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> Maurice Couturier (Traducteur)

ISBN : 2070412083
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 4/5 (sur 1110 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarant... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 04 octobre 2013

    fredho
    De sa prison, Humbert homme d'une quarantaine d'années se confesse en racontant sa folie amoureuse pour une fillette de 12 ans.
    Humbert, professeur de littérature loge chez Charlotte Haze, veuve, afin d'étudier et d'écrire en toute tranquillité. Mais tout change lorsque sa logeuse lui présente sa fille. Humbert qui est attiré par les nymphettes de 9 à 12 ans, est subjuguée par la juvénile mais aguichante Dolorès dite Lolita.
    Une complicité va s'instaurer entre le professeur et la jeune fille, mais la mère, jalouse, va éloigner cette dernière en l'envoyant dans un camp de vacances. Obsédé par l'image de Dolorès, Humbert accepte d'épouser Charlotte car il voit en ce mariage l'opportunité de vivre auprès de la fillette. Un jour Charlotte tombe sur le journal intime de son mari dans lequel il dévoile son attirance perverse pour sa fille. Choquée elle s'enfuit mais dans sa précipitation se fait écraser par une voiture. Sa femme morte, Humbert devient le tuteur légal de Dolorès, il récupère donc la jeune fille et s'ensuit pour eux un long voyage à travers l'Amérique. Malgré elle, Lolita devient la maîtresse de son beau-père...
    Humbert est le narrateur ce qui trouble d'autant plus car on devient témoin voire presque complice. A travers son récit il nous transmet sa passion pour Lolita avec tellement d'émotions et de tendresse qu'on oublie parfois que la jeune fille est victime de ce pédophile. Humbert pourrait avoir toutes les qualités, il est séduisant, cultivé, raffiné, attendrissant ce qui rend encore plus dangereux cet homme en apparence insoupçonnable. Mais voilà il l'aime, elle obsède ses jours, ses nuits, sa vie, Elle est sa providence, la lumière de sa vie, Dolorès, Dolly, Lo, Lola ... SA Lolita !
    A 12 ans l'insolente mais l'insouciante Dolorès est pleine d'innocence, abusée par cet homme, elle finit par en abuser elle-même en se jouant de lui. Et même si elLe donne l'impression d'accepter la situation, elle ne maîtrise rien et n'a pas conscience de la gravité des actes de son beau-père. A aucun moment la jeune fille n'adopte le comportement normal d'une pré-adolescente. Au fond, Dolorès, sous les apparences d'une garce, est paumée et souffre de l'emprise de son beau-père, de la mort de ses parents, et rêve certainement d'une vie sociale et familiale comme tous les autres enfants et non de devenir la muse des phantasmes sexuels d'un pervers.
    Ce qui est troublant dans ce roman c'est d'aborder le thème de la pédophilie avec autant de beauté dans l'écriture. Nabokov use d'une écriture soignée, nette et poétique, un texte de haute qualité, nourri d'une richesse savoureuse de vocabulaire.
    J'ai pris un plaisir indicible à lire ce roman, je reconnais qu'il peut être parfois dérangeant mais jamais obscène, c'est pourquoi il faut l'aborder avec beaucoup de recul pour ne pas tomber dans le jugement.
    « Lolita » est avant tout l'histoire d'un amour névrosé d'un homme pour une fillette, un amour certes malsain, incestueux mais fort et émouvant. le plus déstabilisant c'est que Nabokov fait de son personnage pédophile, un homme humain...
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 25 juin 2010

    vincentf
    Où est le scandale dans Lolita ? Il faut sans doute le chercher dans la pudeur d'un narrateur qui laisse au lecteur le soin d'élaborer lui-même quelles sont les perversions qu'il fait subir à une enfant de douze ans. le scandale de Lolita se trouve donc dans ce qui n'y est pas écris. Regardons ce qui est écrit. Il est écrit l'histoire d'un homme qui tombe amoureux et qui se laisse envahir par un amour qui va le pousser jusqu'au meurtre. Voilà qui est bien banal. Pourtant rien n'est banal dans Lolita, parce que l'on se situe d'un bout à l'autre du roman à la limite de l'émerveillement et de l'horreur, dans cette zone floue où le beau et le laid, le bien et le mal se rejoignent. Humbert Humbert est à la fois attachant et odieux, décrivant le monde qui l'entoure, ces nymphettes désirées si tendrement et si violemment, leurs corps d'enfants, les motels sordides et les routes américaines qui sont le lieu d'une épopée tragico-amoureuse, avec la sensibilité extrême d'un poète raté mais taisant, cachant derrière le vernis de sa narration, une âme ogresse monstrueusement orgueilleuse. le lecteur, souvent interpellé, se trouve le cul entre deux chaises. En même temps qu'il se laisse toucher par une confession intime qui démontre l'innocence fondamentale d'un individu qui ne fait que se soumettre à sa passion amoureuse, il a l'impression de se faire amadouer par un sinistre pédophile. Or, et c'est ce qui fait que Lolita est un roman troublant, il est impossible de déterminer si la face sombre, si sombre, du personnage l'emporte sur sa face lumineuse, si lumineuse, qui s'exprime dans un style très fin et sensuel. En plus, si les références littéraires sont nombreuses, il en est une qui frappe, c'est celle à Proust, dans cette recherche du temps perdu qu'est la dernière partie du roman, ce retour sur les lieux de la naissance de l'amour, de l'épopée et cette dernière rencontre avec une Dolly adulte, vieillie comme les personnages du bal dans Le temps retrouvé, à tout jamais autre que l'image figée, fixée par la mémoire, Lolita vieille, à dix-sept ans, personnage dont on mesure alors, malgré le narrateur, à quel point la vie a été un enfer, parce qu'elle n'a pas eu d'enfance. N'allons pas faire cependant de Lolita un roman moral. Ce serait lui ôter l'ambiguïté qui fascine le lecteur, qui se découvre en même temps capable de ressentir de la compréhension pour un pédophile, ce qui n'est pas rien dans le monde d'aujourd'hui, et de la pitié pour sa victime. Mais il me semble que je n'ai rien dit sur ce grand roman. Je suis trop fatigué et la richesse de ce texte fait de lui sans doute un puits inépuisable de commentaires, dont la plupart sont superflus. La lecture est terminée. Laissons reposer à la fois mon corps crevé par trois semaines d'armée et ce roman qui ne manquera pas de revenir sur le devant de la scène de ma réflexion.
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    • Livres 1.00/5
    Par Under_The_Moon, le 23 janvier 2013

    Under_The_Moon
    J'ai lu Lolita il y a près de 3 ans pour passer un concours (déjà les conditions n'étaient pas idéales).
    Un livre très controversé, et c'est un euphémisme, même aujourd'hui. le moins qu'on puisse dire c'est que Nabokov a tout compris et très bien réussit son opération de "com' ". c'est vrai, à bien y réfléchir, en dehors de ce roman, qui peut citer d'autres oeuvres de l'auteur? Un assez petit nombre de lecteur, assurément.
    Lolita... Une douce musique un peu mystérieuse. Pauvre adolescente devenue, malgré elle, un archétype et un fantasme pour certains hommes. Et dire que même la mode a repris ce cliché, qui n'est rien de plus qu'une mauvaise interprétation, car Lolita c'est avant tout une victime.
    Lolita, c'est le diminutif de Dolores, un prénom d'un bien plus triste présage... Celui qu'elle connaîtra avec son beau-père Humbert Humbert, car dans le roman il s'agit clairement d'un viol (ou plutôt d'une série...).
    Si on laisse de côté cet aspect sulfureux de l'histoire qui a fait (et fait toujours) la renommée de ce roman. C'est un roman d'exploration, pas seulement celui du corps de Lolita (la pauvre! même si le livre ne regorge pas non plus de description crues, ça c'est un fantasme), mais aussi celle de l'Amérique et de la langue anglaise.
    Qu'on ne s'y trompe pas, Lolita n'est pas un roman pornographique, c'est bien de la littérature ; du genre qui réjouira au plus au point les amoureux de linguistique et de narratologie...dont je ne fais pas partie.
    Certes, Vladimir Nabokov était un homme très instruit et intelligent, car son roman regorge de références, qui si on voulait toutes les comprendre... hé bien, il faudrait rien de moins qu'avoir la tête de son auteur. Ambitieux, en effet !
    L'auteur passe en effet son temps à se moquer du lecteur, à semer des pistes dans tous les sens, ce qui donne finalement la très désagréable sensation que Nabokov s'est regardé écrire....
    Et puis, disséquer la langue anglaise, c'est vrai, il le fait très bien, mais n'étant pas du tout rentrée dans ce "délire", ça me gênait quand même de lire un roman dont l'un des fil rouge est le viol d'une adolescente par un pervers dont on lit chaque pensée tordue...
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 06 juillet 2014

    Woland
    Lolita
    Traduction : E. H. Kahane

    ISBN : 9782070368990

    Qui ne connaît la "Lolita" de Nabokov ? le manuscrit fut une première fois refusé par quatre éditeurs successifs et tous amenés au bord de l'apoplexie tant le sujet traité, la pédophilie vue, pourrait-on dire, "de l'intérieur" puisque c'est le pédophile lui-même qui raconte toute l'histoire, avait de quoi inciter à la plus grande prudence, surtout dans les années mil-neuf-cent-cinquante. Un plus tard, en 1962 si notre mémoire est bonne, Stanley Kubrick devait en donner une première adaptation, à sa façon bien particulière, c'est-à-dire en plaçant au premier plan le personnage de Clare Quilty (joué par Peter Sellers) par opposition à celui de Humbert-Humbert (rôle confié au non moins grand James Mason). Un remake a vu le jour en 1997, avec Jeremy Irons dans le rôle de H. H., cette fois-ci bien à sa place sur l'échiquier nabokovien. Nous laissons aux cinéphiles ayant vu les deux versions le soin d'exposer le comment et le pourquoi de leurs préférences personnelles. Nous ne pourrons malheureusement donner les nôtres : nous n'avons en effet visionné que l'expérience Kubrick qui tient une fois de plus de la recréation totale de l'oeuvre - comme le fera le metteur en scène pour le "Shining" de Stephen King - que de son adaptation nuancée. En outre, dans les deux films, tout est fait pour ombrer l'apparence enfantine de Lolita et on a choisi, pour l'incarner, deux très jolies personnes glamoureusement plus "mûres" que leur modèle littéraire, alors que, de l'avis même de l'expert Humbert-Humbert, exprimant ici le point de vue nabokovien, le physique de Lolita est plutôt banal comme celui, d'ailleurs, de la majeure partie des représentantes de son espèce.
    Il nous est par contre tout à fait loisible de dire combien nous furent mémorables et éprouvantes les deux lectures - à haute voix car le texte le mérite, même dans sa traduction française - de "Lolita." Mémorables parce que, à chaque fois, ce fut un enchantement : le style, la construction, la recherche de crédibilité envers les personnages, l'atmosphère et la sincérité des sentiments exprimés. Eprouvantes parce que, même si Nabokov ne s'abaisse jamais à de basse descriptions pornographiques, il n'en reste pas moins qu'il est trop habité par son sujet pour ne pas nous restituer intacts l'avidité bestiale de son triste héros et le désarroi, perçant sous une attitude faussement sans complexes, de la petite Dolorès Haze, dite Lolita.
    La sincérité : la pierre-maîtresse du roman. Certes, cela vient à admettre que Nabokov a ressenti ce qu'il décrit - oui, ces pulsions malsaines, il les a éprouvées dans sa chair et dans son âme, au bout d'une seconde lecture, le doute n'est vraiment plus permis s'il le restait encore à l'issue de la première - mais dans le fond, qu'importe puisqu'il est parvenu à les sublimer ? Par le récitatif de Humbert-Humbert, incantatoire et parfois aussi hypnotique que le discours de Khâ dans "Le Livre de la Jungle", revu et corrigé par les effets en technicholor de Walt Disney, l'auteur avoue ambitionner de rendre immortelle sa nymphette : eh ! bien, il a atteint son but. Mais alors, nous direz-vous, ce roman n'est qu'une incitation à la pédophilie, une espèce de nihil obstat pour le premier pervers venu ? Comment, dans de telles conditions, osez-vous parler de beauté littéraire et de sincérité de l'oeuvre ?
    Parce que, du début jusqu'à la fin, Nabokov ne donne aucune excuse à Humbert-Humbert. Plus précisément, sa vie avec Lolita est présentée sans aucune complaisance et rien ne met plus mal à l'aise - et Nabokov est bien trop intelligent pour ne pas le savoir - que les moments (assez rares, il est vrai) où H. H. nous fait l'apologie des civilisations qui toléraient la pédophilie ou encore les descriptions (plus nombreuses, c'est indéniables), lyriques et discrètes oui, mais aussi gluantes, glauques, malsaines, des moments d'intimité entre le sémillant quadragénaire et l'enfant de douze ans . Peut-être les pédophiles avérés prennent-ils leur pied en les lisant, peut-être y voient-ils, eux, une justification, voire une absolution mais ce n'est pas le but recherché par l'écrivain qui, en ressentant les pulsions de son personnage, les détaille non seulement dans ce qu'elles ont de plus extatique mais aussi dans ce qu'elles révèlent sur lui de plus primitif et de plus répugnant, tout droit issu d'un cerveau reptilien visiblement déjà très endommagé dès l'origine. Humbert-Humbert est un monstre, il le reconnaît d'ailleurs une fois, avec son emphase précieuse et raffinée et, malgré toute sa culture, son charme et son intelligence, il le resterait pour nous si Nabokov ne le faisait tomber amoureux - réellement amoureux - de sa Lolita au moment même - et c'est là que réside le coup de génie - où, désormais âgée de dix-sept ans et enceinte jusqu'aux yeux d'un modeste mécanicien automobile de sa génération, rencontré dans l'un des restaurants routiers où elle a survécu vaille que vaille après avoir abandonné H. H. et avoir elle-même été chassée par le partouzeur lubrique qu'est Clare Quilty, la jeune femme (on n'ose écrire "fille" dans un pareil contexte) a perdu tous les attraits qui la rendaient si désirable et si exceptionnelle aux yeux de son beau-père.
    En d'autres termes, si H. H. s'est contenté de désirer sa nymphette tout en proclamant qu'il l'aimait d'amour pur, il se découvre amoureux de la femme qu'elle est devenue sans pour autant être capable de la désirer.
    Et c'est là qu'on est un peu gêné aux entournures parce qu'un authentique pédophile serait incapable d'éprouver cela. Mais, pour l'écrivain Nabokov, cet amour sincère, passionné, succédant, avec les années et l'absence de l'être aimé, à une obsession charnelle indiscutable et on ne peut plus dérangeante pour l'imagination, constitue la seule solution qui permette à son lecteur non pas d'absoudre Humbert-Humbert mais au moins d'éprouver pour lui, cet homme prématurément vieilli, au coeur fragilisé aussi bien par un problème congénital que par un stress devenu quasi-permanent, quelque chose qui ressemble à une vague empathie. Certains diront - moi la première, je l'ai dit et je le redis Wink - que ce retournement de situation projette un roman jusque là proche de la perfection dans sa rigueur et son réalisme au bord le plus extrême du gouffre de l'Incroyable. Pourtant, on a beau faire, on se rend compte que tout autre fin nous dérangerait. le génie de Nabokov et sa volonté, consciente ou pas, de transcender ses pulsions, sont passés par là : nous n'approuvons pas, nous condamnons même toujours avec autant de force, mais nous saluons la puissance de cette lutte avec sa part d'ombre, de cette violence faite à soi-même afin de purifier l'esprit dionysien dans le bain d'éternité lumineuse de l'âme apollinienne.
    Si lire "Lolita" n'est pas toujours facile, l'écrire ne dut pas être non un chemin de roses. Nabokov prenait des risques, il le savait mais cette "palpitation", comme il appelle avec tant de grâce son besoin d'écrire ce texte (qui connut d'ailleurs une première version, avant-guerre, sous forme de nouvelle), ne cessait de le hanter et devenait chaque fois plus impérieuse : il savait aussi qu'il ne pouvait y échapper. A-t-il été tenté d'en faire une simple apologie de la pédophilie semi-incestueuse (dans le roman, Humbert-Humbert fait croire à tout le monde, et non sans une perverse délectation, que Lolita est sa fille biologique) ? Quiconque s'est intéressé au caractère, pour le moins complexe et hautain de l'écrivain, peut en douter. La tentation a peut-être effleuré le pédophile larvé mais l'écrivain, jamais. Dans l'esprit de Nabokov-écrivain, "Lolita" devait sortir de l'ordinaire pour la raison bien simple que ce que tout ce que pensait, tout ce qu'écrivait Nabokov sortait de l'ordinaire. Sur ce point, le pédophile dissimulé au plus ténébreux de sa personnalité n'avait aucune chance d'imposer sa loi : celui qui écrivait restait le maître.
    "Lolita", l'oeuvre la plus connue de Nabokov, sort en effet de l'ordinaire. C'est depuis ce roman que l'on surnomme "Lolita" toute fillette - la petite Haze n'a que douze ans quand elle devient la maîtresse de Humbert-Humbert - déjà fortement sexualisée mais n'ayant pas conscience de cette sexualité, toute fillette qui semble irradier des ondes étranges capables d'être perçues par les seuls pervers amateurs d'enfants pré-pubères.
    C'est glaçant, n'est-ce pas ? Nyarknyarknyark Oui, la réalité est d'autant plus glaçante que l'auteur nous laisse clairement entendre, dans nombre de pages, que les hommes abritant un Humbert-Humbert, en gestation ou à son zénith, sont plus nombreux qu'on ne le croit (et qu'on ne le devine). Mais Nabokov ne fait que la dépeindre, avec un maximum d'honnêteté, soulignons-le encore, et avec, en prime il est vrai, un génie inégalé. C'est pour ça que sa "Lolita" est un grand livre à ne manier cependant qu'avec les plus grandes précautions. Bonne lecture ! ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 01 avril 2012

    brigittelascombe
    LOLITA, best-seller de Vladimir Nabokov (écrivain émigré russe du XX° siècle), après avoir été refusé par les américains (vu son thème sulfureux sur la pédophilie) a été publié en France et adapté deux fois au cinéma.
    Incarcéré pour meurtre, en attente de procés, Humbert Humbert (professeur de littérature cultivé quadragénaire) confesse dans une autofiction la passion fulgurante qu'il a ressenti pour une adolescente de douze ans LOLITA ("mon aimée,mon idôle"), alors qu'à la recherche d'un appartement elle était "à demi nue sur une natte au soleil", leur liaison de motel en motel (après la mort de sa mère accidentée, femme qu'il venait d'épouser), la fuite deux ans plus tard de l'adolescente qui se sentait piégée et le meurtre du rival, un gentil mécano.
    C'est le récit de ses dangereux penchants, de sa perversion d'homme malade que nous donne à lire Nabokov, mais c'est aussi la passion (décrite de façon délicate) d'un homme mûr pour une nymphette heureuse de plaire, ses fantasmes et la transformation de la femme-enfant en objet de désir qui troublent plus que de raison.
    LOLITA: le drame d'un pervers égoïste et irrémédiablement atteint!
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 09 juillet 2014

    [...] ... Je redescendis, me raclant le gosier et contenant mon coeur. Lo était maintenant au salon, et se prélassait dans le capitonnage hypertrophique de son fauteuil préféré. La voyant ainsi affalée, se mordillant une envie, me bafouant de son regard brumeux et insensible, une jambe étirée de tout son long pour atteindre un petit tabouret qu'elle faisait osciller sans trêve du bout de son talon - je discernai soudain, avec un frisson fulgurant, combien elle avait changé depuis ma première vision d'elle, deux ans auparavant. Ou bien était-ce arrivé au cours des deux dernières semaines ? Sa tendresse ? Allons donc, cette chimère avait fait long feu ! Je la contemplai, figée à l'épicentre du brasier de ma rage. Le voile de ma concupiscence avait été arraché, ne laissant à nu que cette horrible lucidité. Oh ! oui, comme elle était changée ! Elle avait à présent le teint de ces écolières négligées et vulgaires qui, avec des doigts poisseux, badigeonnent leurs visages mal lavés de cosmétiques achetés en commun, et qui ne s'inquiètent pas de savoir quelle texture souillée, quel épiderme pustuleux, entrent en contact avec leur peau. Où était-elle, cette douceur d'antan, cette soyeuse douceur de pétale avivée par les larmes, quand je faisais rouler, par jeu, sa tête sur mes genoux ? Une rougeur grossière s'était substituée à cette fluorescence candide. L'inflammation que l'on nomme ici "le rhume des lapins" avait peint de rose vif le bord de ses narines dédaigneuses. Eperdu, j'abaissais la tête, et mon regard glissa machinalement sous le versant interne de sa cuisse nue - comme ses jambes étaient devenues lisses et musculeuses ! Elle me guignait toujours de ses yeux un peu trop écartés, d'un gris de verre fumé, légèrement injectés de sang, et je crus voir glisser secrètement en eux la pensée qu'après tout Mona [= camarade de classe de Dolorès] avait peut-être raison et qu'elle - Lo l'orpheline - pouvait fort bien me dénoncer sans aucun danger pour elle-même. Comme je m'étais trompé ! Quelle folie que la mienne ! Tout en elle était de la même essence exaspérante et impénétrable - la robustesse sinueuse de ses jambes, le talon sale de sa socquette blanche, le chandail épais qu'elle portait en dépit de la chaleur de la pièce, cette odeur de fille - et surtout l'impasse aveugle de ce visage insolite à l'éclat insolite et aux lèvres fardées de frais. Le rouge avait laissé des traces sur ses incisives et je fus assailli par un souvenir abject : ce n'était pas Monique [= une prostituée parisienne] qu'elle évoquait - mais l'image d'une autre jeune prostituée, rencontrée dans une maison close bien des années auparavant, qui m'avait été soufflée par un autre avant que j'eusse eu le temps de décider si sa jeunesse extrême suffisait à compenser le risque de quelque mal honteux, et qui avait ces mêmes pommettes proéminentes et enluminés, une maman au ciel, de grandes dents de devant et un méchant bout de ruban rouge dans ses cheveux d'un brun rustique. ... [...]
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  • Par Woland, le 09 juillet 2014

    [...] ... Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents. Lo. Li. Ta.

    Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Mais dans mes bras, c'était toujours Lolita.

    Avait-elle eu une devancière ? Oui, certes oui. En vérité, il n'y aurait peut-être jamais eu de Lolita si je n'avais aimé, un certain été, une enfant initiale. "Dans un royaume auprès de la mer." Quand cela ? Environ autant d'années avant la naissance de Lolita que j'en comptais cet été-là. Un style imagé est la marque du bon assassin.

    Voici, Mesdames et Messieurs les jurés, la première pièce à conviction : cela même que convoitait les séraphins de Poe, les séraphins ignorants, aux ailes altières et au coeur simpliste. Voyez cet entrelacs d'épines. ... [...]
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  • Par Gwordia, le 16 mai 2011

    On notera que j'exprime en termes de temps et non d'espace. J'aimerais, en fait, que le lecteur considère ces deux chiffres, "neuf" et "quatorze", comme les frontières - les plages miroitantes et les roches roses - d'une île enchantée, entourée d'une mer immense et brumeuse, que hantent les dites nymphettes. Toutes les enfants entre ces deux âges sont-elles des nymphettes ? Bien sûr que non. Le seraient-elles que nous aurions depuis longtemps perdu la raison, nous qui sommes dans le secret, nous les voyageurs solitaires, les nympholeptes. Qui plus est, la beauté ne constitue nullement un critère ; et la vulgarité, ou du moins ce que l'on nomme ainsi dans une communauté donnée, n'amoindrit pas forcément certaines caractéristiques mystérieuses, cette grâce fatale, ce charme insaisissable, fuyant, insidieux, confondant, qui distingue la nymphette de telle ou telle de ses congénères qui sont infiniment plus dépendantes de l'univers spatial des phénomènes synchrones que de cet îlot intangible de temps enchanté où Lolita s'ébat avec ses semblables. Entre ces âges limites, le nombre des nymphettes authentiques est notoirement inférieur à celui des fillettes provisoirement sans charme, ou simplement accortes, ou "mignonnes", ou même encore "délicieuses" et "séduisantes", ordinaires, grassouillettes, informes, froides de peau, ces fillettes intrinséquement humaines, avec leurs nattes et leur ventre rebondi, qui deviendront ou ne deviendront pas des femmes d'une grande beauté (songez à ces affreuses gamines boulottes, en bas noirs et chapeaux blancs, qui se métamorphosent en stars éblouissantes à l'écran). Présentez à un homme normal la photographie d'un groupe d'écolières ou de girl-scouts en le priant de désigner la plus jolie d'entre elles : ce n'est pas nécessairement la nymphette qu'il choisira. Il vous faut être un artiste doublé d'un fou, une créature d'une infinie mélancolie, avec une bulle de poison ardent dans les reins et une flamme supra-voluptueuse brûlant en permanence dans votre délicate épine dorsale (oh, comme il vous faut rentrer sous terre, vous cacher !), pour discerner aussitôt, à des signes ineffables - la courbe légèrement féline d'une pommette, la finesse d'une jambe duveteuse, et autres indices que le désespoir et la honte et les larmes de tendresse m'interdisent d'énumérer -, le petit démon fatal au milieu de ces enfants en bonne santé ; aucune d'entre elles ne la reconnaît et elle demeure elle-même inconsciente du fantastique pouvoir qu'elle détient.
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  • Par Pauline, le 05 avril 2008

    " Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
    Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "
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  • Par HenriMoufettal, le 19 décembre 2012

    Edition Folio – Lolita – Vladimir Nabokov
    Page 71
    Ma santé devint florissante en dépit ou en raison de cette débauche de vide et d’ennui.

    Page 87
    Lundi. Delectatio morosa. Mes dolentes journées ne sont que spleen et douleurs.

    Page171
    J’adore mystifier les médecins, et, bien qu’exultant intérieurement, je glissai les pilules dans ma poche en haussant les épaules d’un air sceptique.

    Tout paraissait curieusement si juste ce jour là. Si bleu et si vert.

    Page 291 – sur les films policiers
    Le monde du crime était un monde à part : là , des journalistes héroïques étaient torturés, les factures de téléphone se chiffraient en milliard, et des flics pathologiquement intrépides (…) mais d’une remarquable incompétence en tant que tireurs, pourchassaient la pègre à travers égouts et entrepôts.

    Page 376 Devant le trombinoscope des individus recherchés
    Si vous voulez faire un film à partir de mon livre, faites en sorte que l’un de ce visages vienne se fondre doucement avec le mien pendant que je regarde.

    Page 399
    « Lo ! Lola ! Lolita ! » Je m’entends encore crier son nom depuis une porte ouverte face au soleil, tandis que l’acoustique du temps, la coupole du temps, lestait mon cri rauque et révélateur d’un tel luxe d’angoisse(…)

    Page 433
    J’avais besoin de compagnie et d’attention. Mon cœur était un organe hystérique peu fiable.

    Page 501
    C’était une empoignade silencieuse, paisible, entre deux hommes de lettres, dont l’un était totalement désorganisé par une drogue tandis que l’autre était handicapé par un problème cardiaque et un excès de gin.

    L’expression « justice poétique » est de celles que l’on peut utiliser avec le plus de bonheur en la circonstance.

    Page 516
    Ainsi donc, aucun de nous deux n’est en vie au moment où le lecteur ouvre ce livre. Mais tant que le sang continue de battre dans cette main qui tient la plume, tu appartiens autant que moi à la bienheureuse matière.

    Et la suite trop longue à retranscrire ici :
    A propos d’un livre intitulé Lolita – Article écrit en 1958 pour the anchor review avant la parution de l’édition américaine
    Le début donc :

    Après avoir usurpé l’identité du suave John Ray, le personnage, qui, dans Lolita, rédige l’avant-propos, tout commentaire venant directement de moi risque de paraître aux yeux du lecteur – à mes propres yeux en fait – comme un pastiche de Vladimir Naboko parlant de son propre livre.

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L'érotisme à la française de Vladimir Nabokov .
Maurice Couturier,Patrick Bazin,Lara Delage-TorielCC-BY-NC-ND 2.0Ouverture et présentation du Colloque Nabokov et la France par Patrick Bazin, directeur de la Bibliothèque publique d?information et Lara Delage-Toriel , Université de Strasbourg, présidente des « Chercheurs Enchantés-Société française Vladimir Nabokov » suivie de la conférence de Maurice Couturier, professeur émérite de littérature anglaise et américaine, traducteur, écrivain.








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