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L'homme qui arrêta d'écrire de
Marc-Édouard Nabe
Le système est arrivé à écarter même les natures les plus curieuses. On vous a rendus allergiques à ce qu'il y a de meilleur avec de la culture de masse. On a entretenu délibérément la confusion entre le bon et le nul pour bien vous dégoûter du bon.
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Par Spiro62, le 21/09/2009
Morceaux choisis de
Marc-Édouard Nabe
Monsieur Oussama Ben Laden a la joie de vous faire part de la naissance du troisième millénaire, né le 11 septembre 2001. La mère se porte mal.
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L'homme qui arrêta d'écrire de
Marc-Édouard Nabe
Le problème, c'est qu'à force de parler pour ne rien dire exprès, on ne fait plus exprès de ne plus rien avoir à dire en vrai.
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L'homme qui arrêta d'écrire de
Marc-Édouard Nabe
C'est la première fois qu'une époque semble être fière de ne plus être historique, même les punks qui prônaient le No future, et qui le revendiquaient, avaient encore la force de réagir à quelque chose, fût-ce à leur indifférence. Vous n'êtes même pas nihilistes, quelle tragédie! On est obligés de s'adresser à vous comme à des enfants vierges, handicapés, amnésiques, ignorants, incapables de se concentrer. Je le vois bien, dès que je fais allusion à une force du passé, ça suscite un inintérêt flagrant. Vous êtes tout de suite agacés comme par de la nuisance sonore, parce que vous êtes saturés d'informations accessoires qui parasitent votre attention.
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Par Spiro62, le 01/11/2009
Chacun mes goûts de
Marc-Édouard Nabe
Dans le fond, les vrais révoltés ne veulent pas changer le monde. Je suis pour toutes les révolutions et contre leur résultat. Je rêve de révolutions suspendues.
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L'homme qui arrêta d'écrire de
Marc-Édouard Nabe
Et si la paix du Christ, c'était mieux que Myspace pour échanger avec l'autre? Sainte Face contre Facebook. Vie éternelle contre Second Life.
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L'homme qui arrêta d'écrire de
Marc-Édouard Nabe
Ce n'est tout de même pas lui qui passe devant moi, mais si, je le reconnais à peine mais c'est lui, Patrick Bruël, qu'est-ce qu'il fout là. [...] Il est tellement dans les ténèbres qu'on dirait qu'il porte sa tête à bout de bras par sa tignasse comme une lanterne, pour s'éclairer... Il la croit donc si lumineuse que ça, sa tronche de troubadour années 80?
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L'homme qui arrêta d'écrire de
Marc-Édouard Nabe
Et les deux têtes d'Antijouir nous quittent. On les voit de dos s'éloigner jusqu'à la sortie. Je les regarde. Trentenaires sans fesses, pas de corps, bébés maigres... Ils détestent les invitations: ils y voient anguilles sous roche, mais les anguilles, c'est eux. Toute proposition les perturbe. Rien à faire, ils sont dans la peur des confrontations. Tout enthousiasme est vu comme une pression, la vitalité est malsaine, elle est prise pour l'agression. pour eux, tout est "intéressant", mais comme rien au fond ne mérite qu'on y consacre sa vie, autant s'intéresser au moins de choses possible. Surtout pas de passion pour le vrai, le dur, le fort. Tout pour le faux, le mou, le faiblard. L'énergie, c'est pas cool...
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L'homme qui arrêta d'écrire de
Marc-Édouard Nabe
Tu sais comment il faisait Mallarmé? Dès qu'il entrait dans la classe, il choisissait un élève, le meilleur, et lui demandait de le remplacer sur l'estrade. C'était une doublure qui faisait le cours à sa place et lui, Mallarmé, dans un coin, au fond, près du radiateur, en cancre de génie, il écrivait ses poèmes.
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Par Spiro62, le 21/09/2009
Morceaux choisis de
Marc-Édouard Nabe
Tout nom est un trou. Un trou que le père fait dans le fils. Les filles sont exemptées de ce genre de perforation car chacun sait qu'elles ont déjà un trou. Elles n'ont pas besoin, à proprement parler, d'un nom : c'est la raison pour laquelle elles en changent facilement.