ISBN : 2842656229
Éditeur : La Decouvrance (2009)


Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres

A Paris, un jeune homme se rend à une soirée à l Opéra pour écouter des airs de Chostakovitch, mais un sillage de péniche sur la Seine l emmène bien vite à son vécu récent. Embarqué à Durban sur un c... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 21 janvier 2012

    nadejda
    En automne 2008, un homme déambule dans Paris sous un crachin qui lui rappelle la Bretagne. Alors qu'il longe la seine en direction du Chatelet où il se rend à un concert, une péniche dont l'étrave fend l'eau du fleuve va le ramener une dizaine d'années auparavant alors qu'il avait embarqué à bord d'un navire de recherche océanographique en direction des Kerguelen.
    «Je faisais partie des gens de mer, j'étais officier de marine marchande, je naviguais au long cours.
    Aujourd'hui j'ai posé sac à terre.
    (...) Marinier, aimes-tu ton voyage ? Moi il m'arrivait de le détester.
    (...) Pourtant quand je repense à mes quarts de veille à scruter le vide de la mer, je me souviens que parfois j'étais heureux.»
    Lorsque débute le concert auquel il se rendait le souvenir des événements qui se sont déroulés en mer dix ans auparavant va affluer et l'emporter.
    Le premier concerto pour violon de Chostakovitch accompagne ce premier roman de Olivier Bass qui débute dans la douceur parisienne, se poursuit avec le vol vers Durban où il a embarqué, le 13 octobre 1998, pour quatre mois à bord du Marion Dufresne navire qui effectue des missions de recherche géologiques mais aussi le ravitaillement des bases scientifiques des Terres Australes et antarctiques françaises.
    Les premiers jours en mer se succèdent dans la routine, la monotonie au rythme des quarts à regarder «heure après heure défiler la mer» jusqu'à ce que le Vieux, le commandant du navire qui «du fond de sa bannette avait sans doute senti le temps forcir et la danse du Marion Dufresne s'accentuer» se pointe sans bruit à la passerelle :
    «Nous sommes biens portés mais réduisez l'allure si vous commencez à sentir que le bateau souffre»
    « ---- Marec Dévarenne... Nous avons déjà navigué ensemble non ?
    --- Oui, Commandant. C'était il y a cinq ans : un de mes premiers embarquements.»
    «En effet... Votre nom me disait quelque chose. Votre visage aussi. C'était la fois du coup du Bab el Mandeb, n'est-ce pas ?»
    (....) Un étrange malaise était en train de m'envahir. Pour tenter de le chasser, je me postai devant le sabord et regardai la mer.»
    Une suite d'événements va entraîner ensuite le lecteur dans une spirale dramatique, où vont monter l'angoisse et l'émotion, et le maintenir sous tension du début à la fin.
    La violence des éléments n'aura rien à envier à celle des hommes qui vont s'affronter. La haine, une belle amitié et un amour estompé, lointain mais bien présent grâce à Chostakovitch font de ce premier roman, à l'écriture précise et sobre qui sait capter l'attention et favoriser l'imagination, une belle réussite.
    Luocine souhaitait que des lecteurs se lancent dans l'aventure à sa suite pour lui donner leur avis. Je ne regrette pas d'avoir répondu à sa demande. Je ne connaissais pas les éditions de La Découvrance spécialisées dans la littérature maritime et c'est une découverte que j'espère bien poursuivre avec d'autres titres
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    • Livres 5.00/5
    Par luocine, le 17 janvier 2012

    luocine
    L'avantage de quitter le monde des blogs et les visites quotidiennes à son fidele ordinateur, c'est de devoir passer par des librairies pour se rassasier de lectures.
    La libraire de Fontenay sous Bois m a recommandée ce court roman, et comme elle, j'espère qu'Olivier Bass va continuer à écrire des romans de cette qualité.
    J'ai été très émue par ce récit et le destin tragique de ce musicien russe m'a bouleversée. La Russie a produit un nombre d'horreurs qui semblent ne jamais finir. La guerre de Tchétchénie évoquée ici en un parfait exemple.
    J'ai lu le livre en quelques heures et je l'ai relu pour m en imprégner et pour me laisser bercer par certains passages.
    Olivier Bass a été officier de marine marchande et il a le talent de nous décrire sans romantisme la vie a bord de ces grands cargos. Sur la mer aussi, les tragédies de notre siècle bouleversent les consciences.
    Je me suis précipitée sur le premier concerto de violon de Chostakovitch et je l'ai écouté en lisant les dernières pages, c'est extraordinaire.
    Lisez vite ce livre et dites moi vite ce que vous en pensez, je ne peux pas dévoiler l'histoire car une partie du charme de ce livre tient au suspens.
    Je crois que ce livre pourrait faire un superbe film, tout y est : la musique (et quelle musique !), l'amour, la vie en mer les étoiles, la mauvaise conscience des nantis face à ceux qui ont tout perdu avec la Russie en toile de fond.

    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 28 avril 2012

    jsgandalf
    « La musique des Kerguelen » est un livre à écouter, invitant au voyage intérieur. Les passages sur le navire sont bluffant de vérité, il faut dire que l'auteur a vraiment navigué dessus si je ne me trompe pas (dis le moi Olivier). Il est officier de marine marchande. A la lecture on sent la légère odeur d'huile toujours présente dans les locaux des cargos et l'on perçoit le léger ronronnement rassurants des machines qui tourne.
    C'est aussi un grand mélomane. Cela donne un premier livre bien construit et qui laisse apercevoir, je l'espère, une carrière prometteuse.
    A la prochaine sur nos lignes Olivier pour une semaine de navigation.
    Jean
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par krol-franca, le 14 mars 2012

    krol-franca
    Pour un premier roman, quelle maîtrise de la narration ! L'histoire est prenante, pleine de suspense. Elle commence à Paris, le narrateur se rend à un concert, on y jouera le premier Concerto pour violon de Chostakovitch. Cette musique évoque des souvenirs, une histoire qui est arrivée au narrateur 10 ans plus tôt, aux Kerguelen, lorsqu'il était lieutenant sur le Marion Dufresne… Et le roman se termine sur le même concert, la boucle est bouclée (un peu trop à mon goût mais bon… je ne vais pas faire la fine bouche).
    Et plus que l'histoire, l'auteur a un très beau style, une belle écriture, fluide, fourmillant de belles images. Ensuite, il est nécessaire d'écouter le magnifique concerto de Chostakovitch !
    La suite sur mon blog

    Lien : http://krol-franca.over-blog.com/article-la-musique-des-kerguelen-d-..
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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 17 janvier 2012

    Les cartes ... J'ai un mal fou à les ranger. Non par manque d'organisation, mais plutôt à cause d'un problème de distraction. J'aimais les parcourir comme on feuillette un livre d’images, et me promener sur le monde, libre de toute contrainte. Il me suffisait de tenir une carte dans les mains pour être irrésistiblement tenté d'en sortir une autre, et une autre encore. Je laissais mon imagination remonter les estuaires et se perdre dans les villes ou des forets isolées , parcourir les mers a la recherche d'un port au nom familier pour avoir rêvé un jour d'y faire escale, traverser les océans a pas de géants ou a sauts de puce, en n'importe quelle saison , a n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Et je me sentais chez moi partout dans le monde. J'adorais déballer les cartes. Je détestais les ranger.
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  • Par luocine, le 17 janvier 2012

    Depuis l'avènement de la messagerie électronique, cette attente traditionnelle du sac de courrier n'était peut-être plus aussi forte qu’auparavant, mais, l'écriture physique , la trace d'encre laissée par l'être aime, la feuille qu'il a touchée , restait malgré tout un lien fort qu'Internet n'était toujours pas parvenu à détrôner
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  • Par luocine, le 17 janvier 2012

    La guerre c'est un enfant qui meurt de faim en essayant de téter le sein de sa mère morte deux jours auparavant, et qu'on achève d'un coup de crosse bien place parce qu'on ne peut rien faire de mieux. C'est cela la guerre. Ni plus ni moins. On ne devient pas un homme en la faisant: on devient un monstre
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  • Par luocine, le 17 janvier 2012

    On se perdait beaucoup dans ces navigations transocéaniques où l'on oubliait pour quelles raisons nous étions là, en pleine mer, sans voir ni espérer aucune terre des jours durant. Pourtant quand je repense à mes quarts de veille à scruter le vide de la mer, je me souviens que parfois j'étais heureux.
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  • Par luocine, le 17 janvier 2012

    Mais il fallait une vie complète de mer pour que le temps, qui nous rongeait l'âme comme la pluie érode la montagne, en fasse apparaître le cœur inaltérable : la vraie nature de l'homme. Et si par dessus ça. On revêtait la couverture toute puissante du commandement, le compromis alors n'existait plus, le compromis alors n'existait plus : on avait affaire soit aux bons soit au mauvais.
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