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Par Orphea, le 22/01/2010
Le jardin de Diogène de
Robert Hàsz
Diogène secoua la tête.
-Tu ne comprends pas. Les aveugles n'ont pas besoin de la vérité. Ils sont très heureux dans leur monde fallacieux, mais douillet. Qu'est-il arrivé aux voyants qui ont voulu décrire le monde réel aux aveugles? Qui les a écoutés?
-Mais les temps changent. Il peut venir une génération qui croira peut-être les voyants.
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Par Orphea, le 22/01/2010
Le jardin de Diogène de
Robert Hàsz
Et à mesure que nous descendions, le monde que je laissais au-dessus de moi, mon passé, mon présent, les gens et leurs affaires, les choses qui les rassemblaient, les pensées mesquines et futiles, les idées et les projets avec lesquels nous vivons là-haut, les soucis et les réflexions, la colère et l'amertume, les joies et les bonheurs apparents, la comédie entre la naissance et la mort, l'incertitude, la certitude fallacieuse ---tout cela s'éloignait de moi progressivement mais de manière perceptible. Ou plûtôt, sortait de moi. Le monde me libérait de ses liens, il me rendait ma liberté.
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Par Orphea, le 22/01/2010
Le jardin de Diogène de
Robert Hàsz
Qu'une maison soit construite en brique grossière ou en verre étincelant, au bout de dix, cent, mille ans, le sable dont ils sont faits sera toujours du sable. Que dit l'Ecriture : "Tu es poussière..."
-Ce ne sont que des lieux communs.
-Ne fais jamais fi des lieux communs. Ce sont des vérités pétrifiées. Il faut du courage pour essayer de briser ces pierres.
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Le Prince et le Moine de
Robert Hàsz
Voici le monde, je te le confie, veille sur mes animaux et sur mes prairies. Tu peux prendre ce dont tu as besoin mais pas plus qu'il ne t'est nécessaire. Le Dieu-Ancêtre dételé un des douze chevaux blancs de son char de fe et l'apporta à l'homme sur la Terre, disant : voici ton cheval, afin que sur la terre tu sois plus rapide que le vent, et que dans le ciel, tu voles plus haut que le faucon. Puis il lui donna aussi l'art d'or afin qu'il protège les animaux qu'il lui avait confiés. Enfin, le Dieu-Ancêtre planta un grand arbre qui touchait le ciel, et il dit à l'homme : Voici l'Arbre-qui-touche-le-ciel, il relie l'homme au Dieu-Ancêtre. S'il te faut quelque chose, grimpe jusqu'au sommet et tu trouveras dans le ciel ce dont tu as besoin.
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Par Helodie, le 19/01/2012
La Forteresse de
Robert Hàsz
Le colonel le fusilla du regard :
- Que veux-tu dire par là ?
- Simplement que nous sommes depuis des années dans la phase "finale" de l'exécution de l'Ordre, mais personne n'a jamais redouté cela au point de faire disparaitre les armes. Ou de saboter nos plans d'une autre manière. C'est nouveau.
-Tu oublies le lieutenant Vajlo.
- Ah oui, reconnut le capitaine, mais lui, c'était autre chose. Personne ne l'a enlevé, lui. Il a disparu.
- Comme ça, tout seul, hein ?
- Oui, tout seul, c'est possible.
- C'est ridicule, personne ne déserte ici.
- Et pourquoi pas ? demanda soudain Livius.
Les deux autres le regardèrent.
- Mais pour quelle raison s'enfuir ? demanda le colonel d'un air incrédule.
- Simplement parce qu'on en a assez de tout, dit Livius en haussant les épaules, assez d'être enfermé, assez de ne pas pouvoir écrire ni recevoir de lettres de chez soi, assez d'être coupé du monde extérieur....
Le colonel secoua la tête :
- Ce ne sont pas des raisons suffisantes pour déserter.
- Pourquoi ?
- Parce que ça suffit !
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