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Alex de
Pierre Lemaitre
Ils se connaissent depuis vingt ans, ils s'estiment, ils ne se craignent pas. Le Guen est un Camille qui aurait renoncé au terrain, Camille, un Le Guen qui aurait renoncé au pouvoir. Principalement, ce qui sépare les deux hommes, c'est deux grades et quatre-vingt kilos. Et trente centimètres. Exprimé de cette manière, ça semble énorme comme différence et c'est vrai que lorsqu'on les voit ensemble, c'est à la limite de la caricature.
Le Guen n'est pas très grand mais Camille, lui est très petit. Un mètre quarante-cinq, vous imaginez, il regarde le monde par en dessous, comme un enfant de treize ans.
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Par caro64, le 02/04/2011
Cadres noirs de
Pierre Lemaitre
Je mesure mon utilité sociale au nombre de mails que je reçois. Au début, d’anciens collègues de chez Bercaud m’envoyaient des petits mots auxquels je répondais tout de suite. On papotait. Et puis, je me suis rendu compte que les seuls qui m’écrivaient encore étaient ceux qui s’étaient fait virer. Des copains de promo en quelque sorte. J’ai arrêté de répondre. Ils ont arrêté d’écrire. D’ailleurs, globalement, tout s’est raréfié autour de nous. (…) Les gens se sont peut-être un peu fatigués de nous. Et nous d’eux. Quand on n’a pas les mêmes soucis, on n’a pas les mêmes plaisirs.
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Par x-Kah-mi, le 20/12/2010
Robe de marié de
Pierre Lemaitre
A voir leurs mimiques et leurs sourires, j'ai vu qu'elles plaisantaient sur l'entorse à leur régime. Les femmes font tout le temps des régimes auxquels elle adorent faire des infidélités.
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Par neferet59, le 21/02/2011
Alex de
Pierre Lemaitre
Je viens à l'instant de finir ce nouveau roman de Pierre Lemaitre.
Et il ne m'a pas déçu, loin de là.
Après avoir lu les trois précédents, j'avais peur de la redondance, eh bien non !
On retrouve le style mais l'histoire est vraiment enlevée, trépidante, tordue..
Dans la même veine que "robe de marié".
Je le conseille !!
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Par caro64, le 02/04/2011
Cadres noirs de
Pierre Lemaitre
Depuis quatre ans qu’on se connaît, forcément, je considère mon conseiller du Pôle emploi comme l’un de mes proches. Il m’a dit récemment, avec une sorte d’admiration dans la voix, que j’étais un exemple. Ce qu’il veut dire, c’est que j’ai renoncé à l’idée de trouver du travail, mais que je n’ai pas renoncé à en chercher.
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Par Zazette97, le 17/04/2010
Robe de marié de
Pierre Lemaitre
J'ai peur. Tous les morts remontent. La nuit. Je peux les compter, un à un. La nuit, je les vois assis à une table, côte à côte. La nuit. En bout de table, Léo, avec son lacet autour du cou.
Il me regarde avec un air de reproche. Il demande : "Tu es folle, Sophie? Pourquoi m'as-tu étranglé? Tu es folle, c'est vrai?" et son regard m'interroge et me transperce. Je connais son air dubitatif, il penche la tête un peu sur la droite avec l'air de réfléchir. "Oui, mais ce n'est pas nouveau, elle a toujours été folle", dit la mère de Vincent.
Elle se veut rassurante. Je retrouve son air mauvais, ce regard de hyène, sa voix pointue.
" Avant de commencer à tuer tout le monde, à détruire tout ce qu'il y a autour d'elle, elle était déjà folle, je l'avais dit à Vincent, cette fille est folle..."
Pour dire ça, elle prend son air pénétré, elle ferme les yeux longuement en parlant, on se demande si elle va les rouvrir ou non quand elle parle, elle passe la moitié du temps les paupières fermées à regarder au dedans d'elle-même.
"Tu me hais, Sophie, tu m'as toujours haïe, mais maintenant que tu m'as tuée..."
Vincent ne dit rien. Il secoue sa tête décharnée comme s'il demandait pitié. Et tous me regardent fixement. Ils ne parlent plus.
Je me réveille en sursaut. Quand c'est comme ça, je ne veux plus me rendormir. Je vais à la fenêtre et je reste des heures à pleurer et à fumer des cigarettes.
J'ai même tué mon bébé. p.94
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Par Cath36, le 02/05/2011
Cadres noirs de
Pierre Lemaitre
Tout le monde ne vient pas aux tests d'embauche avec un Beretta chargé de balles réelles.
C'est peut-être un tort d'ailleurs. Ça va sûrement en faire réfléchir plus d'un.
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Par Lefso, le 14/11/2011
Robe de marié de
Pierre Lemaitre
Ce matin-là, comme beaucoup d'autres, elle s'est réveillée en larmes et la gorge nouée alors qu'elle n'a pas de raison particulière de s'inquiéter. Dans sa vie, les larmes n'ont rien d'exceptionnel : elle pleure toutes les nuits depuis qu'elle est folle. Le matin, si elle ne sentait pas ses joues noyées, elle pourrait même penser que ses nuits sont paisibles et son sommeil profond. Le matin, le visage baigné de larmes, la gorge serrée sont de simples informations. Depuis quand ? Depuis l'accident de Vincent ? Depuis sa mort ? Depuis la premiÈre mort, bien avant ?
Elle s'est redressée sur un coude. Elle s'essuie les yeux avec le drap en cherchant ses cigarettes à tâtons et ne les trouvant pas, elle réalise brusquement où elle est. Tout lui revient, les événements de la veille, la soirée... Elle se souviens instantanément qu'il faut partir, quitter cette maison. Se lever et partir, mais elle reste là, clouée au lit, incapable du moindre geste. Épuisée.
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Par Sabi, le 13/06/2010
Robe de marié de
Pierre Lemaitre
Elle s'accoude enfin, se tourne vers le salon et ouvre les yeux avec lenteur.
Juste au pied de la table gît le corps de Véronique, baignant dans une marre de sang.
Son premier geste est de lâcher le couteau de cuisine qu'elle tient à la main et qui tombe sur le parquet avec un bruit sinistre.
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Robe de marié de
Pierre Lemaitre
Sophie reste de longues heures ainsi, à laisser rouler en elle les images de sa vie. Les larmes comme toujours coulent seules, sans elle, hors d’elle. Elle glisse vers des sommeils dont elle a peur. Parfois, elle rencontre sa main et s’y accroche.