« – Faut-il un coupable ? demanda l'avocat. Est-ce qu'on accuse le rocher qui dévale de la colline et écrase tout sur son passage ? Est-ce qu'on met en accusation le gel, le soleil, l'orage ? Je vais vous dire, il y a eu un énorme chagrin qui s'est formé dans la nuit d... > voir plus
Dès la première page, on est plongé dans une histoire prenante, un tourbillon qui n'augure rien de bon. Paule Constant nous entraîne telle une Véronique Olmi qui pousserait le vice à camper ses personnages sous le soleil (l'histoire se déroule en Provence tandis que le froid et la pluie accompagne le lecteur dans Bord de mer), peu à peu vers l'horreur. le roman démarre si vite qu'à mi parcours in peut ressentir une baisse de régime. On n'est cependant pas au bout des révélations sordides. (...)
Cathy est confondue de gratitude, cet homme lourd, massif, à peine équarri, cette brute épaisse, est capable de ressentir des choses subtiles. Cela fait deux fois depuis qu’elle a ouvert le portail qu’il lui montre qu’il sait et qu’il sent les choses, deux fois qu’il trouve le mot juste pour le dire, enfin le mot qui la touche. Quand elle pousse la porte d’entrée, elle livre toute son intimité à un ami qui saura apprécier l’escalier de bois, les papiers peints désuets, les peintures fanées et même les étonnants carreaux de la cuisine, les carreaux de faïence, vert cru et jaune soleil, devant lesquels toutes les femmes de sa famille ont fait la cuisine, devant lesquels tous les enfants entre deux bouchées ont rêvé, un carreau vert, un carreau jaune, (…)