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Fictions de
Jorge Luis Borges
(...) mais je soupçonne que l'espèce humaine - la seule qui soit - est près de s'éteindre, tandis que la Bibliothèque se perpétuera: éclairée, solitaire, infinie, parfaitement immobile, armée de volumes précieux, inutile, incorruptible, secrète.
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Par gaillard1, le 01/10/2010
Borges : Oeuvres complètes, tome 1 de
Jorge Luis Borges
Que voulez-vous que je dise de moi? Je ne sais rien de moi! Je ne sais même pas la date de ma mort.
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Borges : Oeuvres complètes, tome 1 de
Jorge Luis Borges
Pendant toute mon adolescence j'ai pensé que c'était une injustice que l'on m'aimât. Je ne méritais pas que l'on m'aimât, d'aucune façon, et je me souviens que le jour de mon anniversaire me remplissait de confusion, parce que tout le monde me comblait de cadeaux et que je pensais n'avoir rien fait pour les mériter et être une sorte d'imposteur. Ce n'est qu'à trente ans passés que j'ai surmonté cette impression.
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Par Nadael, le 19/12/2010
Le livre de sable de
Jorge Luis Borges
Il me dit que son livre s'appelait le livre de sable, parce que ni ce livre ni le sable n'ont de commencement ni de fin.
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Par gaillard1, le 01/10/2010
Borges : Oeuvres complètes, tome 1 de
Jorge Luis Borges
J'ai pensé et écrit tellement sur le temps... Mais je vais vous raconter une anecdote : un philosophe argentin et moi, nous conversions au sujet du temps et le philosophe dit : - dans ce domaine, on a fait de gros progrès ces dernières années... Et moi j'ai pensé que si je lui avais posé une question à propos de l'espace, sûr qu'il me répondait : - dans ce domaine, on a fait de gros progrès ces derniers cent mètres.
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Par gaillard1, le 01/10/2010
Borges : Oeuvres complètes, tome 1 de
Jorge Luis Borges
Il existe une heure de la soirée où la prairie va dire quelque chose. Elle ne le dit jamais. Peut-être le dit-elle infiniment et nous ne l'entendons plus, ou nous l'entendons, mais ce quelque chose est intraduisible comme une musique...
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Par gaillard1, le 01/10/2010
Borges : Oeuvres complètes, tome 1 de
Jorge Luis Borges
J'ordonnai à mon esclave de surveiller la face du désert. Saïd et moi, exténués, dormîmes. Cette nuit, je rêvai que j'étais prisonnier d'un filet de serpents. Je me réveillai épouvanté. L'aube venait. À côté de moi dormait Saïd. Le contact d'une toile d'araignée sur ma peau m'avait fait rêver ce songe. Je fus fâché que Saïd, qui était lâche, dormît avec une si parfaite tranquillité. [p. 157]
[...]
- Oui, il ne m'étonnerait pas que la toile d'araignée, j'entends la forme universelle de la toile d'araignée, ou pour parler clairement, la toile d'araignée de Platon, eût suggéré son crime à l'assassin (parce qu'il y a un assassin). Tu te souviens que el Bokhari rêva dans un tombeau d'un réseau de serpents et qu'il découvrit à son réveil qu'une toile d'araignée lui avait suggéré ce songe. [p. 164]
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Par brigetoun, le 22/01/2012
Livre de préfaces de
Jorge Luis Borges
Le livre était essentiellement romantique, bien qu’écrit dans un style plutôt dépouillé et rempli de métaphores laconiques. Il célébrait les couchers de soleil, les endroits déserts, les coins de rue peu connus ; il s’aventurait dans des métaphysiques berkeleyiennes et dans l’histoire de ma famille ; il évoquait de premières amours. J’imitais également l’espagnol du dix-septième siècle et je citais la Religio Medici de Sir Thomas Browne dans ma préface. Je crains que ce livre n’ait été un plum-puding – j’en avais un peu trop mis. Et cependant, en me le remémorant, j’ai l’impression de n’avoir jamais dépassé ce livre là.
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Par gaillard1, le 01/10/2010
Borges : Oeuvres complètes, tome 1 de
Jorge Luis Borges
J'ai pensé et écrit tellement sur le temps... Mais je vais vous raconter une anecdote : un philosophe argentin et moi, nous conversions au sujet du temps et le philosophe dit : - dans ce domaine, on a fait de gros progrès ces dernières années... Et moi j'ai pensé que si je lui avais posé une question à propos de l'espace, sûr qu'il me répondait : - dans ce domaine, on a fait de gros progrès ces derniers cent mètres.
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Par gaillard1, le 01/10/2010
Borges : Oeuvres complètes, tome 1 de
Jorge Luis Borges
Aucune étoile ne restera dans la nuit.
Ni la nuit ne restera.
Je mourrai et avec moi mourra la somme de l'intolérable univers.
J'effacerai les pyramides, les médailles, les continents, les visages.
J'effacerai l'accumulation du passé.
Je réduirai en poussière l'histoire, en poussière la poussière.
Je regarde le dernier coucher de soleil.
J'entends le dernier oiseau.
Je lègue le néant à personne.
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