Lors de l'inauguration d'une boutique par une amie, le commissaire
Melchior, en disponibilité, retrouve par hasard Florence, la femme d'un ancien collègue, Marc Yverneau. Elle vient d'apprendre que la dépouille de son mari, dont elle était séparée, a été retrouvé. Il faisait partie des corps non identifiés suite à l'attentat du métro londonien. Florence demande à
Melchior de l'aider dans ses démarches. A Londres le Superintendant Woodcock de Scotland Yard avait bien connu Yverneau, lequel avait procéder à un dépôt ADN afin d'alimenter la banque de données du Yard, alors en gestation. C'est ce qui avait permis l'identification du défunt. Selon le policier britannique, le décès d'Yverneau remonter à quelques jours avant l ‘attentat. De plus
Melchior découvre calquée sur le mur du tunnel où a eu lieu le drame, l'empreinte à l'envers d'une carte d'identité. Il s'avère que la pièce était établie au nom d'Etienne Pétrini, lui-même ancien inspecteur à la même brigade qu'Yverneau et
Melchior, à Chartres vingt ans auparavant. Des souvenirs que
Melchior pensait avoir noyés remontent à la surface. Les trois enquêteurs avaient été impliqués plus ou moins dans l'affaire Arbogast, du nom de l'homme qui avait kidnappé la gamin de Pétrini. L'affaire n'avait été entièrement résolue car l'enfant n'avait pas été retrouvé. le ravisseur avait été abattu, et quelques policiers avaient reçu des balles perdues. Un doigt de chance, quelques réminiscences qui reviennent par bribes, des détails qui se font jour alors qu'ils n'avaient pas été relevés lors de l'enquête, et
Melchior se retrouve enfin sur la piste.
Ce nouveau roman d'
Alain Demouzon est une fois de plus une réussite. Outre l'intrigue, qui mêle habilement passé et présent, ce sont les relations entre les divers protagonistes qui retiennent l'attention. Un roman placé sous le signe de la crise. D'abord la crise entre des policiers, pour la plupart des stagiaires, dont les liens relationnels oscillent entre indifférence, compétition, rivalité, ou amitié suspecte. Crise morale et affective de
Melchior qui hésite entre quitter définitivement le service et prendre la retraite ou réintégrer son poste. Il envisage d'écrire un roman policier mais il n'arrive pas à concrétiser son projet. Il se lie d'amitié, et plus si affinité avec Florence, tout en doutant de la sincérité de la jeune femme, envisageant même une probable culpabilité de celle-ci. Crise sociale qui noircit l'épilogue en proposant ce que l'on appelle une fin ouverte. Plus quelques autres que le lecteur découvrira au fur et à mesure qu'il découvre le parcours chaotique de
Melchior dans cette intrigue qui se révèle machiavélique. Enfin Demouzon semble parfois se confondre avec son personnage, se montrant quelque peu désabusé et caustique sur le statut d'écrivain et plus particulièrement sur celui d'auteur de romans policiers.
Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/