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In memoriam de
Paul Léautaud
Dans une attention charmante, un croque-mort, comme je m´approchais, écarta un peu le linceul, à la place de la tête, pour me permettre d´examiner ce père une dernière fois. Comme la mort avait travaillé vite, et comme ce visage s´abîmait déjà, les chairs toutes tombées et flétries, avec deux grandes lignes violettes de chaque côté du nez et sous les yeux, et cette odeur plus soignée que jamais, qui montait vers moi ! Je fis signe de la main qu´on me cachât tout cela, que c´était parfait. Hélas ! On ne regarde jamais assez les morts ... Après, quel regret, et comme on voudrait que tout recommence, pour les voir encore ! Regret qui commence sitôt la bière vissée, qui dure malgré soi, se ravisant quand on le croit éteint, qui arrive même à se changer en désir impossible !
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Par Piling, le 19/08/2008
Journal litteraire - tome I : 1893-1906 - seul de
Paul Léautaud
Avertissement :
Je tiens à le donner. Je n'ai pas ajouté, ni retranché un mot aux conversations, entretiens ou propos qu'on m'a rapportés ou que j'ai entendu tenir devant moi, les uns et les autres non relatés à distance, mais notés le soir même. Le sgens qui m'ont connu de près m'ont toujours tenu pour un homme qui ne ment jamais et, de plus, dénué de toute imagination. Cela pour répondre aux réclamations de tiers intéressés.
Vendredi 24 septembre 1943.
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Par VanessaV, le 11/03/2008
Le petit ami de
Paul Léautaud
Je voudrais encore que des bras affectueux me portent dans la vie pour m’en éviter les heurts et les fatigues.
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Par Piling, le 07/08/2011
Correspondance de Paul Léautaud de
Paul Léautaud
J'ai pour les bêtes, toutes les bêtes, un coeur de concierge, et de vieille concierge. Si j'avais l'habitude des phrases poétiques, je dirais que je me sens le frère de ces vieilles femmes à cabas qui portent le soir à manger, aux grilles des jardins publics, aux chats sans patrons. Je ne donne jamais un centime aux pauvres, le spectacle des gens écrasés m'est indifférent, les gens qui pleurent aux enterrements me semblent très laids, et quand ma chère bien-aimée est malade, je vais me promener. Mais mon chat est le maître chez moi, mes fenêtres sont pleines de pain pour les oiseaux, je pars chaque matin avec des provisions de pain que je distribue à tous les moineaux de ma route, je donne du sucre aux chevaux de fiacre dont la misère finira par m'empêcher de sortir, j'achète de la viande aux chiens perdus que je rencontre, et si je m'écoutais, et si je le pouvais, ma maison serait pleine de bêtes, au lieu que j'y sois seul, car vous pouvez vous en douter, vous, un de ses oncles ! est bigrement loin d'être une bête. Que de cochers de fiacres j'ai dans mes relations, pour bavarder de temps en temps avec eux, et que de bonnes bêtes, dans mon quartier, qui me connaissent.
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Par Piling, le 07/08/2011
Correspondance de Paul Léautaud de
Paul Léautaud
Les actrices se croient généralement obligées, dès qu'elles jouent des personnages antiques ou mythologiques, de prendre des poses plastiques, hiératiques, de psalmodier comme des prêtresses. Elles veulent jouer aux vases grecs, et font les cruches.
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Par Piling, le 07/08/2011
Correspondance de Paul Léautaud de
Paul Léautaud
... Mme Angèle m'a raconté qu'un aveugle à canne blanche, dans les couloirs du métro, faisait peine aux passants qui lui cédaient le pas et le regardaient avec tristesse. Soudain on le surprend qui, lunettes relevées, déchiffre un plan sur un mur. Ce n'était qu'un myope un peu poseur. Ceux qui le plaignaient, qui l'aidaient, se précipitent sur lui, le giflent, le houspillent. En somme, et tout compte fait, ils le punissaient d'y voir...
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Par Piling, le 07/08/2011
Correspondance de Paul Léautaud de
Paul Léautaud
On m'a rapporté - ce n'est pas l'intéressé - que lors de la rupture, elle lui écrivit pour le consoler et lui remontrer qu'après tout il n'était pas à plaindre, ayant joui du "joli jardin de sa chair". Joli, si on veut, mais jardin, quand on la connaît ?... Une plate-bande, tout au plus.
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Par Piling, le 07/08/2011
Correspondance de Paul Léautaud de
Paul Léautaud
Il ne fait pas bon de montrer de l'intérêt aux bêtes, en ce moment. On vous regarde presque aussitôt de travers. "Mais les gens, Monsieur ! les enfants, Monsieur !" Oh! les gens, les enfants ! Je sais ce que sont les premiers pour la plupart, et par eux ce que seront les seconds.
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Par Piling, le 07/08/2011
Correspondance de Paul Léautaud de
Paul Léautaud
Les histoires d'amour et de rupture c'est comme les histoires de chasse : assommant.
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Par Piling, le 07/08/2011
Correspondance de Paul Léautaud de
Paul Léautaud
Vous continuez aussi à n'avoir pas de chance. Cela tourne à la vocation.