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Par araucaria, le 18/05/2013
Les Demeurées de
Jeanne Benameur
Dans la cour de l'école, la petite reste seule. Ce que vivent les autres filles ne l'intéresse pas. Elles se parlent, chuchotent, jacassent, crient parfois, des sons aigus qui font se tourner son visage, d'un seul coup.
Elle, ne crie jamais.
Dans la poche de son tablier, elle serre l'unique objet qui la relie au monde des murs grisés, luisants, de la vapeur des légumes bouillis. Lisse, bombée, sa toute petite dent.
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Par FRANGA, le 04/03/2013
Profanes de
Jeanne Benameur
Attendre que le jour décline.
Depuis longtemps la nuit est devenue ma vie préférée. L'obscur me soulage.
Les choses de la vie s'arrêtent, simplement, puisqu'il fait nuit. Et j'ai la sensation que moi aussi je peux m'arrêter. Un peu.
Avoir droit au silence, aux pensées qui reviennent. Au début, c'était avoir droit à la rage, à tout ce que la douleur révèle de soi. Un vertige. Avoir droit à la haine aussi. Pour tous les sacrements qui ne tiennent aucune promesse. Jamais. Combien de fois me suis-je dit Jamais. C'est dans la nuit que j'ai appris qu'il n'y a aucune consolation, non. Jamais jamais. Il y a des choses qu'on ne peut apprendre que la nuit. Il faut bien que tout soit obscur pour oser les penser.
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Par Aifelle, le 18/05/2013
Profanes de
Jeanne Benameur
"Elle a besoin ce soir de s'appuyer à l'humanité discrète et forte de ceux qui lisent. Elle s'attarde à observer l'un ou l'autre, debout, plongé dans la lecture qui l'emporte, le corps encore posé là, devant la table ou les étagères, et déjà hors du monde. Elle les dessine dans sa tête, attend de se fondre peu à peu dans cette drôle de famille, de sentir qu'elle fait aussi complètement partie du navire silencieux et rêveur. Alors ça ira. Il faut qu'elle soit reliée au monde de cette façon avant de retourner à la demande d'Octave Lassalle. Au bouleversement qu'elle pressent."
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Par michoko, le 20/05/2013
Laver les ombres de
Jeanne Benameur
Pieds nus devant la mer, on est toujours une petite fille.
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Par marina53, le 08/01/2013
Un jour mes princes sont venus de
Jeanne Benameur
Je n'ai pas su quitter la paume de sa main. Je t'en prie souffle souffle sur ta main pour que je sois libre. Trouve ton dernier souffle papa, envole-moi.
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Par michoko, le 20/05/2013
Laver les ombres de
Jeanne Benameur
Romilda attend, assise sur son banc. Elle espère.
C'est seulement dans les contes que quelqu’un vient et vous guide.
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Par michoko, le 20/05/2013
Laver les ombres de
Jeanne Benameur
Le plus étroit des chemins a toujours deux sens. Elle l'a toujours su. Mais elle, ne voulait ni avancer ni reculer. Juste se donner l'illusion qu'elle marchait comme les autres, de jour en jour, alors qu'elle tentait de faire tourner en rond le temps.
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Par marina53, le 06/01/2013
Un jour mes princes sont venus de
Jeanne Benameur
Quand mon père est mort. Quand mon père est mort. Une phrase qui commence par ça. Je n'ai pas de suite. Je suis une fille sans suite? Une fille qui n'arrive pas à suivre.
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Par tynn, le 06/05/2013
Les insurrections singulières de
Jeanne Benameur
Il y a des questions qu'on ne pose jamais à ses parents. On a peur de les toucher là où on les sent fragiles.
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Par marina53, le 07/01/2013
Un jour mes princes sont venus de
Jeanne Benameur
J'avais dix-huit ans; je ne savais pas qu'il lui restait si peu à vivre. Je voulais qu'il m'écoute, qu'il me réponde. Que nous nous regardions.
Il m'écoutait un peu.
J'argumentais beaucoup.
Il me regardait un peu. J'aurais tout fait pour le garder sous mes yeux, me garder sous les siens. Mesurer nos regards. Enfin.
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