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Chroniques de l'asphalte - 3/5: Chroniques de l'asphalte 3/5 de
Samuel Benchetrit
Fidèle lectrice de Benchetrit, je lis les chroniques de l'asphalte comme on mange une petite gourmandise. Ses mots sont simples et pleins d'anecdotes en tous genres. On s'identifie au personnage qui grandit dans sa banlieue et qui nous conte les péripéties de son adolescence... un petit bonheur sans prétention!
Mon préféré des trois tomes reste le premier.
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Chroniques de l'asphalte - 3/5: Chroniques de l'asphalte 3/5 de
Samuel Benchetrit
Je me suis retenu ces neuf derniers mois... je suis rentré tôt... je n'ai rien dit quand on m'a répété que l'école était la chose la plus importante... j'ai oublié mes mardis soir pour aller à l'entraînement et gagner au foot le mercredi... je me suis tapé 36 samedis soir de merde à la télé... 36 stade2 aux dimanches déprimants... passé huit mille heures à la fenêtre de ma chambre à regarder la nuit tomber... je me suis angoissé jusqu'au matin pour ce contrôle de maths que je n'avais pas révisé (j'aurais pu révisé dans la nuit mais je préférais m'angoisser)... j'ai eu froid au réveil... froid dans la salle de bains... froid sur le chemin du collège... Mais ce soir, c'est le mois de juin...et il fait chaud... et je vais m'habiller... mettre mon plus beau tee-shirt... froisser mon jean... faire briller la virgule de mes Nike... me coiffer en arrière... me servir du rasoir de mon père... et je vais sortir... oui... je vais partir... et ne m'attendez pas... ne m'attendez plus... et si je ne meurs pas dans la nuit... je serai un autre demain...
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Le coeur en dehors de
Samuel Benchetrit
" Tu sais Charly, il faut aimer dans la vie, beaucoup ... Ne jamais avoir peur de trop aimer. C'est ça, le courage. Ne sois jamais egoïste avec ton coeur. S'il est rempli d'amour, alors montre-le. Sors-le de toi et montre le au monde. Il n'y a pas assez de coeurs courageux. Il n'y a pas assez de coeurs en dehors ..."
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Par VivianeB, le 11/10/2009
Le coeur en dehors de
Samuel Benchetrit
L'année dernière, en CM2, on a dû faire un exposé sur Jean-Paul Sartre. J'ai fait des recherches et j'ai vu qu'il était avec Simone de Beauvoir. Vous parlez d'une histoire. Je me suis demandé s'ils s'étaient mis ensemble à cause des écoles qui sont juste à côt. Mais en fait ils étaient carrément mprts avant que ces écoles existent. Alors je me suis demandé si les types qui choississent les noms avaient fait exprès de mettre Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre l'un à côté de l'autre rapport à leur couple et tout. Et ma maîtresse de l'époque m'a dit que oui. Je vous jure qu'il y a des types qui manquent d'imagination.
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Par mgeffroy, le 15/04/2008
Récit d'un branleur de
Samuel Benchetrit
En repensant à mon rêve je le trouvai ridicule. Et je me dis que j'étais aussi con dans mes rêves que dans la vie. Et que ça m'aurait bien arrangé d'être un génie dans mes rêves. Que ça m'aurait reposé de ma connerie éveillée.
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Le coeur en dehors de
Samuel Benchetrit
Si on devait me donner un euro à chaque fois que ce type me tape sur les nerfs, je serais déjà milliardaire. Mais on me donne rien ,et je deviens dingue gratuitement.
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Le coeur en dehors de
Samuel Benchetrit
Par moments, j'aimerais avoir une gomme au-dessus de la tête pour pouvoir recommencer des journées.
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Chroniques de l'asphalte de
Samuel Benchetrit
Une fois, j’ai rencontré Doudou dans l’ascenseur.
- Salut Doudou.
- Salut.
Alors que je l’avais appelé un million de fois Doudou, je ne sais pas pourquoi, cette fois-ci, c’était étrange.
Je lui ai demandé son vrai prénom.
- Ben Doudou !
- Mais non, c’est un diminutif, comme Dédé, Mimi ou Youyou.
- Comment ça ?
- Ben, c’est pas leurs vrais prénoms quoi !
- Ben merde… Mais alors c’est quoi leurs vrais prénoms ?
- André, Michel et Youssef.
- Ben merde… Les pauvres vieux… Moi j’aimerais pas qu’on m’appelle autrement que comme j’m’appelle.
- On t’appelle déjà autrement… Doudou !
- J’te dis que c’est mon vrai prénom, tiens regarde.
Il a sorti son passeport de la poche arrière de son jean, et me l’a tendu.
Doudou s’appelait vraiment Doudou.
- Ben merde, tu t’appelles vraiment Doudou !
- C’est ce que j’te dis.
- Remarque, j’comprends que t’aies pas de diminutif.
- Comment ça ?
- Ben, comment tu veux réduire Doudou ?
Ça a eu l’air de le contrarier.
- Putain c’est vrai… Comment ça se fait que j’peux pas avoir de diminutif moi ?
- Parce que tes parents t’ont déjà donné un diminutif comme prénom.
- Merde.
- Toi, faudrait que tu fasses le contraire… Faudrait que tu te trouves un vrai prénom.
- Ouais, t’as raison.
- Y a un prénom qui te plaît ?
Doudou a immédiatement lâché :
- Johnny !
- Pourquoi Johnny ?
- C’est mon prénom en cours d’anglais… J’aime bien.
- Bon OK, alors Johnny, ça fait… Jojo.
Doudou s’est rappelé Jojo dans sa tête.
- Ça fait con Jojo.
- Alors… Nini.
Là, il a même pas cherché.
- C’est encore plus con Nini… On peut pas garder Johnny ?
- Ben non, c’est un diminutif qu’on te cherche, pas un prénom.
- Merde.
Finalement, Doudou est resté Doudou.
Et nous sommes arrivés au rez-de-chaussée.
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Par balooo, le 06/06/2010
Le coeur en dehors de
Samuel Benchetrit
Dans le jardin en face, un vieux type était à couper un arbre. Enfin, il ne coupait pas l'arbre mais les branches qui étaient trop longues. Je ne sais pas comment on dit, il doit y avoir un mot pour ça. Vous avez remarqué, il y a un mot pour chaque chose.J'aimerais tous les connaître, mais je suis loin du compte. Ca doit être super de rencontrer un type qui connaît tous les mots. Il doit avoir une drôle de gueule. Sûrement que le père Roland en connaît un paquet. Faudra que je lui demande le mot pour dire qu'on coupe les branches trop longues d'un arbre.
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Par balooo, le 06/06/2010
Le coeur en dehors de
Samuel Benchetrit
Je marchais vers la cité Berlioz et mon ventre continuait de faire des bruits. Je n'étais pas souvent allé dans cette cité. Déjà parce que je n'avais rien à y faire. Mais en plus parce que ça craignait franchement. C'est la première à avoir été construite et ça se voit tout de suite. On dirait une ville après la guerre, sauf qu'il y a pas eu la guerre. Et ça fait encore penser à ces machins de voyage dans le temps. Je veux dire qu'il suffit de la regarder pour comprendre comment les autres cités vont devenir. C'est pas de la magie ou quoi. C'est juste que toutes les cités ont plus ou moins été construites de la même façon. Et que si vous veniez ici, vous seriez paumé.
Pour aller de mon collège à Berlioz, il faut se taper un tas de quartiers pavillonnaires. C'est la déprime de marcher dans ces rues. Ca sent la mort je vous jure. Le seul truc bien c'est de savoir que Mélanie Renoir habite un de ces pavillons. C'est pas vraiment vraiment le chemin, mais ça fait pas un trop long détour.
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