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Dans le Paris des années Mitterrand, un conseiller spécial du président, au centre de toutes les intrigues, ne connaît pas de limites à son influence et à ses dérives. Suite à un meurtre d'une call-girl, l'enquête de la beurette Noria Ghozali et du curieux Bonfils va les mener à un réseau au service de hautes personnalités politiques et de personnalités françaises. Pour rappel ce roman a été écrit en 2001, toute ressemblance avec des faits plus récents ne peut être qu'un hasard...

Derrière les excès se cachent les manoeuvres pour faire libérer des otages, un trafic d'armes, et la raison d'état qui sert de paravent à toutes les ambitions.

Dominique Manotti met son style très efficace au service de la dénonciation des dérives de notre société et de ses politiques. Il n'y a pas grand chose à garder quand on s'intéresse à l'arrière cuisine de la République. Un livre complexe, très documenté, brillant.

L'adaptation cinématographique d'Eric Valette sous le titre « Une affaire d'Etat » avec André Dussolier et Rachida Brakni met l'accent sur une suite de scènes d'action et ne rend pas compte de la complexité du livre.
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Je suis revenue à la lecture de Dominique Manotti en lisant son « entrée » dans le dictionnaire amoureux de Pierre Lemaitre. Et grande fut ma surprise de découvrir une intrigue de trafic d'armes dont les protagonistes sont des « hommes du Président », à savoir François Mitterrand.

Car nul n'ignore les attaches franchement à gauche de l'autrice, sans oublier toutefois qu'elle fut avant tout agrégée d'histoire … Mais on sera moins étonné lorsqu'on l'entend déclarer que pour elle, l'élection de Mitterrand en 1981 a signifié « la fin des haricots. »

L'histoire se passe en juin 1985, dans les mois qui précèdent l'élection législative de 1986 qui seront remportées de peu par la droite (RPR et UDF) et ouvriront la voie à la première cohabitation de la Vème République.

Le personnage central de l'intrigue – Bornand - est un conseiller très proche du Président, au passé trouble, très riche, et très amateur de femmes, y compris celles qui appartiennent au réseau de call-girls d'une certaine Mado, très protégée. Mais il y a aussi des journalistes publiant des articles fort bien documentés dans un hebdomadaire satirique paraissant le mercredi … Bref, les lecteurs de ma génération comprendront sans doute mieux que les autres.

Bornand est naturellement un personnage à clé, une sorte de patchwork … Malgré la brièveté de ce polar très dense, je recommande de noter les noms des différents personnages, par ordre d'entrée en scène. Ensuite, on nous emmène au Liban, aux Etats-Unis, en Turquie où un avion cargo vient de s'écraser, bourré d'armes à destination de Téhéran …

Au départ, le cadavre d'une call-girl appartenant justement au réseau de Mado, retrouvé dans le parc de la Villette. L'équipe de policiers chargée de l'affaire comporte une jeune « bleue » : Noria Ghozali, qui réapparaîtra dans d'autres enquêtes.

C'est une intrique taillée au scalpel, absolument sans une once de graisse, avec des personnages complexes. C'est aussi la dénonciation des dérives d'un pouvoir absolu, de financements occultes, de coups fourrés pendables : mais pour les rares qui parviennent à éclore à la surface médiatique (les Irlandais de Vincennes, le Rainbow Warrior …), combien se déroulent dans l'absolu silence ?

Un conseil : ne surtout pas rater la scène d'ouverture …
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Ayant tellement apprécié Or noir, j'ai eu envie de prolonger le chemin de lecture avec Dominique Manotti et retrouver le commissaire Daquin. Mauvaise pioche car dans celui-ci, c'est Noria Ghozali qui officie avec Bonfils. Nous sommes en 1985 à Paris sous le mandat de François Mitterrand. Voici sa vision de l'argent : « L'argent qui corrompt, l'argent qui achète, l'argent qui écrase, l'argent qui tue, l'argent qui ruine, l'argent qui pourrit jusqu'à la conscience des hommes. » Effectivement, au fil des pages, l'autrice nous fait entrer dans les coulisses obscures du pouvoir et ce n'est pas beau à voir : vente d'armes à l'Irak, otages français retenus au Liban, liens avec l'Iran pourtant sous embargo, meurtre d'une call-girl de luxe, justice française loin d'être indépendante. Glaçant tellement c'est encore d'actualité. Ce livre a été récompensé par le Prix Mystère de la critique et le Grand Prix du roman noir du festival de Cognac. Il a également été adapté au cinéma par Éric Valette avec André Dussolier. J'ai bien envie de le voir. En attendant je retrouve le commissaire Daquin en me plongeant de suite dans Sombre sentier
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Chronique acide des dérives affairistes du 1er septennat Mitterrand, et 1er chef d'oeuvre de Manotti

Après les trois enquêtes de l'inspecteur Daquin, Dominique Manotti accède en 2001 à une nouvelle dimension avec la publication de "Nos fantastiques années fric".

Maîtrisant parfaitement le récit fictif dans le registre de l'Ellroy d' "American Tabloïd", elle peut ainsi dresser cette chronique acide, au prétexte d'une enquête policière joliment menée, des dérives affairistes du premier septennat de François Mitterrand, première étape très réussie d'une série à venir de dénonciations - dans lesquelles le seul pamphlet ne l'emporte toutefois jamais sur la qualité romanesque et la tenue des intrigues - de la corruption presque inséparable du pouvoir au sein des démocraties modernes...

"Il est venu ici la première fois il y a plus de vingt ans, avec son père, brillantissime avocat d'assises qui s'était illustré après la guerre dans la défense des collaborateurs, trapu, cheveux en brosse, une allure de sanglier et une voix rocailleuse, l'ami intime de Bornand. Et l'amitié, c'est sacré pour Bornand. Un ami, c'est pour la vie, quoi qu'il fasse. Et cette amitié, Nicolas Martenot en a hérité, comme du reste de son patrimoine. Depuis, dans ce salon, il a participé à des dizaines de soirées, pas de grandes réceptions, mais des rencontres choisies, des liens personnels qui se créent, des réseaux qui s'entretiennent, et Bornand au centre, à la croisée de toutes les influences, avec maîtrise et élégance. Un instrument de pouvoir, et une jouissance."

Un authentique chef d'oeuvre du roman noir français contemporain.
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Sur fonds de rivalités policières et politique, Dominique Manotti nous dresse ici un portrait sans concession du pouvoir.
Nous sommes en 1985, les élections législatives se profilent et il y a toutes les chances qu'elles seront perdu pour la gauche.
On suit l'itinéraire d'un conseiller influent du président Mitterand,entre ventes d'armes vers l'Iran,manoeuvres pour libérer les otages français retenus au Liban.
L'argent coule à flot, et on ne peut pas dire que tout cela va nous réconcilier avec la politique.
Vous me direz que l'histoire se passait il y a 30 ans....
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Pas facile de faire un commentaire sur un livre que je n'ai pas beaucoup aimé. Je l'ai trouvé trop embrouillé, il y a trop de monde, trop de choses.
Le lecteur s'y perd, qui fait quoi ? Qui trahi qui ? Qui vend quoi ?
Et puis j'aurais bien aimé suivre les aventures et mésaventures de Noria Ghozali, elle pouvait être un fil conducteur intéressant, mais je ne la trouve pas assez présente, alors que l'introduction du personnage nous laisse espérer quelqu'un de très motivé, dynamique, qui a souffert pour arriver là où elle est.
Bien sur il y a de la matière dans ce roman : le Liban, les otages, les ventes d'armes, les trafics divers, mais aussi la prostitution de luxe et le monde des protecteurs, les intrigues politiques, etc.

Mais je n'aime pas le style télégraphique utilisé bien souvent, même si j'aime les phrases courtes et simples qui donnent du rythme, le style journalistique qui donne de la vivacité à un récit, là j'ai l'impression que le lecteur s'essouffle.
Trop haché, trop saccadé, comme si l'auteur avait mis par endroits ses idées, mais pas encore pris le temps de les mettre en forme.

En fait, je reste sur une impression de pas fini, comme si le roman avait pu être plus complet, plus fouillé, plus fourni, mais pour moi il ne répond pas à ses promesses.

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1985 : L'épave du Rainbow Warrior est encore fumante, et l'Elysée est occupé avec les écoutes téléphoniques censées protéger ses secrets ; Avec ce thriller particulièrement efficace, Dominique Manotti retrace de façon impitoyable l'atmosphère déliquescente du pouvoir de la fin du premier septennat dans l'entourage de Francois Mitterrand, autour de la fameuse cellule élyséenne (celle des Irlandais de Vincennes) en conflit avec les services de police et de renseignement « classiques », avec en arrière-plan les remontées de souvenirs pas toujours propres de la seconde guerre mondiale.

Francois Bornand, un conseiller spécial du Président aux airs lointains de Francois de Grossouvre, manoeuvre dans les eaux troubles du trafic d'armes avec l'Iran, en théorie sous embargo, en pleine guerre Iran-Irak, alors que l'affaire des otages français au Liban et la menace terroriste pèsent sur le contexte politique français, à quelques mois des élections de 1986.
Une opération d'intimidation d'une call-girl tourne mal et l'affaire se complique quand les femmes s'en mêlent, une jeune enquêtrice d'origine maghrébine particulièrement douée de la Police du XIXème arrondissement, et plus tard la maîtresse de Bornand.

Publié en 2001, « Nos fantastiques années fric » fut justement distingué par le Prix Mystère de la Critique 2002, le prix du roman noir du Festival de Cognac 2002, et porté ensuite à l'écran (Une affaire d'état, 2009), mais je me demande (sans avoir vu ce film) ce que le cinéma peut apporter de plus à un récit si incisif.
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« Nos fantastiques années fric » est paru en 2001, Dominique Manotti y développe une intrigue qui noue les milieux politiques, policiers, mafieux … à la fin du premier septennat de François Mitterrand en 1985. Les affaires mêlent les combines politiques, les meurtres, l'argent… aux addictions sexuelles, trafic d'armes et de drogue. Elles s'étendent à l'international, au Liban, à l'Iran, sur fond de guerre entre l'Irak et l'Iran, et de prise d ‘otages au Liban. Les relations et « amitiés » sont nées pendant la seconde guerre mondiale, consolidées dans les colonies africaines, et les protagonistes sont liés par des « services » en tous genres. le passé des personnages est trouble, des vérités sont cachées. L'énumération des thèmes, la complexité des affaires évoquées, la présentation d'une période politique tourmentée forment un trop-plein pour un format de livre réduit à quelque 240 pages. L'intérêt est maintenu par le rythme de l'enquête tandis que l'étau se resserre sur des acteurs peu scrupuleux. Toutefois le roman « s'éparpille » en de multiples lieux, rebondissements, personnages. Après avoir lu plusieurs romans de Dominique Manotti, « Nos fantastiques années fric » m'est apparu moins convaincant .
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Chronique au vitriol de la gauche caviar, ce roman, court mais complexe, raconte, sur fond de ventes d'armes illégales à l'Iran, les turpitudes de François Bornand, conseiller spécial du président. le meurtre d'une prostituée de luxe va toutefois attirer l'attention de la police sur ce monsieur.
Ce roman est l'occasion pour Dominique Manotti, militante de gauche, de régler ses comptes avec l'affairisme des années Mitterrand. On y retrouve les phrases courtes et sans concession, emblématiques du style de la romancière. On assiste également aux débuts d'une jeune enquêtrice, Noria Ghozali, qui réapparaîtra dans d'autres romans de Manotti.
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L'écriture de Dominique Manotti, très hachée et au présent, peut rebuter. Comme tous ses livres, ce roman se lit comme une étude sociologique de ce que l'humanité dite "civilisée" produit de pire : manipulation, soif de pouvoir et d'argent... Bienvenue dans des années fric pas du tout chic.
À lire pour comprendre les gros dossiers qui ont construit la politique de ces trente dernières années, à fuir si vous voulez garder quelques illusions.
Dommage que les personnages de flics ne soient pas plus fouillés, car ce sont les seuls attachants...
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