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Par Neivine, le 13/12/2010
Leçons particulières de
Hélène Grimaud
"Lorsqu'on part, on n'abandonne par ses pensées dans une consigne. Même au bout du monde, aux antipodes ou aux tropiques, on reste toujours prisonnier de ses angoisses. L'enfer, ce n'est jamais les autres ; l'enfer, c'est soi-même : la seule personne à laquelle on ne peut échapper."
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Par Mijouet, le 08/01/2013
Variations sauvages de
Hélène Grimaud
[...]
Il y avait néanmoins un endroit où je n'éprouvais pas ce sentiment d'étrangeté. C'était la Camargue, et c'était magique. Un rêve émané de la mer... À quelques heures de voiture à peine, on basculait dans un autre univers, quelque chose de sauvage, d’indompté y triomphait violemment. Passé Arles, quand on prenait la route des Salins ou celle des Saintes-Maries, mon attention se tendait comme un arc. Je sentais mon cœur battre plus fort. Je scrutais le paysage de toutes mes forces, dans l’attente du chemin de terre qui nous mènerait dans les replis secrets du delta
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Hélène Grimaud
La fêlure par laquelle la tristesse se faufile, c'est celle par laquelle vous aurez laissé entrer le monde des apparences et des futilités.
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Par dadotiste, le 30/12/2012
Variations sauvages de
Hélène Grimaud
**L'une des légendes qui m'a le plus frappée, et auxquelles est mêlé le loup, notre héros, est celle de la mandragore. Qu'est-ce qu'une mandragore ?
Un animal ? Une plante ? Plutôt un être entre les deux, à la limite du royaume végétal et du royaume animal. On tente de l'arracher et elle crie - un cri long, lugubre, qui entre dans le corps comme un venin et s'y répand en stridences intolérables. Roméo et Juliette s'affolent de cette plainte ; d'autres en deviennent fous.
De tout temps, elle a intrigué les naturalistes, les philosophes et les mathématiciens. C'est pour elle que Pythagore inventa le nom d'"anthropomorphe" et l'agronome latin Lucius Columelle ce lui de " demi-homme". Selon Pline, la mandragore blanche est mâle, et la noire, bien sûre, femelle. L'odeur des feuilles est si forte que la plupart de ceux qui l'ont respirée sont restés muets.
Elles ont forme humaine ; pour cette raison, la superstition qui veut la mandragore abondante au pied des gibets a eu la vie dure. Brown, dans son "Pseudodoxia epidemica" en 1646, surnomme cette fleur la "graisse des étranglés". En 1913, le romancier populaire Hans Heinz Ewers la qualifie de "semence".
En allemand, elle se dit "Alraune" et autrefois "Alruna", de "runa" qui signifie mystère, chose cachée et q'appliqua ensuite aux caractères du premier alphabet germanique. LE secret tiendrait donc au parfum de ses feuilles ? Absolument, et d'ailleurs, pour le médecin Discorides, la mandragore et l'herbe Circé ne font qu'une. Circé, la sorcière qui veut envoûter Ulysse le rusé. Qu'écrit Homère sur la mandragore ? Livre X : "La racine est noire, mais la fleur est comme le lait. C'est une entreprise difficile pour les hommes de l'arracher du sol, mais les dieux sont tout-puissants."
Les dieux ? Les dieux seulement ? Non, aussi les loups. Pour Pline, il n'existe que deux moyens de cueillir la mandragore. Le premier consiste à tracer autour d'elle trois cercles avec une épée. Il faut alors regarder le ponant et retenir son souffle le plus longtemps possible : son odeur est si forte qu'elle coupe à jamais la parole à ceux qui la respire. Le second, c'est d'apprivoiser un loup pour lui commander d'arracher la fleur. Lui seul peut y parvenir sans provoquer d'innombrables malheurs. Surtout, en mourant - aucun n'a survécu à l'épreuve -, le loup communique aux feuilles de la mandragore ses pouvoirs. Passeur d'éternité, le loup, en rendant son dernier souffle, les fait alors narcotiques et magiques.**
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Par dadotiste, le 30/12/2012
Variations sauvages de
Hélène Grimaud
**Pour se transformer en loup-garou, il faut, impérativement lors d'une nuit de pleine lune, absorber un philtre composé d'aconit, d'opium et de sang de chauve-souris préparé dans une marmite de cuivre. Après s'être brossé la peau avec du savon noir, le candidat à cette métamorphose frotte longuement chaque centimètre de son épiderme qu'il couvre enfin d'une peau de loup fraîchement tué ; alors, les mains armées de griffes d'acier, il attaque d'autres hommes dont il mange la chair pour que la transmutation soit parfaite, complète.
Ainsi, sans doute, cette règle de sorcellerie fut le prélude à la terrifiante histoire de la Bête du Gévaudan, et encore à celles, moins connues, des Bêtes de L'Auxerrois et du Vivarais.**
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Par dadotiste, le 30/12/2012
Variations sauvages de
Hélène Grimaud
**Redouté, le loup était aussi vénéré pour ses qualités médicinales. Comme certaines peuplades dévoraient le foie de leurs ennemis vaincus pour s'approprier son courage, nos aïeux préparaient de nombreux remèdes dont le loup composait l'ingrédient principal. Ainsi, dans les vieux recueils de recettes et les grimoires de sorcellerie, on conseillait aux malades atteints de coliques chroniques de faire griller les oreilles d'un loup, puis de les laisser macérer dans un bouillon de chauve-souris. Avant de les consommer, il était recommandé de laisser infuser et de boire le jus très chaud.
Contre l'épilepsie, un oeil de loup séché pendu en sautoir autour du cou de la malade faisait des miracles. Une dent de loup en cabochon sur la bavette de bébé le préservait des accidents. Le foie séché au four soulageait les maladies hépatiques si on le dévorait, et les verrues si on le posait en cataplasme. Une griffe de loup frottée doucement contre les gencives de l'enfançon aidait la pousse et la vigueur des dents. L langue séchée, portée de la même façon, éloignait les mauvaises langues et les faiseurs de ragots. En prime, elle assurait de bons gains aux jeux.**
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Variations sauvages de
Hélène Grimaud
La musique s'est -elle emparée de moi parce qu'elle le prolongement du silence, ce silence qui la précède toujours qui retentit au cœur du morceau? La musique est l'accès à un ailleurs de la parole, que la parole ne peut pas dire et que le silence dit pourtant, en le taisant. Une musique sans silence, qu'est-ce sinon le bruit?