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Trois hommes, deux chiens et une langouste de
Iain Levison
Mais les informations gâchèrent sa belle humeur. Elles présentaient les discours de campagne de divers candidats et Mitch s’amusa à compter le nombre de fois où il entendait prononcer le mot "liberté". Quel que soit celui pour qui ils roulaient. C’était une sorte de mot magique qui exaltait instantanément n’importe quelle foule de braves crédules.
La liberté, se répète Mitch. Qui donc essaierait de nous réduire en esclavage ? Nous sommes une forteresse militaire à des milliers de kilomètres de quiconque. La plupart des pays du monde se tiennent tranquilles et espèrent que nous ne les remarquions pas, en priant le ciel que les États-Unis ne découvrent jamais sur leur sol un minerai nécessaire au bien-être de l’Américain. Liberté, mon cul. Les seules menaces réelles pour la liberté sont les types qui font ces discours.
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Par Lolokili, le 21/11/2011
Arrêtez-moi là ! de
Iain Levison
« Ne m’appelle pas Bob. Même si la tentation est très forte, tiens-t’en à Robert. »
Je n’arrive pas à savoir si c’est une menace ou une plaisanterie. J’ai la vague impression que quelqu’un qui l’a appelé Bob quand il ne fallait pas est enterré quelque part.
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Par Lolokili, le 21/11/2011
Arrêtez-moi là ! de
Iain Levison
Ma voix est calme et intimidée. Est-ce que mon poste est toujours libre ? Je me sens comme Oliver Twist demandant une autre portion de gruau.
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Par Lolokili, le 21/11/2011
Arrêtez-moi là ! de
Iain Levison
La première chose dont je me souviens c’est l’odeur de l’endroit, celle de l’acier, froide, tenace, qui agressait les sens comme un chien en colère.
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Par AireLibre, le 22/01/2008
Tribulations d'un précaire de
Iain Levison
Au cours des dix dernières années, j’ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J’en ai laissé tomber trente, on m’a viré de neuf, quant aux trois autres, ç’a été un peu confus. C’est parfois difficile de dire exactement ce qui s’est passé, vous savez seulement qu’il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain.
Sans m’en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : “Je suis ouvrier agricole”. Moi, je n’en sais rien. L’autre différence, c’est que Tom Joad n’avait pas fichu 40 000 dollars en l’air pour obtenir une licence de lettres.
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Par Lolokili, le 21/11/2011
Arrêtez-moi là ! de
Iain Levison
Comment un innocent est-il censé se distinguer de ceux qui cherchent seulement à être perçus comme innocents ? Tout coupable d’un tel crime va vouloir imiter mon comportement parce que je suis réellement innocent, alors comment me distinguer de mes imitateurs ?
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Par Eskalion, le 10/04/2011
Arrêtez-moi là ! de
Iain Levison
Quel monde merveilleux ce serait si les ignorants étaient un peu moins sûrs d'eux
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Une canaille et demie de
Iain Levison
Denise avait donné plusieurs surnoms à son stagiaire, mais le seul qui ne contenait pas le mot "foutu" était Wonder Boy, raison pour laquelle elle l'utilisait au bureau. Dit sur le ton de qu'il fallait, il pouvait être interprété comme un compliment et non comme la dérision humiliante que Denise y mettait, et c'était de cette façon qu'elle pouvait insulter ses collègues en face et échangeant des sourires.
Wonder Boy, l'agent Kohl pour les autres, était un jeune homme agréable et intelligent qui allait gravir très vite des échelons de la réussite au FBI parce qu'il était doté de charme, de patience, d'un excellent C.V. et d'un pénis. Denise, à qui ne manquait qu'un seul de ces attributs pour avoir une belle carrière, savait qu'avant d'être à la retraite dans huit ans elle travaillerait pour lui. Elle se montrait donc aimable avec lui de temps en temps, les jours où elle se voyait encore agent du FBI huit ans plus tard, mais ces jours-là se faisait de plus en plus rares à mesure que les mois passaient.
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Par kathel, le 14/03/2011
Trois hommes, deux chiens et une langouste de
Iain Levison
Mitchell Alden était venu au monde avec de nombreux atouts, mais la Malédiction de la Mauvaise Décision les gâchait tous. C’était génétique. Il se revoyait dans la cuisine du Queens où il avait grandi, écoutant son père discuter avec son associé qui essayait de quitter les aérateurs pour investir dans les ordinateurs. Il se rappelait ce qu’il avait dit pour essayer de le convaincre de continuer à vendre des extracteurs de fumée.
« Bon Dieu, je ne sais pas combien de temps va durer cette folie des ordinateurs, mais toute ma vie on fumera dans les bars de New York. »
ça s’était avéré, mais seulement parce que le père de Mitch avait sous-estimé son espérance de vie.
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Par kathel, le 17/04/2009
Tribulations d'un précaire de
Iain Levison
C'est dimanche matin et j'épluche les offres d'emploi. J'y trouve deux catégories de boulots : ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié, et ceux dont je ne veux pas. J'étudie les deux.
Il y a des pages et des pages de la première catégorie, des postes que je n'obtiendrai jamais. Expérience de six ans exigée dans tel et tel domaine, parler couramment le chinois, pouvoir piloter un jet face à une défense antiaérienne, et avoir SIX ANS d'expérience en chirurgie cardiaque. Salaire de départ trente-deux mille dollars. Faxez votre C.V. à Beverly.
Je me demande qui est Beverly et ce qu'elle sait de plus que moi. Pour commencer, elle sait qu'elle reçoit un salaire. Je suis sûr qu'elle n'a aucune des compétences exigées pour le poste, sinon elle l'occuperait au lieu de répondre au téléphone. Si je connaissais personnellement Beverly, est-ce que je pourrais décrocher un boulot quelconque dans l'entreprise où elle travaille ? C'est pour ça qu'on n'indique pas son nom de famille ? Pour décourager les casse-pieds éventuels tels que moi de la harceler dans un bar ? de découvrir des détails sur sa vie privée et de tomber sur elle dans le métro après quatre heures d'attente pour l'inviter ensuite à prendre un verre et lui demander en passant, après une nuit torride, s'il y a un poste à pourvoir dans son entreprise ? Je vais jusqu'au bout de la colonne et j'en apprends de plus en plus sur les compétences que je n'ai pas, sur la formation que je n'obtiendrai jamais, sur des emplois à pourvoir dans des domaines dont j'ignorais jusqu'à l'existence.
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