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> Maurice Couturier (Traducteur)

ISBN : 2070412083
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 4/5 (sur 1036 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarant... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 04 octobre 2013

    fredho
    De sa prison, Humbert homme d'une quarantaine d'années se confesse en racontant sa folie amoureuse pour une fillette de 12 ans.
    Humbert, professeur de littérature loge chez Charlotte Haze, veuve, afin d'étudier et d'écrire en toute tranquillité. Mais tout change lorsque sa logeuse lui présente sa fille. Humbert qui est attiré par les nymphettes de 9 à 12 ans, est subjuguée par la juvénile mais aguichante Dolorès dite Lolita.
    Une complicité va s'instaurer entre le professeur et la jeune fille, mais la mère, jalouse, va éloigner cette dernière en l'envoyant dans un camp de vacances. Obsédé par l'image de Dolorès, Humbert accepte d'épouser Charlotte car il voit en ce mariage l'opportunité de vivre auprès de la fillette. Un jour Charlotte tombe sur le journal intime de son mari dans lequel il dévoile son attirance perverse pour sa fille. Choquée elle s'enfuit mais dans sa précipitation se fait écraser par une voiture. Sa femme morte, Humbert devient le tuteur légal de Dolorès, il récupère donc la jeune fille et s'ensuit pour eux un long voyage à travers l'Amérique. Malgré elle, Lolita devient la maîtresse de son beau-père...
    Humbert est le narrateur ce qui trouble d'autant plus car on devient témoin voire presque complice. A travers son récit il nous transmet sa passion pour Lolita avec tellement d'émotions et de tendresse qu'on oublie parfois que la jeune fille est victime de ce pédophile. Humbert pourrait avoir toutes les qualités, il est séduisant, cultivé, raffiné, attendrissant ce qui rend encore plus dangereux cet homme en apparence insoupçonnable. Mais voilà il l'aime, elle obsède ses jours, ses nuits, sa vie, Elle est sa providence, la lumière de sa vie, Dolorès, Dolly, Lo, Lola ... SA Lolita !
    A 12 ans l'insolente mais l'insouciante Dolorès est pleine d'innocence, abusée par cet homme, elle finit par en abuser elle-même en se jouant de lui. Et même si elLe donne l'impression d'accepter la situation, elle ne maîtrise rien et n'a pas conscience de la gravité des actes de son beau-père. A aucun moment la jeune fille n'adopte le comportement normal d'une pré-adolescente. Au fond, Dolorès, sous les apparences d'une garce, est paumée et souffre de l'emprise de son beau-père, de la mort de ses parents, et rêve certainement d'une vie sociale et familiale comme tous les autres enfants et non de devenir la muse des phantasmes sexuels d'un pervers.
    Ce qui est troublant dans ce roman c'est d'aborder le thème de la pédophilie avec autant de beauté dans l'écriture. Nabokov use d'une écriture soignée, nette et poétique, un texte de haute qualité, nourri d'une richesse savoureuse de vocabulaire.
    J'ai pris un plaisir indicible à lire ce roman, je reconnais qu'il peut être parfois dérangeant mais jamais obscène, c'est pourquoi il faut l'aborder avec beaucoup de recul pour ne pas tomber dans le jugement.
    « Lolita » est avant tout l'histoire d'un amour névrosé d'un homme pour une fillette, un amour certes malsain, incestueux mais fort et émouvant. le plus déstabilisant c'est que Nabokov fait de son personnage pédophile, un homme humain...
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 25 juin 2010

    vincentf
    Où est le scandale dans Lolita ? Il faut sans doute le chercher dans la pudeur d'un narrateur qui laisse au lecteur le soin d'élaborer lui-même quelles sont les perversions qu'il fait subir à une enfant de douze ans. le scandale de Lolita se trouve donc dans ce qui n'y est pas écris. Regardons ce qui est écrit. Il est écrit l'histoire d'un homme qui tombe amoureux et qui se laisse envahir par un amour qui va le pousser jusqu'au meurtre. Voilà qui est bien banal. Pourtant rien n'est banal dans Lolita, parce que l'on se situe d'un bout à l'autre du roman à la limite de l'émerveillement et de l'horreur, dans cette zone floue où le beau et le laid, le bien et le mal se rejoignent. Humbert Humbert est à la fois attachant et odieux, décrivant le monde qui l'entoure, ces nymphettes désirées si tendrement et si violemment, leurs corps d'enfants, les motels sordides et les routes américaines qui sont le lieu d'une épopée tragico-amoureuse, avec la sensibilité extrême d'un poète raté mais taisant, cachant derrière le vernis de sa narration, une âme ogresse monstrueusement orgueilleuse. le lecteur, souvent interpellé, se trouve le cul entre deux chaises. En même temps qu'il se laisse toucher par une confession intime qui démontre l'innocence fondamentale d'un individu qui ne fait que se soumettre à sa passion amoureuse, il a l'impression de se faire amadouer par un sinistre pédophile. Or, et c'est ce qui fait que Lolita est un roman troublant, il est impossible de déterminer si la face sombre, si sombre, du personnage l'emporte sur sa face lumineuse, si lumineuse, qui s'exprime dans un style très fin et sensuel. En plus, si les références littéraires sont nombreuses, il en est une qui frappe, c'est celle à Proust, dans cette recherche du temps perdu qu'est la dernière partie du roman, ce retour sur les lieux de la naissance de l'amour, de l'épopée et cette dernière rencontre avec une Dolly adulte, vieillie comme les personnages du bal dans Le temps retrouvé, à tout jamais autre que l'image figée, fixée par la mémoire, Lolita vieille, à dix-sept ans, personnage dont on mesure alors, malgré le narrateur, à quel point la vie a été un enfer, parce qu'elle n'a pas eu d'enfance. N'allons pas faire cependant de Lolita un roman moral. Ce serait lui ôter l'ambiguïté qui fascine le lecteur, qui se découvre en même temps capable de ressentir de la compréhension pour un pédophile, ce qui n'est pas rien dans le monde d'aujourd'hui, et de la pitié pour sa victime. Mais il me semble que je n'ai rien dit sur ce grand roman. Je suis trop fatigué et la richesse de ce texte fait de lui sans doute un puits inépuisable de commentaires, dont la plupart sont superflus. La lecture est terminée. Laissons reposer à la fois mon corps crevé par trois semaines d'armée et ce roman qui ne manquera pas de revenir sur le devant de la scène de ma réflexion.
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    • Livres 1.00/5
    Par Under_The_Moon, le 23 janvier 2013

    Under_The_Moon
    J'ai lu Lolita il y a près de 3 ans pour passer un concours (déjà les conditions n'étaient pas idéales).
    Un livre très controversé, et c'est un euphémisme, même aujourd'hui. le moins qu'on puisse dire c'est que Nabokov a tout compris et très bien réussit son opération de "com' ". c'est vrai, à bien y réfléchir, en dehors de ce roman, qui peut citer d'autres oeuvres de l'auteur? Un assez petit nombre de lecteur, assurément.
    Lolita... Une douce musique un peu mystérieuse. Pauvre adolescente devenue, malgré elle, un archétype et un fantasme pour certains hommes. Et dire que même la mode a repris ce cliché, qui n'est rien de plus qu'une mauvaise interprétation, car Lolita c'est avant tout une victime.
    Lolita, c'est le diminutif de Dolores, un prénom d'un bien plus triste présage... Celui qu'elle connaîtra avec son beau-père Humbert Humbert, car dans le roman il s'agit clairement d'un viol (ou plutôt d'une série...).
    Si on laisse de côté cet aspect sulfureux de l'histoire qui a fait (et fait toujours) la renommée de ce roman. C'est un roman d'exploration, pas seulement celui du corps de Lolita (la pauvre! même si le livre ne regorge pas non plus de description crues, ça c'est un fantasme), mais aussi celle de l'Amérique et de la langue anglaise.
    Qu'on ne s'y trompe pas, Lolita n'est pas un roman pornographique, c'est bien de la littérature ; du genre qui réjouira au plus au point les amoureux de linguistique et de narratologie...dont je ne fais pas partie.
    Certes, Vladimir Nabokov était un homme très instruit et intelligent, car son roman regorge de références, qui si on voulait toutes les comprendre... hé bien, il faudrait rien de moins qu'avoir la tête de son auteur. Ambitieux, en effet !
    L'auteur passe en effet son temps à se moquer du lecteur, à semer des pistes dans tous les sens, ce qui donne finalement la très désagréable sensation que Nabokov s'est regardé écrire....
    Et puis, disséquer la langue anglaise, c'est vrai, il le fait très bien, mais n'étant pas du tout rentrée dans ce "délire", ça me gênait quand même de lire un roman dont l'un des fil rouge est le viol d'une adolescente par un pervers dont on lit chaque pensée tordue...
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 01 avril 2012

    brigittelascombe
    LOLITA, best-seller de Vladimir Nabokov (écrivain émigré russe du XX° siècle), après avoir été refusé par les américains (vu son thème sulfureux sur la pédophilie) a été publié en France et adapté deux fois au cinéma.
    Incarcéré pour meurtre, en attente de procés, Humbert Humbert (professeur de littérature cultivé quadragénaire) confesse dans une autofiction la passion fulgurante qu'il a ressenti pour une adolescente de douze ans LOLITA ("mon aimée,mon idôle"), alors qu'à la recherche d'un appartement elle était "à demi nue sur une natte au soleil", leur liaison de motel en motel (après la mort de sa mère accidentée, femme qu'il venait d'épouser), la fuite deux ans plus tard de l'adolescente qui se sentait piégée et le meurtre du rival, un gentil mécano.
    C'est le récit de ses dangereux penchants, de sa perversion d'homme malade que nous donne à lire Nabokov, mais c'est aussi la passion (décrite de façon délicate) d'un homme mûr pour une nymphette heureuse de plaire, ses fantasmes et la transformation de la femme-enfant en objet de désir qui troublent plus que de raison.
    LOLITA: le drame d'un pervers égoïste et irrémédiablement atteint!
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    • Livres 4.00/5
    Par amandine_koko, le 14 avril 2014

    amandine_koko
    Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme... Sublime ou atroce, je ne saurais qualifier ce roman qui m'a pourtant touchée au plus profond. Je crois que je suis même incapable de dire si je l'ai aimé ou non. Une chose est sûre, Lolita est un roman dont on ne ressort pas indemne.
    Glauque et poétique à la fois, dans un style taillé à la serpe – bien aiguisée, la serpe – et avec un niveau de langue plus que soutenu, Nabokov réussit L'Exploit de changer en art un texte qui aurait pu être sordide. Nulle description crue ici, juste des non-dits qui en disent long, qui laissent l'imagination du lecteur dessiner les contours d'une relation contre-sociale – j'allais écrire contre-nature, mais je n'en suis plus si sûre finalement. Dans certaines societés la sexualisation des fillettes est vue comme normale alors que l'homosexualité par exemple est considerée comme un péché. Qui à tort, qui à raison, c'est une bien vaste question qui n'a pas sa place dans ma critique, car je n'aime pas Paul et Mickey ;)
    Etonnament, moi l'amatrice de formes littéraires hors du commun j'ai été déconcertée par le style de Nabokov. C'est parfois un peu long, voire vraiment trop long. Certains passages sont tellement métaphorés qu'ils en deviennent difficiles à comprendre (j'ai dû à plusieurs reprises relire des pages entières pour m'assurer d'avoir correctement saisi). Est-ce un parti pris pour faire rentrer le lecteur dans l'esprit torturé d'Humbert ou bien un simple effet de style, je ne sais pas. Toujours est-il que c'est déroutant.
    Je ne m'attendais pas être choquée par la forme, mais plutôt par le fond. Et finalement c'est tout le contraire. Nabokov réussit à retranscrire sans la moindre vulgarité une histoire pourtant profondément malsaine. Et vous allez peut-être me prendre pour une malade mentale, mais c'est justement cette ambiance malsaine que j'ai aimée ! La vision intime du narrateur rend touchant un évenement qui, d'un point de vue extérieur pourrait sembler simplement ignoble, ou ignoblement simple ! La lutte d'Humbert entre ses fantasmes et sa raison est poignante, on le sent sincère, déchiré, incapable de prendre le dessus sur lui même. Et le récit à la première personne renforce encore cette sensation en nous plaçant directement dans sa tête, au coeur de sa folie.
    Voilà en vérité un livre que je ne suis pas prête d'oublier.
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Citations et extraits

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  • Par edm2905, le 15 avril 2014

    Pour reprendre la formule chère à des auteurs plus illustres que moi : « Que le lecteur imagine... », etc. À bien y réfléchir, je ferais aussi bien de donner à ces imaginations un coup de pied au postérieur. Je savais que j’étais tombé amoureux à tout jamais de Lolita ; mais je savais aussi qu’elle ne resterait pas Lolita à tout jamais. Elle allait avoir treize ans le 1er janvier. Dans deux ans environ, elle allait cesser d’être une nymphette et devenir une « jeune fille », et ensuite une « étudiante »- l’horreur suprême. L’expression « à tout jamais » ne se référait qu’à ma propre passion, qu’à l’éternelle Lolita dont les crêtes iliaques ne s’étaient pas encore épanouies, la Lolita que je pouvais toucher et sentir et entendre et voir aujourd’hui, la Lolita à la voix stridente, aux cheveux d’un brun ardent -avec boucles derrière-, au cou brûlant et moite, et au vocabulaire vulgaire -« dégueu », « super », « formid », « cinglé », « corniaud »-, c’était cette Lolita, ma Lolita, que le pauvre Catulle allait perdre à tout jamais.
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  • Par Gwordia, le 16 mai 2011

    On notera que j'exprime en termes de temps et non d'espace. J'aimerais, en fait, que le lecteur considère ces deux chiffres, "neuf" et "quatorze", comme les frontières - les plages miroitantes et les roches roses - d'une île enchantée, entourée d'une mer immense et brumeuse, que hantent les dites nymphettes. Toutes les enfants entre ces deux âges sont-elles des nymphettes ? Bien sûr que non. Le seraient-elles que nous aurions depuis longtemps perdu la raison, nous qui sommes dans le secret, nous les voyageurs solitaires, les nympholeptes. Qui plus est, la beauté ne constitue nullement un critère ; et la vulgarité, ou du moins ce que l'on nomme ainsi dans une communauté donnée, n'amoindrit pas forcément certaines caractéristiques mystérieuses, cette grâce fatale, ce charme insaisissable, fuyant, insidieux, confondant, qui distingue la nymphette de telle ou telle de ses congénères qui sont infiniment plus dépendantes de l'univers spatial des phénomènes synchrones que de cet îlot intangible de temps enchanté où Lolita s'ébat avec ses semblables. Entre ces âges limites, le nombre des nymphettes authentiques est notoirement inférieur à celui des fillettes provisoirement sans charme, ou simplement accortes, ou "mignonnes", ou même encore "délicieuses" et "séduisantes", ordinaires, grassouillettes, informes, froides de peau, ces fillettes intrinséquement humaines, avec leurs nattes et leur ventre rebondi, qui deviendront ou ne deviendront pas des femmes d'une grande beauté (songez à ces affreuses gamines boulottes, en bas noirs et chapeaux blancs, qui se métamorphosent en stars éblouissantes à l'écran). Présentez à un homme normal la photographie d'un groupe d'écolières ou de girl-scouts en le priant de désigner la plus jolie d'entre elles : ce n'est pas nécessairement la nymphette qu'il choisira. Il vous faut être un artiste doublé d'un fou, une créature d'une infinie mélancolie, avec une bulle de poison ardent dans les reins et une flamme supra-voluptueuse brûlant en permanence dans votre délicate épine dorsale (oh, comme il vous faut rentrer sous terre, vous cacher !), pour discerner aussitôt, à des signes ineffables - la courbe légèrement féline d'une pommette, la finesse d'une jambe duveteuse, et autres indices que le désespoir et la honte et les larmes de tendresse m'interdisent d'énumérer -, le petit démon fatal au milieu de ces enfants en bonne santé ; aucune d'entre elles ne la reconnaît et elle demeure elle-même inconsciente du fantastique pouvoir qu'elle détient.
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  • Par Pauline, le 05 avril 2008

    " Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
    Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "
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  • Par HenriMoufettal, le 19 décembre 2012

    Edition Folio – Lolita – Vladimir Nabokov
    Page 71
    Ma santé devint florissante en dépit ou en raison de cette débauche de vide et d’ennui.

    Page 87
    Lundi. Delectatio morosa. Mes dolentes journées ne sont que spleen et douleurs.

    Page171
    J’adore mystifier les médecins, et, bien qu’exultant intérieurement, je glissai les pilules dans ma poche en haussant les épaules d’un air sceptique.

    Tout paraissait curieusement si juste ce jour là. Si bleu et si vert.

    Page 291 – sur les films policiers
    Le monde du crime était un monde à part : là , des journalistes héroïques étaient torturés, les factures de téléphone se chiffraient en milliard, et des flics pathologiquement intrépides (…) mais d’une remarquable incompétence en tant que tireurs, pourchassaient la pègre à travers égouts et entrepôts.

    Page 376 Devant le trombinoscope des individus recherchés
    Si vous voulez faire un film à partir de mon livre, faites en sorte que l’un de ce visages vienne se fondre doucement avec le mien pendant que je regarde.

    Page 399
    « Lo ! Lola ! Lolita ! » Je m’entends encore crier son nom depuis une porte ouverte face au soleil, tandis que l’acoustique du temps, la coupole du temps, lestait mon cri rauque et révélateur d’un tel luxe d’angoisse(…)

    Page 433
    J’avais besoin de compagnie et d’attention. Mon cœur était un organe hystérique peu fiable.

    Page 501
    C’était une empoignade silencieuse, paisible, entre deux hommes de lettres, dont l’un était totalement désorganisé par une drogue tandis que l’autre était handicapé par un problème cardiaque et un excès de gin.

    L’expression « justice poétique » est de celles que l’on peut utiliser avec le plus de bonheur en la circonstance.

    Page 516
    Ainsi donc, aucun de nous deux n’est en vie au moment où le lecteur ouvre ce livre. Mais tant que le sang continue de battre dans cette main qui tient la plume, tu appartiens autant que moi à la bienheureuse matière.

    Et la suite trop longue à retranscrire ici :
    A propos d’un livre intitulé Lolita – Article écrit en 1958 pour the anchor review avant la parution de l’édition américaine
    Le début donc :

    Après avoir usurpé l’identité du suave John Ray, le personnage, qui, dans Lolita, rédige l’avant-propos, tout commentaire venant directement de moi risque de paraître aux yeux du lecteur – à mes propres yeux en fait – comme un pastiche de Vladimir Naboko parlant de son propre livre.

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  • Par tamara29, le 01 mai 2012

    Vous pouvez me couvrir d’injures, menacer de faire évacuer la salle –tant que je ne serai pas étranglé par vos baillons, je crierai ma pauvre vérité. L’univers saura combien j’aimais Lolita, cette Lolita, blême et polluée, et grosse de l’enfant d’un autre, mais toujours la même- avec les mêmes yeux gris, les mêmes cils fuligineux, les mêmes harmonies châtain et amande amère –oui, la même carmencita, mienne, mienne à jamais ! Changeons de vie, Carmen, allons vivre quelque part où nous ne serons jamais séparés ; l’Ohio ? Les déserts du Massachusetts ?... Peu me chaut que ses yeux s’éteignent en une myopie de poisson, qu’enflent et se craquellent les aréoles de ses seins, que se déchire et s’étiole son adorable delta, si jeune et délicat et velouté- même alors, je défaillerais de tendresse à la seule vue de ton visage aimé et pâle, au seul chant de ta jeune voix rauque, oh, ma Lolita !
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L'érotisme à la française de Vladimir Nabokov .
Maurice Couturier,Patrick Bazin,Lara Delage-TorielCC-BY-NC-ND 2.0Ouverture et présentation du Colloque Nabokov et la France par Patrick Bazin, directeur de la Bibliothèque publique d?information et Lara Delage-Toriel , Université de Strasbourg, présidente des « Chercheurs Enchantés-Société française Vladimir Nabokov » suivie de la conférence de Maurice Couturier, professeur émérite de littérature anglaise et américaine, traducteur, écrivain.








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