Dans
No Hero, un jeune homme est prêt à tout pour devenir super-héros. Absolument tout. Lorsqu'il finit par être recruté (la Front Line est en pleine crise, c'est la première fois qu'elle perd deux membres coup sur coup), la question lui est souvent posée, d'autant que la prise de FX7 génère des effets mystérieux tant sur la psyché que sur l'organisme du candidat. Il peut y rester. Il est prévenu.
Seulement, tout le monde n'apprécie pas autant les super-héros. Les gouvernements s'inquiètent de cette menace permanente contre leur propre légitimité et leurs services secrets tentent de profiter de la moindre faille pour essayer de percer le mystère de ce composé capable de transformer un homme en un individu capable de voler, pulvériser un bâtiment d'un regard ou soulever un Boeing en plein vol. Nous sommes pris entre l'innocence touchante d'un futur héros et le cynisme politique des instances dirigeantes, tout en nous posant des questions sur la personnalité même de ce Masterson, davantage gestionnaire et agent de communication que leader charismatique d'une équipe de surhommes.
Ryp s'éclate littéralement dans ce récit et se permet quelques outrances presque écœurantes dans sa manière d'illustrer les tortures infligées à l'un des super-héros, les cauchemars improbables de Josh et les dégâts monumentaux que peuvent infliger les coups donnés par ces êtres plus qu'humains. Avec ce souci du détail qui le rapproche d'un George Pérez, il aime faire exploser les corps et les viscères.
Récit dense et amer, parsemé de fulgurances d'une extrême violence, scandé par des extraits de discours ou de textes sur les responsabilités humaines. Troublant et plutôt réussi.
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