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Le Jardinier d'amour - La Jeune Lune de
Rabindranath Tagore
De peur que je n'apprenne à te connaître trop facilement,
tu joues avec moi.
Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire.
De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons.
De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends le chemin que tu voudrais prendre.
Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi tu es silencieuse.
Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.
(Le Jardinier d'amour, XXXV)
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Par Cath36, le 07/10/2011
De l'aube au crépuscule de
Rabindranath Tagore
Que mon chant ait la simplicité de l'aube,
Du glissement de la rosée sur la feuille,
Des reflets dans les nuages,
Et des averses de la nuit
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Par Eternidad, le 14/12/2010
La Petite Mariée - Nuage et soleil de
Rabindranath Tagore
"On rencontre beaucoup de visages dans le monde, mais certains d'entre eux pénétrent dans notre esprit presque à notre insu. Ce n'est pas à cause de leur beauté qu'ils s'imposent à nous, mais plutôt à cause d'une autre qualité. Dans la plupart des visages la nature humaine ne transparaît pas, mais il s'en trouve cependant où cette qualité mystérieuse, intérieure, se manifeste spontanément. Alors ce visage-là se fait remarquer entre mille autres et s'imprime tout à coup dans l'esprit."
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Par Myrinna, le 11/03/2010
Aux bords du Gange : Et autres nouvelles de
Rabindranath Tagore
Dans la chambre qui avoisinait notre dortoir d'enfants, pendait un squelette. La nuit, ses os cliquetaient sous le jeu de la brise. Le jour, nous nous plaisions à les entrechoquer.
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Par Cath36, le 07/10/2011
De l'aube au crépuscule de
Rabindranath Tagore
Que tous mes accents de joie se mêlent dans mon dernier chant -de cette joie qui se répand à profusion, quant la terre se couvre de verdure et que les jumeaux Mort et Vie font la ronde autour du vaste monde -la joie qui s'engouffre sous la porte avec la tempête, qui provoque les rires et fait perler les larmes aux yeux du malheureux assis au coeur du lotus rouge de la souffrance -la joie qui recouvre de ses éclats la poussière. La joie qui ne se définit pas.
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Par Myrinna, le 11/03/2010
Aux bords du Gange : Et autres nouvelles de
Rabindranath Tagore
Toutes les fibres de mon coeur la reconnurent et mon âme tressaillit tout entière. Je ne doutais point que, de son côté, elle m'eût également reconnu.
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Par lexote, le 05/06/2010
Quatre chapitres de
Rabindranath Tagore
- Je ne suis pas patriote comme ceux que, vous, vous appelez patriotes. Ceux qui ne reconnaissent pas ce qu’il y a de plus grand que le patriotisme montent sur leur patriotisme comme sur le dos d’un crocodile qu’ils prennent comme un bateau apte à leur faire traverser le fleuve. Mensonges, bassesses, soupçons, conspiration pour le pouvoir, espionnage, tout cela les plongera un jour dans la vase. Je m’en rends parfaitement compte. Au milieu de ce monde affreux, au fond d’un trou, soumis constamment au vent empoisonné des mensonges, je ne pourrai jamais préserver mon humanité sans laquelle aucune grande entreprise ne peut être accomplie sur cette terre.
- Ecoute, Antu, ce que tu appelles suicide de l’âme, ne le trouve-t-on que dans notre pays?
- Je n’ai pas dis ça. De nos jours, les nationalismes de la terre entière proclament, avec des hurlements bestiaux, l’effroyable mensonge selon lequel on peut sauver la vie d’un pays en tuant son âme. Mon coeur est dévasté par une intorlérable protestation que je ne puis exprimer.
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Par Cath36, le 07/10/2011
De l'aube au crépuscule de
Rabindranath Tagore
Depuis toujours, jour après jour, année après année, Tu as envoyé Tes messagers de par ce monde sans pitié.
Ils y ont essaimé ces mots qui sont les Tiens :
"Pardonnez tout. Aimez-vous les uns les autres.
Purifiez vos coeurs des souillures sanguinaires de la haine."
...
N'ai-je donc point vu cette secrète malveillance foudroyer l'indigent sous le couvert du droit et de l'hypocrisie ?
N'ai-je donc point entendu la voix solitaire de la justice verser des larmes silencieuses sur les outrages imposés par les puissants ?
N'ai-je donc point vu dans quelle agonie la jeunesse insouciante a galvaudé sa vie et heurté sa folie aux murs insensibles des coeurs de pierre ?
Ma voix s'étrangle et mes chants se taisent aujourd'hui.
Ci-gît le monde dont je rêve,
Enchaîné et détruit dans la spirale noire des mensonges...
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Par lanard, le 29/08/2010
L'Offrande lyrique : Gitanjali de
Rabindranath Tagore
C'était un jour où je ne me tenais pas prêt à l'acceuil; entrant non prié dans mon coeur, et même comme quelqu'un du commun peuple, inconnu de moi, mon Roi, tu as marqué du sceau de l'éternité maint fugace instant de ma vie.
Et aujourd'hui que je tombe sur eux par hasard et que j'y vois ta signature, je les trouve gisant dans la poussière, dispersés parmi les joies et les chagrins des jours ordinaires oubliés.
Tu n'as pas tourné en dérision mes jeux puérils dans la poussière, et les pas que j'entendais dans ma chambre d'enfant sont ceux-là mêmes qui retentissent d'étoile en étoile.
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Par Cath36, le 07/10/2011
De l'aube au crépuscule de
Rabindranath Tagore
Je sais que cette vie-ci, même si elle ne s'est pas accomplie dans l'amour, n'est pas totalement perdue.
Je sais que les fleurs flétries au crépuscule et que les rivières s'égarant dans le désert ne sont pas totalement perdues.
Je sais que les retards accumulés en cette vie appesantie par la lenteur du temps ne sont pas totalement perdus.
Je sais que mes rêves avortés et mon chant retenu viennent effleurer les cordes de ton luth et qu'ils ne sont pas totalement perdus.