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Compartiment pour dames de
Anita Nair
Et les morts, que pensaient-ils du chaos entraîné par leur disparition ? Subramani Iyer ? Appa ? La souffrance les tenaillait-elle, dans leur royaume de non-retour ? Ou étais-ce tout simplement ça la mort ? Pouvoir partir. Cesser d'être concerné. Etre libre.
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Compartiment pour dames de
Anita Nair
Akhila est de ces femmes-là. Celles qui font ce que l'on attend d'elles et qui rêvent du reste.
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Par kathy, le 04/09/2010
Le Chat karmique de
Anita Nair
Le chat, qui était roulé en boule, s'étira et fléchit les pattes. Puis il cligna des yeux.
Des plumes de sommeil s'attachaient encore à lui. Une étrange sensation de fatigue lui parcourait les os comme un frisson et s'y accrochait avec l'insistance d'un crabe. L'espace d'une instant, il posa sur son environnement un regard aveugle. Puis il laissa l'habitude reprendre ses droits.
Quittant son lieu de repos, il avança à pas feutrés jusqu'au plan d'herbe qui bordait la chaussée, veillant néanmoins à ne pas trop s'en approcher. Il savait le sort réservé à ceux de ses congénères qui baissaient la garde aux abords d'une route.
Il avait vu des chats empalés en plein élan, des chats aplatis sur le goudron. Des chats éventrés, des chats écrasés, oeil vitreux, membres raides, mine grimaçante. Il en avait vu beaucoup, des chats sans vie.
Il s'assit et se lécha les babines. C'était un chat méticuleux. S'il avait été un homme, ses lacets auraient été de longueur égale, ses talons de chèques soigneusement remplis, son visage aspergé et savonné plusieurs fois par jour.
Le chat leva sa patte droite et la lécha jusqu'à ce qu'elle soit humide. Puis il la passa sur son museau et sa tête, derrière son oreille, dedans aussi, sur ses yeux et le long de ses bajoues jusqu'au menton.
Insatisfait du résultat, il répéta l'opération avec sa patte gauche. Puis il porta son attention à ses épaules, ses flancs et ses cuisses. S'enroulant sur lui-même, il termina de nettoyer ses parties génitales avant de passer à sa queue, qu'il parcourut avec sa langue depuis la racine jusqu'à son extrémité. Quand il trouvait un épi, il l'arrachait avec les dents, délicatement, en expert.
Ce chat que vous observez n'est pas diffférent des deux millions et quarante-trois autres chats qui habitent la planète : tous les chats se lavent. Même le tout premier Miacis, créé de main mystérieuse, se lavait, paraît-il, quand il n'était pas occupé à gambader entre les pattes des dinosaures et des mammouths.
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Par litolff, le 06/12/2010
Compartiment pour dames de
Anita Nair
Ne deviens pas une de ces femmes qui se soignent pour séduire. La seule personne à qui tu dois plaire, c'est toi. Quand tu te regardes dans la glace, c'est à toi que ton reflet doit plaire.
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Un homme meilleur de
Anita Nair
Regarde mes mains. Ma peau est striée de lignes profondes qui la fractionnent en archipels d'inquiétude. Il fut un temps où la tâche la plus fatigante que ces mains aient eu à accomplir était de tourner les pages d'un livre. Ce n'est pas un pinceau qu'elles tenaient mais un morceau de craie, et c'est la surface d'un tableau noir qu'elles noircissaient de l'étendue de mes connaissances.
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Un homme meilleur de
Anita Nair
Le soleil poussa un profond soupir avant d'entamer ses corvées matinales. Il balaya de son premier rayon les voiles de brouillard qui enveloppaient les arbres. Puis il entreprit de réchauffer les brins de riz avant d'aller frapper à la porte des poulaillers. L'air s'emplit d'un roulement assourdi qui gagna en intensité en descendant la colline : touc, touc, touc. C'était le fracas de la Royal Enfield Bullet de Majid qui parcourait les lacets du chemin de terre menant chez lui. Les cris stridents des perroquets déchiraient le ciel. Des tourterelles, réfugiées dans les niches qu'offrait la margelle du puits, roucoulaient.
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Par litolff, le 06/12/2010
Compartiment pour dames de
Anita Nair
Akhila réalisa soudain que c'était en racontant leur vie que toutes ces femmes, Janaki, sheela et même Margaret, qui s'enorgueillissait de son indépendance, tentaient de lui donner un sens. Et moi qui croyait être la seule à essayer de définir les contours de mon existence ! Elles ont toutes besoin autant que moi de justifier leurs échecs. C'est en explorant la texture de la vie des autres, en cherchant des ressemblances, susceptibles de connecter nos vies entre elles, que nous essayons de nous libérer d'un sentiment de culpabilité à l'égard de ce que nous sommes et de ce que nous sommes devenues.
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Les Neuf Visages du coeur de
Anita Nair
La terre engloutit la pluie comme un nourrisson affamé avale le premier lait de sa mère, à gorgées gloutonnes. Elle avait soif de ces fines gouttes de pluie régulières. Puis, rassasiée, elle eut comme un renvoi et exhala une fragrance forte et humide. Celle de la terre mouillée, chargée du souvenir des jours où le soleil l'avait calcinée, craquelant sa surface. L'humidité de la pluie, de la délivrance. On aurait dit qu'un dieu avait lancé sur moi des milliers de flèches venues transpercer mes pores et stimuler mes sens par leurs picotements, leurs fourmillements, leurs bourdonnements. Peut-être cela n'avait-il rien à voir avec la pluie. Peut-être fut-ce la première vision quej'eus d'elle. Dans ma mémoire, elle restera à jamais associée à l'arrivée de la mousson. Et son parfum restera celui de la terre sombre et humide.
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Par kathy, le 04/09/2010
Le Chat karmique de
Anita Nair
Il y a toujours eu un arbre mourongue au jardin de mes souvenirs. Le permier était un beau spécimen qui s'élançait vers les cieux depuis l'arrière de la maison. ...Entre-temps il y eut d'autres arbres. Des arbres insignifiants. Des arbres malingres. Une fois même, le squelette d'un mourongue mort. Ensuite, il y eut le jeune mourongue du jardin voisin qui n'en finissait pas de jeter des regards curieux dans le mien. Comme un chiot avide de se faire de nouveaux amis, il s'enroulait autour du muret, cascade verdoyante qui s'invitait chez moi. Parfois, quand mon frigidaire était vide et froid, je m'approchais de ses branches accueillantes et cueillais tous ses fruits. L'arbre ne m'en tenait jamais rigueur. Quelques jours plus tard, il revenait à l'assaut, cherchant à attirer mon attention avec ses larmes de verdure.
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Par castabea, le 03/09/2011
Compartiment pour dames de
Anita Nair
L'amour est un liquide incolore et volatil. L'amour enflamme et brûle. L'amour ne laisse aucun résidu : ni fumée, ni cendres. L'amour est un poison déguisé en esprit-de-vin.
Au cours de cette première année, mon amour pour Ebe eut l'effet d'un solvant. Il relâcha et affaiblit la tenacité et la détermination qui faisaient jusqu'alors partie de mon caractère. J'étais tellement ivre de mes sentiments pour lui que je n'avais qu'un souhait : être avec lui. Lui plaire. Lui montrer de mille façons à quel point je l'aimais. Rien d'autre ne comptait