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A l'Ombre du Mal de
Robert Crais
Yvonne Bennett était morte à vingt-huit ans, même si tous les gens que j’avais entendus — dont deux anciennes colocataires et trois ex-petits amis - pensaient qu’elle en avait dix- neuf. Comme c’est souvent le cas à Los Angeles, sa vie n’était qu’une mascarade. Elle avait menti sur son âge, son passé, son CV et sa profession. Sur les vingt-trois personnes que j’avais questionnées afin de reconstituer ses faits et gestes le soir du meurtre, trois croyaient qu’elle était étudiante à l’UCLA, deux qu’elle était étudiante à l’USC, et une qu’elle préparait une licence de psychologie ; quant aux dix-sept autres, elles avaient cité au moins une fois les métiers d’assistante de production, de maquilleuse, de fleuriste, de styliste, de graphiste, de barmaid, de serveuse, de vendeuse au grand magasin Barney’s de Wilshire Boulevard, et de sous-chef de cuisine chez Wolfgang Puck. Bien qu’ayant été arrêtée deux fois pour racolage, elle ne faisait pas et n’avait jamais fait le trottoir. Yvonne était plutôt entraineuse. Elle accostait les hommes dans des bars et négociait ses tarifs avec eux avant de quitter les lieux, Même après ses interpellations, elle avait toujours nié se prostituer : comme elle l’avait expliqué à une ancienne colocataire, elle se faisait payé pour escorter des hommes mais jamais pour coucher. C’était encore un mensonge. (Page 27/28)
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Règle n°1 de
Robert Crais
Frank Meyer referma son ordinateur tandis que le soir de ce début d'hiver tombait sur sa maison de Westwood, Californie, non loin du campus de l'UCLA. Ce quartier cossu du Westside de Los Angeles, blotti entre Beverly Hills et Brentwood, est formé d'un gracieux entrelacs de rues résidentielles et d'opulentes villas. Frank Meyer - ce qui le surprenait plus que quiconque au vu de ses origines - vivait dans une de ces villas.
Son travail terminé, Frank se renversa dans son siège de bureau et écouta ses fils cavaler dans les profondeurs de la maison tels deux petits rhinocéros. Leur vacarme le rendait heureux, tout comme la généreuse odeur de viande braisée qui lui apportait une promesse de ragoût ou de boeuf bourguignon. Des voix lui parvenaient du séjour, trop lointaines pour permettre d'identifier l'émission, un jeu télévisé presque à coup sûr. Cindy avait horreur des journaux du soir.
Frank sourit, car Cindy ne s'intéressait guère plus aux programmes de jeux, mais elle appréciait d'entendre un brouhaha télévisuel lorsqu'elle cuisinait. Cindy avait ses habitudes, pas de doute, et ses habitudes avaient changé la vie de Frank. S'il possédait aujourd'hui une belle maison, une entreprise florissante et une famille merveilleuse, c'était grâce à son épouse.
Songeant à tout ce qu'il devait à cette femme, Frank sentit les larmes lui monter aux yeux. Il était sentimental et émotif, et l'avait toujours été. Comme aimait à le dire Cindy, Frank Meyer n'était au fond qu'un gros nounours, et c'était même pour cela qu'elle en était tombée amoureuse.
Frank travaillait dur pour rester à la hauteur des attentes de sa femme, ce qu'il considérait comme un privilège - reçu le jour où, onze ans plus tôt, il avait compris qu'il l'aimait et qu'il allait devoir se réinventer. Il s'était lancé avec succès dans l'importation de vêtements venus d'Asie et d'Afrique, qu'il revendait à des grossistes aux quatre coins des États-Unis. À quarante-trois ans, il était costaud et en forme, certes moins qu'auparavant. Bon, d'accord, il s'était un peu empâté, mais il faut dire qu'entre son travail et les gosses, Frank ne faisait plus de musculation depuis des années et mettait rarement les pieds sur son tapis de course. Quand il s'y risquait, ses efforts manquaient du zèle qui l'avait consumé comme une fièvre tout au long de son ancienne vie.
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Mortelle protection de
Robert Crais
La fille le repéra au moment où il atteignit le bar, et cessa de danser aussi soudainement qu’un enfant pris en flagrant délit de bêtise. Elle se releva et baissa les yeux sur lui, honteuse et effrayée. Pike s’immobilisa à ses pieds et, l’espace d’un instant, ils furent seuls dans la salle à ne pas être en transes.
« Descendez, cria Pike entre deux pulsations de basses. »
Elle ne bougea pas. Ses traits exprimaient une tristesse qui le troubla. Il ne prit pas la peine de se répéter. Il n’était pas sur qu’elle l’ait entendu. Elle ne résista pas quand il la descendit du comptoir. Pike l’entraîna vers la sortie. Les clients ne savaient trop comment réagir, certains riaient, d’autres huaient ; mais tout à coup deux des cousins, les plus âgés, ainsi qu’un type massif à la bedaine saillante, s’interposèrent devant Pike.
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A l'Ombre du Mal de
Robert Crais
— Vous pourriez me dire si vous reconnaissez cet homme ? Un certain Lionel Byrd. Il faisait régulièrement ses courses ici.
Elle étudia la photo en cillant à plusieurs reprises, les yeux agrandis par la curiosité.
— Vous êtes de la police?
— Pas du tout. Elvis Cole. Je suis détective privé.
Son sourire la rendit encore plus jolie.
— Vous vous appelez vraiment comme ça?
— Quoi, Cole?
— Non, idiot, Elvis. Moi, c’est Cass, comme Marna Cass Elliot. Elle a vécu un peu plus haut. Il y a un mec dans le coin qui s’appelle Jagger, et aussi un Morris qui dit que son prénom est un hommage à Jim Morrison, mais ça me paraît un peu tiré par les cheveux.
Les sixties n’étaient pas mortes. (Page 111)
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A l'Ombre du Mal de
Robert Crais
Je montai vers la porte et pesai de tout mon poids sur le bouton de sonnette, jusqu’à ce qu’elle vienne ouvrir. Elle m’avait paru plus vieille de loin, avec ses cheveux gris crêpelés.
— Je ne vends pas de timbres de Pâques. C’était pour rire.
— Je sais, et je sais aussi que vous savez que je le sais. Vous êtes de la police. Je vous ai vu hier, et vice versa.
Elle s’appelait Tina Isbecki, je me présentai en prenant soin de ne pas la détromper. Les privés se laissent toujours porter par le courant. C’est-à-dire qu’ils mentent. (Page 104)
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Par Nice, le 07/08/2012
Le dernier détective de
Robert Crais
Pike avait un talent paticulier pour l'atente, ce qui était une des raisons pour lesquelles il avait brillé chez les marines. Il était capabled'attendre des jours sans bouger ni s'ennuyer parce qu'il ne croyait pas à l'existence du temps. Le temps était ce qui emplissait les moments, et dès lors qu'un moment était vide, le temps ne signifiait rien. Le vide ne s'écoulait pas, il n'avait pas de durée; il de contentait d'être. Accepter les moments vides, c'était comme se mettre soi-même au point mort: dans ces moments-là, Pike l'était. (p.157)
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A l'Ombre du Mal de
Robert Crais
— Vous êtes en train de me dire que vous pensez que ces..... nanas ont été assassinées par un conseiller municipal de Los Angeles? C’est ce que vous êtes en train de me dire ou je suis complètement à la masse?
— …… mais on ne peut pas (l’) éliminer au seul motif qu’il a l’air normal. Les psychopathes ont souvent l’air normaux.
— Merci, Cole, je suis au courant. J’ai analysé pas mal de détraqués au déminage. Les gens haut placés sont aussi pervers que les autres — c’est juste qu’ils le cachent mieux. (Pages 226)
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Par Nice, le 07/08/2012
Le dernier détective de
Robert Crais
La Corvette jaune de Cole s'immobilisa le long du trottoir. Comme toujours, elle aurait eu besoin d'un lavage. Pike veillant à ce que sa Jeep Cherokee rouge soit toujours d'une propreté impeccable, comme son appartement, ses armes, ses vêtements et sa personne. aux yeux de Pike, l'ordre apportait la paix, et il ne comprenait pas comment Cole pouvait conduire une voiture aussi sale. La propreté c'était l'ordre, et l'ordre c'était le contrôl. Pike avait passé l'essentiel de sa vie à tenter de garder le contrôle. (p. 157)
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Par Nice, le 07/08/2012
Le dernier détective de
Robert Crais
Ils vous expliquent qu'en cas de dépressurisation vous êtes censé enfiler votre masque à oxygène avant celui de votre gosse. La première fois que j'ai vu ça, je me suis dit tu parles d'une connerie, si j'avais un gosse, je commencerais sûrement par lui mettre son masque. Mais à force de me creuser la cervelle, j'ai compris que ça se tenait. On doit se sauver d'abord soi-même, parce qu'il faut être en vie pour avoir une chance de pouvoir secourir son gosse. Voilà ou vous en êtes, Cole. (p. 227)
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A l'Ombre du Mal de
Robert Crais
Criminaliste chevronné de la SID, la division d’investigation scientifique du LAPD, Chen était aussi un mec archicupide. En plus d’être totalement parano.
Il me répondit d’une voix tellement étouffée que je l’entendis à peine.
— Je ne peux pas parler. Ils me surveillent.
Qu’est-ce que je vous disais?
— C’est au sujet de Lionel Byrd. Vous avez une minute?
Je savais par Lindo que Chen était sur l’affaire.
— Ça me rapportera quoi?
Cupide. (page 84)
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