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Citations de Sándor Márai (59)


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  • Par Neigeline, le 14/03/2010

    Les Braises de Sándor Márai

    Quoi qu'il en soit, aux questions les plus graves, nous répondons, en fin de compte, par notre existence entière. Ce que l'on dit entre-temps n'a aucune valeur, car lorsque tout est achevé, on répond avec l'ensemble de sa vie aux questions que le monde vous a posées. Les questions auxquelles il faut répondre sont : qui es-tu ? Qu'as-tu fait ? ... A qui es-tu resté fidèle ? A quel propos as-tu été infidèle ? ... Avec qui, où, en quelle occasion as-tu été courageux ou lâche ? ... Voilà les questions capitales.

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  • Par Neigeline, le 14/03/2010

    Les Braises de Sándor Márai

    C'est qu'en réalité nous aimons toujours ceux qui sont différents de nous... Ce sont eux que nous recherchons sans cesse dans la vie. (...) Lorsque, par hasard, deux êtres qui ne sont pas de nature différente se rencontrent, quelle félicité ! C'est le plus beau cadeau du sort. Malheureusement, les rencontres de ce genre sont extrêmement rares et il semble, de toute évidence, que la nature se soit opposée à l'harmonie par la ruse et la violence, sans doute parce que, pour recréer le monde et rénover la vie, il lui est indispensable que subsiste cette tension entre les humains, harcelés par des tendances contradictoires et des rythmes dissemblables, mais qui néanmoins cherchent à s'unir coûte que coûte. Où que nos regards se portent, nous voyons cette alternance, cet échange d'énergie entre le pôle positif et le pôle négatif. Imagine la somme de désespoir et de vaines espérances que cela représente... (...)
    Le destin peut tout nous accorder et nous pouvons tout lui arracher, mais nous ne pouvons jamais changer les goûts, les penchants et le rythme de vie d'un autre et nous luttons en vain contre cette "nature différente" qui caractérise essentiellement l'être que nous aimons.

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  • Par Neigeline, le 14/03/2010

    Les Braises de Sándor Márai

    Il n'est pas vrai que les hommes ne peuvent faire autrement que de supporter leur destin, dit le général. (...) Les hommes peuvent aussi le diriger. Ils déterminent eux-mêmes ce qu'il doit leur arriver. Ils attirent leur destin à eux et ne s'en séparent plus. Les hommes sont ainsi qu'ils agissent comme ils doivent le faire, même si de prime abord ils savent que leurs actes leur seront néfastes. L'homme et son destin font cause commune. Ils se prêtent serment et se forment l'un à l'autre. Le destin n'intervient pas aveuglément dans notre vie. Disons plutôt qu'il y pénètre par la porte que nous lui avons ouverte nous-mêmes, en l'invitant poliment à entrer. Car nul être humain ne possède assez de puissance et d'intelligence pour écarter, avec des mots et des actes, la malheur qui résulte de sa nature, de son caractère, suivant des lois impitoyables.

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  • Par luocine, le 06/08/2009

    Métamorphoses d'un mariage de Sándor Márai

    Nous sommes sortis ensemble comme de vrais amis, comme deux hommes qui avaient couché avec la même femme sous une même couverture. Vois-tu c’est ça, la vraie démocratie.

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  • Par Pchabannes, le 25/03/2010

    Les Braises de Sándor Márai

     Je voudrais savoir à qui tu poses cette question, dit Conrad
    Le général le regarde et répond :
     A tous les deux. Je me suis souvent demandé si la véritable essence de tous les liens humains n’est pas le désintéressement qui attend et qui ne veut rien, mais absolument rien de l’autre et qui réclame d’autant rien qu’il donne davantage. Lorsque l’on fait don de ce bien suprême qu’un homme peut donner à un autre homme, je veux dire la confiance absolue et passionnée, et lorsqu’on doit constater que l’on est payé que d’infidélité et de bassesse…a-t-on le droit d’être blessé et de crier vengeance ?
    Conrad reste immobile dans son fauteuil et demande d’une voix enrouée :
     Tu parles de vengeance ?...
     Il faut que je te dise toute ma pensée. Oui, je parle de vengeance […].

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  • Par sentinelle, le 10/10/2009

    L'Héritage d'Esther de Sándor Márai

    Alors que nous étions assis sur le banc de pierre, je compris brusquement – et de façon désespérante – qu’il vient un moment où l’on ne peut plus rien « réparer ». On vit, on rapièce, on rafistole, on construit et quelquefois, on gâche son existence ; puis, avec le temps, on s’aperçoit que cette vie, telle qu’elle s’est constituée de hasards et d’erreurs, est parfaitement inaltérable. Lajos n’y pouvait plus rien. Lorsque quelqu’un surgit du passé pour annoncer, avec des trémolos dans la voix, qu’il veut « tout réparer », on ne peut que le plaindre et rire de ses intentions. Le temps avait déjà tout « réparé » à sa façon particulière, qui est la seule possible.

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  • Par luocine, le 06/08/2009

    Métamorphoses d'un mariage de Sándor Márai

    Voilà c’est comme ça…il y en a un qui aime plus que l’autre. Pourtant, c’est celui qui aime qui a la tâche la plus facile. Tu aimes ton mari, alors, même si tu souffres tu as la meilleure part. Moi, il m’a fallu supporter un amour que je ne partageais pas. Voilà qui est bien plus difficile.

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  • Par zohar, le 18/03/2011

    Les Braises de Sándor Márai

    Etre différent de ce que l'on est, est le désir le plus néfaste qui puisse brûler dans le coeur des hommes. Car la vie n'est supportable qu'à condition de se résigner à n'être que ce que nous sommes vraiment.

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  • Par Aela, le 13/03/2011

    L'Héritage d'Esther de Sándor Márai

    Les conventions valent peu de chose au regard de la réalité. Vois-tu Esther, les retrouvailles sont -mystérieusement - presque plus excitantes que la première rencontre.. Je le sais depuis longtemps. Recoir un être aimé, n'est-ce pas, comme dans les romans policiers, revenir sur les "lieux du crime"? Je n'ai jamais aimé que toi dans cette vie, même si mon amour a été inconstant, sans rigueur ni exigence, je le sais bien..

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  • Par Neigeline, le 14/03/2010

    Les Braises de Sándor Márai

    Il m'est arrivé une fois de traîner un ours pesant deux cent cinquante kilos, du haut d'une colline couverte de neige jusque dans la vallée. Bien sûr , j'étais alors d'une force peu commune. Mais, après coup, je me suis demandé comment j'avais réussi à déplacer ce poids considérable à travers monts et vaux. Les hommes - semble-t-il - peuvent supporter les plus lourdes charges tant que la vie conserve un sens pour eux.

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  • Par Neigeline, le 14/03/2010

    Les Braises de Sándor Márai

    Un jour ou l'autre, nous devons perdre l'être que nous aimons. Celui qui ne peut supporter cela n'est pas intéressant, parce qu'il n'est pas un vrai homme.

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  • Par luocine, le 03/09/2009

    Les Braises de Sándor Márai

    "Je veux être poète!" dit il un jour en contemplant la mer, le regard rêveur sous les paupières mi-closes, tandis que ses boucles blondes ondoyaient dans le vent chaud. La nourrice l'entoura de ses bras et pressa sa tête contre son sein.

    " Non, tu seras soldat. " dit-elle.

    " Comme mon père ?" questionna-t-il et, déçu, il secoua la tête.

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  • Par Neigeline, le 13/04/2009

    Métamorphoses d'un mariage de Sándor Márai

    Tu sais, il me semble qu'une horloge invisible règle nos actes : on ne peut rien "décider" avant que les choses ne se décident d'elles-mêmes... Et si on essaie de faire violence à la vie, on tombe dans la folie, dans l'inhumain... et peut-être même dans l'immoral. Oui, c'est la vie qui décide... et ses décisions sont aussi surprenantes que superbes... Après, tout paraît toujours simple et naturel.

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  • Par orchidee, le 05/01/2009

    Métamorphoses d'un mariage de Sándor Márai

    La cause de mon échec réside précisément dans ce que je viens de te dire. Je n'ai pas été asez courageux pour accepter la tendresse de cette femme qui m'aimait, je l'ai aussi un peu méprisée à cause de ses gouts, de sa manière de vivre qui n'étaient pas les miens, mais ceux de la petite bourgeoisie.

    Mais j'ai fini par comprendre que ces fantaisies se nourrissaient à une source plus profonde, une source à laquelle je n'avais pas accès - celle de la pauvreté.

    Et maintenant, apprend que le véritable amour est toujours mortel. Je veux dire que son but n'est pas le bonheur, l'idylle, la promenade, main dans la main, sous les tilleuls en fleur, derrières lesquels la douce lumière d'une lampe éclaire un foyer où régnent la fraicheur et des oideurs familières.

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  • Par zorazur, le 12/01/2012

    L'Héritage d'Esther de Sándor Márai

    On peut passer sa vie à taire l'essentiel. Quelquefois même, on en meurt. Mais il arrive qu'on ait la possibilité de parler ; alors il n'est pas permis de continuer à se taire.

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  • Par Neigeline, le 13/06/2010

    Le premier amour de Sándor Márai

    Haïr quelqu'un c'est lui accorder une existence. Vous êtes bien trop minuscule pour mériter que je vous haïsse, mon pauvre ami.

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  • Par Neigeline, le 13/06/2010

    Le premier amour de Sándor Márai

    Je pense aujourd'hui que seuls ceux qui sont en harmonie avec le monde peuvent être beaux.

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  • Par Neigeline, le 13/06/2010

    Le premier amour de Sándor Márai

    Maintenant en me forçant encore, je vais écrire le mot "tristesse" : ma tristesse semble s'atténuer. Je n'aime pas ce mot. Je le trouve très sentimental. Cependant si j'analyse ce qui m'arrive depuis mon retour, je ne trouve pas de meilleur terme. Je suis triste, simplement. C'est un état comme un autre. Sans cause particulière. Ce n'est même pas si désagréable. On mange, on boit, on digère et on dort avec. Et pourtant, pendant ce temps, pendant que la vie se déroule, il se passe autre chose en moi. Je suis triste. Pourquoi ? Pour qui ? Je suis incapable de le dire. C'est une tristesse tellement paisible, tellement calme. Il y a quelque chose en elle qui fait du bien. Elle envahit tout. Je dors tristement. Je mange tristement. C'est comique mais c'est ainsi. Que faire ? Je suis triste quand je suis au milieu des gens. Et triste quand je rentre chez moi. Pas "désespéré", pas "indifférent", pas "las de vivre". Non. Triste. Que m'arrive t-il ? (...) Cette tristesse est un sentiment étrange et paisible. Elle contient comme une attente sceptique. Ma journée tout entière en est remplie. Quand on me demande "comment allez-vous ?", impossible de répondre : "Je suis triste." Ce n'est pas une réponse. Mais c'est la vérité. C'est pourquoi je l'écris ici.

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  • Par Neigeline, le 04/04/2010

    L'Héritage d'Esther de Sándor Márai

    Alors que nous étions assis sur le banc de pierre, je compris brusquement – et de façon désespérante – qu’il vient un moment où l’on ne peut plus rien « réparer ». On vit, on rapièce, on rafistole, on construit et quelquefois, on gâche son existence ; puis, avec le temps, on s’aperçoit que cette vie, telle qu’elle s’est constituée de hasards et d’erreurs, est parfaitement inaltérable. Lajos n’y pouvait plus rien. Lorsque quelqu’un surgit du passé pour annoncer, avec des trémolos dans la voix, qu’il veut « tout réparer », on ne peut que le plaindre et rire de ses intentions. Le temps avait déjà tout «réparé» à sa façon particulière, qui est la seule possible.

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  • Par Neigeline, le 04/04/2010

    L'Héritage d'Esther de Sándor Márai

    Les amours sans espoir durent toujours.

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