Par Pingouin, le 18/05/2012
Du temps qu’on existait de
Marien Defalvard
Je pensais, pourtant, devant cette vue que plus tard une autre viendrait rejoindre, dans mes vieux jours, aussi diligente, qui embrassait aussi lointainement, aussi grisement, aussi gymniquement la courbe de la Terre, je pensais que le carambolage de mes sommités intérieures, celui qui me faisait comme j'étais maintenant à seize ans, me paraissait bien supérieur, plus essentiel que l'éclatement des chaudrons nucléaires, ses trois mille cent morts par la campagne, et ce n'était ni par orgueil, ni par indifférence, ni par sécheresse, car si trop vite ma vie s'assécha, mon cœur demeura humide, pluvieux (ce qui lui faisait des croûtes, des mauvaises odeurs, des champignons, et que n'aéraient que trop rarement les fenêtres ensoleillées de l'amour).
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