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> Maurice Couturier (Traducteur)

ISBN : 2070412083
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 786 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarant... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 25 juin 2010

    vincentf
    Où est le scandale dans Lolita ? Il faut sans doute le chercher dans la pudeur d'un narrateur qui laisse au lecteur le soin d'élaborer lui-même quelles sont les perversions qu'il fait subir à une enfant de douze ans. le scandale de Lolita se trouve donc dans ce qui n'y est pas écris. Regardons ce qui est écrit. Il est écrit l'histoire d'un homme qui tombe amoureux et qui se laisse envahir par un amour qui va le pousser jusqu'au meurtre. Voilà qui est bien banal. Pourtant rien n'est banal dans Lolita, parce que l'on se situe d'un bout à l'autre du roman à la limite de l'émerveillement et de l'horreur, dans cette zone floue où le beau et le laid, le bien et le mal se rejoignent. Humbert Humbert est à la fois attachant et odieux, décrivant le monde qui l'entoure, ces nymphettes désirées si tendrement et si violemment, leurs corps d'enfants, les motels sordides et les routes américaines qui sont le lieu d'une épopée tragico-amoureuse, avec la sensibilité extrême d'un poète raté mais taisant, cachant derrière le vernis de sa narration, une âme ogresse monstrueusement orgueilleuse. le lecteur, souvent interpellé, se trouve le cul entre deux chaises. En même temps qu'il se laisse toucher par une confession intime qui démontre l'innocence fondamentale d'un individu qui ne fait que se soumettre à sa passion amoureuse, il a l'impression de se faire amadouer par un sinistre pédophile. Or, et c'est ce qui fait que Lolita est un roman troublant, il est impossible de déterminer si la face sombre, si sombre, du personnage l'emporte sur sa face lumineuse, si lumineuse, qui s'exprime dans un style très fin et sensuel. En plus, si les références littéraires sont nombreuses, il en est une qui frappe, c'est celle à Proust, dans cette recherche du temps perdu qu'est la dernière partie du roman, ce retour sur les lieux de la naissance de l'amour, de l'épopée et cette dernière rencontre avec une Dolly adulte, vieillie comme les personnages du bal dans Le temps retrouvé, à tout jamais autre que l'image figée, fixée par la mémoire, Lolita vieille, à dix-sept ans, personnage dont on mesure alors, malgré le narrateur, à quel point la vie a été un enfer, parce qu'elle n'a pas eu d'enfance. N'allons pas faire cependant de Lolita un roman moral. Ce serait lui ôter l'ambiguïté qui fascine le lecteur, qui se découvre en même temps capable de ressentir de la compréhension pour un pédophile, ce qui n'est pas rien dans le monde d'aujourd'hui, et de la pitié pour sa victime. Mais il me semble que je n'ai rien dit sur ce grand roman. Je suis trop fatigué et la richesse de ce texte fait de lui sans doute un puits inépuisable de commentaires, dont la plupart sont superflus. La lecture est terminée. Laissons reposer à la fois mon corps crevé par trois semaines d'armée et ce roman qui ne manquera pas de revenir sur le devant de la scène de ma réflexion.
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    • Livres 1.00/5
    Par Under_The_Moon, le 23 janvier 2013

    Under_The_Moon
    J'ai lu Lolita il y a près de 3 ans pour passer un concours (déjà les conditions n'étaient pas idéales).
    Un livre très controversé, et c'est un euphémisme, même aujourd'hui. le moins qu'on puisse dire c'est que Nabokov a tout compris et très bien réussit son opération de "com' ". c'est vrai, à bien y réfléchir, en dehors de ce roman, qui peut citer d'autres oeuvres de l'auteur? Un assez petit nombre de lecteur, assurément.
    Lolita... Une douce musique un peu mystérieuse. Pauvre adolescente devenue, malgré elle, un archétype et un fantasme pour certains hommes. Et dire que même la mode a repris ce cliché, qui n'est rien de plus qu'une mauvaise interprétation, car Lolita c'est avant tout une victime.
    Lolita, c'est le diminutif de Dolores, un prénom d'un bien plus triste présage... Celui qu'elle connaîtra avec son beau-père Humbert Humbert, car dans le roman il s'agit clairement d'un viol (ou plutôt d'une série).
    Si on laisse de côté cet aspect sulfureux de l'histoire qui a fait (et fait toujours) la renommée de ce roman. C'est un roman d'exploration, pas seulement celui du corps de Lolita (la pauvre! même si le livre ne regorge pas non plus de description crues, ça c'est un fantasme), mais aussi celle de l'Amérique et de la langue anglaise.
    Qu'on ne s'y trompe pas, Lolita n'est pas un roman pornographique, c'est bien de la littérature ; du genre qui réjouira au plus au point les amoureux de linguistique et de narratologie..dont je ne fais pas partie.
    Certes, Vladimir Nabokov était un homme très instruit et intelligent, car son roman regorge de références, qui si on voulait toutes les comprendre... hé bien, il faudrait rien de moins qu'avoir la tête de son auteur. Ambitieux, en effet !
    L'auteur passe en effet son temps à se moquer du lecteur, à semer des pistes dans tous les sens, et donne finalement la très désagréable sensation que Nabokov s'est regardé écrire....
    Et puis, disséquer la langue anglaise, c'est vrai, il le fait très bien, mais je n'étant pas du tout rentrée dans ce "délire", ça me gênait quand même de lire un roman dont l'un des fil rouge est le viol d'une adolescente par un pervers dont on lit chaque pensée tordue...
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 16 août 2012

    Ellen-R
    "Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii.Ta."
    Humbert Humbert est attiré par les jeunes filles de 9 à 13 ans, qu'il surnomme des nymphettes. Dolores Haze, fillette de 12 ans, possède les charmes nécessaires pour plaire au personnage principal narrateur de ce roman découpé en deux parties. Il se définit lui-même comme un pédophile, un pervers, un maniaque ... Dolores est plus qu'une enfant à ses yeux, elle est Lo, Lola ou Lolita. le regard du narrateur transfigure la réalité et cette enfant est à la fois sa quête et sa proie, son objet de désir et son enfant. Pour séduire la fille, commençons par séduire la mère ! Quand ce sera chose faite, Lolita sera sous l'emprise de cet homme qui pourra assouvir ses besoins quand son corps le demandera.
    Le roman est sulfureux par son sujet : Lolita est à la fois objet sexuel et aimée du personnage principal. HH est embarrassant par ses confidences, par l'évocation claire de ses désirs, mais il ne tombe jamais dans la vulgarité, et son autodérision permet de prendre de la distance avec ce personnage. Tout est vu à travers son regard, donc la réalité est faussée, même si on le sent très sincère et objectif sur lui-même. Il n'hésite pas à se condamner parfois. le lecteur est plongé violemment dans l'esprit d'un pédophile, ce qui implique forcément certains détails.
    Lolita, quant à elle, est une enfant de 12 ans, que l'on verra grandir dans le roman. Elle est précoce pour son âge, plutôt délurée et provoque le premier rapport sexuel avec la narrateur sur un air de bravade, comme si elle voulait montrer par fierté qu'elle en sait plus, comme un enfant orgueilleux qui veut se mettre en avant par ses connaissances ou son savoir-faire. A mes yeux, c'est une pauvre gamine livrée à elle-même car ses parents sont absents. Après l'acte charnel initial, elle ne semble pas désirer le narrateur, aucune allusion à son plaisir, elle injurie HH, souffle face à ses appels, semble plus objet qu'actrice... Mais ce n'est pas un ange pour autant. Elle sait qu'elle plaît à Humbert Humbert, mais n'en est pas pour autant machiavélique. Elle n'a aucun repère, cède aux appels sexuels du narrateur contre sa volonté, sous la menace souvent ou grâce à un chantage savamment orchestré. Elle n'est pas tant séductrice, mais plutôt séduisante, malgré elle en partie. Une chose est certaine: le narrateur est sous son emprise et ne peut s'en défaire.
    Ce roman ne laisse pas insensible, peut choquer par son sujet et séduire par l'écriture de Nabokov. Un souffle habite ce roman au parfum de scandale. A cause du récit à la première personne du singulier, on doute souvent sur les personnages, leurs actions et leurs réelles motivations. Nabokov refuse tout manichéisme et nous fait visiter les Etats-Unis au rythme endiablé de cette histoire d'amour. L'amour de HH pour Lolita est monstrueux, car hors-norme et intolérable, même si les multiples renvois littéraires tendent à excuser ou à normaliser cette relation.
    Un roman d'une rare intensité qui unit deux êtres en marge.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 01 avril 2012

    brigittelascombe
    LOLITA, best-seller de Vladimir Nabokov (écrivain émigré russe du XX° siècle), après avoir été refusé par les américains (vu son thème sulfureux sur la pédophilie) a été publié en France et adapté deux fois au cinéma.
    Incarcéré pour meurtre, en attente de procés, Humbert Humbert (professeur de littérature cultivé quadragénaire) confesse dans une autofiction la passion fulgurante qu'il a ressenti pour une adolescente de douze ans LOLITA ("mon aimée,mon idôle"), alors qu'à la recherche d'un appartement elle était "à demi nue sur une natte au soleil", leur liaison de motel en motel (après la mort de sa mère accidentée, femme qu'il venait d'épouser), la fuite deux ans plus tard de l'adolescente qui se sentait piégée et le meurtre du rival, un gentil mécano.
    C'est le récit de ses dangereux penchants, de sa perversion d'homme malade que nous donne à lire Nabokov, mais c'est aussi la passion (décrite de façon délicate) d'un homme mûr pour une nymphette heureuse de plaire, ses fantasmes et la transformation de la femme-enfant en objet de désir qui troublent plus que de raison.
    LOLITA: le drame d'un pervers égoïste et irrémédiablement atteint!
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    • Livres 4.00/5
    Par laurentgui, le 01 juillet 2012

    laurentgui
    Un roman mettant en scène un pédophile, pendant les années que dure la passion qu'il éprouve pour Lolita, une pré-adolescente. le sujet, bien que difficile, déroutant, de nature à mettre mal à l'aise, est traité de façon admirable. Une des clés en est peut-être l'équilibre que l'auteur a su mettre en place en ne tombant pas plus dans un glauque gratuit, qu'il ne cède à la complaisance ou la facilité. La force de l'œuvre est encore augmentée par l'utilisation de la narration : c'est le pédophile lui-même qui revient les événements. le tout est étonnamment « lisible » ou peu rébarbatif, et c'est possiblement lié au fait que ce personnage n'est plus — au moment où il écrit, plusieurs années après les faits — totalement dans le déni de l'horreur de ses actes ni de leurs conséquences. Il est surprenant de voir, malgré le dégoût qu'inspire la pédophilie ou la personnalité du narrateur, que ce livre se lit bien, qu'il est captivant et puissant. Il faut que l'auteur ait du génie pour réussir sur un sujet on ne peut plus périlleux.
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Citations et extraits

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  • Par Gwordia, le 16 mai 2011

    On notera que j'exprime en termes de temps et non d'espace. J'aimerais, en fait, que le lecteur considère ces deux chiffres, "neuf" et "quatorze", comme les frontières - les plages miroitantes et les roches roses - d'une île enchantée, entourée d'une mer immense et brumeuse, que hantent les dites nymphettes. Toutes les enfants entre ces deux âges sont-elles des nymphettes ? Bien sûr que non. Le seraient-elles que nous aurions depuis longtemps perdu la raison, nous qui sommes dans le secret, nous les voyageurs solitaires, les nympholeptes. Qui plus est, la beauté ne constitue nullement un critère ; et la vulgarité, ou du moins ce que l'on nomme ainsi dans une communauté donnée, n'amoindrit pas forcément certaines caractéristiques mystérieuses, cette grâce fatale, ce charme insaisissable, fuyant, insidieux, confondant, qui distingue la nymphette de telle ou telle de ses congénères qui sont infiniment plus dépendantes de l'univers spatial des phénomènes synchrones que de cet îlot intangible de temps enchanté où Lolita s'ébat avec ses semblables. Entre ces âges limites, le nombre des nymphettes authentiques est notoirement inférieur à celui des fillettes provisoirement sans charme, ou simplement accortes, ou "mignonnes", ou même encore "délicieuses" et "séduisantes", ordinaires, grassouillettes, informes, froides de peau, ces fillettes intrinséquement humaines, avec leurs nattes et leur ventre rebondi, qui deviendront ou ne deviendront pas des femmes d'une grande beauté (songez à ces affreuses gamines boulottes, en bas noirs et chapeaux blancs, qui se métamorphosent en stars éblouissantes à l'écran). Présentez à un homme normal la photographie d'un groupe d'écolières ou de girl-scouts en le priant de désigner la plus jolie d'entre elles : ce n'est pas nécessairement la nymphette qu'il choisira. Il vous faut être un artiste doublé d'un fou, une créature d'une infinie mélancolie, avec une bulle de poison ardent dans les reins et une flamme supra-voluptueuse brûlant en permanence dans votre délicate épine dorsale (oh, comme il vous faut rentrer sous terre, vous cacher !), pour discerner aussitôt, à des signes ineffables - la courbe légèrement féline d'une pommette, la finesse d'une jambe duveteuse, et autres indices que le désespoir et la honte et les larmes de tendresse m'interdisent d'énumérer -, le petit démon fatal au milieu de ces enfants en bonne santé ; aucune d'entre elles ne la reconnaît et elle demeure elle-même inconsciente du fantastique pouvoir qu'elle détient.
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  • Par Pauline, le 05 avril 2008

    " Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
    Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "
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  • Par tamara29, le 01 mai 2012

    Vous pouvez me couvrir d’injures, menacer de faire évacuer la salle –tant que je ne serai pas étranglé par vos baillons, je crierai ma pauvre vérité. L’univers saura combien j’aimais Lolita, cette Lolita, blême et polluée, et grosse de l’enfant d’un autre, mais toujours la même- avec les mêmes yeux gris, les mêmes cils fuligineux, les mêmes harmonies châtain et amande amère –oui, la même carmencita, mienne, mienne à jamais ! Changeons de vie, Carmen, allons vivre quelque part où nous ne serons jamais séparés ; l’Ohio ? Les déserts du Massachusetts ?... Peu me chaut que ses yeux s’éteignent en une myopie de poisson, qu’enflent et se craquellent les aréoles de ses seins, que se déchire et s’étiole son adorable delta, si jeune et délicat et velouté- même alors, je défaillerais de tendresse à la seule vue de ton visage aimé et pâle, au seul chant de ta jeune voix rauque, oh, ma Lolita !
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  • Par HenriMoufettal, le 19 décembre 2012

    Edition Folio – Lolita – Vladimir Nabokov
    Page 71
    Ma santé devint florissante en dépit ou en raison de cette débauche de vide et d’ennui.

    Page 87
    Lundi. Delectatio morosa. Mes dolentes journées ne sont que spleen et douleurs.

    Page171
    J’adore mystifier les médecins, et, bien qu’exultant intérieurement, je glissai les pilules dans ma poche en haussant les épaules d’un air sceptique.

    Tout paraissait curieusement si juste ce jour là. Si bleu et si vert.

    Page 291 – sur les films policiers
    Le monde du crime était un monde à part : là , des journalistes héroïques étaient torturés, les factures de téléphone se chiffraient en milliard, et des flics pathologiquement intrépides (…) mais d’une remarquable incompétence en tant que tireurs, pourchassaient la pègre à travers égouts et entrepôts.

    Page 376 Devant le trombinoscope des individus recherchés
    Si vous voulez faire un film à partir de mon livre, faites en sorte que l’un de ce visages vienne se fondre doucement avec le mien pendant que je regarde.

    Page 399
    « Lo ! Lola ! Lolita ! » Je m’entends encore crier son nom depuis une porte ouverte face au soleil, tandis que l’acoustique du temps, la coupole du temps, lestait mon cri rauque et révélateur d’un tel luxe d’angoisse(…)

    Page 433
    J’avais besoin de compagnie et d’attention. Mon cœur était un organe hystérique peu fiable.

    Page 501
    C’était une empoignade silencieuse, paisible, entre deux hommes de lettres, dont l’un était totalement désorganisé par une drogue tandis que l’autre était handicapé par un problème cardiaque et un excès de gin.

    L’expression « justice poétique » est de celles que l’on peut utiliser avec le plus de bonheur en la circonstance.

    Page 516
    Ainsi donc, aucun de nous deux n’est en vie au moment où le lecteur ouvre ce livre. Mais tant que le sang continue de battre dans cette main qui tient la plume, tu appartiens autant que moi à la bienheureuse matière.

    Et la suite trop longue à retranscrire ici :
    A propos d’un livre intitulé Lolita – Article écrit en 1958 pour the anchor review avant la parution de l’édition américaine
    Le début donc :

    Après avoir usurpé l’identité du suave John Ray, le personnage, qui, dans Lolita, rédige l’avant-propos, tout commentaire venant directement de moi risque de paraître aux yeux du lecteur – à mes propres yeux en fait – comme un pastiche de Vladimir Naboko parlant de son propre livre.

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  • Par Disorder, le 16 juillet 2009

    "Tu sais ce qu'il y a de si affreux quand on meurt, c'est que l'on est complétement seul" et tandis que mes genoux d'automates allaient et venaient je pris soudain conscience que je ne savais absolument rien des pensées de ma doucette et que derrière ses affreux clichés juvéniles, il y avait peut-être en elle un jardin et un crépuscule, et la porte d'un palais - des régions sombres et adorables dont l'accès m'était totalement et lucidement interdit, avec mes haillons souillés et mes misérables convulsions (...).
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