ISBN : 2302017234
Éditeur : Soleil (2011)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres

Dessinateur de publicité et professeur de dessin, Andreas est homosexuel. Pas une "grande folle" travestie mais un homosexuel discret, joyeux et romantique, dans le Berlin des années 30. Mais la peste brune envahit peu à peu les rues, la cit&#x... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par InColdBlog, le 14 décembre 2011

    InColdBlog
    Ce n'est pas un arrière-grand-père aimant, complice et bienveillant comme on aime les imaginer, qui reçoit son petit-fils et ses amis en cette après-midi.
    Le petit groupe de lycéens, venu recueillir pour leur devoir d'histoire son témoignage sur son internement en camp de concentration, est accueilli pour le moins froidement par un vieillard acariâtre, peu enclin à se replonger dans son passé.
    À la lumière de son récit, on ne peut guère lui tenir rigueur de se montrer à ce point amer.

    Berlin, 1930. Andreas est le jeune dessinateur talentueux et prometteur d'une agence de publicité.
    En soirée, il retrouve volontiers ses amis dans les bars de la ville. Dans la capitale allemande, carrefour international du milieu homosexuel de l'époque, Andreas vit son homosexualité ouvertement sans que cela choque quiconque dans sa bande de joyeux lurons.
    Mais la montée en puissance du nazisme aura raison de l'insouciance de ces jeunes : arrive pour eux le temps des choix intellectuels, politiques et moraux ; chacun doit prendre position, s'engager ou se résigner.
    Quand Hitler déterre le paragraphe 175, article du Code pénal instauré en 1871 déclarant contre-nature et punissable d'emprisonnement tout acte sexuel entre personnes de sexe masculin ou entre des êtres humains et des animaux (!), commence une chasse aux pédés qui verra des dizaines de milliers d'homosexuels allemands arrêtés, emprisonnés et déportés en camp de concentration.
    Une lettre anonyme faisant état de ses préférences sexuelles vaut à Andreas d'être convoqué au poste de police. Relâché, il sera dès lors dans le collimateur des autorités. S'ensuivront menaces et intimidations à son encontre et celle de son employeur qui n'a aucun état d'âme pour le virer du jour au lendemain.
    Arrêté une nouvelle fois sur dénonciation de la concierge de son immeuble, Andreas est cette fois envoyé en prison. Malgré les mauvais traitements de ses geôliers et le viol dont il est victime, il refuse de dénoncer d'autres homosexuels de sa connaissance. Son obstination l'enverra en déportation.
    À la fin de la guerre, Andrea fait partie des quelques miraculés qui ont survécu aux camps.
    Pour autant, sa libération ne signifie pas pour lui la fin du cauchemar. Dans l'Allemagne de l'après-guerre, il est doublement humilié : en tant que prisonnier de droit commun, il ne peut prétendre à aucune réparation pour son internement, pas plus qu'au respect réservé aux seuls prisonniers de guerre qui se sont battus pour leur pays.

    Je suis tombé sur cette BD par hasard, alors que je cherchais en rayon pour offrir à un ami un autre titre… que je ne risquais pas de trouver puisqu'il ne devait sortir que quelques semaines plus tard !
    Avant toute chose, il faut reconnaître à Triangle rose le mérite de rendre compte de la déportation des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale et ce, dans un format qui le rend accessible au plus grand nombre. de même qu'il rappelle utilement que les premières victimes du nazisme ont été les Allemands eux-mêmes.
    Un parti-pris intéressant de cette BD est d'atténuer la victimisation d'Andreas en en faisant un jeune homme peu conscient du danger de la “peste noire” et, plus tard, un vieillard peu sympathique (même si son animosité envers le groupe d'adolescents peut sembler discutable).
    Les dessins de Milorad Vicanovic-Maza sont agréables à l'œil, bien que j'aie eu pas mal de difficulté au début de l'histoire à distinguer clairement les différents amis d'Andreas les uns des autres. le contraste entre les planches en couleurs et celles aux tons sépia restitue parfaitement l'opposition entre le temps présent et les souvenirs du vieillard, entre l'insouciance et l'horreur.
    Malgré tout, au final, je n'ai pas été totalement convaincu par cette histoire trop didactique et démonstrative à mon goût, qui pèche, du coup, par excès de froideur et de distance. Sans pour autant tomber dans la mièvrerie, Triangle rose aurait gagné à être plus riche en émotion.
    Autant de raisons qui font que, sur un thème et une structure narrative similaires, j'ai préféré l'ouvrage de Luca de Santis et Sara Colaone, "En Italie, il n'y a que des vrais hommes".

    Toutefois, au-delà de ces réserves, il n'en demeure pas moins que Triangle rose est un album d'utilité publique puisqu'il perpétue le souvenir de ces déportés de “seconde zone”. Un devoir de mémoire d'autant plus nécessaire que Rudolf Brazda, dernier Triangle rose survivant connu, est décédé le 3 août dernier.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2011/11/30/Anders-als-die-Andern*
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    • Livres 5.00/5
    Par cleomine, le 06 mars 2012

    cleomine
    Un groupe de lycéens chargé de faire un exposé sur les camps de concentration rend visite à l'arrière-grand-père de l'un deux. Andreas, le vieil homme, est réputé acariâtre. Les pages suivantes nous ramènent à l'époque de sa jeunesse, dans les années 30. Ce jeune Allemand vit à Berlin et se réunit régulièrement dans les cafés en vogue de la capitale avec son groupe d'amis ou ex-amants. Leurs conversations font ressortir les préoccupations de l'époque, entre propos antisémites, pro-hitlériens et paroles avisées ce ceux qui voient le vent tourner en leur défaveur. 1933 : Hitler arrive au pouvoir et du jour au lendemain la menace se fait plus présente. Rapidement le groupe éclate. Malgré la proposition de son ami d'émigrer avec lui, Andreas reste à Berlin, cherchant à se convaincre qu'il ne court aucun risque. Mais rapidement il est arrêté. Après un séjour en prison, il connaît les camps. Malgré cette plongée dans l'horreur, Andreas survit, retourne à Berlin où il retrouve sa vieille mère et Angela, une amie homosexuelle. La guerre est finie mais les mentalités n'ont pas changé, et les rescapés des camps s'attaquent violemment aux rescapés homosexuels qu'ils traitent de fausses victimes. Andreas et Angela comprennent alors que les mentalités n'ont pas changé. Tous deux peuvent se comprendre, ils décident d'affronter l'avenir ensemble, en émigrant en France...
    Coup de cœur pour ce récit poignant qui vise à rappeler que la mémoire de l'Histoire a fait le tri en laissant de côté les victimes homosexuelles des camps de concentration. Les dessins noir et blanc et sépia nous plongent dans l'ambiance des années 30-40. le personnage d'Andreas est attachant, et l'histoire bien menée, avec un aspect bien documenté, portée par une fiction maîtrisée. On regrette seulement que l'ouvrage se referme sur l'incompréhension des jeunes qui sont passés à côté du récit du vieil homme. En tout cas, nous, lecteurs, ne restons pas insensibles. A lire !
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    • Livres 4.00/5
    Par zoizouille, le 20 janvier 2012

    zoizouille
    Pour un exposé sur les camps de concentration, un groupe de jeunes va voir le grand père de l'un d'entre eux. On se demande pourquoi, étant Allemand, le grand père a pu être envoyé là-bas. Au moment de parler des camps, il se souvient avec douleur de sa jeunesse et de ce qui l'a entraîné dans ces lieux d'horreur.
    On a peu entendu parler de l'homosexualité pendant la seconde guerre mondiale, et à quel point les homosexuels avaient été traqués, au même titre que les juifs ou les tziganes. Cette bd replace bien le contexte et nous apporte en plus, à nous français, une vision de la guerre du côté des allemands. Comme quoi ces gens normaux, dont certains homosexuels, ont voté Hitler sans savoir que ce régime allait les conduire à la mort.
    Bd noire, écrite dans un langage familier, elle est une bonne approche pour la jeunesse de la question de l'homosexualité en général. Pour se souvenir, et pour transmettre.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Philes67, le 02 mars 2012

    Philes67
    "Triangle rose" évoque les conséquences terribles du "Paragraphe 175", article du Code pénal allemand qui a envoyé en déportation des milliers d'hommes, puis les a poursuivis juridiquement encore bien longtemps après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
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Critiques presse (5)


  • Auracan , le 28 octobre 2011
    Exception faite de certains traitements caricaturaux [...], on suit son parcours, de l’insouciance de la jeunesse dans les années 30 jusqu’au retour à la vie civile au sortir de la guerre en passant par l’ignominie de la vie des camps. L’album traite aussi de la différence de perception des homosexuels hommes-femmes. [...] Côté graphisme, le dessinateur réaliste classique oppose l’insouciance en couleurs des ados à la bichromie des souvenirs de l’horreur du vieil homme, bichromie qui s’assombrit avec l’horreur subie sans tomber dans le spectacle scabreux.
    Lire la critique sur le site : Auracan
  • BDGest , le 19 octobre 2011
    Triangle Rose propose un récit passionnant et terrifiant au ton le plus juste. À lire.
    Lire la critique sur le site : BDGest
  • Actualitte , le 17 octobre 2011
    Le premier mérite de ce livre est de remettre en mémoire l'acharnement des nazis contre les Allemands considérés comme traîtres à la patrie de par leur orientation politique ou sexuelle, avec cette sinistre méticulosité administrative symbolisée par le fameux triangle rose portée par les détenus dans le camp !
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • BoDoi , le 13 octobre 2011
    Bravo donc aux auteurs et aux éditions Quadrants d’avoir accompli ce devoir de mémoire, avec un récit accessible au plus grand nombre, porté par un dessin aux tons sépias, dont on mettra les maladresses sur le compte d’un trop-plein de sincérité.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • Sceneario , le 27 septembre 2011
    Une BD qui rend hommage à une catégorie de personnes qui elles aussi ont dû subir la barbarie des nazis. Une catégorie de personnes qui pour autant n’a pas ensuite reçu autant de compréhension et de soutien que d’autres de la part du grand public. Heureusement, certains sujets sont de moins en moins tabou dans notre société moderne et de communication.
    Lire la critique sur le site : Sceneario

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Citations et extraits

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  • Par Philes67, le 02 mars 2012

    Tu ne pourras jamais faire croire que la renaissance d'une nation nécessite la stigmatisation d'une partie de sa population.
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