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American Darling de
Russell Banks
Il m’a fallu plus d’une décennie avant que je ne me sente en état de retourner à Monrovia pour affronter les conséquences de cette ultime nuit. Et j’avais alors cinquante-huit ans. Pas vraiment une vieille femme, en tout cas pas selon l’échelle d’aujourd’hui, mais pas mal décatie pour ce qui est du visage et du corps. [...] Je ne suis que la coquille de ce que j’étais il y a douze ans. En vieillissant, nous devenons des animaux différents. Surtout les femmes. Et quand nous sommes devenues un animal qui n’a plus d’intérêt sexuel, les jeunes – parce qu’ils croient qu’ils ne seront jamais vieux – nous traitent comme si nous étions une autre sorte de primate. Comme si l’un de nous était un chimpanzé et l’autre un être humain.
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Par patouche, le 08/02/2012
Continents a la derive de
Russell Banks
Doris n'est pas une putain , elle ne couche même pas avec n'apporte qui ; C'est l'une de ces femmes qui sont en attentes et qui , une fois de temps en temps , en ont marre d'attendre et , l'espace d'une soirée , font comme si l'homme à qui elles parlent était celui qu'elles attendent .
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Par patouche, le 08/02/2012
Continents a la derive de
Russell Banks
Bob et Doris sont tous tous deux frappés , et même stupéfaits , qu'un évènement aussi simple pour un homme et une femme que de se trouver ensemble dans la même pièce puisse se révéler si compliqué qu'aucun des deux ne soit capable de donner les raisons de sa présence .
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Par lilarose, le 05/02/2012
De beaux lendemains de
Russell Banks
J'ai découvert la littérature américaine en lisant Russel Banks.
Je le retrouve dans l'émotion apportée chez David Vanne (Désolation)
Les lire c'est comme plonger la tête dans un seau d'eau glacée.
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Par tulisquoi, le 06/05/2010
Sous le règne de bone de
Russell Banks
Pour la première fois je comprenais comment ces gars furieux d'avoir perdu leur boulot ou ces pères divorcés qui n'avaient plus le droit de voir leurs gosses pouvaient entrer dans un bureau de poste ou dans un Pizza Hut bourrée de monde, sortir leur pétoire et se mettre à tirer en se foutant pas mal de qui se faisait allumer. Je ne voulais évidemment pas faire ce genre de truc, mais j'avais le sentiment qu'à la moindre chose qui irait de travers dans l'heure ou les deux heures qui suivraient, je deviendrais incapable de me maîtriser. Voilà où j'en étais arrivé à cause de mon beau-père, du naufrage de notre maison et de notre famille, à cause du fait que personne n'avait apparemment rien à cirer de la mort de ce brave vieux Willie et que personne, pas même moi, ne semblait comprendre que ce que je faisais, c'était d'essayer de revenir à la maison.
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Par caro64, le 04/07/2009
De beaux lendemains de
Russell Banks
Silencieuse, la tête basse, Dolorès se plantait au centre exact du chagrin et de la fureur de ses concitoyens et, par sa présence, les obligeait à la définir. Etait-elle une victime de cette tragédie, ou en était-elle la cause ? Elle s'était placée sur la balance de leur jugement, mais ils ne voulaient pas la juger. A leurs yeux, elle était les deux à la fois, évidemment, victime et cause ; exactement comme à ses propres yeux. Ainsi que n'importe quel parent quand il arrive quelque chose de terrible à son enfant, Dolorès était innocente, et elle était coupable. Nous savions, devant Dieu et devant les nôtres, ce que nous étions, en dépit du fait que la plupart du temps on se sent les deux à la fois ; mais elle ne le savait pas. Il lui était impossible de nier, et elle souhaitait donc que nous prenions les devants pour le faire à sa place.
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American Darling de
Russell Banks
"C'était un énorme contraste avec les vieilles villes ouvrières et grises que j'avais quittées -ces agglomérations récemment abandonnées de la ceinture industrielles des Etats-Unis, comme New Bedford et auparavant Cleveland, qui m'avaient écrasée presque à mon insu-, un contraste si splendide, si attirant, que je trouvais Accra irrésistible. La chaleur ici était intense, équatoriale, mais grâce à la brise soutenue qui venait de l'Atlantique l'humidité n'était pas inconfortable et, tant qu'on restait à l'écart du soleil, on avait le sensation d'un climat idéal -le climat auquel l'anatomie humaine, après des centaines de milliers d'années d'évolution, est parfaitement adaptée. Et puis j'aimais le peuple ghanéen. Ce sont des gens qui s'excitent facilement, qui sont bruyants et paraissent sûrs d'eux-mêmes. Ils vous font du rentre-dedans, mais avec charme et bonne humeur, ils agitent les mains, ils gesticulent, s'inclinent, se tordent et virevoltent en même temps qu'ils parlent, chicanent, se chamaillent, cancanent et chantent. A l'instar de sa population, la ville lutte inlassablement pour gagner votre attention et votre oreille par son vacarme incessant de klaxons, de bus, de camions sans silencieux, de radios qui hurlent par les fenêtres et à la devanture des magasins, de colporteurs qui crient leurs marchandises, de bébés qui pleurent, de marteaux-piqueurs qui pilonnent le sol. Où que l'ont se tourne, Accra s'efforce d'attirer et de retenir votre regard par ses couleurs vives et animées il y a les superbes pagnes peints irrégulièrement que les femmes enroulent autour de leur corps ; il y a leur coiffures élaborées, d'un noir brillant, structurées comme des chapeaux et aussi précaires que des pièces montées, savamment torsadées, tressées et ornées de perles ; il y a les vélos chinois repeints de couleurs tape-à-l'oeil ; les minibus bondés qu'on appelle tros-tros ; les vertigineuses pyramides de fruits et légumes au marché de Makola ; et les enseignes de coiffeurs aux
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Par Outis, le 16/10/2007
American Darling de
Russell Banks
Dans la vie comme dans la mort, pour moi comme pour n’importe qui, il n’y a jamais eu de place à côté de mes parents ou entre eux. Dans le drame de notre famille, ce sont les seuls acteurs. Seule, poussée d’un côté de la scène, j’ai été le choeur et parfois le messager qui apporte des nouvelles du front, mais la plupart du temps je n’ai été qu’une figurante, une spectatrice. Mon petit rôle, dans ce grand dessein du destin familial, était de fournir un exemple à mon père, d’être sa pièce à conviction numéro un. Et d’être pour ma mère le miroir qui lui dirait que c’était elle la plus belle.
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Par caro64, le 04/07/2009
De beaux lendemains de
Russell Banks
Pour nous, avant l'accident, il y avait la vie, la vraie vie, la vie réelle si moche qu'elle ait pu nous sembler, et rien de ce qui a suivi l'accident n'offre avec elle la moindre ressemblance.
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Par Outis, le 16/10/2007
American Darling de
Russell Banks
Je me suis donc conduite avec les chimpanzés comme si j’étais l’un d’eux. Qu’est-ce qui clochait là ? Qu’y a-t-il de répréhensible au plan éthique, ou même au plan pratique, à manifester de l’empathie pour autrui ? Pendant longtemps j’ai répondu : rien. Rien du tout. C’est une attitude valable. Je vois un aveugle sur le point de traverser la rue et je pense : il ne peut pas voir la circulation qui file à toute allure, il a besoin que je la voie pour lui, que je le prenne par le bras et que je l’accompagne là où manifestement il a envie d’aller. Partant de l’hypothèse que, si j’étais aveugle, j’aurais besoin de moi pour m’aider, je saisis l’aveugle par le bras et je le tire, terrorisé, en pleine circulation où, non seulement je lui fais peur, mais en où je le mets en danger. Parce que je dispose de ma vue, je me repose sur un certain système de guidage qui utilise principalement la vue pour s’informer et je veux à toute force la mettre à contribution. Mais l’aveugle a son propre système pour traverser. Il entend ce que je ne fais que voir, il isole des bouts d’information qui sont perdus pour moi, et il coordonne et mémorise des données que je n’ai même pas enregistrées.
Je parle ici de la différence entre empathie et sympathie, entre sentir pour l’autre et sentir avec lui.
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