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Ce roman policier argentin écrit à quatre mains par le couple Antonio Bioy Casares-Silvina Ocampo est un divertissement de qualité. Il parodie les conventions du roman policier à l'anglaise. Il a été écrit en 1946 et a fait partie de la fameuse série policière « El Septimo Circulo » de la revue Sur. le roman a été partiellement remanié dans les années 70 par Silvina Ocampo en vue d'une adaptation théâtrale qui n'a jamais eu lieu.
Le docteur Humberto Huberman ( ne pas confondre avec avec Humbert Humbert) est le narrateur. Chaque matin il fait fondre sur sa langue quelques granulés d'arsenic ( arsenicum album) avant de déguster un délicieux breakfast. Il a décidé d'écrire l'histoire de l'assassinat de Bosque del Mar.
Il nous raconte qu'il se rendait dans cette station balnéaire isolée avec l'intention de travailler sur un scénario d'adaptation du Satyricon de Petrone, dans l'Argentine actuelle. L'Hôtel Central tenu par une cousine du narrateur est coupé du monde à cause d'une tempête de sable. Dès son arrivée le narrateur-médecin rencontre sur la plage l'une de ses anciennes patientes Mary, qui va se baigner fort imprudemment et manque de se noyer. le lendemain elle est retrouvée morte, empoisonnée à la strychnine (voir citation).
J'ai beaucoup aimé. On retrouve tous les ingrédients des petits meurtres d'Agatha Christie. Un lieu clôt, beaucoup de suspects, de fausses pistes. Il y a aussi des présages, des éléments effrayants etc. Mais les enquêteurs sont incompétents, non seulement le sympathique commissaire Raimundo Aubry (un passionné de Victor Hugo qui a l'intention de torturer la principale suspecte ) mais également deux autres personnages et le narrateur. Celui-ci est croquignolet : snob, imbu de lui-même, lâche, naïf et chanceux. Il emprunte à beaucoup de personnages bien connus mais il n'est ni Hercule Poirot (quoique snob et fat) ni Sherlock Holmes (son addiction est homéopathique) ni Watson (il se met en avant de manière ampoulée, étale son érudition et sa bêtise ). La victime est traductrice de romans anglais, comme les auteurs. le roman écrit par ce duo fameux met en scène toute une série de personnages doubles. Par exemple, la victime a une soeur rivale en amour. le narrateur médecin est concurrencé par le jeune légiste qu'il méprise car il est alcoolique etc. Tous les personnages proches se détestent.

Un très bon divertissement.
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Ceux qui aiment haïssent commence comme un roman policier classique. Une mort inattendue, celle de Mademoiselle Mary. Un petit hôtel reclus. Une foule de suspects, tous aussi probables qu'improbables. Il y a la soeur Emilia Gutiérrez, le fiancé Atuel (plutôt Atwell), le docteur Humberto Humberman, les hôteliers, leur neveu le jeune Miguel Fernandez qui passe son temps à lire Joseph K. Et d'autres encore. le commissaire Aubry est chargé de démêler l'affaire. Lui, cet Oblomov des temps modernes, mais il préfère la lecture des romans de Victor Hugo ! En fait, tout ce beau monde préfère lire. Et, quand ils ne le font pas, c'est la narration qui s'occupe à tisser des liens entre leurs situations et d'autres, issues de la littérature.

Dans cette perspective, le crime me paraît plutôt «accessoire». Pire, je crois que les auteurs se sont servis des règles du roman policier pour mieux les déjouer. Voire tricher avec elles. Et Adolfo Bioy Casares et Silvina Ocampo, qui se sont partagé l'écriture de ce drôle de roman, ont dû beaucoup se faire plaisir en s'y attelant.

Le résultat ? J'ai quand même aimé. Cette «enquête», reléguée au second plan, permettait quand même d'étudier les relations entre les personnages, complexes et troubles. La mort chagrine, peine, mais soulage aussi. Certains ont mêmes des émotions contradictoires. D'où, sans doute, le titre Ceux qui aiment haïssent. Alors, qui est le coupable ? Son identité semble changer au gré des chapitres. Et puis, à la fin, ce n'est plus si important.

Pour tout dire, le crime est surtout un prétexte pour parler de la littérature, celle avec un grand L. Avec Adolfo Bioy Casares et SIlvina Ocampo, on ne s'en étonnera pas. Ces auteurs ont truffé leur roman de références à des grands écrivains et à leur oeuvre, quand ils ne sont pas tout simplement cités. Un amateur de lecture se fera un plaisir à découvrir la carte des gens de lettres qui les ont inspirés.
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Silvina Ocampo et Adolfo Bioy Casares forment un couple marié mais sont surtout des auteurs majeurs argentins, des figures de proue du réalisme magique et des amis de Jorge Luis Borges. En 1946, ils publient en Argentine un roman à 4 mains "Ceux qui aiment, haïssent" un roman policier alors que les deux auteurs sont connus jusque-là pour leurs nouvelles et romans fantastiques.


Un empoisonnement mystérieux, un huis clos avec une petite dizaine de suspects potentiels coincés sur une île et provisoirement isolés du reste du monde par une tempête. Cela vous rappelle probablement Dix petits nègres d'Agatha Christie et il n'y a rien d'étonnant à cela. Nos auteurs jouent délibérément avec les codes des romans policiers classiques, les imitent, les caricaturent. Inutile d'en dévoiler trop mais on retrouvera bon nombre de clichés finement amenés et une galerie de personnages archétypaux : un triangle amoureux, un commissaire débonnaire, un docteur naïf, un médecin légiste alcoolique, un détective présent incognito etc. Plutôt que d'un livre policier pur jus, nous avons affaire à un pastiche, un pastiche de qualité puisque Ocampo et Boy Casarès sont au sommet de leur forme et nous livrent un récit très agréable qui reprend les règles du genre pour mieux les détourner. On passe d'agréables moments à passer en revue les coupables potentiels, échafauder des hypothèses, tenter de deviner le fin mot de l'histoire. On regarde les pages défiler avec plaisir et les auteurs jouer avec toutes les ficelles du genre pour nous offrir de multiples rebondissements. Je suis un peu plus dubitatif sur la fin que j'ai finalement trouvée assez commune par rapport à ce qui la précédait mais arrivé jusque-là, on comprend que cela n'a pas beaucoup d'importance et que le voyage est plus important que la destination.


Cette lecture est très plaisante pour peu qu'on accepte la règle de ce jeu littéraire qui s'appuie sur le détournement des clichés du genre et qu'on n'y cherche pas le réalisme. le style est fluide, l'ambiance très réussie et on dévore vite le livre. Un roman agréable et recommandable.
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Ce roman policier est l'oeuvre commune de deux auteurs argentins, amis de Borges : Silvina Ocampo et Adolfo Bioy Casares. Borges a d'ailleurs écrit en collaboration avec le dernier "Six problèmes pour don Isidro Parodi".
L'oeuvre est de facture classique, inspirée comme celles d'Agatha Christie, par les précurseurs du polar : Conan Doyle et Maurice Leblanc.
Les auteurs auraient d'ailleurs voulu introduire là toutes les ficelles du genre en une parodie subtile : les protagonistes vivent un véritable huis-clos, bloqués par le blizzard qui sévit dans la station thermale de Bosque del Mar. Un meurtre est commis. Une équipe de fins limiers mènent l'enquête, évidemment les plus à même de représenter l'ordre établi : le narrateur, médecin cultivé et imbu de sa personne, le commissaire de police, amateur passionné de Victor Hugo, un médecin légiste alcoolique et un inspecteur de police présent incognito à la barbe de tous.
Il y a des personnages assez inquiétants, telle qu'une dactylo gouvernante chasseuse de mouches, toujours là aux moments inopportuns ou un enfant taxidermiste.
C'est un moment de lecture agréable qui permet de goûter un style impeccable et limpide, ce qui est la marque d'une bonne traduction.
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CEUX QUI AIMENT, HAÏSSENT de SILVANA OCAMPO et ADOLFO BIOY CASARES
Le narrateur, médecin homéopathe, part au bord de la mer muni du Satyricon de Petrone pour écrire la mort de Bosque del Mar. l'hôtel où il séjourne est tenu par des cousins qui lui doivent de l'argent. Sur place logent deux soeurs, Émilia et Mary ainsi qu'Atual le fiancé de cette dernière et le docteur Cornejo. Une violente tempête se lève et alors qu'Emilia avait disparu la veille, c'est Mary que l'on découvre morte. le commissaire arrive, accompagné du légiste complètement ivre. le narrateur va enquêter de son côté pendant que le commissaire investiguera du sien, le poison étant rapidement identifié comme arme du crime.
C'est une sorte de parodie que ce huis clos avec une mise en abîme savoureuse, une comédie où la haine et l'amour cohabitent et le coupable observe tranquillement.
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Un polar argentin, court et atypique, qui commence de façon presque loufoque avec l'arrivée en gare de Salinas du docteur Humberto Huberman, un spécaliste de l'homéopathie qui se rend à Bosque del Mar afin de trouver le calme nécessaire pour assouvir sa passion pour l'écriture de scénario.
L'hôtel qu'il a choisi est particulièrement isolé, d'autant plus qu'un vent de sable qui tourne à la tempête contribue à créer l'ambiance du huit-clos classique de la littérature policière.
Nous faisons rapidement connaissance en même temps qu'Humberto avec tous les protagonistes de l'histoire, les hôteliers, leur neveu, les cinq clients, dont deux soeurs Mary et Emilia.
Pendant la tempête, pour compléter le tableau dans les règles de l'art, l'une des personnes est victime d'un empoisonnement.
Le policier de service fait alors son apparition. Celui-ci, grand fan de Victor Hugo, cite de façon régulière et approximative son auteur fétiche. Il entre en scène flanqué d'un médecin légiste qui vénère de façon régulière et pas approximative les boissons alcoolisées.
Avec un ton légèrement humoristique, des situations qui respirent le déjà vu, l'impression de lire un pastiche de roman policier dans le plus pur style Agatha Christie peut raisonnablement effleurer le lecteur.
Il n'en reste pas moins qu'une vraie intrigue se développe, dans laquelle la solution se cache comme souvent dans les détails. L'identité du coupable évolue selon les révélations et découvertes, au cours d'une enquête quelque peu désordonnée où chacun joue un rôle à sa façon, ne facilitant pas la tâche du commissaire qui doit dénouer le vrai du faux.
Le style est très agréable, assez littéraire, le narrateur étant le médecin passionné par l'écriture.
J'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce petit polar sans prétention mais d'une surprenante finesse.
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