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Par Carosand, le 21/02/2012
Premier amour : Précédé de Nid de gentilhomme de
Ivan Tourgueniev
Et qu'est-il advenu de tous ce que j'espèrais ? Maintenant que sur ma vie commencent déjà à passer les ombres du soir, que me reste-t-il de plus frais, de plus cher que les souvenirs de cet orage d'un matin de printemps, vite enfui ?
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Par Hami-k, le 03/03/2012
Premier amour de
Ivan Tourgueniev
Prends ce que tu peux, mais ne te laisse jamais prendre ; ne s'appartenir qu'à soi-même, être son propre maître, voici tout le secret de la vie, me dit-il un jour. (Page 39)
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Premier amour de
Ivan Tourgueniev
[ Incipit ]
Les invités avaient pris congé depuis longtemps. L'horloge venait de sonner la demie de minuit. Seuls, notre amphitryon, Serge Nicolaïevitch et Vladimir Pétrovitch restaient encore au salon. Notre ami sonna et fit emporter les reliefs du repas.
- Nous sommes bien d'accord, messieurs, fit-il en s'enfonçant dans son fauteuil et en allumant un cigare, chacun de nous a promis de raconter l'histoire de son premier amour. A vous le dé, Serge Nicolaïevitch.
L'interpellé, un petit homme blond au visage bouffi, regarda l'hôte, puis leva les yeux aux plafond.
Je n'ai pas eu de premier amour, déclara-t-il enfin. J'ai commencé directement par le second.
- Comment cela ?
- Tout simplement. Je devais avoir dix-huit ans environ quand je m'avisai pour la première fois de faire un brin de cour à une jeune fille, ma foi fort mignonne, mais je me suis comporté comme si la chose ne m'était pas nouvelle : exactement comme j'ai fait plus tard avec les autres. Pour être franc, mon premier - et mon dernier - amour remonte à l'époque où j'avais six ans. L'objet de ma flamme était la bonne qui s'occupait de moi. Cela remonte loin, comme vous le voyez, et le détail de nos relations s'est effacé de ma mémoire. D'ailleurs, même si je m'en souvenais, qui donc cela pourrait-il intéresser ?
- Qu'allons nous faire alors ? se lamenta notre hôte... Mon premier amour n'a rien de très passionnant, non plus. Je n'ai jamais aimé avant de rencontrer Anna Ivanovna, ma femme. Tout s'est passé le plus naturellement du monde : nos pères nous ont fiancés, nous ne tardâmes pas à éprouver une inclination mutuelle et nous nous sommes mariés vite. Toute mon histoire tient en deux mots. A vrai dire, messieurs, en mettant la question sur le tapis, c'est sur vous que j'ai compté, vous autres, jeunes célibataires... A moins que Vladimir Pétrovitch ne nous raconte quelque chose d'amusant...
- Le fait est que mon premier amour n'a pas été un amour banal, répondit Vladimir Pétrovitch après une courte hésitation.
C'était un homme d'une quarantaine d'années, aux cheveux noirs, légèrement mêlés d'argent.
- Ah ! Ah ! Tant mieux !... Allez-y ! On vous écoute !
- Eh bien voilà... Ou plutôt non, je ne vous raconterai rien, car je suis un piètre conteur et mes récits sont généralement secs et courts ou longs et faux... Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je vais consigner tous mes souvenirs dans un cahier et vous les lire ensuite.
Les autres ne voulurent rien savoir, pour commencer, mais Vladimir Pétrovitch finit par les convaincre. Quinze jours plus tard, ils se réunissaient de nouveau et promesse était tenue.
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Les Eaux printanières de
Ivan Tourgueniev
Vraiment, quand on y pense, rien n'est plus efficace que la parole... et quoi de plus impuissant?...
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Par Deuzenn, le 29/02/2012
Premier amour de
Ivan Tourgueniev
"Mon sang s'agitait, mon cœur se lamentait avec une gaieté douce ; j'attendais quelque chose, effrayé de je-ne-sais-quoi, toujours intrigué et prêt à tout. Mon imagination se jouait et tourbillonnait autour des mêmes idées fixes, comme les martinets, à l'aube, autour du clocher. Je devenais rêveur, mélancolique ; parfois même, je versais des larmes. Mais à travers tout cela, perçait, comme l'herbe au printemps, une vie jeune et bouillonnante." (p.12)
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Premier amour de
Ivan Tourgueniev
Prends ce que tu peux, mais ne te laisse jamais prendre ; ne s'appartenir qu'à soi-même, être son propre maître, voilà tout le secret de la vie. (p. 42)
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Par kathel, le 19/09/2010
Premier amour de
Ivan Tourgueniev
Que ne m’a-t-elle pas fait faire durant les trois semaines où je la vis chaque jour ! Il était rare qu’elle vînt chez nous, et je ne m’en plaignais pas outre mesure, car, à peine entrée, elle prenait ses airs de demoiselle, de princesse, et je me sentais terriblement intimidé.
Je craignais de me trahir devant ma mère : Zinaïda lui était très antipathique et elle nous épiait avec aigreur. Je redoutais moins mon père : celui-là affectait de ne pas faire attention à moi ; quant à Zinaïda, il lui parlait peu, mais avec infiniment d’esprit et de pénétration.
Je n’étudiais plus, ne lisais plus, n’allais même plus me promener aux alentours de la villa et avais oublié mon cheval. Comme un hanneton qui aurait un fil à la patte, je tournais autour du petit pavillon, prêt à y passer toute mon existence… mais cela ne me réussissait pas : ma mère ronchonnait sans arrêt et Zinaïda me chassait parfois elle-même. Alors, je m’enfermais à clef ou m’en allais tout au fond du parc ; là, je montais au faîte d’une serre délabrée et restais des heures durant à contempler la rue, les jambes ballantes, regardant sans rien voir. Des papillons blancs voltigeaient paresseusement sur des orties poussiéreuses, tout près de moi ; un pierrot enjoué se posait sur une brique décrépite, piaillait d’une voix irritée, sautillait sur place et étendait sa petite queue ; encore méfiants, les corbeaux croassaient parfois au sommet d’un bouleau dénudé ; le soleil et le vent jouaient en silence dans ses branches clairsemées ; morne et serein, le carillon du monastère Donskoy résonnait au loin. Et moi, je restais toujours là à regarder, à écouter, à me remplir d’un sentiment ineffable, fait à la fois de détresse et de joie, de désirs et de pressentiments, de vagues appréhensions… Je ne comprenais rien et n’aurais pu donner aucun nom précis à ce qui vibrait en moi… Ou plutôt si, j’aurais pu l’appeler d’un seul nom — celui de Zinaïda…
Quant à la jeune princesse, elle continuait à s’amuser de moi comme le chat d’une souris. Tantôt elle était coquette, et je me sentais fondre dans une allégresse trouble, tantôt elle me repoussait, et je n’osais plus l’approcher ni même la contempler de loin.
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Mémoires d'un chasseur de
Ivan Tourgueniev
" Un des grands avantages de la chasse, aimables lecteurs, consiste à passer continuellement d'un lieu à un autre, occupation des plus agréables pour un oisif. A dire vrai, ce n'est pas toujours plaisant (surtout en temps de pluie) de vagabonder par les chemins vicinaux, de couper à travers champs, de demander à tous les paysans que l'on rencontre : «Eh ! l'ami, par où faut-il prendre pour aller a Mordovska?» [...] Et au bout du d'une dizaine de verstes, quelle déconvenue de se trouver de se trouver non pas devant une hôtellerie, mais dans le misérable hameau de Khoudoboubnov, au profond ébahissement d'une bande de pourceaux qui, vautrés en pleine rue jusqu'au cou dans la fange, ne s'attendaient point à être dérangés !"
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Fumée de
Ivan Tourgueniev
Moi, pour travailler, il me faut l’hiver, une gelée comme nous en avons en Russie, un froid astringent, avec des arbres chargés de cristaux..
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Le Journal d'un homme de trop de
Ivan Tourgueniev
telle demoiselle russe aux sentiments élevés peut avoir une façon si dominatrice de se taire que même chez un homme averti ce spectacle provoque parfois des grelottements