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Par MClo85, le 25/05/2013
Sotos de
Philippe Djian
S'il venait voir Vito, mon grand-père ne s'était pas dérangé pour rien. Il pouvait écarter tous ces gens qui s'égaillaient devant la maison, lui souriaient et le saluaient au passage, s'enquéraient de sa santé ou lui serraient la main et il aurait pu constater que Vito était bien là et il n'avait qu'à lui raconter tout ce qu'il voulait. J'ai jeté un coup d'oeil à ce dernier avant de rejoindre mon grand-père, mais je n'ai pas eu l'impression qu'il réalisait de quel mauvais pas je l'avais tiré. Ou peut-être qu'un signe de reconnaissance lui airait arraché la gorge.
Quoi qu'il en soit, je me suis avancé au milieu de tous mes amis, le verre à la main et le soleil dans les yeux pour accueillir notre homme. J'avais toutes les peines du monde à cacher le plaisir qui m'envahissait, à ravaler le large sourire qui menaçait de tourner au rugissement de victoire.
-Désolé, mais j'avais oublié de te dire que...
J'ai reçu sa main en pleine figure. Chaque fois que mon grand-père m'avait frappé, ça n'avait jamais été le simple geste qui comptait. Il ne craignait pas de m'arracher la tête. Il devait estimer qu'une simple gifle ne suffisait pas et que je méritais davantage que l'humiliation. Je manquais à chaque fois de me retrouver par terre.
Lorsqu'il était réellement furieux contre moi, il n'hésitait pas à recommencer. Mais cette fois, j'avais dû dépasser les bornes car ma tête est partie dans un sens puis dans l'autre.
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"Oh..." de
Philippe Djian
«Maintenant parlons de choses sérieuses, dis-je. Vous voulez quoi pour Noël?»
Ils se regardent en gonflant les joues.
Je les aide : « Que diriez-vous, les enfants, d’une bonne machine à laver? Avec un nouveau-né, ça semble indispensable, non?» Ils me regardent comme si j’essayais de leur vendre un jambon.
«Un aspirateur? Une machine à coudre? Un robot Kenwood? Un four? Un lave-vaisselle? Une centrale vapeur? Un frigo?
- Je crois que je préfère un écran plat avec un abonnement aux chaînes payantes», déclare Josie.
- J’acquiesce. «Oui, mais mon conseil, vois-tu, serait d’aller au plus important...
- C’est ce que je fais, me coupe-t-elle. Après vient la chaîne stéréo et après le lecteur-enregistreur.»
Je souris en serrant fortement les mâchoires tandis que Vincent opine du chef.
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Par Lolokili, le 21/03/2013
"Oh..." de
Philippe Djian
Il me dit que je suis superbe, tandis que nous sortons dans la nuit froide. «Voilà ce que j’aime entendre, pensé-je, voilà bien la drogue la plus puissante au monde.»
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"Oh..." de
Philippe Djian
Nous trinquons au fait que le voilà devenu l’heureux locataire d’un trois-pièces de soixante cinq mètres carrés orienté plein sud, avec un petit balcon, pour lequel je me suis portée caution.
« Tu comprends ce que ça signifie, Vincent. Alors prends tes responsabilités. Si tu ne payes pas ton loyer, cela retombera sur moi et je ne pourrai pas tenir le coup très longtemps, est-ce que tu m’écoutes, ce n’est pas un jeu, Vincent, et je ne m’en fais pas juste pour vous, je parle pour moi et pour ta grand-mère dont le loyer est aussi à ma charge, tu le sais. Vincent, ils sont extrêmement nerveux en ce moment, ils ne laissent rien passer. Ils peuvent bloquer ton compte en un tour de main, engager des poursuites dont les frais sont entièrement à ta charge, t’envoyer les huissiers sans la moindre hésitation, t’humilier, et j’en passe. Garde toujours à l’esprit que des hommes qui spéculent sur le riz ou le blé ont déjà suffisamment de sang sur les mains pour ne pas craindre d’en faire couler davantage.»
Il me considère un instant puis sourit : «J’ai changé, mais tu ne le vois pas.»
J’aimerais le croire. J’aimerais le prendre dans mes bras et le couvrir de baisers reconnaissants. Mais j’attends de voir.
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Lent dehors de
Philippe Djian
Bien sûr qu'ils vont compter tes adverbes, tes malgré que, et mesurer la taille de tes ellipses... c'est leur métier...Mais toi,tu n'es pas en train de te couper une robe de soirée, tu écris un livre...! Ne t'occuppe pas de ce qu'on écrit sur toi, que ce soit bon ou mauvais. Evite les endroits où l'on parle des livres. N'écoute personne. Si quelqu'un se penche sur ton épaule, bondis et frappe le au visage. Ne tiens pas de discours sur ton travail il n'y a rien à en dire. Ne te demande pas pourquoi tu écris mais pense que chacune de tes phrases pourrait être la dernière.Laisse le gratter à la porte, il va se fatiguer, ou veux tu que j'aille lui parler cinq minutes....?
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Par PCousson, le 19/07/2012
Incidences de
Philippe Djian
Des moineaux se tenaient sur les fils électriques, dans l'attente du rayon de soleil qui viendrait regonfler leur duvet, les délivrer du baiser glacé de la nuit .
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Bleu comme l'enfer de
Philippe Djian
Il était dans un tel état qu'il ne pouvait rien ressentir de plus, bon Dieu les rues étaient vraiment belles et c'était encore plus horrible, cette beauté il la ressentait d'une façon plutôt bizarre. IL SE SENTAIT ENCORE PLUS MAL ! ! La beauté est une vraie saloperie quand vous souffrez, il y avait tout un tas de chiens et de gens, des filles et des hommes, le long des murs, des trottoirs, sur les murs blancs, de la musique, de la mauvaise musique et ces cons-là marchant au milieu de la rue, avec les chiens, les chiens se retournaient sur les filles et les murs blancs, les murs étaient d'un blanc intense, des guirlandes de fruits accrochées comme pour une fête et la rue montait tout doucement et au bout il y avait plus rien du tout, que la nuit, que la musique, les chiens passaient juste sous les roues du bus, il y avait des ampoules nues qui tombaient des murs et toutes ces saloperies de papillons qui tournaient autour dans cette musique de dingue, même les chiens étaient dingues, même les gens, les filles et les hommes sur les trottoirs, ils faisaient valser les ampoules et les ombres sur les murs, d'un bout à l'autre et rien de plus.
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Par Eve-Yeshe, le 23/04/2013
"Oh..." de
Philippe Djian
Décembre est un mois où les hommes se saoulent- tuent, violent, se mettent en couple reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s’enfuient gémissent meurent mais celui-là au moins a-t-il gardé l’usage de la parole…
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Par Nadael, le 24/10/2010
Crocodiles de
Philippe Djian
La rivière était haute et nerveuse. Les berges sifflaient et de petits tourbillons glougloutaient éperdument à la surface avant d'être balayés et ramenés dans les rangs. Je sentais la terre trembler sous mes pieds, je sentais l'euphorie du courant et j'en étais tout réjoui et comme paralysé d'émotion. J'aimais cette rivière. Je sentais mon coeur battre chaque fois que je l'approchais. Je comptais parmi les plus belles choses de ma vie le simple fait de m'asseoir à ses côtés, la regarder, l'écouter, sous le soleil, sous la pluie, qu'elle fût calme ou exaspérée, limpide ou noire comme de l'encre, je connaissais ses humeurs, ses chants, ses sortilèges, elle me parlait, me réconfortait ou me plongeait dans de sombres états d'âme, elle dansait comme un ange ou se dandinait comme une infâme putain, j'avais passé des heures et des heures avec elle, les yeux fixés dans ses reflets, alanguis ou rougis de larmes ou fiévreusement écarquillés lorsque le jour tombait et qu'un dernier rayon déclenchait la plus étonnante et hiératique symphonie que je pouvais imaginer, certainement oui j'éprouvais à son égard un amour véritable.
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Par PCousson, le 17/07/2012
Incidences de
Philippe Djian
Sur ce terrain, il en savait autant qu'un nouveau-né mais il savait aussi d'instinct que rien ne pouvait aller en se simplifiant, que rien ne pouvait gagner en clarté (et surtout pas dans le coeur des femmes), de quelque manière que l'on s'y prît.
Celui qui n'attendait rien n'était jamais déçu. Celui qui ne pêchait pas par optimisme ne tombait jamais de haut. Celui qui s'attaquait à la montagne avec patience et humilité arrivait à ses fins. Celui qui ne préjugeait pas de ses forces constituait un adversaire de taille.
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