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Alexis Zorba de
Nikos Kazantzakis
Je me souvins d'un matin où j'avais découvert un cocon dans l'écorce d'un arbre, au moment où le papillon brisait l'enveloppe et se préparait à sortir. J'attendis un long moment, mais il tardait beaucoup, et moi j'étais pressé. Énervé je me penchai et me mis à le réchauffer de mon haleine. Je le réchauffais, impatient, et le miracle commença à se derouler devant moi, à un rythme plus rapide que nature. L'enveloppe s'ouvrit, le papillon sortit en se traînant, et je n'oublierai jamais l'horreur que j'éprouvai alors: ses ailes n'étaient pas encore écloses et de tout son petit corps tremblant il s'efforçait de les déplier. Penché au-dessus de lui, je l'aidais de mon haleine. En vain. Une patiente maturation était nécessaire et le déroulement des ailes devait se faire lentement au soleil, maintenant il était trop tard. Mon souffle avait contraint le papillon à se montrer, tout froissé, avant terme. Il s'agita, désespéré, et, quelques secondes après, mourut dans la paume de ma main. Ce petit cadavre , je crois que c'est le plus grand poids que j'aie sur la conscience. Car, je le comprends bien aujourd'hui, c'est un péché mortel que de forcer le grandes lois[...]. (Il faut) suivre avec confiance le rythme éternel.
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Par ZetaZeta, le 07/06/2010
Alexis Zorba de
Nikos Kazantzakis
Confucius dit : "beaucoup cherchent le bonheur plus haut que l'homme ; d'autres, plus bas. Mais le bonheur est à la taille de l'homme." C'est juste. Il existe donc autant de bonheurs qu'il y a de tailles d'hommes. Tel est, mon cher élève et maître, mon bonheur aujourd'hui : je le mesure, le remesure, inquiet, pour savoir quelle est maintenant ma taille. Parce que, tu le sais bien, la taille de l'homme n'est pas toujours la même.
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Alexis Zorba de
Nikos Kazantzakis
Moi, ou bien je serais devenu un ascète, ou bien j'aurais paré les hommes de fausses plumes pour pouvoir les supporter.
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Alexis Zorba de
Nikos Kazantzakis
Ce monde-ci est un mystère et que l'homme n'est qu'une grande brute. Une grande brute et un grand Dieu. (Zorba)
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Alexis Zorba de
Nikos Kazantzakis
L'âme humaine, embourbée dans la chair, est encore à l'état brut, imparfaite.
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Alexis Zorba de
Nikos Kazantzakis
Un coeur vivant, une large bouche goulue, une grande âme brute. (sur Zorba)
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Par ZetaZeta, le 07/06/2010
Alexis Zorba de
Nikos Kazantzakis
Le vieux monde est palpable, solide, nous le vivons et luttons à chaque instant avec lui, il existe. Le monde de l'avenir n'est pas encore né, il est insaisissable, fluide, fait de la lumière dont sont tissés les rêves, c'est un nuage battu par des vents violents - l'amour, la haine, l'imagination, le hasard, Dieu...
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Alexis Zorba de
Nikos Kazantzakis
Mer, douceur automnale, îles baignées de lumière, voile diaphane de petite pluie fine qui couvrait l'immortelle nudité de la Grèce. Heureux, pensai-je, l'homme à qui il a été donné, avant de mourir de naviguer dans la mer égéenne.
Nombreuses sont les joies de ce monde - les femmes, les fruits, les idées. Mais fendre cette mer là, par un tendre automne, en murmurant le nom de chaque île, je crois qu'il n'est pas de joie qui, davantage, plonge le coeur de l'homme dans le Paradis.
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Alexis Zorba de
Nikos Kazantzakis
Lorsque tout marche de travers, quelle joie de mettre notre âme à l'épreuve pour voir si elle a de l'endurance et de la valeur! On dirait qu'un ennemi invisible et tout puissant - les uns l'appellent Dieu, les autres diable - s'élance pour nous abattre; mais nous restons debout. Chaque fois qu'intérieurement il est vainqueur, alors qu'au dehors il est vaincu à plate couture, l'homme véritable ressent une fierté et une joie indicibles. La calamité extérieure se transforme en une suprême et dure félicité.
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Par cathcor, le 07/05/2012
Lettre au Greco de
Nikos Kazantzakis
Etre jeune, n'aimer aucune personne précise, homme ou femme, qui puisse rétrécir votre coeur et vous empêcher d'aimer toutes choses avec un égal désintéressement et une égale impétuosité, voyager à pied, un sac sur le dos, d'un bout à l'autre de l'Italie, que ce soit le printemps, que l'été arrive, puis, chargés de fruits et de pluie, l'automne et l'hiver, je crois qu'il faudrait être impudent pour demander un plus grand bonheur.
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