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Par Chouchane, le 08/01/2013
Ethno-Roman de
Tobie Nathan
Comme le dit Louis Jouvet dans le film Les amoureux sont seuls au monde : "la première impression est toujours la bonne surtout quand elle est mauvaise"
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Par chared16, le 14/09/2011
Qui a tué Arlozoroff ? de
Tobie Nathan
[Magda] comprenait que les Juifs étaient une nation maudite, le sort qui leur avait été réservé partout et depuis toujours en était une preuve suffisante. Mais elle ne saisissait pas en quoi une haine personnellement vécue, dans son coeur, dans ses gestes, assumée dans ses décisions quotidiennes, en quoi une telle haine du juif lui était indispensable. "Que dois-je faire ? demanda-t-elle, que dois-je faire, mein Führer ?" Il lui fallait offrir son Juif à Hitler. Elle devait sacrifier ce Juif qu'elle prétendait aimer, l'apporter à cette congrégation de cannibales et leur offrir sa chair. Voilà ce qu'elle devait faire. (p361)
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Par Kittiwake, le 20/06/2011
Mon patient Sigmund Freud de
Tobie Nathan
Je savais pertinemment qu'il faut attacher la plus grande importance aux paroles des fous et des inconnus, à ces paroles qui surgissent de nulle part.Elles portent souvent les réponses aux questions que l'on ne se pose pas encore
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Par Chouchane, le 08/01/2013
Ethno-Roman de
Tobie Nathan
Je pense toujours que les vraies idées, les innovations qui contribuent à fabriquer le monde, sont inventées par les peuples et non par les personnes... les langues par exemple, ou bien les traditions, les façons d'enterrer les morts ou de prédire l'avenir... ce sont les peuples qui les ont inventées.
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613 de
Tobie Nathan
Ce n'est pas que Dieu ait besoin de notre bénédiction, non ; bien sûr que non ; mais. Allez, allez... C'est parce que nous le bénissons que nous lui donnons corps. Ne dit-on pas que si tous les Juifs existant sur terre se mettaient à respecter le Shabbat, ne serait-ce qu'une fois, une seule fois, un seul shabbat, alors arriverait le messie ? C'est bien qu'on fabrique le messie par notre prière; tout comme on fabrique Dieu par nos bénédictions. Et on le fabrique, tu vois, pour qu'il nous fabrique. _ _ On fabrique Dieu en priant tous ensemble et lui, il fabrique ensuite les Juifs un à un... C'est ça, l'histoire ! C'est simple, mon Vieux, c'est tout simple. ›› p.216
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Par livranne, le 20/10/2009
Nous ne sommes pas seuls au monde de
Tobie Nathan
J'ai délibérément pris le parti d'envisager les personnes à partir de leurs attachements multiples à des langue, des lieux, des divinités, des ancêtres, à des manières de faire.
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Qui a tué Arlozoroff ? de
Tobie Nathan
Le royaume de la haine
Berlin 1933, janvier...
Il est un monde, souterrain, illicite, qui n'est pas celui du contrat social, mais de la haine. Il ne présuppose pas l'attirance pour la vie ensemble, mais la
maîtrise individuelle de la substance. C'est un monde peuplé de cannibales fondamentaux, d'humains préférant la chair humaine à toute autre nourriture. Là, l`autre humain ne peut avoir que deux statuts, celui d`aliment ou celui d'allié éphémère dans la capture d'une proie. Dans ce monde, nul ne jouit d'un quelconque privilège, ni le partenaire amoureux ni le parent, ni l'enfant ni le vieillard. L'expérience montre que les humains s'aventurent dans un tel monde pour solliciter des changements radicaux. Ce monde n'est que pouvoir; le pouvoir en est la seule valeur, la seule référence. On y pénètre toujours par une épreuve, d'offrír l'être le plus cher comme nourriture à ses complices, démontrant que l'on est inaccessible à l'amour. C'est par cet acte initial que l'on s'affilie à des semblables et s'adjoint des associés avec lesquels obtenir toujours plus d'humains à dévorer. Ce monde est bien réel ; on le retrouve dans toutes les sociétés humaines. Partout on l'appelle "sorcellerie".Il accompagne l'organisation politique même la plus élémentaire comme son ombre.
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Par Kittiwake, le 20/06/2011
Mon patient Sigmund Freud de
Tobie Nathan
Et pour la première fois, ce jour-là, j'ai senti que Freud doutait. Non de ce doute de circonstance qu'il exhibait parfois pour avoir l'air de cultiver quelque sagesse antique, non! Il doutait vraiment...Je l'ai vu! il s$doutait du bien fondé de la psychanalyse comme technique thérapeutique
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613 de
Tobie Nathan
C'est Dieu qui passe. Chaque fois qu'un Juif et une Juive s'aiment, Dieu passe et la femme crie. Dans son cri, il y a la phrase prononcée par la femme de Moïse : “Je serai pour toi une épouse de sang "C'est une phrase rituelle, une sorte de prière. La femme juive n'a pas à l”apprendre, cette parole est contenue tout entière dans son cri.
~ Encore une question : et celles à qui cette chose n”'arrive pas ? Je veux dire un couple juif qui se serait aimé et puis... pff... rien. ._
~ Dieu a été appelé, là aussi, il est passé, mais quand il les a vus, il a simplement pensé : “Pourquoi m'ont-ils appelé puisqu' ils veulent se passer de moi ?” Et il est reparti. L'étonnement de Dieu, son sentiment d”'inutilité, c” est ça qui fait pfff. ._ ››
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Qui a tué Arlozoroff ? de
Tobie Nathan
Voilà donc un cas qui aurait pu relever de la science du bon docteur Adler ; et c'est bien la raison pour laquelle, des qu'il fréquenta l`université, on avait si souvent parlé de ce médecin a Josef Goebbels. Le médecin aurait pu lui dire que son caractère renfrogné, cette tristesse qu'il exprimait sur le mode de la violence, son refus d'une socialité naturelle provenaient sans doute de cette brèche ouverte si longtemps auparavant dans son être même. En place de quoi, aux quolibets de ses camarades d'école, à l'indiférence polie des adultes, il répondit par un silence de défi et s'enfonça dans la lecture de livres obscurs. Sa mère aurait pu le tirer d`affaire, elle qui, dès les premiers signes de la maladie, se jeta dans la prière, l'esprit en feu. Katharina Goebbels, née Odenhausen, était une femme simple, qui avait travaillé comme servante dans les fermes alentour. Fervente catholique, animée d'une foi intense et silencieuse, elle fut immédiatement persuadée que la maladie de son fils contenait un message divin. Dans son malheur, Josef ne portait-il pas la trace en creux d'une piété à venir, une manière de stigmate christique ? Si Katharina avait réussi à convaincre son mari, son entourage familial, si elle les avait entraînés dans des prières ou des cultes aux saints, l'attitude de l'enfant aurait pu être tout autre. Elle aurait pu empêcher son enfermement dans ce défi haineux qui le caractérisa toute sa vie. Mais les temps étaient devenus sérieux, ne se prêtant plus aux recours mystiques. L'Allemagne se désintéressait de ses pratiques millénaires. Le père, Fritz Goebbels, aspirant petit-bourgeois, pris entre les attentes inspirées de sa femme et le désespoir de son fils, transigea en rêvant pour son petit Josef un avenir de prêtre. Tout était dit dans ce regard du père sur l'enfant :il l'avait casé pour la vie, dans une profession non-violente, au sein d'une niche sociale réputée peu concurrentielle, ayant définitivement ren
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