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Par petitours, le 26/08/2010
Sous des cieux étrangers de
Lucius Shepard
Tout cela s’est passé il n’y a pas si longtemps sur la station Solitaire, par-delà l’orbite martienne, là où sont assemblés et lancés les astronefs de reconnaissance qui s’évanouissent dans une gerbe de feu de plusieurs milliers de kilomètres de diamètre, et c’est arrivé à un homme du nom de William Stamey, mieux connu sous le sobriquet de Bernacle Bill. Une minute, rétorquerez-vous sans doute, j’ai déjà entendu cette histoire. Elle a été racontée et reracontée. À quoi bon la ressasser ? Mais qu’avez-vous vraiment entendu ?
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Par Walktapus, le 03/12/2011
Le Dragon Griaule, l'intégrale de
Lucius Shepard
Peu après que se fut estompée la lumière christique du premier matin du monde, quand les oiseaux volaient encore entre la terre et le ciel et que les plus perverses des créatures elles-mêmes brillaient comme des saints, si pure était la parcelle de mal qu'elles recelaient, il était un village nommé Hangtown accroché au dos du dragon Griaule, une gigantesque bête d'un mille de long qu'un charme magique avait paralysée sans toutefois la tuer et qui régnait sur la vallée de Carbonales, contrôlant dans ses moindres détails la vie de tous les habitants, auxquels elle manifestait sa volonté grâce aux ineffables radiations émanant de la soute froide de son esprit.
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Sous des cieux étrangers de
Lucius Shepard
Shellane résista à l'envie de lui répondre par un sarcasme : l'amabilité de Broillard tournait peu à peu à la flagornerie. Chacune de ses paroles semblait porteuse d'un sous-entendu sournois et Shellane avait la nette impression qu'il se considérait comme un être supérieur, que son épicerie-station-service n'était à ses yeux qu'une étape sur la route de la gloire ; en conséquence, les manières de péquenot dont il gratifiait ses clients dissimulaient mal sa condescendance fondamentale. Il avait des yeux à porter la poisse. Des iris d'un bleu glauque, striés de ténèbres, qui évoquaient du verre fracturé.
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Par Walktapus, le 05/12/2011
Le Dragon Griaule, l'intégrale de
Lucius Shepard
Lorsqu'il arriva à destination, les rues étaient désertes et la brume isolait les maisons décrépites de la plage, du ciel et du reste du monde, réduisant l'éclat des réverbères à un halo vaporeux ; le ressac semblait mollasson, telle une succession de gifles de géant, et l'humidité de l'air obligea Korrogly à relever le col de son manteau et à presser le pas ; le sable apporté par le vent crissait sous ses pieds. Il aperçut son reflet dans une vitrine : un homme pâle et anxieux, maintenant son manteau fermé d'une main, le front soucieux, filant au sein d'une purée de noirceur… le milieu naturel de Griaule, imaginait-il, celui de l'innocence et de la culpabilité, de toutes les questions humaines. Il accéléra encore l'allure, impatient de subsumer ses doutes dans la chaleur de Mirielle. Il distingua devant lui une silhouette floue drapée dans la brume. Elle se tenait banalement debout, mais il en émanait quelque chose d'inquiétant. Imbécile, se dit-il, et il continua sa route. Mais à mesure que la silhouette se définissait un peu mieux, son inquiétude ne fit que croître
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Aztechs de
Lucius Shepard
Le tremblement de terre de 2019 avait rasé le centre-ville de Seattle et, depuis mon appartement, j'avais vue sur la nouvelle version de la cité, où les gratte-ciel avaient été remplacés par des dômes de verre silicaté de couleur verte, dont les facettes brillaient comme des émeraudes, nichés parmi les jardins et les bosquets d'ifs. La Cité d'émeraude.
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Aztechs de
Lucius Shepard
Il y a vingt-trois ans, quelqu'un a planté un panneau dans le désert. En plein milieu de nulle part, à deux cents kilomètres de Hermosillo, sur la côté du Pacifique. Un panneau en bois tout simple, relativement grand, sur lequel ces mots étaient rédigés à la peinture noire :
ICI S'ARRETE LA REALITE