individuel" (Voir ce qu'en a appris l'écrivain Philip K. Dick) : des milliards de "réels" tentent de cohabiter vaille que vaille à cette heure-ci, à la surface de la Terre...
    On sait que Gérard Labrunie "de Nerval" n'a pu survivre à son "Aurélia"... Terminus et oeuvre ultime... Chef d'oeuvre. Un peu comme si "L'Autre Monde", tel un gouffre, s'ouvrait déjà sous nos pieds -- ailés mais fragiles -- de lecteurs ordinaires...

    Lien : http://www.regardsfeeriques.canalblog.com/
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    • Livres 2.00/5
    Par zaphod, le 12 mai 2014

    zaphod
    Voici un petit texte sur lequel je suis tombé par hasard, attiré par le titre. Je n'avais pas spécialement l'intention de lire du Gérard de Nerval, et je n'ai pas le projet d'en relire prochainement.
    Mais je m'imaginais stupidement y retrouver l'écho de certaines anciennes mésaventures personnelles qui me poursuivent encore.

    Et effectivement, le début du texte me semblait très prometteur.

    "Une dame que j'avais aimée longtemps et que j'appellerai du nom d'Aurélia, était perdue pour moi. Peu importent les circonstances de cet événement qui devait avoir une si grande influence sur ma vie. Chacun peut chercher dans ses souvenirs l'émotion la plus navrante, le coup le plus terrible frappé sur l'âme par le destin ; il faut alors se résoudre à mourir ou à vivre : - je dirai plus tard pourquoi je n'ai pas choisi la mort."

    Malheureusement, la suite n'est qu'un récit méthodique et souvent ennuyeux d'un délire mystique induit par la maladie mentale.
    C'est triste de se dire que Nerval à finalement basculé du côté de la mort, et à mis fin à ses jours, laissant ce livre inachevé.
    Le texte est émouvant par moments, mais je n'ai pas trouvé que c'était une réussite d'un point de vue littéraire.
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    • Livres 5.00/5
    Par VACHARDTUAPIED, le 08 avril 2013

    VACHARDTUAPIED
    « le rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoires ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l'image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l'instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l'oeuvre de l'existence. »
    Ainsi s'ouvre le livre. Sous titré « le rêve et la vie », « Aurélia » est le récit halluciné et pourtant parfaitement maîtrisé et conscient de l'implication « réelle » du rêve dans la vie ou, plutôt et plus exactement, le récit de ce que Nerval appelle « l'épanchement du songe dans la vie réelle ». Cet « épanchement » extraordinaire du fantasmatique onirique dans la banalité concrète du quotidien a trouvé l'occasion de sa manifestation dans la conjugaison du désamour d'« Aurélia » pour Nerval et de l'accès de folie dont ce dernier, à la même époque, fit les frais et qui, avant qu'il put achever cette oeuvre, eut raison de lui en poussant l'auteur à se suicider en se pendant aux barreaux d'une grille de la rue de la Vieille-lanterne à Paris. La perte, d'abord sentimentale (puisqu'elle se maria à un autre) et ensuite définitive (puisqu'elle mourut), de celle qu'il appela littérairement « Aurélia » (de son vrai nom Jenny Colon), fut convertie, par le biais de l'alchimie poétique de la psyché nervalienne, en un trésor de présence là où la déréliction de cet amour se métamorphosa en une élévation stellaire au sens où la femme aimée devint étoile scintillante éclairant et guidant le poète dans les pérégrinations nocturnes de sa folie.
    A travers la figure aimée, celle qui fut la muse et l'orient De Nerval dans l'assombrissement de sa raison, et à travers le texte qui porte son nom, à savoir « Aurélia », l'auteur tenta, avant Nietzsche et bien avant Freud, de saisir la relation finalement étroite et singulièrement rationnelle qui lie le rêve à la vie dans l'espoir, sans doute, de compléter « l'alphabet magique », que les sciences humaines ne nous livrent que partiellement, et qui, par la compréhension de cette seconde vie qu'est le rêve, permettrait une interprétation plus lucide de notre existence ainsi restituée dans son intégralité et dans la plénitude de son acception : « Toutefois, me disais-je, il est sûr que ces sciences sont mélangées d'erreurs humaines. L'alphabet magique, l'hiéroglyphe mystérieux ne nous arrivent qu'incomplets et faussées soit par le temps, soit par ceux-là même qui ont intérêt à nôtre ignorance ; retrouvons la lettre perdue ou le signe effacé, recomposons la gamme dissonante, et nous prendrons force dans le monde des esprits. ».
    Le projet nervalien est à la fois inédit en ce qu'il s'attache à pénétrer les arcanes de nos songes pour en révéler le chiffre et profondément novateur en ce qu'il s'évertue à rendre compte de l'existence spectrale qui en découle et qui occupe, puisque nous dormons nécessairement, un tiers de notre vie. Inédit et novateur, en effet, car si Nerval écrit que nous avons à « prendre » et non à « re-prendre » force dans le monde des esprits, c'est que nous sommes à l'aube, et pour longtemps encore peut être, d'une conquête sur nous-mêmes qui nous permettra enfin d'accéder au monde des esprits auquel seuls les poètes et les penseurs qui ont su sonder les tréfonds de l'âme humaine savent bien que nous appartenons. Il ne s'agit donc pas ici d'un exercice littéraire qui viserait, par l'artifice de l'écriture, à révéler l'ombilic de la réalité, ce point originaire témoignant de l'entrelacement mystérieux du rêve et de la vie, mais il s'agit de répondre fondamentalement à l'exigence profonde de la littérature et à ce que Nerval appelle la « mission » de l'écrivain : « Si je ne pensais que la mission d'un écrivain est d'analyser sincèrement ce qu'il éprouve dans les graves circonstances de la vie, et si je ne me proposais un but que je crois utile, je m'arrêterais ici, et je n'essaierais pas de décrire ce que j'éprouvai ensuite dans une série de visions insensées peut-être, ou vulgairement maladives… ».
    Pour répondre à cette exigence de la littérature et se conformer à la vocation de l'écrivain qui intime une sincérité absolue lorsqu'il est question de l'explicitation de ce qui se trame ombreusement dans l'âme humaine lorsque la raison songeuse confine à la folie, Nerval donne un tour magistral à sa parole, entendez son écriture, en convoquant toutes les ressources et puissances dont la langue dispose afin de dire ce que, pourtant, seul le silence de la nuit semble être en mesure de montrer. C'est ainsi que la magnifique prose nervalienne rappelle, par bien des traits, la somptueuse parole apocalyptique de Saint Jean ou encore la splendeur de l'expérience mystique d'Er le pamphylien relatée par Platon à la toute fin de sa « République ». Hauteur du verbe, beauté des images, inspiration poétique, intelligence des choses et des symboles, sublime élégance du style, Nerval semble être de ces auteurs sur le berceau desquels les fées se sont penchées et dont on ne peut même pas regretter qu'il fut, par les Parques, condamné, dès l'abord sans doute, à la folie, étant donné que la folie est le tribut que doit payer le poète à la raison s'il veut pouvoir traverser en vérité le fleuve de la réalité et de la vie. Je dois confesser que je n'avais jamais lu Nerval mais je sais aujourd'hui et dorénavant que je le lirai.
    Hervé Bonnet


    Lien : http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2012/02/24/gerard-de-nerval-%C..
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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 18 mai 2011

    zohar
    Les livres de G.Nerval, qui apparaissent comme des essais, revêtent surtout un aspect expérimental. Il est continuellement en quête d'un savoir qui se dérobe.
    C'est ce qui explique, peut-être, la démarche qu'il utilise dans Aurélia : il s'agit pour lui de recueillir avec soin les différents éléments oniriques, de les analyser, et de les interpréter ensuite.
    Quelle est donc la substantifique moelle de ce roman ?
    Ici, le narrateur est en quête d'identité : Nerval tente de reconstruire l'unité de son moi fragmenté entre le passé et le présent, mais aussi, entre la réalité et le rêve dont il est (surtout) question dans ce livre.
    Justement, dans cette oeuvre, Nerval véhicule une conception de la femme reposant sur l'absolu. de même qu'il tente de trouver son unité, il tente de réduire à l'unité les multiples visages de l'idéal (de son idéal) féminin.
    Et ces deux unités sont, par voie de conséquence, complémentaires ! Elles constituent le couple « narrateur-destin ».
    Dans Aurélia cette fusion est visible. L'étoile Aurélia est le « destin-narrateur ». Elle est la figure de l'image insaisissable d'un amour absolu. Tel Orphée, le poète tente d'arracher Aurélia à la mort en descendant aux Enfers.
    C'est là la dernière étape et démarche de reconstruction de l'unité qui établit cette fois des liens entre la vie et l'au-delà.
    Par extension, n'est-ce pas là une preuve de l'union intime entre l'oeuvre et la vie de Gérard de Nerval, entre la fiction et la réalité, ou encore entre le rêve et la vie ?
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 31 août 2015

    Lorsque l’âme flotte incertaine entre la vie et le rêve, entre le désordre de l’esprit et le retour de la froide réflexion, c’est dans la pensée religieuse que l’on doit chercher des secours ; — je n’en ai jamais pu trouver dans cette philosophie qui ne nous présente que des maximes d’égoïsme ou tout au plus de réciprocité, une expérience vaine, des doutes amers ; — elle lutte contre les douleurs morales en anéantissant la sensibilité ; pareille à la chirurgie, elle ne sait que retrancher l’organe qui fait souffrir.
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  • Par colimasson, le 27 août 2015

    Qu’avais-je fait ? J’avais troublé l’harmonie de l’univers magique où mon âme puisait la certitude d’une existence immortelle. J’étais maudit peut-être pour avoir voulu percer un mystère redoutable en offensant la loi divine ; je ne devais plus attendre que la colère et le mépris ! Les ombres irritées fuyaient en jetant des cris et traçant dans l’air des cercles fatals, comme les oiseaux à l’approche d’un orage.
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  • Par colimasson, le 21 août 2015

    Ce rêve si heureux à son début me jeta dans une grande perplexité. Que signifiait-il ? Je ne le sus que plus tard. Aurélia était morte.

    Je n’eus d’abord que la nouvelle de sa maladie. Par suite de l’état de mon esprit, je ne ressentis qu’un vague chagrin mêlé d’espoir. Je croyais moi-même n’avoir que peu de temps à vivre, et j’étais désormais assuré de l’existence d’un monde où les cœurs aimants se retrouvent. D’ailleurs, elle m’appartenait bien plus dans sa mort que dans sa vie… Égoïste pensée que ma raison devait payer plus tard par d’amers regrets.
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  • Par colimasson, le 19 août 2015

    L’état cataleptique où je m’étais trouvé pendant plusieurs jours me fut expliqué scientifiquement, et les récits de ceux qui m’avaient vu ainsi me causaient une sorte d’irritation quand je voyais qu’on attribuait à l’aberration d’esprit les mouvements ou les paroles coïncidant avec les diverses phases de ce qui constituait pour moi une série d’événements logiques. J’aimais davantage ceux de mes amis qui, par une patiente complaisance ou par suite d’idées analogues aux miennes, me faisaient faire de longs récits des choses que j’avais vues en esprit. L’un d’eux me dit en pleurant : « N’est-ce pas que c’est vrai qu’il y a un Dieu ? — Oui ! » lui dis-je avec enthousiasme.
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  • Par colimasson, le 17 août 2015

    « Je me trouvai sur une côte éclairée de ce jour sans soleil, et je vis un vieillard qui cultivait la terre. Je le reconnus pour le même qui m’avait parlé par la voix de l’oiseau, et, soit qu’il me parlât, soit que je le comprisse en moi-même, il devenait clair pour moi que les aïeux prenaient la forme de certains animaux pour nous visiter sur la terre, et qu’ils assistaient ainsi, muets observateurs, aux phases de notre existence. »

    « — Eh quoi ! dis-je, la terre pourrait mourir, et nous serions envahis par le néant ?

    — Le néant, dit-il, n’existe pas dans le sens qu’on l’entend ; mais la terre est elle-même un corps matériel dont la somme des esprits est l’âme. La matière ne peut pas plus périr que l’esprit, mais elle peut se modifier selon le bien et selon le mal. Notre passé et notre avenir sont solidaires. Nous vivons dans notre race, et notre race vit en nous.

    Cette idée me devint aussitôt sensible, et, comme si les murs de la salle se fussent ouverts sur des perspectives infinies, il me semblait voir une chaîne non interrompue d’hommes et de femmes en qui j’étais et qui étaient moi-même ; les costumes de tous les peuples, les images de tous les pays apparaissaient distinctement à la fois, comme si mes facultés d’attention s’étaient multipliées sans se confondre, par un phénomène d’espace analogue à celui du temps qui concentre un siècle d’action dans une minute de rêve.
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Vidéo de Gérard de Nerval

Émission "Une Vie, Une Œuvre" consacrée à Nerval, diffusée sur France Culture le 24 janvier 2009. Avec la participation de Michel Brix, Florence Delay, Jean-Nicolas Illouz, Jean-Luc Steinmetz.








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