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Par litolff, le 13/04/2012
Une vie de choix de
Tahmima Anam
Cachée par son sari, Mrs Chowdhury portait un anneau en or qui retenait les clés des armoires et autres verrous de la maison : celle du cellier pour le sucre et l'huile, celle du portail d'entrée, celle de derrière, celle du salon (toujours fermé à double tour, fauteuils recouverts de draps, sauf pour les grandes occasions), celle de la glacière, et surtout celle du coffre à bijoux, scellé à son almirah en fer, la plus solide des armoires que possédait Mrs Chowdhury.
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Par litolff, le 13/04/2012
Une vie de choix de
Tahmima Anam
Lentement, la ville s’adapta à l’occupation. Comme elle s’adapta à la présence des soldats en faction au coin des rues, à leurs uniformes empesés, à leurs visages pâles et grimaçants. La ville s’adapta aux tanks, lourdement installés au milieu des routes, et aux check points où des soldats inspectaient les voitures, aboyaient des ordres à des conducteurs qui hochaient la tête et agitaient les bras pour assurer de leur innocence. La ville s’adapta aussi au silence, car il n’y avait plus ni discours, ni défilés, ni manifestations ; rien qu’un calme immobile et angoissant, interrompu deux fois par jour par la sirène du couvre-feu.
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Par Palmyre, le 18/02/2012
Un bon musulman de
Tahmima Anam
1971 Décembre
Huit jours après la fin de la guerre, Sohail Haque est planté au beau milieu d'un champ de moutarde fanée. Les pétales de la fleur de moutarde séchés au point de tomber en poussière, lui chatouillent les narine et lui rappellent le fumet de la viande, à laquelle il n'a pas goûté depuis des mois. Craquements d'herbes qui gémissent sous ses pas; au-dessus de sa tête, l’œil d'un soleil d'hiver sous sa paupière lourde. Il y a des jours qu'il marche vers le sud, qu'il suit le ruban gris de la route menant à la ville. D'un village à l'autre, tous abandonnés, il s'est nourri de feuilles de bananier, désaltéré dans des mares, embrassant la surface de l'eau et filtrant la mousse entre ses dents. Le troisième jour, un paysan lui a dit que la guerre était finie.
Maintenant, sur le chemin du retour, il s'essaie à prononcer le nom du pays, Bangladesh.
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Par litolff, le 13/04/2012
Une vie de choix de
Tahmima Anam
Pendant tout ce mois de juin, les soldats de Tikka Khan sillonnèrent les plaines, dans l'été du Bangladesh. Ils pillèrent des maisons et brûlèrent des toitures. Ils commirent des viols. Ils alignèrent des hommes au bord des étangs pour les fusiller. Pratiquèrent des tortures anciennes et nouvelles. Ils innovèrent, firent oeuvre de pionniers en cruauté, se surpassèrent chaque jour en brutalité, se sentant toujours plus proches de la divinité, puisqu'on leur avait expliqué qu'ils étaient les sauveurs du Pakistan, de l'islam et peur-être même du Tout-Puissant en personne face à la dépravation des Bengalais.
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Par Palmyre, le 07/11/2011
Une vie de choix de
Tahmima Anam
C'était toujours à cette heure de la journée qu'elle s'octroyait un moment d'égoïsme, à l'heure où la maison, le monde, lui appartenait et où il n'y avait personne à aimer, personne à secourir. Cela ne durait que quelques minutes. Quelques minutes, c'était tout ce qu'elle s'accordait.
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Par litolff, le 13/04/2012
Une vie de choix de
Tahmima Anam
Il en va souvent ainsi dans les familles : on se détruit les uns les autres, puis on prétend que rien ne s'est passé ; on reprend les vieilles habitudes, les humiliations ordinaires, exactement comme Parveen en cet instant, le regard fixé sur l'état lamentable des meubles de Rehana.